{"id":1342,"date":"2002-10-09T13:40:01","date_gmt":"2002-10-09T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/10\/09\/repetition-corrigee-droits-benin-syndicats-et-ong-intensifient-lacampagne-contre-le-travail-des-enfants\/"},"modified":"2002-10-09T13:40:01","modified_gmt":"2002-10-09T13:40:01","slug":"repetition-corrigee-droits-benin-syndicats-et-ong-intensifient-lacampagne-contre-le-travail-des-enfants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/10\/09\/repetition-corrigee-droits-benin-syndicats-et-ong-intensifient-lacampagne-contre-le-travail-des-enfants\/","title":{"rendered":"\/REPETITION CORRIGEE\/DROITS-BENIN: Syndicats et ONG intensifient lacampagne contre le travail des enfants"},"content":{"rendered":"<p>COTONOU, 9 oct (IPS) &#8211; Une campagne d&#39;une quinzaine de jours contre les pires formes du travail des enfants, initi\u00e9e par la Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale des travailleurs du B\u00e9nin (CGTB), a permis aux B\u00e9ninois de d\u00e9couvrir que des milliers d&#39;enfants travaillent dans leur pays au lieu d&#39;aller \u00e0 l&#39;\u00e9cole.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n &quot;Le travail des enfants est un ph\u00e9nom\u00e8ne pr\u00e9occupant pour la CGTB parce qu&#39;il nuit \u00e0 la fois \u00e0 la sant\u00e9 de l&#39;enfant et au d\u00e9veloppement du pays&quot;, d\u00e9clare Pascal Todjinou, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de cette centrale syndicale. La CGTB a initi\u00e9, en collaboration avec certaines organisations non gouvernementales (ONG), le Fonds des Nations Unies pour l&#39;enfance (UNICEF) et la brigade des mineurs, une campagne m\u00e9diatique visant \u00e0 alerter les m\u00e9dias.<\/p>\n<p> A leur tour, les m\u00e9dias se chargeront de sensibiliser l&#39;opinion publique nationale et internationale sur l&#39;existence et l&#39;extension du travail des enfants au B\u00e9nin, et susciter, tout au moins, une r\u00e9action de la part du gouvernement b\u00e9ninois. La campagne s&#39;est d\u00e9roul\u00e9e en septembre.<\/p>\n<p> Une \u00e9tude command\u00e9e par l&#39;UNICEF en 1999 a permis d&#39;estimer \u00e0 484.354 le nombre d&#39;enfants de cinq \u00e0 14 ans travaillant au B\u00e9nin, soit 276.081 gar\u00e7ons et 208.273 filles. &quot;Mais en tenant compte des r\u00e9cents chiffres du recensement qui a port\u00e9 \u00e0 plus de 6,700 millions la population b\u00e9ninoise, on peut alors extrapoler ce chiffre de 484.354 \u00e0 plus de 600.000 enfants travaillant chaque jour au B\u00e9nin en 2002&quot;, confie Florent Ad\u00e9gbidi, administrateur de International Programme on the Elimination for Child Labour (IPEC).  L&#39;IPEC est un programme de l&#39;Organisation internationale du travail (OIT), sollicit\u00e9 par le B\u00e9nin, depuis 1997, pour l&#39;aider \u00e0 \u00e9radiquer le travail des enfants.  Les enfants travailleurs sont pour la plupart issus de milieux \u00e9conomiques d\u00e9favoris\u00e9s, dont les parents n&#39;ont pas les moyens de les envoyer \u00e0 l&#39;\u00e9cole.<\/p>\n<p>Ils travaillent beaucoup et mangent tr\u00e8s peu ou mal. Ils travaillent au moins dix heures par jour pour au moins six jours dans la semaine. Ils n&#39;ont pas une taille suffisante, leurs muscles sont peu d\u00e9velopp\u00e9s, bref, ils sont rachitiques, explique Ad\u00e9gbidi.  On retrouve ces enfants dans des champs de coton, dans le nord du B\u00e9nin. Ils constituent parfois les deux tiers du nombre des paysans. Ils manipulent des substances chimiques telles que les pesticides, dangereuses pour leur sant\u00e9, sans aucune protection. Les autres enfants se retrouvent dans les travaux publics et les b\u00e2timents, la p\u00eache, les centres d&#39;apprentissage, le commerce, les maisons, o\u00f9 ils sont utilis\u00e9s comme domestiques, notamment dans le sud du pays.  &quot;Au lieu de s&#39;am\u00e9liorer, la situation s&#39;aggrave plut\u00f4t&quot;, d\u00e9plore Ad\u00e9gbidi, d&#39;o\u00f9 l&#39;urgence de lutter contre cette forme d&#39;exploitation des enfants ou du moins, ses pires formes, estime Antonin Hounga, lui-m\u00eame enfant travailleur, pr\u00e9sident de l&#39;Association des enfants et jeunes travailleurs du B\u00e9nin (AEJT).  L&#39;AEJT est une des nombreuses associations membres du Mouvement africain des enfants et jeunes travailleurs (MAEJT) cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Dakar (S\u00e9n\u00e9gal) en 1993 par l&#39;ONG internationale Enda Tiers monde. Le mouvement regroupe pr\u00e8s d&#39;une cinquantaine d&#39;associations (ou villes) dans pr\u00e8s d&#39;une vingtaine de pays africains. Au B\u00e9nin, les villes de Cotonou, Abomey et Lokossa ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 admises dans le mouvement, tandis que Parakou, Porto-Novo et Com\u00e8 sont en observation.  Ces associations luttent pour l&#39;am\u00e9lioration des conditions de vie et de travail des enfants, contre l&#39;exploitation des enfants au travail, contre la pauvret\u00e9 qui oblige les enfants \u00e0 quitter les villages et leurs familles pour travailler en ville, et contre le trafic des enfants car, soulignent-elles dans leurs documents, &quot;l&#39;enfant n&#39;est pas une marchandise&quot;.  &quot;Il ne s&#39;agit pas de lutter contre le travail des enfants, mais plut\u00f4t de lutter contre ce qui nuit \u00e0 l&#39;enfant dans ce travail&quot;, estime Antonin, \u00e2g\u00e9 aujourd&#39;hui de 21 ans.  Mais la conception d&#39;Antonin s&#39;oppose \u00e0 celle de l&#39;IPEC qui cherche \u00e0 \u00e9radiquer le travail des enfants. Car il se f\u00e9licite de son travail d&#39;enfant qui lui a permis de payer ses \u00e9tudes jusqu&#39;en classe de premi\u00e8re, de s&#39;offrir une formation d&#39;\u00e9lectricien dans un centre sp\u00e9cialis\u00e9 et d&#39;aider ses parents \u00e0 inscrire \u00e0 l&#39;\u00e9cole trois de ses petits fr\u00e8res.  Fils a\u00een\u00e9 d&#39;une famille de cinq enfants, Antonin a obtenu son Certificat d&#39;\u00e9tudes primaires \u00e9l\u00e9mentaires (CEPE) \u00e0 13 ans, juste au moment o\u00f9 son p\u00e8re, p\u00eacheur, ne pouvait plus rentrer dans l&#39;eau \u00e0 cause d&#39;une maladie. Le p\u00e8re devenu invalide, la scolarit\u00e9 du jeune \u00e9l\u00e8ve \u00e9tait, du coup, compromise.  Antonin se retrouve alors \u00e0 Cotonou, capitale \u00e9conomique du B\u00e9nin, o\u00f9 il a d\u00fb travailler pour poursuivre ses \u00e9tudes jusqu&#39;en classe de premi\u00e8re. &quot;Je ne pouvais pas aller plus loin parce qu&#39;il me fallait gagner beaucoup plus d&#39;argent pour aider mes parents \u00e0 mettre mes petits fr\u00e8res \u00e0 l&#39;\u00e9cole&quot;, souligne-t-il.  Un des petits fr\u00e8res d&#39;Antonin, Cl\u00e9ment Hounga, vient aussi d&#39;obtenir, cette ann\u00e9e, son CEPE. Malgr\u00e9 l&#39;aide d&#39;Antonin et d&#39;un autre fr\u00e8re, il a d\u00fb aller \u00e0 la p\u00eache, tout au long des vacances, afin d&#39;avoir un peu d&#39;argent pour payer sa contribution scolaire, acheter son uniforme, ses fournitures et louer une chambre en ville puisqu&#39;il n&#39;existe pas de coll\u00e8ge dans son village, Sotchanhou\u00e9, \u00e0 20 kilom\u00e8tres environ de Cotonou.  Le B\u00e9nin dispose pourtant d&#39;un arsenal juridique pour lutter contre le travail des enfants, notamment un arr\u00eat\u00e9 interminist\u00e9riel de novembre 2000 interdisant certains travaux difficiles et dangereux aux enfants et jeunes travailleurs. Le B\u00e9nin a \u00e9galement ratifi\u00e9 tous les instruments juridiques internationaux, notamment la Convention 182 de l&#39;OIT qui d\u00e9finit les pires formes de travail des enfants et demande \u00e0 tous les gouvernements de les interdire.  Pourquoi le ph\u00e9nom\u00e8ne perdure-t-il alors? &quot;C&#39;est par manque de volont\u00e9 politique!&quot;, affirme Francis Aholou, enseignant, membre d&#39;une ONG impliqu\u00e9e dans la lutte contre le trafic des enfants. &quot;Le jour o\u00f9 nos gouvernants vont cesser de faire du folklore d\u00e9cider de s&#39;impliquer r\u00e9ellement dans la lutte contre le trafic des enfants, il n&#39;y aura plus d&#39;enfants qui travaillent au B\u00e9nin&quot;.  Le Bureau international du travail (BIT) estime que le probl\u00e8me essentiel du travail des enfants est la pauvret\u00e9 et l&#39;inaccessibilit\u00e9 \u00e0 la scolarisation.<\/p>\n<p>La lutte contre le ph\u00e9nom\u00e8ne passe donc par l&#39;\u00e9ducation et l&#39;am\u00e9lioration des conditions de vie des parents, ajoute Ad\u00e9gbidi. Pourtant l&#39;Etat b\u00e9ninois consacre \u00e0 l&#39;\u00e9ducation le tiers de son budget annuel qui fait plus de 400 milliards de FCFA (environ 600 millions de dollars US).  Au B\u00e9nin, 23,3 pour cent des citoyens vivaient sous le seuil de pauvret\u00e9 en milieu rural et 33 pour cent en milieu urbain, en 1999-2000, selon l&#39;Institut national des statistiques et de l&#39;analyse \u00e9conomique (INSAE).<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COTONOU, 9 oct (IPS) &#8211; Une campagne d&#39;une quinzaine de jours contre les pires formes du travail des enfants, initi\u00e9e par la Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale des travailleurs du B\u00e9nin (CGTB), a permis aux B\u00e9ninois de d\u00e9couvrir que des milliers d&#39;enfants travaillent&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/10\/09\/repetition-corrigee-droits-benin-syndicats-et-ong-intensifient-lacampagne-contre-le-travail-des-enfants\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":122,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1],"tags":[],"class_list":["post-1342","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1342","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/122"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1342"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1342\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1342"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1342"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1342"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}