{"id":1298,"date":"2002-09-06T13:40:01","date_gmt":"2002-09-06T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/09\/06\/droits-des-organisations-adoptent-un-plan-dactions-pour-combattre-lesviolences-contre-les-femmes\/"},"modified":"2002-09-06T13:40:01","modified_gmt":"2002-09-06T13:40:01","slug":"droits-des-organisations-adoptent-un-plan-dactions-pour-combattre-lesviolences-contre-les-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/09\/06\/droits-des-organisations-adoptent-un-plan-dactions-pour-combattre-lesviolences-contre-les-femmes\/","title":{"rendered":"DROITS: Des organisations adoptent un plan d&#39;actions pour combattre lesviolences contre les femmes"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 6 sept (IPS) &#8211; Des associations gouvernementales et non gouvernementales de sept pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest ont adopt\u00e9, \u00e0 Ouagadougou, un plan d&#39;actions pour combattre les violences contre les femmes, qui ont un impact n\u00e9gatif sur le bien-\u00eatre des femmes et des filles en Afrique subsaharienne. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Les 40 participants, r\u00e9unis en atelier la semaine derni\u00e8re au Burkina Faso, ont demand\u00e9 l&#39;insertion, dans les manuels scolaires et dans les programmes de formation des personnels de sant\u00e9, les principales formes de violences contre les femmes. La rencontre s&#39;est d\u00e9roul\u00e9e sous l&#39;\u00e9gide de la F\u00e9d\u00e9ration internationale pour la planification familiale (IPPF).<\/p>\n<p> En Afrique de l&#39;ouest, les formes de violences les plus connues sont les coups et blessures, les mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines, les viols, le mariage forc\u00e9 ou pr\u00e9coce, le l\u00e9virat, les violences domestiques et psychologiques ainsi que les intimidations des enseignants sur les jeunes filles \u00e0 l&#39;\u00e9cole.<\/p>\n<p> Les cons\u00e9quences de ces formes de violence sont la mauvaise sant\u00e9 de la reproduction des femmes, le VIH\/SIDA, soulignent les participants.<\/p>\n<p>  Le taux d&#39;excision varie entre 60 et 80 pour cent selon le pays. Au Burkina, plus de 66 pour cent des femmes ont \u00e9t\u00e9 excis\u00e9es, alors qu&#39;en Mauritanie, ce chiffre atteint les 80 pour cent, selon les communications faites \u00e0 l&#39;atelier.<\/p>\n<p> Selon l&#39;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS), 132 millions de filles et de femmes dans 28 pays africains ont subi des mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines et deux millions de filles risquent d&#39;\u00eatre expos\u00e9es \u00e0 de tels actes de violences chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p> Si les mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines ainsi que d&#39;autres formes de violences comme le mariage forc\u00e9 ne sont plus un sujet tabou et ont tendance \u00e0 reculer en Guin\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la sensibilisation, on note cependant une recrudescence des cas de viols de femmes et de mineures par des d\u00e9linquants, s&#39;inqui\u00e8te Mariama Diop Sylla, pr\u00e9sidente de l&#39;Association des sages-femmes de Guin\u00e9e.<\/p>\n<p> Les participants ont d\u00e9cid\u00e9 de mettre, au centre de leur plan d&#39;actions, la sensibilisation des hommes car, \u00e0 leurs yeux, &quot;ils sont les principaux responsables dans la grande majorit\u00e9 des violences&quot; contre les femmes.<\/p>\n<p> &quot;La premi\u00e8re cause est notre culture, les traditions qui font que le statut qu&#39;on donne aux femmes est un statut inf\u00e9rieur; et dans l&#39;\u00e9ducation des enfants, on montre \u00e0 l&#39;homme qu&#39;il doit dominer la femme, qu&#39;il doit manifester et montrer \u00e0 la femme que c&#39;est lui le chef&quot;, explique Pascaline Sebgo du Burkina, facilitatrice des travaux de l&#39;atelier.<\/p>\n<p> &quot;Vous avez certains hommes qui ne sont pas mauvais, mais qui se sentent oblig\u00e9s de lever le ton pour montrer qu&#39;ils sont les chefs; c&#39;est la pression sociale qui fait \u00e7a&quot;, souligne Sebgo, affirmant que cela pr\u00e9pare l&#39;homme \u00e0 la violence.<\/p>\n<p> Les participants venus de Guin\u00e9e, de Sierra Leone, de Mauritanie, du S\u00e9n\u00e9gal, du Mali, du Tchad et du Burkina, ont \u00e9galement cibl\u00e9, dans leur plan d&#39;action, les chefs coutumiers et religieux car, disent-ils, &quot;certaines croyances religieuses et culturelles pr\u00f4nent la domination des hommes sur les femmes et servent \u00e0 p\u00e9renniser cette supr\u00e9matie de l&#39;homme&quot;.  Pour Djanabou Mahond\u00e9, responsable d&#39;un programme &quot;genre&quot; en Sierra Leone, pays meurtri par une d\u00e9cennie de guerre civile et o\u00f9 les femmes ont subi des violences physiques &#8211; amput\u00e9es des membres &#8211; ou ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es, elles ont besoin du soutien des chefs coutumiers pour une prise en charge psychologique afin de les aider \u00e0 r\u00e9int\u00e9grer leur communaut\u00e9.<\/p>\n<p> &quot;Les familles, qui veulent bien accepter ces femmes, doivent faire souvent face aux critiques du reste de leur communaut\u00e9 qui rejette la femme qui a eu un enfant avec un rebelle ou qui a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e pendant la guerre&quot;, explique Mahond\u00e9 qui juge &quot;tr\u00e8s coop\u00e9ratifs&quot; les chefs coutumiers pendant les campagnes de sensibilisation.<\/p>\n<p> Selon elle, la guerre a accentu\u00e9 les violences domestiques contre les femmes en raison des probl\u00e8mes \u00e9conomiques engendr\u00e9s par le conflit, d&#39;o\u00f9 la mise en place de programmes de micro-cr\u00e9dits pour aider les femmes \u00e0 entreprendre de petits commerces.<\/p>\n<p> Les participants reconnaissent cependant le r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant de la femme dans l&#39;\u00e9ducation et la transmission des valeurs culturelles aux enfants : &quot;la femme a \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 et \u00e9duqu\u00e9e de fa\u00e7on \u00e0 v\u00e9hiculer des valeurs qui lui sont d\u00e9favorables malgr\u00e9 elle&quot;, se d\u00e9fend Sebgo.<\/p>\n<p> &quot;Ces femmes reproduisent l&#39;\u00e9ducation qu&#39;elles ont re\u00e7ue&quot;, poursuit Sebgo qui cite l&#39;exemple des premi\u00e8res \u00e9pouses dans les familles polygames qui &quot;subjuguent et soumettent les autres \u00e9pouses&quot;.<\/p>\n<p>  L&#39;atelier pr\u00e9conise une place de choix aux m\u00e9dias pour les actions \u00e0 mener.<\/p>\n<p>&quot;Il y a un travail d&#39;\u00e9ducation, de sensibilisation et d&#39;information \u00e0 mener afin que les victimes comprennent que des lois existent souvent qui les prot\u00e9gent, mais qu&#39;elles ne connaissent pas&quot;, souligne Jean Marie Guingan\u00e9, directeur des programmes de l&#39;Association burkinab\u00e9 pour le bien-\u00eatre familial (ABBEF).  &quot;Aujourd&#39;hui, le contexte, dans tous les pays, est favorable \u00e0 une l\u00e9gislation pour freiner les violences faites aux femmes, mais la r\u00e9alit\u00e9 est qu&#39;il y aura toujours une application difficile de la loi s&#39;il n&#39;y a pas sensibilisation sur les textes qui existent&quot;, explique Guingan\u00e9.<\/p>\n<p> Au Burkina Faso, les mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines sont condamn\u00e9es par la loi d&#39;une peine d&#39;emprisonnement de un \u00e0 cinq ans et d&#39;une amende pouvant atteindre six millions de francs CFA (environ 9.160 dollars US). Mais le poids des croyances religieuses rend difficile l&#39;\u00e9radication du ph\u00e9nom\u00e8ne.  &quot;Nous allons mener des activit\u00e9s de sensibilisation&#8230; car la m\u00e9connaissance des probl\u00e8mes et le manque d&#39;information, surtout chez les femmes&#8230;, constituent une entrave \u00e0 la lutte contre les nombreuses injustices contre elles&quot;, explique El Hadj Ibrahim Zougmore, membre du Comit\u00e9 national de lutte contre la pratique de l&#39;excision au Burkina.<\/p>\n<p> Dans le plan d&#39;actions, il est pr\u00e9vu des recherches sur les diff\u00e9rentes religions, mais aussi des actions de formation \u00e0 l&#39;endroit des femmes analphab\u00e8tes sur le contenu r\u00e9el des livres saints par rapport \u00e0 certaines formes de violences imput\u00e9es aux croyances religieuses.<\/p>\n<p> &quot;C&#39;est parce que beaucoup de femmes n&#39;ont pas \u00e9tudi\u00e9 le coran qu&#39;elles ne connaissent pas leurs droits&quot;, explique Zougmore qui se f\u00e9licite de l&#39;existence, au Burkina, de cercles d&#39;\u00e9tudes f\u00e9minines du coran.<\/p>\n<p> &quot;La religion musulmane enseigne l&#39;\u00e9volution positive et l&#39;\u00e9panouissement de la femme&quot;, souligne Zougmore, affirmant qu&#39;aucun verset du coran ne prescrit l&#39;excision. Elle &quot;rel\u00e8ve du syncr\u00e9tisme d&#39;une pratique traditionnelle qu&#39;on l\u00e9gitime en l&#39;imputant \u00e0 la religion&quot;.<\/p>\n<p> Selon Zougmore, l&#39;homme qui a domin\u00e9 la femme pendant longtemps, n&#39;entend pas perdre ses privil\u00e8ges. Mais il &quot;doit comprendre que son \u00e9panouissement et celui de la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9pendent de l&#39;abolition des in\u00e9galit\u00e9s entre l&#39;homme et la femme dans les r\u00f4les et les opportunit\u00e9s&quot;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 6 sept (IPS) &#8211; Des associations gouvernementales et non gouvernementales de sept pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest ont adopt\u00e9, \u00e0 Ouagadougou, un plan d&#39;actions pour combattre les violences contre les femmes, qui ont un impact n\u00e9gatif sur le bien-\u00eatre des&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/09\/06\/droits-des-organisations-adoptent-un-plan-dactions-pour-combattre-lesviolences-contre-les-femmes\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,30],"tags":[],"class_list":["post-1298","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1298","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1298"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1298\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1298"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1298"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1298"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}