{"id":1295,"date":"2002-09-04T13:40:01","date_gmt":"2002-09-04T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/09\/04\/developpement-nouveaux-espoirs-pour-les-agriculteurs-ouest-africains\/"},"modified":"2002-09-04T13:40:01","modified_gmt":"2002-09-04T13:40:01","slug":"developpement-nouveaux-espoirs-pour-les-agriculteurs-ouest-africains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/09\/04\/developpement-nouveaux-espoirs-pour-les-agriculteurs-ouest-africains\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT: Nouveaux espoirs pour les agriculteurs ouest-africains"},"content":{"rendered":"<p>LOME, 4 sept (IPS) &#8211; Consid\u00e9r\u00e9e comme un secteur \u00e0 risque et peu rentable, l&#39;agriculture africaine n&#39;a pas souvent acc\u00e8s aux services financiers tels que le cr\u00e9dit et l&#39;assurance.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Mais des institutions financi\u00e8res r\u00e9fl\u00e9chissent \u00e0 de nouvelles orientations pour donner espoir aux agriculteurs ouest-africains.<\/p>\n<p> Les agriculteurs africains sont souvent confront\u00e9s \u00e0 des difficult\u00e9s pour avoir acc\u00e8s aux cr\u00e9dits. Cette situation a des effets n\u00e9gatifs sur leur production qui ne parvient pas \u00e0 se moderniser. Les cultivateurs d\u00e9plorent leur incapacit\u00e9 \u00e0 obtenir des pr\u00eats bancaires pour acheter des machines agricoles, des intrants pour leurs fermes.   Pour Jean Ts\u00e8vi, agriculteur \u00e0 Agou Tom\u00e9gb\u00e9, une localit\u00e9 situ\u00e9e \u00e0 155 km au nord-ouest de Lom\u00e9, la capitale du Togo, ce blocage freine l&#39;\u00e9volution de leurs productions.<\/p>\n<p> &quot;J&#39;ai tout fait pour obtenir un cr\u00e9dit afin de faire des achats d&#39;intrants, mais les structures bancaires ont refus\u00e9 sans me donner les raisons de ce refus&quot;, affirme Ts\u00e9vi, tr\u00e8s amer.<\/p>\n<p> &quot;Les banques demandent des garanties autres que les pi\u00e8ces d&#39;identit\u00e9&quot;, indique Dov\u00e9n\u00e9 Amouzou, cutivatrice \u00e0 Kp\u00e9l\u00e9 Dafo, une localit\u00e9 de la r\u00e9gion de Kpalim\u00e9 (160 km au nord-ouest de Lom\u00e9).<\/p>\n<p> Selon elle, les femmes sont plus p\u00e9nalis\u00e9es par la r\u00e9action des banquiers.<\/p>\n<p>&quot;La majoriot\u00e9 des femmes du monde rural n&#39;ont de d&#39;acte de naissance pour \u00e9tablir une carte d&#39;identit\u00e9&quot;, r\u00e9v\u00e8le Amouzou.<\/p>\n<p> Elle confie \u00e0 IPS que &quot;l&#39;une de ses voisines, qui n&#39;a pas de pi\u00e8ce d&#39;identit\u00e9, a presque \u00e9t\u00e9 chass\u00e9e par les responsables d&#39;une coop\u00e9rative d&#39;\u00e9pargne et de cr\u00e9dit&quot;.  Les interventions des \u00e9tablissements bancaires et financiers classiques sont sporadiques et exigent la constitution d&#39;une batterie de garanties souvent extra-agricoles.  En fait, ce sont les petits producteurs de l&#39;agriculture vivri\u00e8re qui souffrent le plus de ces exigences bancaires parce qu&#39;ils ne poss\u00e8dent pas souvent de biens mat\u00e9riels (maisons, terrains, etc.) dont la valeur peut \u00eatre accept\u00e9e comme une garantie par les banques.  &quot;Tout producteur agricole peut b\u00e9n\u00e9ficier d&#39;un cr\u00e9dit s&#39;il dispose d&#39;une garantie&quot;, affirme un banquier de Cotonou, au B\u00e9nin, qui a requis l&#39;anonymat. Selon lui, &quot;les petits paysans sont difficilement solvables parce qu&#39;ils ont de nombreux probl\u00e8mes de famille et qu&#39;ils s&#39;engagent souvent dans des d\u00e9penses de prestige&quot;.   Pour la campagne du coton, par exemple, la Soci\u00e9t\u00e9 nationale pour la promotion agricole, l&#39;entreprise publique qui s&#39;occupe de la fili\u00e8re coton au B\u00e9nin, obtient chaque ann\u00e9e, des banques commerciales, un cr\u00e9dit de quelque 40 milliards de francs CFA (environ 61 millions de dollars US pour financer l&#39;achat des intrants agricoles n\u00e9cessaires \u00e0 cette culture de rente.    Face \u00e0 cette situation, quelque 100 participants \u00e0 un atelier de l&#39;Association africaine de cr\u00e9dit rural et agricole (AFRACA) proposent des strat\u00e9gies pour soutenir le secteur agricole qui re\u00e7oit de moins en moins d&#39;investissements en Afrique, malgr\u00e9 ses potentialit\u00e9s de diversification des sources de croissance.  Organis\u00e9 en ao\u00fbt au si\u00e8ge de la Banque ouest-africaine de d\u00e9veloppement (BOAD) \u00e0 Lom\u00e9, au Togo, l&#39;atelier a port\u00e9 sur &quot;Le r\u00f4le des banques commerciales dans le financement du monde rural et\/ou la micro-finance&quot;.  Selon G\u00e9d\u00e9on Muriuki, pr\u00e9sident de l&#39;AFRACA, le th\u00e8me de cet atelier &quot;est crucial pour contribuer \u00e0 la solution des probl\u00e8mes d&#39;articulation entre les banques commerciales et les institutions de micro-finance pour mieux r\u00e9pondre aux besoins de financement de l&#39;agriculture&quot;.  Son coll\u00e8gue, Rasmane Ouedraogo, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&#39;AFRACA, a relev\u00e9 que le monde rural et l&#39;agriculture, dans la sous-r\u00e9gion, sont encore l&#39;objet d&#39;une petite attention de la part des institutions de financement malgr\u00e9 le nombre d&#39;actifs qu&#39;ils emploient et leur contribution dans la constitution du Produit int\u00e9rieur brut (PIB).  &quot;Le secteur agricole occupe une place dominante, entre 30 et 35 pour cent du PIB, 65 et 85 pour cent de la population active, 60 et 80 pour cent des recettes d&#39;exportation&quot; de l&#39;ensemble des pays membres de l&#39;Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (UEMOA), explique Ouedraogo. Mais ce secteur n&#39;arrive pas \u00e0 moderniser ses structures de production.  L&#39;UEMOA et la BOAD comptent huit pays membres : le B\u00e9nin, le Burkina Faso, la C\u00f4te d&#39;Ivoire, la Guin\u00e9e-Bissau, le Mali, le Niger, le S\u00e9n\u00e9gal et le Togo.  La rencontre de Lom\u00e9, qui a r\u00e9uni des repr\u00e9sentants des banques commerciales, des banques centrales, des associations professionnelles de banques et autres institutions financi\u00e8res, a \u00e9t\u00e9 l&#39;occasion de d\u00e9finir des orientations pour mieux soutenir et am\u00e9liorer le financement du monde rural dans la sous-r\u00e9gion.  Les discussions ont aussi port\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&#39;instituer des fonds de calamit\u00e9, de bonification et de garantie pour les cr\u00e9dits accord\u00e9s au secteur rural.  &quot;Nous avons trouv\u00e9 qu&#39;il faut renforcer les capacit\u00e9s au sein des institutions, que les banques commerciales peuvent \u00e9valuer les programmes agricoles, \u00eatre \u00e0 m\u00eame d&#39;\u00e9valuer les conditions de financement&quot;, d\u00e9clare Pierre Claver Damiba, consultant et ancien pr\u00e9sident de la BOAD.  &quot;Nous avons aussi trouv\u00e9 que quelquefois, pour financer l&#39;agriculture, surtout l&#39;agriculture vivri\u00e8re, les ressources et les cr\u00e9dits sont chers; on peut trouver des formules pour bonifier les int\u00e9r\u00eats&quot;, ajoute Damiba.  Les participants ont d\u00e9plor\u00e9 que la faiblesse d&#39;\u00e9quipement des zones rurales en infrastructures de base &#8211; routes, t\u00e9l\u00e9communications, \u00e9nergie, eau &#8211; constitue un frein \u00e0 l&#39;\u00e9tablissement des banques commerciales dans ces r\u00e9gions.  &quot;Nous avons discut\u00e9 du r\u00f4le de l&#39;Etat, nous pensons que l&#39;Etat a un r\u00f4le important \u00e0 plusieurs niveaux en tant que souverain d\u00e9finissant des strat\u00e9gies d&#39;une part, et d&#39;autre part en tant que garant de l&#39;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Or l&#39;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, c&#39;est la majorit\u00e9 et la majorit\u00e9 chez nous, c&#39;est le monde rural&quot;, explique Damiba.  &quot;En d\u00e9pit de certaines dispositions mises en place dans la zone UEMOA, les financements en direction du monde rural sont rest\u00e9s marginaux&quot;, constate le Premier ministre togolais, Koffi Sama, qui regrette que le financement bancaire reste surtout orient\u00e9 vers le secteur commercial.  Pour le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&#39;AFRACA,&quot;Nous ne pouvons pas continuer \u00e0 \u00e9laborer des plans de d\u00e9veloppement pour notre continent si une tr\u00e8s grande partie de notre population est exclue du syst\u00e8me de financement actuel&quot;.  &quot;Aucun d\u00e9veloppement durable de nos \u00e9conomies n&#39;est possible si le financement du monde rural est toujours marginalis\u00e9&quot;, soutient le pr\u00e9sident de la BOAD, Boni Yayi, ajoutant que &quot;Les \u00e9changes \u00e0 partir des diverses contributions nous ont permis d&#39;\u00e9laborer des conclusions et des recommandations pertinentes&quot;.  Le forum des institutions membres de l&#39;AFRACA se tiendra en novembre prochain \u00e0 Abuja, au Nigeria. L&#39;AFRACA est une association de banques et d&#39;institutions financi\u00e8res directement ou indirectement impliqu\u00e9es dans la prestation de services financiers au profit du d\u00e9veloppement rural.  Cr\u00e9\u00e9e en 1977, l&#39;AFRACA a pour mission d&#39;am\u00e9liorer l&#39;environnement financier rural en Afrique en d\u00e9finissant des cadres appropri\u00e9s de politique g\u00e9n\u00e9rale pour permettre notamment aux institutions financi\u00e8res viables d&#39;accro\u00eetre leurs interventions dans le secteur agricole.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LOME, 4 sept (IPS) &#8211; Consid\u00e9r\u00e9e comme un secteur \u00e0 risque et peu rentable, l&#39;agriculture africaine n&#39;a pas souvent acc\u00e8s aux services financiers tels que le cr\u00e9dit et l&#39;assurance.<\/p>\n","protected":false},"author":209,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1],"tags":[],"class_list":["post-1295","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1295","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/209"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1295"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1295\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1295"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1295"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1295"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}