{"id":1275,"date":"2002-08-13T13:40:01","date_gmt":"2002-08-13T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/08\/13\/environnement-mali-les-dechets-constituent-un-danger-mais-aussi-une-source-de-revenus-pour-des-pauvres\/"},"modified":"2002-08-13T13:40:01","modified_gmt":"2002-08-13T13:40:01","slug":"environnement-mali-les-dechets-constituent-un-danger-mais-aussi-une-source-de-revenus-pour-des-pauvres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/08\/13\/environnement-mali-les-dechets-constituent-un-danger-mais-aussi-une-source-de-revenus-pour-des-pauvres\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT-MALI: Les d\u00e9chets constituent un danger, mais aussi une source de revenus pour des pauvres"},"content":{"rendered":"<p>BAMAKO, 13 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Sur la quasi-totalit\u00e9 de la cinquantaine de d\u00e9p\u00f4ts d&#39;ordures m\u00e9nag\u00e8res que compte le district de Bamako, la capitale du Mali, se trouvent des chiffonniers qui exploitent les d\u00e9tritus \u00e0 des fins commerciales pour survivre. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Les 50 d\u00e9p\u00f4ts constituent des collectes de transit d&#39;ordures m\u00e9nag\u00e8res pour une d\u00e9charge finale plus \u00e9loign\u00e9e de 757.200 m\u00e8tres cubes d&#39;ordures soit, 30.000 m\u00e8tres cubes en moyenne par mois. Ce sont ces tonnes de d\u00e9chets qui constituent le fonds de commerce, du moins le revenu pour de nombreux foyers pauvres.<\/p>\n<p> Les &quot;exploitants des ordures&quot; ne font pas bon m\u00e9nage avec les services de voirie. Mais le ph\u00e9nom\u00e8ne demeure et se propage davantage \u00e0 cause de la pauvret\u00e9.  &quot;L&#39;insalubrit\u00e9 \u00e0 Bamako est un casse-t\u00eate&#8230; La ville est sale et m\u00eame trop sale. Cette situation a donn\u00e9 naissance \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau, celui des exploitants des ordures. Loin de nous r\u00e9jouir, ce ph\u00e9nom\u00e8ne doit au contraire nous interpeller sur notre mani\u00e8re de vivre et sur les dangers que cela repr\u00e9sente sur l&#39;environnement et sur la soci\u00e9t\u00e9&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 le maire du district de Bamako, Ibrahima N&#39;diaye.<\/p>\n<p> N&#39;diaye s&#39;adressait aux militants de la branche malienne du R\u00e9seau ouest-africain d&#39;animation civique, SOS-Civisme, au cours d&#39;une conf\u00e9rence r\u00e9cente \u00e0 Bamako, portant sur le th\u00e8me : &quot;La probl\u00e9matique de l&#39;assainissement et de la salubrit\u00e9&quot;.<\/p>\n<p> Selon le maire du district de Bamako, la pauvret\u00e9 est \u00e0 la base de ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Le seuil de pauvret\u00e9, selon le Programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement (PNUD), est estim\u00e9 \u00e0 103.130 francs CFA (environ 157 dollars US) par an au Mali.<\/p>\n<p> Plus de la majorit\u00e9 de la population malienne vit en dessous du seuil de pauvret\u00e9, soit 69 pour cent dont 76 pour cent en milieu rural et 36,3 pour cent en milieu urbain. La dette ext\u00e9rieure du Mali \u00e9tait de 3,084 milliards de dollars US en 2000, selon un document de la Banque mondiale (2002). Le pays compte environ 10 millions d&#39;habitants.<\/p>\n<p> Selon le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Direction des services d&#39;urbanisme, de voirie et d&#39;assainissement, Hamidou Berth\u00e9, sur chaque d\u00e9p\u00f4t d&#39;ordures, on trouve environ dix personnes. Ce qui fait une moyenne de 250 personnes sur les 50 d\u00e9p\u00f4ts r\u00e9pertori\u00e9s.<\/p>\n<p> Appel\u00e9s ironiquement &quot;exploitants des ordures&quot;, ils sont officiellement reconnus comme chiffonniers. Ce sont le plus souvent de personnes en d\u00e9tresse : des femmes sans foyer, des vieillards, mais aussi de jeunes d\u00e9linquants en rupture avec la soci\u00e9t\u00e9 et qui se livrent \u00e0 d&#39;autres activit\u00e9s pendant la nuit, indique Berth\u00e9.  Les chiffonniers ont tous en commun un statut de Sans domicile fixe (SDF). Selon Berth\u00e9, chaque chiffonnier a une ou deux &quot;sp\u00e9cialit\u00e9s&quot;. Certains s&#39;int\u00e9ressent aux morceaux de charbons, d&#39;autres aux bois ou aux bo\u00eetes de conserves et aux bouteilles. D&#39;autres encore se sont sp\u00e9cialis\u00e9s dans la recherche de bijoux (en or ou en argent) \u00e9gar\u00e9s parfois dans les ordures domestiques.<\/p>\n<p> A la question de savoir pourquoi vous tol\u00e9rez leur pr\u00e9sence sur les d\u00e9p\u00f4ts, Berth\u00e9 r\u00e9pond, sourire aux l\u00e8vres : &quot;Nous avons us\u00e9 de tous les moyens pour les faire d\u00e9guerpir, mais en vain. Ils r\u00e9sistent et s&#39;adaptent \u00e0 toutes les situations&quot;.<\/p>\n<p> Mais Berth\u00e9 a oubli\u00e9 d&#39;ajouter que les chiffonniers sont beaucoup organis\u00e9s. Au cours d&#39;une visite sur l&#39;un des plus grands d\u00e9p\u00f4ts de la ville, dans le quartier p\u00e9riph\u00e9rique de Faladi\u00e9, IPS a rencontr\u00e9 le chef de file des chiffonniers de ce site, Hawa Dram\u00e9, plus connue sous le nom de &quot;Madame d\u00e9chets&quot;.  Quarante ans environ et m\u00e8re de quatre enfants, elle est veuve depuis une dizaine d&#39;ann\u00e9es. Dram\u00e9 est venue en 1991 de San, dans la r\u00e9gion de S\u00e9gou, situ\u00e9e au \u00e0 410 kilom\u00e8tres au nord-est de Bamako. Son fils, le plus jeune des enfants, est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1993 et deux de ses filles font des m\u00e9tiers d&#39;aides m\u00e9nag\u00e8res domestiques, tandis que la troisi\u00e8me est r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par une tante.  La vie de chiffonni\u00e8re de Dram\u00e9 a commenc\u00e9 \u00e0 la suite du d\u00e9c\u00e8s de son mari. En refusant de se remarier avec le fr\u00e8re a\u00een\u00e9 de son d\u00e9funt mari, elle a \u00e9t\u00e9 excommuni\u00e9e. Sans espoir, elle a pris ses enfants pour venir \u00e0 Bamako o\u00f9 elle ne conna\u00eet personne. Une fois arriv\u00e9e dans la capitale, elle a \u00e9lu domicile \u00e0 l&#39;entr\u00e9e de la ville, sur ce d\u00e9p\u00f4t. Et depuis, elle y r\u00e8gne en ma\u00eetresse des lieux.  Elle fait partie aujourd&#39;hui des pr\u00e9curseurs du chiffonnage au Mali. Elle s&#39;en r\u00e9jouit : &quot;Dieu merci. Gr\u00e2ce \u00e0 cette activit\u00e9, je gagne ma vie. Je gagne 500 \u00e0 1.000 FCFA par jour (environ 0,7 dollar US \u00e0 1,5 dollar US). De temps en temps, certaines industries nous font la commande de vieilles chaussures en plastique&quot;.  Une unit\u00e9 industrielle de la place, Fofy-Industrie, que IPS a contact\u00e9e a confirm\u00e9 les faits. Le directeur commercial, Issa Traor\u00e9, indique que de temps en temps, ils font des commandes de vieilles chaussures aupr\u00e8s des chiffonniers \u00e0 raison de 10.000 FCFA le sac (environ 15 dollars US).<\/p>\n<p> Pour Berth\u00e9, ce genre d&#39;activit\u00e9s a un impact n\u00e9gatif sur celles de la voirie en ce sens que les chiffonniers ratissent et dispersent les ordures, m\u00eame s&#39;il reconna\u00eet, par ailleurs, qu&#39;ils r\u00e9duisent la masse des d\u00e9chets \u00e0 enfouir.<\/p>\n<p> La technique utilis\u00e9e au Mali est l&#39;enfouissement des ordures \u00e0 travers des d\u00e9charges contr\u00f4l\u00e9es et compact\u00e9es. Le district de Bamako a deux sites : Noumoubougou \u00e0 40 km \u00e0 l&#39;est de Bamako, avec une superficie de 50 hectares, et Dialakorobougou, \u00e0 35 km au nord-est de la capitale, avec 45 hectares. Mais cette technique ne pr\u00e9serve pas de la pollution, selon les militants de l&#39;environnement.  Le Mali est un pays pauvre et la mairie du district de Bamako a des ressources limit\u00e9es pour face \u00e0 l&#39;immensit\u00e9 de la t\u00e2che. Elle investit pourtant chaque ann\u00e9e 900 millions de FCFA (environ 1,353 million de dollars US), soit le tiers de son budget, pour l&#39;entretien et l&#39;assainissement. Ensuite, le parc de toutes les voiries du Mali est v\u00e9tuste, avec des engins hors normes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BAMAKO, 13 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Sur la quasi-totalit\u00e9 de la cinquantaine de d\u00e9p\u00f4ts d&#39;ordures m\u00e9nag\u00e8res que compte le district de Bamako, la capitale du Mali, se trouvent des chiffonniers qui exploitent les d\u00e9tritus \u00e0 des fins commerciales pour survivre.<\/p>\n","protected":false},"author":195,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,12,1],"tags":[],"class_list":["post-1275","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-environnement","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1275","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/195"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1275"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1275\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1275"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1275"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1275"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}