{"id":1213,"date":"2002-06-20T13:40:01","date_gmt":"2002-06-20T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/06\/20\/politique-congo-coup-de-force-des-milices-ninjas-sur-laeroport-de-brazzaville\/"},"modified":"2002-06-20T13:40:01","modified_gmt":"2002-06-20T13:40:01","slug":"politique-congo-coup-de-force-des-milices-ninjas-sur-laeroport-de-brazzaville","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/06\/20\/politique-congo-coup-de-force-des-milices-ninjas-sur-laeroport-de-brazzaville\/","title":{"rendered":"POLITIQUE-CONGO: Coup de force des milices ninjas sur l&#39;a\u00e9roport de Brazzaville"},"content":{"rendered":"<p>KINSHASA, 19 juin (IPS) &#8211; Les milices ninjas du Congo ont transport\u00e9 la guerre de la r\u00e9gion du Pool (sud du pays) jusque dans la capitale, Brazzaville, le 14 juin.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Les habitants de Brazzaville ont \u00e9t\u00e9 brusquement r\u00e9veill\u00e9s ce vendredi par des d\u00e9tonations d&#39;armes lourdes qui ont m\u00eame \u00e9t\u00e9 entendues \u00e0 Kinshasa, de l&#39;autre c\u00f4t\u00e9 du fleuve Congo, en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC).  Le bilan, encore provisoire, est assez lourd, selon les estimations des passagers qui ne cessent de traverser le fleuve, venant de Brazzaville vers Kinshasa, la capitale de la RDC : 13 militaires congolais tu\u00e9s, ainsi que trois militaires angolais parmi le contingent qui garde les installations de l&#39;a\u00e9roport.  C\u00f4t\u00e9 milices ninjas, ils parlent de 30 morts pendant que les sources officielles de Brazzaville font \u00e9tat de 60 morts. &quot;Les combats ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s durs&quot;, affirme Andr\u00e9 Malonga qui dit avoir choisi de traverser au Congo car il dit en avoir marre de d\u00e9m\u00e9nager chaque fois \u00e0 Brazzaville. &quot;Ici, nous esp\u00e9rons avoir plus de r\u00e9pit&quot;, indique-t-il, ajoutant : &quot;Brazzaville, on verra plus tard&quot;.<\/p>\n<p> Avec trois valises pour lui-m\u00eame, sa femme et ses deux enfants, Malonga prend du repos dans un petit d\u00e9bit de boisson de fortune &quot;Chez Tshangamuka&quot;, situ\u00e9 dans l&#39;enclos du beach Ngobila, \u00e0 Kinshasa. Il est visiblement d\u00e9pass\u00e9 par la situation.<\/p>\n<p> Jeune commer\u00e7ant au quartier Bacongo de Brazzaville, le th\u00e9\u00e2tre habituel des op\u00e9rations militaires, il avait choisi, dans un premier temps, d&#39;aller habiter chez des parents \u00e0 Talangai, l&#39;un des arrondissements du nord de la ville, beaucoup plus calme. La guerre, qui a \u00e9clat\u00e9 en mars, avait d\u00e9j\u00e0 compl\u00e8tement ruin\u00e9 son commerce.  &quot;Les militaires avaient pill\u00e9 ma boutique&quot;, affirme-t-il. &quot;J&#39;avais d\u00e9j\u00e0 regagn\u00e9 ma maison de Bacongo, croyant que rien ne pouvait plus nous arriver avec la tenue des \u00e9lections l\u00e9gislatives et le calme relatif qui r\u00e9gnait&quot;.  Malonga dit se souvenir des propos du pr\u00e9sident Denis Sassou Nguesso demandant aux populations &quot;de rester calme et de rejoindre leurs r\u00e9sidences&quot;, tout \u00e9tant termin\u00e9 dans le Pool.  La veille de l&#39;attaque de l&#39;a\u00e9roport de Brazzaville, le g\u00e9n\u00e9ral Yvon Ndalou, chef d&#39;\u00e9tat-major des Forces arm\u00e9es congolaises (FAC), avait encore rassur\u00e9 la population sur le calme retrouv\u00e9 dans la r\u00e9gion du Pool apr\u00e8s que la force publique avait, selon lui, an\u00e9anti la r\u00e9bellion des milices ninjas.  Richard Tshangamuka, le tenancier du d\u00e9bit de boisson, raconte que depuis les troubles de la r\u00e9gion du Pool au Congo-Brazzaville, les Congolais ne cessent de traverser le fleuve pour trouver refuge \u00e0 Kinshasa.<\/p>\n<p>&quot;G\u00e9n\u00e9ralement, ils passent tous par ici chez moi d\u00e8s qu&#39;ils ont termin\u00e9 les formalit\u00e9s d&#39;immigration. Ils ne viennent pas que par le beach officiel.<\/p>\n<p>D&#39;autres traversent dans des pirogues&quot;.<\/p>\n<p> Ayant quitt\u00e9 leur domicile dans la pr\u00e9cipitation, bon nombre de Brazzavillois se retrouvent sans pi\u00e8ce d&#39;identit\u00e9 et craignent de passer par la voie officielle. C&#39;est le cas de Willy Obenga, voisin de quartier d&#39;Andr\u00e9 Malonga. &quot;Etant policier, je ne voulais pas me faire rep\u00e9rer au beach de Brazzaville. Je suis arriv\u00e9 \u00e0 Kinshasa, il y a un mois. D&#39;ici, j&#39;ai t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0 mon ami Andr\u00e9, lui demandant de me rejoindre&quot;, explique Obenga.<\/p>\n<p> A la question de savoir pourquoi la guerre atteint la ville de Brazzaville, Obenga dit qu&#39;il est s\u00fbr que le probl\u00e8me se situe au sein du pouvoir.<\/p>\n<p>&quot;C&#39;est une guerre de chefs au sein du clan Sassou Nguesso. Le pouvoir appartient certes aux Nordistes. Mais au sein des Nordistes, il y a ceux qu&#39;on appelle les Katangais. Les gens de Impfondo, dans l&#39;extr\u00eame nord : \u00e0 leur t\u00eate, Ambroise Noumazalay&quot;.  Obenga poursuit : &quot;Ils ont fait la guerre de 1998 pour Sassou Nguesso, mais ne retrouvent pas leur compte dans le pouvoir actuel. Bien plus, il avait \u00e9t\u00e9 entendu que pendant la transition, Sassou Ngesso leur laisse la direction des affaires. Or \u00e0 la fin de la guerre, Sassou Nguesso s&#39;est directement proclam\u00e9 chef de l&#39;Etat. Cela a provoqu\u00e9 des frustrations&quot;.  &quot;Bien plus, il y a la jeune g\u00e9n\u00e9ration qui, dans les derni\u00e8res l\u00e9gislatives, s&#39;est en majeure partie retrouv\u00e9e disqualifi\u00e9e ou recal\u00e9e.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pourquoi, \u00e0 mon sens, on trouve des milices ninjas en pleine ville de Brazzaville, surtout qu&#39;on ne peut pas affirmer que ce sont les m\u00eames que celles du pasteur Ntoumi. La situation politique est mure pour que n&#39;importe qui fasse son coup de force \u00e0 Brazzaville&quot;, ajoute Obengan.<\/p>\n<p> Ni Malonga ni Obenga ne veulent se faire enregistrer \u00e0 la d\u00e9l\u00e9gation r\u00e9gionale du Haut commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (HCR).<\/p>\n<p>Obenga, parce qu&#39;il est membre de la police, et Malonga pour des raisons personnelles.  Les Brazzavillois gardent toujours en m\u00e9moire le drame, jusqu&#39;ici inexpliqu\u00e9, d&#39;anciens r\u00e9fugi\u00e9s congolais qui, en d\u00e9pit du fait qu&#39;ils \u00e9taient accompagn\u00e9s par des agents du HCR, avaient myst\u00e9rieusement disparu au beach de Brazzaville en 1999. Aussi sont-ils m\u00e9fiants envers le HCR.<\/p>\n<p>&quot;J&#39;ai de la famille \u00e0 Kinshasa. Je pourrai vivre et, au besoin, refaire ma vie ici&quot;, dit Malonga.<\/p>\n<p> L&#39;ambassade de la R\u00e9publique du Congo, \u00e0 Kinshasa, \u00e9vite toute question des journalistes au sujet des \u00e9v\u00e9nements de Brazzaville. Depuis le d\u00e9clenchement des affrontements arm\u00e9s dans le Pool, les journalistes de Kinshasa n&#39;ont pas eu droit \u00e0 la moindre conf\u00e9rence de presse.  Les journalistes croyaient pouvoir en savoir plus sur la situation dans l&#39;autre Congo \u00e0 l&#39;issue de la rencontre quadripartite qui a r\u00e9uni, mardi \u00e0 Brazzaville, quatre chefs d&#39;Etat d&#39;Afrique centrale : Idriss D\u00e9by du Tchad, Ange-F\u00e9lix Patass\u00e9 de Centrafrique, Omar Bongo du Gabon et Sassou Nguesso du Congo.  Le communiqu\u00e9, qui en est sorti, a laiss\u00e9 tout le monde sur sa faim. Les chefs d&#39;Etat \u00e9taient venus soutenir moralement leur homologue congolais. Ils ont d\u00e9clar\u00e9 d&#39;une mani\u00e8re laconique &quot;ne jamais accepter que la R\u00e9publique du Congo serve de sanctuaire au terrorisme, ni n&#39;h\u00e9berge d&#39;\u00e9l\u00e9ments d\u00e9stabilisateurs contre des pays voisins&quot;.  C&#39;est Patass\u00e9 qui, au nom des quatre, a lu le communiqu\u00e9. On sait que la plus grande partie de la famille d&#39;Andr\u00e9 Kolingba, l&#39;auteur pr\u00e9sum\u00e9 de la tentative de coup d&#39;Etat de mai 2000 en Centrafrique, vit en exil \u00e0 Brazzaville.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KINSHASA, 19 juin (IPS) &#8211; Les milices ninjas du Congo ont transport\u00e9 la guerre de la r\u00e9gion du Pool (sud du pays) jusque dans la capitale, Brazzaville, le 14 juin.<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,7],"tags":[],"class_list":["post-1213","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1213","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1213"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1213\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1213"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1213"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1213"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}