{"id":1162,"date":"2002-05-06T13:40:01","date_gmt":"2002-05-06T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/05\/06\/droits-congo-une-ong-aide-les-femmes-violees-a-faire-valoir-leurs-droits\/"},"modified":"2002-05-06T13:40:01","modified_gmt":"2002-05-06T13:40:01","slug":"droits-congo-une-ong-aide-les-femmes-violees-a-faire-valoir-leurs-droits","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/05\/06\/droits-congo-une-ong-aide-les-femmes-violees-a-faire-valoir-leurs-droits\/","title":{"rendered":"DROITS-CONGO: Une ONG aide les femmes viol\u00e9es \u00e0 faire valoir leurs droits"},"content":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 6 mai (IPS) &#8211; Plusieurs femmes, victimes de violations sexuelles pendant les guerres civiles survenues au Congo-Brazzaville entre 1997 et 1999, pr\u00e9parent une action en justice avec l&#39;appui de l&#39;organisation non gouvernementale (ONG) M\u00e9decins sans fronti\u00e8re (MSF).  <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Selon les ONG \u00e9trang\u00e8res \u00e9voluant au Congo, quelque 3.000 femmes ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es durant les guerres civiles \u00e0 Brazzaville et dans les r\u00e9gions du sud-ouest du pays (Bouenza, Niari, Lekoumou et Kouilou), dont 158 femmes \u00e9taient tomb\u00e9es enceintes. Au total, 52 pour cent des victimes \u00e9taient des enfants et des adolescentes.<\/p>\n<p> &quot;Pour les victimes mineures, c&#39;est une ouverture tr\u00e8s t\u00f4t \u00e0 la vie et elles se livrent \u00e0 la d\u00e9bauche tandis que pour les femmes mari\u00e9es, elles risquent le divorce&quot;, affirme la psychologue clinicienne Marie Dominique Cahouet.<\/p>\n<p> Dans un rapport rendu public r\u00e9cemment \u00e0 Brazzaville, MSF constate que la &quot;grande majorit\u00e9 des victimes interrog\u00e9es ne d\u00e9posent pas de plaintes, ni ne signifient les faits aux services de police&quot;. Cette attitude est adopt\u00e9e par 64,3 pour cent des femmes alors que 60,3 pour cent n&#39;ont pas port\u00e9 plainte du fait de l&#39;impossibilit\u00e9 d&#39;identifier leurs agresseurs.  Il s&#39;agit tr\u00e8s souvent des femmes victimes de viol collectif par des hommes en armes. Leurs agresseurs \u00e9taient compl\u00e8tement inconnus d&#39;elles avant le viol et les circonstances de l&#39;agression dans les for\u00eats, les maisons abandonn\u00e9es ou les ge\u00f4les ne leur ont pas permis de les identifier. Dans la plupart des cas, ces agressions ont eu lieu dans des zones o\u00f9 les coupables \u00e9taient \u00e9trangers.<\/p>\n<p> Selon MSF, cette attitude passive s&#39;explique par le fait que 95,2 pour cent des femmes viol\u00e9es ignorent la proc\u00e9dure de plainte contre X.  &quot;Faute d&#39;information sur la proc\u00e9dure \u00e0 suivre, par peur pour leur s\u00e9curit\u00e9 ou par g\u00e8ne, la plupart de ces femmes ne veulent pas engager de poursuites judiciaires contre les auteurs des viols&quot;, a dit la directrice des droits humains au minist\u00e8re congolais de la Justice, R\u00e9becca Oba. Elle encourage les femmes \u00e0 engager des poursuites judiciaires contre les auteurs des viols.<\/p>\n<p> Selon Oba, la loi sur l&#39;amnistie des faits de guerre, promulgu\u00e9e en d\u00e9cembre 1999 par le pr\u00e9sident congolais Denis Sassou Nguesso, ne couvre pas les auteurs de viols et violences exerc\u00e9es sur les femmes pendant les guerres civiles.<\/p>\n<p> Cette loi avait \u00e9t\u00e9 prise pour effacer les faits de guerre et mettre leurs auteurs \u00e0 l&#39;abri de toute poursuite judiciaire. Pour nombre de Congolais, la loi couvrait les auteurs des viols et de toutes les exactions commises sur les femmes ainsi que les responsables des disparitions de plusieurs centaines de personnes.<\/p>\n<p> &quot;La loi d&#39;amnistie ne pr\u00e9voit pas l&#39;impunit\u00e9 pour les cas de viol. Toute personne qui, pour des int\u00e9r\u00eats personnels, s&#39;est rendue coupable de viols et d&#39;autres exactions durant la guerre, ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de l&#39;amnistie. Les poursuites sont possibles&quot;, a expliqu\u00e9 Oba qui est \u00e9galement membre de l&#39;Association des femmes juristes du Congo.<\/p>\n<p> &quot;Les poursuites judiciaires sont possibles lorsque la victime a identifi\u00e9 l&#39;auteur&quot;, a-t-elle ajout\u00e9, pr\u00e9cisant qu&#39;il faut \u00e0 la plaignante 25.000 francs CFA (environ 35,7 dollars US) pour engager la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p> MSF, qui intervient dans le cadre du soutien au programme national d&#39;aide aux Victimes de violences sexuelles (VVS), a d\u00e9j\u00e0 entam\u00e9 des contacts avec les autorit\u00e9s judiciaires congolaises, non sans difficult\u00e9s.<\/p>\n<p> &quot;C&#39;est un syst\u00e8me judiciaire tr\u00e8s confus o\u00f9 il n&#39;y a pas de sessions pour les criminels de ces actes. Il n&#39;est pas compl\u00e8tement mis en place et les sessions de la cour ne sont pas r\u00e9guli\u00e8res. On encourage des r\u00e8glements \u00e0 l&#39;amiable entre la famille du violeur et la police. Donc, c&#39;est un peu tout \u00e7a qu&#39;on veut casser&quot;, indique le chef de mission MSF, Philippe Cachet.<\/p>\n<p> Cachet pr\u00e9cise que les femmes viol\u00e9es se pr\u00e9senteront au tribunal. &quot;Nous leur proposons des possibilit\u00e9s pour pouvoir aller en justice le plus rapidement possible&quot;.<\/p>\n<p> Ayant appris l&#39;action de MSF pour la justice, Ang\u00e8le Doko, 19 ans environ, venue pour des soins \u00e0 l&#39;h\u00f4pital, pense que cette ONG en fera encore plus pour les victimes des violences sexuelles. Mais connaissant la lenteur de la justice congolaise, la victime s&#39;insurge.<\/p>\n<p> &quot;Que cette justice se r\u00e9veille un peu! Si cela n&#39;est pas encore arriv\u00e9 \u00e0 des proches des agents de justice, qu&#39;ils sachent que \u00e7a fait mal. Il faut qu&#39;ils passent aux actes maintenant, qu&#39;ils viennent en aide aux victimes des violences sexuelles&quot;, a lanc\u00e9 Doko.  L&#39;action en justice, qui sera engag\u00e9e, pourrait \u00e9clabousser des agents de police ou de l&#39;arm\u00e9e qui se seraient rendus coupables d&#39;actes de viol lors des op\u00e9rations militaires contre les miliciens ou pendant le r\u00e9tablissement de l&#39;ordre. La police est souvent accus\u00e9e de complaisance avec les violeurs.  La plupart des personnes reconnues coupables et \u00e9crou\u00e9es dans les prisons, ont \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9es juste apr\u00e8s. Le choc est bien grave lorsque les deux personnes (la victime et le coupable) se retrouvent dans le m\u00eame quartier.<\/p>\n<p> Depuis 1999, MSF est pr\u00e9sent dans un h\u00f4pital de Brazzaville, la capitale, avec un programme de soutien au service d&#39;urgence et de p\u00e9diatrie. Le programme VVS d\u00e9coule de ce travail qui, associ\u00e9 \u00e0 d&#39;autres partenaires, a permis de r\u00e9v\u00e9ler l&#39;ampleur du viol.<\/p>\n<p> Le nombre des femmes viol\u00e9es est en progression constante depuis l&#39;ann\u00e9e 2000 et celui des viols des enfants de moins de 13 ans atteint 45 pour cent lors du dernier trimestre. Sur les 332 cas de viols enregistr\u00e9s par MSF depuis 2000, 178 victimes sont des mineurs.  Selon l&#39;ONG, la majorit\u00e9 des victimes a plus de 18 ans. Pour le mois de janvier 2002, 17 cas de viol ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s contre 18 en f\u00e9vrier de la m\u00eame ann\u00e9e, dont une victime qui est revenue deux fois.<\/p>\n<p> A partir de mars 2000, MSF a \u00e9largi la prise en charge m\u00e9dicale en proposant aux victimes une prophylaxie pr\u00e9ventive du VIH\/SIDA par bith\u00e9rapie pour celles qui se pr\u00e9sentent dans les 72 heures, ainsi qu&#39;une pr\u00e9vention de la grossesse et des infections sexuellement transmissibles (IST). En plus d&#39;une assistance psychologique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 6 mai (IPS) &#8211; Plusieurs femmes, victimes de violations sexuelles pendant les guerres civiles survenues au Congo-Brazzaville entre 1997 et 1999, pr\u00e9parent une action en justice avec l&#39;appui de l&#39;organisation non gouvernementale (ONG) M\u00e9decins sans fronti\u00e8re (MSF).<\/p>\n","protected":false},"author":63,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,30],"tags":[],"class_list":["post-1162","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1162","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/63"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1162"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1162\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1162"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1162"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1162"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}