{"id":1347,"date":"2002-10-11T13:40:01","date_gmt":"2002-10-11T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/10\/11\/sante-benin-les-femmes-vivant-avec-le-vih-sappauvrissent-plus-vite-queles-hommes\/"},"modified":"2002-10-11T13:40:01","modified_gmt":"2002-10-11T13:40:01","slug":"sante-benin-les-femmes-vivant-avec-le-vih-sappauvrissent-plus-vite-queles-hommes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/10\/11\/sante-benin-les-femmes-vivant-avec-le-vih-sappauvrissent-plus-vite-queles-hommes\/","title":{"rendered":"SANTE-BENIN: Les femmes vivant avec le VIH s&#39;appauvrissent plus vite queles hommes"},"content":{"rendered":"<p>COTONOU, 11 oct (IPS) &#8211; L&#39;association Action, Espoir et Vie (AEV), regroupant des personnes vivant avec le VIH, compte 95 femmes sur un total de 150 membres recens\u00e9s fin mai 2002 au B\u00e9nin. &quot;Les femmes sont plus nombreuses que les hommes dans l&#39;association parce qu&#39;elles sont plus frapp\u00e9es par la pauvret\u00e9&quot;, confie la pr\u00e9sidente, Laurence Bayi.  <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Lorsque le couple va faire le test du SIDA et qu&#39;il se r\u00e9v\u00e8le positif pour tous les deux, l&#39;homme renvoie sa femme de la maison. Au moment o\u00f9 l&#39;homme, malgr\u00e9 sa s\u00e9ropositivit\u00e9, continue de travailler et de gagner son salaire, la femme, le plus souvent m\u00e9nag\u00e8re et sans qualification, se retrouve abandonn\u00e9e et sans le sou.  &quot;D\u00e9munie, la femme se r\u00e9fugie alors dans l&#39;association o\u00f9 elle sait pouvoir trouver des personnes avec qui causer, des personnes qui l&#39;\u00e9coutent et qui l&#39;aident \u00e0 porter le fardeau que constitue la maladie, et surtout, avoir des m\u00e9dicaments et une petite aide mat\u00e9rielle&quot;, raconte Bayi.  L&#39;AEV a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en d\u00e9cembre 1997 \u00e0 Cotonou par des personnes vivant avec le VIH dans le but de se soutenir mutuellement dans la maladie. A chaque r\u00e9union de l&#39;AEV, les femmes re\u00e7oivent des vivres qui leur sont offerts par des organisations non gouvernementales (ONG) et des associations d&#39;aide aux personnes vivant avec le VIH. Il existe \u00e0 peine cinq groupes organis\u00e9s qui luttent contre le SIDA dans le pays, dont la plupart se trouvent \u00e0 Cotonou et Porto-Novo, respectivement capitales \u00e9conomique et administrative du B\u00e9nin.<\/p>\n<p> Quelque 160.000 personnes d\u00e9clar\u00e9es vivent avec le VIH\/SIDA au B\u00e9nin sur une population d&#39;environ 6,752 millions d&#39;habitants (recensement de mars 2002).<\/p>\n<p> Le gouvernement a cr\u00e9\u00e9 quelques centre m\u00e9dicaux o\u00f9 les personnes vivant avec le VIH\/SIDA peuvent se faire traiter et obtenir des m\u00e9dicaments moyennant une modique somme de 1.000 francs CFA \u00e0 20.000 FCFA (environ 1,50 dollar US \u00e0 30 dollars US) selon leurs revenus.<\/p>\n<p> L&#39;association fait aussi des visites \u00e0 domicile \u00e0 ceux de ses membres qui sont \u00e0 une \u00e9tape avanc\u00e9e de la maladie et qui ne sont plus en mesure de se d\u00e9placer pour assister aux r\u00e9unions. A chacune de ces visites, l&#39;AEV donne une modique somme de 1.000 FCFA (environ 1,50 dollar US) aux personnes visit\u00e9es.  L&#39;AEV est financ\u00e9e gr\u00e2ce aux dons des ONG comme Ensemble contre le SIDA-Paris (ECS-Paris), Zonta Club, ou bien par l&#39;ONUSIDA et la Fondation B\u00e9nin-SIDA. Son budget annuel tourne autour de 8 millions de FCFA (environ 12.000 dollars US).<\/p>\n<p> &quot;Les membres de l&#39;AEV, surtout les femmes, sont pour la plupart des personnes d\u00e9munies, abandonn\u00e9es par leurs familles et qui sont oblig\u00e9es de se d\u00e9brouiller pour vivre&quot;, t\u00e9moigne Danielle Sonon, 34 ans, tr\u00e9sori\u00e8re de l&#39;association, coiffeuse de profession, mari\u00e9e et m\u00e8re de trois enfants.  Autrefois, raconte Sonon, &quot;j&#39;\u00e9tais coiffeuse; je vivais bien et faisais vivre ma famille gr\u00e2ce aux revenus que me procurait mon m\u00e9tier. Mais depuis que mon mari a commenc\u00e9 \u00e0 tomber malade, parce qu&#39;il est porteur du VIH, j&#39;ai d\u00fb fermer mon salon de coiffure pour m&#39;occuper de lui \u00e0 la maison. J&#39;ai appris plus tard que j&#39;\u00e9tais moi aussi infect\u00e9e par le VIH. Depuis lors, nous vivons gr\u00e2ce aux aides de la famille et des amis&quot;.  Entre 1999, o\u00f9 Sonon a appris sa s\u00e9ropositivit\u00e9 et 2002, sa situation \u00e9conomique n&#39;a fait que se d\u00e9grader. Aujourd&#39;hui, elle dit avoir du mal \u00e0 nourrir ses trois enfants et \u00e0 assurer leur scolarit\u00e9. La rentr\u00e9e scolaire arrive dans trois semaines et elle dit ne pas savoir encore comment trouver l&#39;argent pour acheter les fournitures scolaires et payer les frais de scolarit\u00e9. Leur papa malade ne peut plus exercer aucune activit\u00e9.  &quot;C&#39;est encore moi, avec mon petit commerce, qui doit m&#39;occuper de lui et des enfants. Ce sont ces genres de probl\u00e8mes qui pr\u00e9cipitent la maladie et la mort des malades. Ici au B\u00e9nin, si tu as le VIH, tu ne t&#39;en prends qu&#39;\u00e0 toi-m\u00eame&quot;, d\u00e9plore-t-elle.  Le VIH a aussi appauvri Rachelle D., 27 ans, dipl\u00f4m\u00e9e en marketing, mais aujourd&#39;hui incapable de travailler parce qu&#39;elle tombe trop souvent malade.<\/p>\n<p>A chaque fois qu&#39;elle trouve un emploi, elle le perd quelques mois plus tard pour raison de maladie. Ses parents continuent de lui donner de l&#39;argent de poche, mais cela ne suffit pas \u00e0 assurer tous ses besoins.  C\u00e9libataire et vivant encore chez ses parents, Rachelle a r\u00e9ussi \u00e0 cacher jusqu&#39;\u00e0 pr\u00e9sent sa maladie \u00e0 ses parents qui prennent ses fr\u00e9quentes maladies pour le r\u00e9sultat d&#39;un envo\u00fbtement dont leur fille serait victime de la part d&#39;une autre famille jalouse de sa r\u00e9ussite sociale.  &quot;Je ne peux pas leur dire que j&#39;ai le VIH parce que si mon papa l&#39;apprend, il risque de me tuer et de se tuer apr\u00e8s. J&#39;ai essay\u00e9 de discuter avec mes fr\u00e8res pour voir si je peux les mettre dans la confidence, mais eux non plus ne veulent pas du tout entendre parler de cette maladie&quot;, confie-t-elle.  Malheureusement, d\u00e9plore Innocent Kpoton, sociologue au Programme national de lutte contre le SIDA (PNLS), &quot;les questions li\u00e9es au genre sont encore \u00e0 l&#39;\u00e9tape embryonnaire au B\u00e9nin. Il n&#39;y a pas, \u00e0 ce jour, un programme cibl\u00e9 \u00e0 l&#39;endroit des femmes vivant avec le VIH. Le PNLS a l&#39;intention d&#39;ouvrir un programme pour aider les jeunes filles \u00e0 devenir ind\u00e9pendantes sur le plan \u00e9conomique afin de leur \u00e9viter de se donner aux hommes, juste pour l&#39;argent.<\/p>\n<p>Mais ce n&#39;est encore qu&#39;une intention&quot;.  En attendant, certaines institutions nationales et internationales ont commenc\u00e9 \u00e0 octroyer des cr\u00e9dits aux femmes vivant avec le VIH pour leur permettre d&#39;avoir une certaine ind\u00e9pendance \u00e9conomique. L&#39;ONG internationale Caritas a commenc\u00e9 \u00e0 le faire depuis quelques mois, et l&#39;association pour la Promotion et l&#39;appui au d\u00e9veloppement de micro-entreprises (PADME) s&#39;appr\u00eate aussi \u00e0 le faire.  &quot;Le SIDA est une maladie qui entretient un cercle vicieux avec la pauvret\u00e9.<\/p>\n<p>Il co\u00fbte trop cher et conduit in\u00e9vitablement vers l&#39;extr\u00eame pauvret\u00e9&quot;, souligne le Dr Alphonse Gu\u00e9d\u00e9m\u00e8 du PNLS.  Le B\u00e9nin comptait 23,3 pour cent de citoyens vivant sous le seuil de pauvret\u00e9 en milieu rural et 33 pour cent en milieu urbain, en 1999-2000, selon les derniers chiffres de l&#39;Institut national des statistiques et de l&#39;analyse \u00e9conomique (INSAE).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COTONOU, 11 oct (IPS) &#8211; L&#39;association Action, Espoir et Vie (AEV), regroupant des personnes vivant avec le VIH, compte 95 femmes sur un total de 150 membres recens\u00e9s fin mai 2002 au B\u00e9nin. &quot;Les femmes sont plus nombreuses que les&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/10\/11\/sante-benin-les-femmes-vivant-avec-le-vih-sappauvrissent-plus-vite-queles-hommes\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":122,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,4,30],"tags":[],"class_list":["post-1347","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1347","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/122"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1347"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1347\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1347"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1347"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1347"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}