{"id":1247,"date":"2002-07-22T13:40:01","date_gmt":"2002-07-22T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/07\/22\/economie-les-pays-ouest-africains-etudient-des-strategies-pour-juguler-lacrise-du-coton\/"},"modified":"2002-07-22T13:40:01","modified_gmt":"2002-07-22T13:40:01","slug":"economie-les-pays-ouest-africains-etudient-des-strategies-pour-juguler-lacrise-du-coton","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/07\/22\/economie-les-pays-ouest-africains-etudient-des-strategies-pour-juguler-lacrise-du-coton\/","title":{"rendered":"ECONOMIE: Les pays ouest-africains \u00e9tudient des strat\u00e9gies pour juguler lacrise du coton"},"content":{"rendered":"<p>LOME, 22 juil (IPS) &#8211; Les acteurs et experts de la fili\u00e8re coton de l&#39;Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (UEMOA) recommandent des actions rapides pour sauver ce secteur en p\u00e9ril face \u00e0 la conjoncture difficile du march\u00e9.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Ils multiplient les concertations pour trouver des rem\u00e8des pouvant sauver le coton qui fait vivre 10 millions de personnes dans la sous-r\u00e9gion. L&#39;UEMOA regroupe huit pays de la zone franc : B\u00e9nin, Burkina Faso, C\u00f4te d&#39;Ivoire, Guin\u00e9e-Bissau, Mali, Niger, S\u00e9n\u00e9gal et Togo.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s Lom\u00e9, au Togo, les experts de la fili\u00e8re se sont retrouv\u00e9s en juin \u00e0 Abidjan, en C\u00f4te d&#39;ivoire, avec les ministres de l&#39;Agriculture des pays de l&#39;UEMOA pour faire l&#39;\u00e9tat des lieux et d\u00e9cider des mesures de sortie de crise du secteur cotonnier.  La fili\u00e8re coton &quot;est source de revenus substantiels pour le monde rural et occupe une main-d&#39;\u0153uvre importante, tant en milieu rural qu&#39;urbain&quot;, explique F\u00e9lix Dansou, commissaire de l&#39;UEMOA charg\u00e9 du d\u00e9veloppement rural et de l&#39;environnement.<\/p>\n<p> La production cotonni\u00e8re, qui a connu une forte progression dans la zone, est pass\u00e9e de 350.000 tonnes en 1970 \u00e0 2,300 millions de tonnes en 1998.  Mais les cours mondiaux ne cessent de chuter pour atteindre leur plus bas niveau. En trois ans, le cours du kilogramme de coton fibre est pass\u00e9 de 71 cents \u00e0 38 cents US, occasionnant une crise sans pr\u00e9c\u00e9dent.  Selon les experts, la crise du coton tire ses origines des faiblesses structurelles internes li\u00e9es \u00e0 une comp\u00e9titivit\u00e9 insuffisante, \u00e0 une organisation inappropri\u00e9e des structures locales, qui conduisent \u00e0 une mauvaise gestion des intrants et des cr\u00e9dits provoquant un endettement. Ces insuffisances conduisent aussi \u00e0 une faible valorisation industrielle des produits du coton, \u00e0 une d\u00e9motivation des producteurs et \u00e0 l&#39;aggravation des effets des al\u00e9as climatiques sur la production.<\/p>\n<p> Les experts \u00e9voquent \u00e9galement des facteurs externes li\u00e9s \u00e0 la baisse des cours mondiaux du coton fibre en raison essentiellement de la surproduction induite par les importantes subventions accord\u00e9es aux agriculteurs dans les grands pays producteurs comme la Chine, l&#39;Union europ\u00e9enne (UE), les Etats-Unis et l&#39;Inde.<\/p>\n<p> Les participants ont insist\u00e9 sur la mise en place d&#39;un &quot;front commun contre la concurrence d\u00e9loyale des pays du Nord&quot; notamment, qui subventionnent leur production cotonni\u00e8re et sur l&#39;\u00e9laboration d&#39;un &quot;plaidoyer pour le respect des r\u00e9glementations internationales&quot; par les grands producteurs (Europe, Etats-Unis, Australie, Chine).  Le pr\u00e9sident de l&#39;Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB), Fran\u00e7ois Traor\u00e9, d\u00e9plore que &quot;cette situation contribue largement \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration de nos revenus d&#39;autant que la production am\u00e9ricaine fortement m\u00e9canis\u00e9e menace s\u00e9rieusement une production africaine tr\u00e8s familiale&quot;.<\/p>\n<p> &quot;Nous voulons dire aux pays qui subventionnent leurs producteurs de cesser de nous parler de la lutte contre la pauvret\u00e9&quot;, d\u00e9clare-t-il.  &quot;L&#39;UE et les Etats-Unis doivent cesser leurs subventions aux producteurs de coton ou trouver des solutions comme des compensations financi\u00e8res, sinon c&#39;est injuste, alors que les institutions financi\u00e8res internationales pr\u00e9conisent la privatisation des fili\u00e8res agricoles dans nos pays&quot;, mart\u00e8le S\u00e9bastien Dano Dj\u00e9dj\u00e9, ministre ivoirien de l&#39;Agriculture.<\/p>\n<p> Dano Dj\u00e9dj\u00e9 est \u00e9galement pr\u00e9sident de la Commission comp\u00e9titivit\u00e9 des produits agricoles d&#39;exportation de la Conf\u00e9rence des ministres de l&#39;Agriculture de l&#39;Afrique de l&#39;ouest et du centre (CMA\/AOC). La CMA\/AOC a adopt\u00e9 un m\u00e9morandum pour une strat\u00e9gie commune contre la concurrence des producteurs occidentaux.  La concurrence des fibres synth\u00e9tiques, de plus en plus performantes, est aussi index\u00e9e comme facteur aggravant de la crise cotonni\u00e8re.<\/p>\n<p> L&#39;UEMOA transforme seulement 5 pour cent de sa production et exporte 95 pour cent de coton fibre \u00e0 l&#39;\u00e9tat brut, renfor\u00e7ant la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des \u00e9conomies des pays producteurs.<\/p>\n<p> A Lom\u00e9, les experts ont recommand\u00e9 que des actions soient vite entreprises pour que la fili\u00e8re ne disparaisse pas et que le pouvoir d&#39;achat des producteurs soit pr\u00e9serv\u00e9 pour les motiver et maintenir cette fili\u00e8re essentielle dans la vie \u00e9conomique de la zone.<\/p>\n<p> Un comit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 mis sur pied pour sensibiliser les pouvoirs publics afin qu&#39;ils acceptent, au plan r\u00e9gional, la mise en place d&#39;instruments de politique \u00e9conomique \u00e0 soumettre \u00e0 leurs partenaires au d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p> &quot;Cela leur permettra (aux partenaires) d&#39;int\u00e9grer, dans leurs strat\u00e9gies d&#39;assistance, la dimension de cette crise de la fili\u00e8re&quot;, estime Bernard Adikpeto, consultant.<\/p>\n<p> Les experts demandent \u00e0 la Commission de l&#39;UEMOA et aux Etats membres d&#39;entreprendre des actions d&#39;urgence pour une am\u00e9lioration de la productivit\u00e9 de la culture du coton. Ils les exhortent \u00e0 intensifier des programmes de formation des producteurs.<\/p>\n<p> &quot;Une strat\u00e9gie r\u00e9gionale de promotion et d\u00e9veloppement de la fili\u00e8re coton s&#39;impose parce que cette fili\u00e8re occupe une place importante dans l&#39;\u00e9conomie des pays&quot;, souligne Ibrahim Macoudou Fall, pr\u00e9sident de l&#39;Organisation des industries cotonni\u00e8res et textiles des pays de l&#39;UEMOA (OICPT). &quot;Le coton constitue la culture la plus pratiqu\u00e9e dans la zone&quot;.<\/p>\n<p> A Abidjan, les ministres de l&#39;Agriculture de l&#39;UEMOA ont d\u00e9cid\u00e9 d&#39;adopter une position commune lors des n\u00e9gociations de l&#39;Organisation mondiale du commerce (OMC) sur le coton. Ils ont pens\u00e9 \u00e0 une politique commune incluant notamment des n\u00e9gociations bilat\u00e9rales avec les pays subventionnant leur coton, ainsi que &quot;la libre circulation du coton et des produits d\u00e9riv\u00e9s non transform\u00e9s&quot; entre les Etats membres de l&#39;UEMOA.<\/p>\n<p> Les cons\u00e9quences de la crise cotonni\u00e8re sont perceptibles dans le ralentissement de la croissance \u00e9conomique et l&#39;aggravation de la pauvret\u00e9 dans les pays de l&#39;union dont les \u00e9conomies reposent sur le coton.<\/p>\n<p> &quot;Lorsqu&#39;on est attach\u00e9 \u00e0 la strat\u00e9gie d&#39;\u00e9radication de la pauvret\u00e9, on est oblig\u00e9 d&#39;organiser cette concertation afin que nous puissions faire l&#39;\u00e9tat des lieux et prendre imm\u00e9diatement des mesures de sortie de crise&quot;, affirme Boni Yayi, pr\u00e9sident de Banque ouest-africaine de d\u00e9veloppement (BOAD).<\/p>\n<p> Le coton mobilise l&#39;essentiel de la population et contribue au renforcement des finances publiques et de la balance commerciale, souligne-t-il.  Malgr\u00e9 le soutien de la BOAD \u00e0 la production de coton graine par des financements directs ou indirects d&#39;usines d&#39;\u00e9grenage, d&#39;unit\u00e9s de transformation de coton fibre et de graines de coton \u00e0 hauteur de 50 milliards de francs CFA (76,9 millions de dollars US), la zone UEMOA demeure sans politique concr\u00e8te de transformation du coton, d\u00e9plorent les experts.<\/p>\n<p> Avec une exportation de plus de 800.000 tonnes de coton, l&#39;\u00e9quivalent de la consommation de l&#39;Europe en coton fibre, les pays de l&#39;UEMOA occupent la troisi\u00e8me place mondiale derri\u00e8re les Etats-Unis et l&#39;Ouzb\u00e9kistan. Ils repr\u00e9sentent un poids important dans les \u00e9changes internationaux de coton.  La zone franc, sixi\u00e8me producteur mondial de coton avec 4,4 pour cent de la production, pr\u00e9sente une surface totale cultiv\u00e9e d&#39;environ 2,2 millions d&#39;hectares. Sur dix pays qui se r\u00e9partissent cette production cotonni\u00e8re, le Mali, le B\u00e9nin, le Burkina Faso et la C\u00f4te d&#39;ivoire repr\u00e9sentent 73 pour cent de la totalit\u00e9.<\/p>\n<p> &quot;Avec un taux de transformation tr\u00e8s faible de 5 pour cent, les pays de l&#39;UEMOA d\u00e9pendent du march\u00e9 mondial, ce qui constitue un handicap s\u00e9rieux qu&#39;il faut surmonter&quot;, avertit le pr\u00e9sident de la BOAD.<\/p>\n<p> Les Etats ont \u00e9t\u00e9 donc invit\u00e9s \u00e0 appliquer, au besoin, &quot;la taxe d\u00e9gressive de protection et la taxe conjoncturelle \u00e0 l&#39;importation&quot; en faveur des industries textiles.<\/p>\n<p> Pour une am\u00e9lioration de la comp\u00e9titivit\u00e9 des produits de la fili\u00e8re, les Etats devraient poursuivre leurs actions pour r\u00e9duire le co\u00fbt des facteurs de production (\u00e9nergie, eau et transport).<\/p>\n<p> &quot;Il faudra beaucoup mettre l&#39;accent sur les diff\u00e9rents programmes visant l&#39;am\u00e9lioration des infrastructures de transport et la mise en place des industries sous-r\u00e9gionales&quot;, sugg\u00e8re Assita Coulibaly, chercheur.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LOME, 22 juil (IPS) &#8211; Les acteurs et experts de la fili\u00e8re coton de l&#39;Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (UEMOA) recommandent des actions rapides pour sauver ce secteur en p\u00e9ril face \u00e0 la conjoncture difficile du march\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":209,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,6,1],"tags":[],"class_list":["post-1247","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1247","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/209"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1247"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1247\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1247"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1247"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1247"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}