{"id":1362,"date":"2002-10-30T13:40:01","date_gmt":"2002-10-30T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/10\/30\/developpement-controverse-autour-du-partage-des-ressources-des-eaux-dubassin-du-nil\/"},"modified":"2002-10-30T13:40:01","modified_gmt":"2002-10-30T13:40:01","slug":"developpement-controverse-autour-du-partage-des-ressources-des-eaux-dubassin-du-nil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/10\/30\/developpement-controverse-autour-du-partage-des-ressources-des-eaux-dubassin-du-nil\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT: Controverse autour du partage des ressources des eaux duBassin du Nil"},"content":{"rendered":"<p>KINSHASA, 30 oct. (IPS) &#8211; Une controverse a oppos\u00e9 r\u00e9cemment les participants \u00e0 la 9\u00e8me conf\u00e9rence sur le Bassin du Nil, \u00e0 Nairobi, au Kenya, au sujet du partage des b\u00e9n\u00e9fices tir\u00e9s des ressources des eaux du fleuve qui int\u00e9ressent dix Etats africains riverains.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Le malentendu autour du partage des b\u00e9n\u00e9fices des ressources des eaux du Bassin du Nil, existe notamment entre les pays riverains qui sont en amont et ceux qui sont en aval du plus long fleuve africain (environ 6.700 kilom\u00e8tres).  Au cours de la rencontre, L&#39;Egypte a particuli\u00e8rement \u00e9t\u00e9 prise \u00e0 partie, sous le grief de continuer \u00e0 accaparer la quasi-totalit\u00e9 des avantages du fleuve au d\u00e9triment des Etats des grands lacs \u00e9quatoriaux qui sont les sources du Nil.  Pr\u00e8s de 300 personnes, presque exclusivement des scientifiques sp\u00e9cialis\u00e9s en gestion de l&#39;eau, \u00e9taient pr\u00e9sents \u00e0 la rencontre dite du &quot;Nil 2002&quot; dont le th\u00e8me \u00e9tait significatif : &quot; D\u00e9veloppement \u00e9quitable des ressources du Bassin du Nil&quot;.<\/p>\n<p> Dans leurs interventions, la plupart des d\u00e9l\u00e9gations ont insist\u00e9 sur des termes comme &quot;\u00e9quit\u00e9 et justice&quot; avec une certaine g\u00eane pour entrer dans le vif du sujet. C&#39;est l&#39;intervention du Dr Rapha\u00ebl Kapiyo, doyen de la Facult\u00e9 d&#39;\u00e9tudes environnementales de l&#39;Universit\u00e9 Maseno du Kenya, qui a permis d&#39;entrer concr\u00e8tement dans le d\u00e9bat.  &quot;L&#39;\u00e9quit\u00e9 dans l&#39;utilisation et la distribution des ressources en eau du Bassin du Nil requiert de reconna\u00eetre le r\u00f4le et la contribution des pays comme la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC) et l&#39;Erythr\u00e9e qui ont toujours \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme insignifiants dans nos rencontres&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Kapiyo.  &quot;Les riverains de ces deux bassins peuvent ne pas directement utiliser les eaux, mais leurs activit\u00e9s peuvent d\u00e9truire les conditions hydrographiques en amont du fleuve Nil. J&#39;estime qu&#39;en tant que b\u00e9n\u00e9ficiaire de tous les avantages parce qu&#39;\u00e9tant \u00e0 l&#39;embouchure du fleuve, l&#39;Egypte devrait penser \u00e0 investir certaines ressources tir\u00e9es des eaux du fleuve dans la maintenance de l&#39;\u00e9cosyst\u00e8me dans les deux pays&quot;, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p> Kapiyo a demand\u00e9 la r\u00e9vision des accords de 1929 et de 1959 sign\u00e9s par la Grande-Bretagne et l&#39;Italie, qui octroyaient \u00e0 l&#39;Egypte seule, le contr\u00f4le des eaux du Nil. Kapiyo a pris \u00e0 t\u00e9moin la double intention exprim\u00e9e par les parlements ougandais et kenyan \u00e0 l&#39;occasion d&#39;une rencontre lors du &quot;Lake Victoria Day &#8211; 2002&quot; \u00e0 Marenga Beach, \u00e0 la fronti\u00e8re entre les deux pays.<\/p>\n<p>Les deux parlements avaient en effet exig\u00e9 la r\u00e9vision des deux accords &quot;pour obsolescence&quot;.  En r\u00e9action \u00e0 cette intervention, la d\u00e9l\u00e9gation \u00e9gyptienne, visiblement choqu\u00e9e, a, par la voix de Mustapha Abas, ing\u00e9nieur m\u00e9t\u00e9orologiste, r\u00e9fut\u00e9 les all\u00e9gations de Kapiyo et d\u00e9menti le fait de dire que l&#39;Egypte b\u00e9n\u00e9ficiait seule des avantages des ressources du Bassin du Nil. &quot;C&#39;est totalement aberrant&quot;, s&#39;est-il insurg\u00e9.  &quot;Il est vrai que l&#39;Egypte b\u00e9n\u00e9ficie des eaux provenant des lacs \u00e9quatoriaux, mais cet apport n&#39;est en rien d\u00e9terminant dans les eaux que nous utilisons. L&#39;Egypte dispose de ses propres apports en eaux qui ne sont pas \u00e0 n\u00e9gliger, sans compter les eaux souterraines&quot;, a-t-il affirm\u00e9.  Abas a ajout\u00e9 ne pas refuser que des accords comme ceux de 1929 et 1959 puissent \u00eatre revus ou r\u00e9actualis\u00e9s, mais, a-t-il dit, &quot;ce sont les seuls qui continuent de r\u00e9gir encore aujourd&#39;hui l&#39;utilisation de l&#39;eau dans le Bassin du Nil&quot;.<\/p>\n<p> Le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du Burundi, Mathieu Nkurunziza, tenait aussi \u00e0 ce que le dossier de la redistribution des b\u00e9n\u00e9fices tir\u00e9s des ressources en eau du Nil soit vid\u00e9. Il a relev\u00e9 que son pays \u00e9tait confront\u00e9 \u00e0 une &quot;aridit\u00e9 qui frise la d\u00e9sertification&quot; alors qu&#39;il y a des solutions \u00e0 port\u00e9e de l&#39;Initiative du Bassin du Nil qui g\u00e8re administrativement les activit\u00e9s du Bassin du fleuve.  &quot;Si nous devons b\u00e2tir une communaut\u00e9 du Bassin du Nil, chaque pays membre doit pouvoir se reconna\u00eetre dans les efforts de d\u00e9veloppement au sein du Bassin du Nil. Plus que tout autre pays, l&#39;Egypte a r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9velopper un syst\u00e8me d&#39;irrigation tr\u00e8s productif pour son agriculture alors qu&#39;en amont, il nous est interdit d&#39;utiliser les eaux du bassin pour ne pas perturber la gestion rationnelle des eaux du Nil&quot;, a soulign\u00e9 Nkurunziza.  Selon lui, &quot;La gestion de l&#39;\u00e9cosyst\u00e8me, dans les conditions actuelles, requiert une r\u00e9conciliation entre les contraintes \u00e9cologiques que subissent les riverains du bassin, en amont du fleuve et les avantages qu&#39;en retirent ceux qui sont en aval&quot;.<\/p>\n<p> Intervenant apr\u00e8s les diff\u00e9rentes positions exprim\u00e9es, Meraji Msuya, secr\u00e9taire ex\u00e9cutif de l&#39;Initiative du Bassin du Nil, a rassur\u00e9 les uns et les autres au sujet de ce qui prenait l&#39;allure d&#39;un v\u00e9ritable litige au sein de la communaut\u00e9 du Bassin du Nil. Il a soulign\u00e9 que l&#39;Initiative du Bassin du Nil \u00e9tait l&#39;organisme indiqu\u00e9 pour conna\u00eetre de ce genre d&#39;incompr\u00e9hension afin d&#39;y apporter des solutions.  &quot;Aucune communaut\u00e9 d&#39;hommes n&#39;est \u00e0 l&#39;abri de frictions du genre de celui qui fait l&#39;objet d&#39;un si houleux d\u00e9bat. Tous les probl\u00e8mes qui ont \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9s ici font justement partie de notre cahier des charges. Notre secr\u00e9tariat \u00e0 Entebbe (Ouganda) se fait fort de se pencher soigneusement sur l&#39;objet d&#39;incompr\u00e9hension et de formuler des propositions \u00e0 soumettre \u00e0 la commission des ministres en charge de l&#39;Environnement et Ressources en Eau des Etats membres&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Msuya.  La r\u00e9union de commission minist\u00e9rielle &quot;doit se tenir \u00e0 une date encore \u00e0 convenir et qui ne manquera pas de prendre les mesures appropri\u00e9es&quot;, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p> Le Bassin du Nil couvre environ 3 millions de km2; pr\u00e8s de 10 pour cent du continent. Dix pays se partagent ce vaste territoire o\u00f9 vivent quelque 255 millions d&#39;habitants : le Burundi, le Rwanda, la RDC, l&#39;Ethiopie, l&#39;Erythr\u00e9e, le Kenya, l&#39;Ouganda, la Tanzanie, le Soudan et l&#39;Egypte.  &quot;Parmi les 10 Etats qui forment le Bassin du Nil, quatre se trouvent sur la liste de pays les plus pauvres de la plan\u00e8te&quot;, a pr\u00e9cis\u00e9 Msuya. Il s&#39;agit du Rwanda, du Burundi, de l&#39;Erythr\u00e9e et de la RDC.  L&#39;Initiative du Bassin du Nil esp\u00e8re, \u00e0 travers une coop\u00e9ration agissante, stimuler le d\u00e9veloppement dans tous les Etats membres, en finan\u00e7ant des projets pour une int\u00e9gration r\u00e9gionale des pays riverains. Ceci apporterait s\u00fbrement, affirme Msuya, une solution \u00e0 la controverse actuelle.<\/p>\n<p> Cr\u00e9\u00e9e en 1999 \u00e0 Dar es Salaam, en Tanzanie, l&#39;Initiative du Bassin du Nil sert actuellement d&#39;interlocuteur aux bailleurs de fonds qui s&#39;int\u00e9ressent \u00e0 cette exp\u00e9rience assez rare de coop\u00e9ration entre riverains d&#39;un m\u00eame cours d&#39;eau. Le Canada, la Suisse, le Programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement (PNUD) et la Banque mondiale sont les principaux partenaires.  Actuellement, 22 projets de d\u00e9veloppement sont en cours d&#39;\u00e9tude ou de financement pour une valeur de 100 millions de dollars, selon l&#39;Initiative du Bassin du Nil.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KINSHASA, 30 oct. 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