{"id":1267,"date":"2002-08-05T13:40:01","date_gmt":"2002-08-05T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/08\/05\/environnement-senegal-la-degradation-de-lenvironnement-joue-sur-la-pauvrete\/"},"modified":"2002-08-05T13:40:01","modified_gmt":"2002-08-05T13:40:01","slug":"environnement-senegal-la-degradation-de-lenvironnement-joue-sur-la-pauvrete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/08\/05\/environnement-senegal-la-degradation-de-lenvironnement-joue-sur-la-pauvrete\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT-SENEGAL: La d\u00e9gradation de l&#39;environnement joue sur la pauvret\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>DAKAR, 5 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Chaque ann\u00e9e, l&#39;ensemble des for\u00eats s\u00e9n\u00e9galaises perdent 50.000 hectares de leur superficie, selon les estimations de la Direction nationale de l&#39;environnement et des \u00e9tablissements class\u00e9s (DEEC).\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Cette d\u00e9forestation r\u00e9sulte de la combinaison de plusieurs facteurs dont les p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse r\u00e9p\u00e9titives depuis la fin des ann\u00e9es 60.<\/p>\n<p> Aux facteurs climatiques, s&#39;ajoutent les fortes pressions humaines exerc\u00e9es sur les for\u00eats s\u00e9n\u00e9galaises, comme presque partout ailleurs dans la zone du Sahel.<\/p>\n<p> Parmi les fl\u00e9aux provoqu\u00e9s par l&#39;homme, figurent les feux de brousse qui, selon la Direction des eaux et for\u00eats du S\u00e9n\u00e9gal, ravagent chaque ann\u00e9e 150.000 \u00e0 200.000 hectares de terres. &quot;C&#39;est un facteur qui favorise la d\u00e9gradation des sols en ce sens qu&#39;il d\u00e9truit le tapis herbac\u00e9&quot;, soutient Mansour Ndiaye, un agent des Eaux et for\u00eats.<\/p>\n<p> Ces feux sont le plus souvent provoqu\u00e9s par des paysans d\u00e9frichant leurs champs, des chercheurs de miel, mais aussi par des bergers.  Mais l&#39;une des causes essentielles de la d\u00e9forestation reste la production de charbon de bois, de bois de chauffe et de bois d&#39;\u0153uvre. Selon les statistiques de la DEEC, les exploitants forestiers en pr\u00e9l\u00e8vent chaque ann\u00e9e 80.000 \u00e0 100.000 tonnes de bois destin\u00e9s \u00e0 satisfaire ces trois cat\u00e9gories de bois recherch\u00e9s pour des besoins \u00e9conomiques et sociaux des citoyens.<\/p>\n<p> Pour diminuer cette pression, le minist\u00e8re de la Jeunesse, de l&#39;Environnement et de l&#39;Hygi\u00e8ne publique envisage de revoir \u00e0 la baisse les quotas attribu\u00e9s aux milliers exploitants regroup\u00e9s au sein d&#39;associations d\u00e9nomm\u00e9es Groupements d&#39;int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques (GIE).<\/p>\n<p> C&#39;\u00e9tait pour lutter contre la d\u00e9forestation que l&#39;Etat s\u00e9n\u00e9galais avait lanc\u00e9, au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, une politique de promotion des \u00e9nergies alternatives au bois. Elle consistait \u00e0 encourager les populations \u00e0 utiliser le gaz butane dont les prix \u00e9taient subventionn\u00e9s et les fourneaux am\u00e9lior\u00e9s, vendus \u00e0 un prix modique, et moins consommateurs de charbon de bois que les fourneaux traditionnels.  Mais pour des raisons budg\u00e9taires, l&#39;Etat a renonc\u00e9, en 1999, \u00e0 subventionner le prix du gaz devenu du coup beaucoup moins cher que le charbon de bois. &quot;Les efforts de l&#39;Etat ne servaient \u00e0 rien parce que les populations s&#39;accrochaient \u00e0 leurs habitudes traditionnelles. Elles portent toujours leur pr\u00e9f\u00e9rence au charbon de bois pour la cuisson de leurs repas&quot;, regrette Moutapha Ndiaye, conseiller technique au minist\u00e8re de l&#39;Energie et des Mines.<\/p>\n<p> &quot;La r\u00e9alit\u00e9, c&#39;est que la suppression de cette subvention a \u00e9t\u00e9 exig\u00e9e par la Banque mondiale. Comme il s&#39;agit de prot\u00e9ger l&#39;environnement, cette subvention valait la peine&quot;, indique Bounama Di\u00e8ye, membre de l&#39;Association s\u00e9n\u00e9galaise des amis de la nature (ASAN).<\/p>\n<p> Au si\u00e8ge de l&#39;Association des jeunes pour l&#39;\u00e9ducation et le d\u00e9veloppement (AJED), organisation non gouvernementale (ONG) qui soutient des micro-r\u00e9alisations visant \u00e0 am\u00e9liorer les conditions de vie des populations tout en cherchant \u00e0 pr\u00e9server leur environnement, les responsables soutiennent que la pr\u00e9servation des ressources naturelles passera forc\u00e9ment par la lutte contre la pauvret\u00e9.  &quot;Nous ne pourrons pas prot\u00e9ger notre environnement naturel si nous n&#39;arrivons pas \u00e0 combattre la pauvret\u00e9. Heureusement que nos Etats commencent \u00e0 comprendre cette corr\u00e9lation&quot;, souligne un responsable de l&#39;AJED, Mamadou L\u00f4.<\/p>\n<p> Dans la lutte contre la d\u00e9forestation, le minist\u00e8re de l&#39;Environnement ambitionne de faire planter, pendant l&#39;hivernage (de juillet \u00e0 octobre), environ 5 millions de plans d&#39;arbres sur une superficie de 30.000 hectares r\u00e9partie \u00e0 travers le pays. Cette op\u00e9ration, qui sera supervis\u00e9e par la Direction des eaux et for\u00eats, sera ex\u00e9cut\u00e9e par les volontaires du Service civique national, les mouvements associatifs locaux et les organisations d&#39;exploitants forestiers.<\/p>\n<p> Les probl\u00e8mes environnementaux ne sont pas sans cons\u00e9quence sur l&#39;agriculture, secteur qui occupe pr\u00e8s de 70 pour cent de la main-d&#39;\u0153uvre nationale. L&#39;effet combin\u00e9 de la d\u00e9forestation et de l&#39;\u00e9rosion des sols a entra\u00een\u00e9 un r\u00e9tr\u00e9cissement des surfaces cultivables, provoquant une baisse progressive de la production agricole, c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re notamment.<\/p>\n<p> &quot;L&#39;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire n&#39;est rein d&#39;autre qu&#39;une cons\u00e9quence de la d\u00e9gradation de notre environnement naturel. La d\u00e9forestation est, en partie, \u00e0 l&#39;origine de la raret\u00e9 des pluies dont d\u00e9pend enti\u00e8rement notre agriculture&quot;, souligne un ing\u00e9nieur agronome s\u00e9n\u00e9galais, Mansour Ndour.  Il accuse les gouvernements qui, se sont succ\u00e9d\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal depuis l&#39;ind\u00e9pendance du pays en 1960, d&#39;avoir n\u00e9glig\u00e9 les questions environnementales. &quot;Ils n&#39;ont pas vite per\u00e7u la corr\u00e9lation entre l&#39;environnement et le d\u00e9veloppement durable. Ils ont laiss\u00e9 les gens faire ce qu&#39;ils voulaient avec les for\u00eats&quot;, d\u00e9plore-t-il.<\/p>\n<p> Le r\u00e9chauffement annonc\u00e9 de la terre, qui pourrait se traduire au S\u00e9n\u00e9gal par des hausses de temp\u00e9rature variant de 1 degr\u00e9 C \u00e0 2,5 degr\u00e9s C, selon une \u00e9tude de la Direction de l&#39;environnement et des \u00e9tablissements class\u00e9s (DEEC) du S\u00e9n\u00e9gal, assombrit l&#39;avenir de l&#39;agriculture s\u00e9n\u00e9galaise, notamment dans le delta du Saloum situ\u00e9 dans la partie centre-ouest du pays.  Selon une r\u00e9cente \u00e9tude de la DEEC, des inondations feront dispara\u00eetre, en 2100, la moiti\u00e9 de cette vaste zone du delta qui fait 3.210 km2. &quot;Du c\u00f4t\u00e9 du domaine continental, 85 km2 de terre seront inond\u00e9s, essentiellement des zones de savane arbor\u00e9e o\u00f9 se pratique la culture du mil, de l&#39;arachide et du sorgho&quot;, ajoute l&#39;\u00e9tude.  &quot;A cause de la d\u00e9gradation de la biodiversit\u00e9, beaucoup d&#39;esp\u00e8ces ont quitt\u00e9 nos parcs nationaux. Cela a provoqu\u00e9 une baisse du nombre des touristes dont la venue avait des retomb\u00e9es pour les populations autour des sites touristiques&quot;, regrette le directeur des Parcs nationaux du S\u00e9n\u00e9gal, Demba Mamadou B\u00e2.  &quot;Il est illusoire de penser que nous pouvons prot\u00e9ger nos ressources naturelles dans un environnement de pauvret\u00e9. Si nous voulons assurer la p\u00e9rennit\u00e9 de ces ressources, nous devons d&#39;abord \u00e9radiquer la pauvret\u00e9&quot;, ajoute-t-il.  Un avis que partage Boubacar Diop, pr\u00e9sident du Conseil des ONG d&#39;appui au d\u00e9veloppement au S\u00e9n\u00e9gal (CONGAD), organisation qui regroupe 150 ONG du Nord et du Sud intervenant au S\u00e9n\u00e9gal et en Afrique de l&#39;ouest.  &quot;La pauvret\u00e9 et la d\u00e9gradation de l&#39;environnement sont intimement li\u00e9es. A mon avis, la protection de l&#39;environnement passe n\u00e9cessairement par la lutte contre la pauvret\u00e9. Les ONG sont conscientes de cela et veulent amener les d\u00e9cideurs politiques \u00e0 en tenir compte et \u00e0 changer de m\u00e9thode d&#39;approche dans la lutte contre la d\u00e9gradation de l&#39;environnement&quot;, souligne Diop.  Le pr\u00e9sident Abdoulaye Wade, qui a visit\u00e9 samedi une r\u00e9serve animali\u00e8re \u00e0 Bandia (50 km au sud-est de Dakar), a appel\u00e9 les S\u00e9n\u00e9galais \u00e0 prot\u00e9ger l&#39;environnement. &quot;Nous devons nous mobiliser pour pr\u00e9server et valoriser nos ressources naturelles. Il y a encore quelques ann\u00e9es, la nature \u00e9tait cl\u00e9mente dans le pays o\u00f9 vivaient beaucoup d&#39;esp\u00e8ces animales. Pour recr\u00e9er cet environnement, nous devons inscrire toutes nos actions dans le sens de prot\u00e9ger la nature. Si cette nature dispara\u00eet, nous allons dispara\u00eetre avec elle&quot;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAKAR, 5 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Chaque ann\u00e9e, l&#39;ensemble des for\u00eats s\u00e9n\u00e9galaises perdent 50.000 hectares de leur superficie, selon les estimations de la Direction nationale de l&#39;environnement et des \u00e9tablissements class\u00e9s (DEEC).<\/p>\n","protected":false},"author":17,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,12,1],"tags":[],"class_list":["post-1267","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-environnement","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1267","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1267"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1267\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1267"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1267"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1267"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}