{"id":7824,"date":"2020-06-29T18:34:57","date_gmt":"2020-06-29T18:34:57","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/?p=7824"},"modified":"2020-07-01T18:43:14","modified_gmt":"2020-07-01T18:43:14","slug":"la-pandemie-de-covid-19-pourrait-creuser-les-inegalites-existantes-pour-les-femmes-daffaires-au-kenya","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2020\/06\/29\/la-pandemie-de-covid-19-pourrait-creuser-les-inegalites-existantes-pour-les-femmes-daffaires-au-kenya\/","title":{"rendered":"La pand\u00e9mie de COVID-19 pourrait creuser les in\u00e9galit\u00e9s existantes pour les femmes d&#8217;affaires au Kenya"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 29 juin 2020 (IPS) &#8211; La c\u00e9l\u00e8bre cha\u00eene de restaurants de Pauline Akwacha, connue sous le nom de Kakwacha Hangover Hotels et situ\u00e9e au c\u0153ur du bord du lac de la ville de Kisumu au Kenya, fait face \u00e0 son d\u00e9fi le plus redoutable \u00e0 ce jour. Akwacha et d&#8217;autres femmes d&#8217;affaires dans ce pays d&#8217;Afrique de l&#8217;Est se pr\u00e9parent pour l&#8217;\u00e9conomie post-COVID-19.<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<p>Strat\u00e9giquement situ\u00e9 au c\u0153ur du quartier central des affaires anim\u00e9 de Kisumu, les affaires \u00e0 Kakwacha ont toujours \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bonnes. On pouvait \u00e0 peine trouver un si\u00e8ge dans les restaurants.<\/p>\n<p>\u00abNous sommes connus pour nos aliments frais et traditionnels, notamment la viande et surtout le poisson. C&#8217;est au bord du lac et le poisson est une grande partie de nos vies. Les repas sont tr\u00e8s abordables et les portions copieuses \u00bb, explique-t-elle \u00e0 IPS.<\/p>\n<p>Le premier cas de COVID-19 dans ce pays d&#8217;Afrique de l&#8217;Est a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 le 13 mars. En quelques jours, la cha\u00eene Kakwacha, d&#8217;autres restaurants et l&#8217;industrie hospitali\u00e8re ont ferm\u00e9 leurs portes lorsque le gouvernement a publi\u00e9 des protocoles de distanciation sociale stricts pour freiner la propagation du virus.<\/p>\n<p>\u00abMaintenant, mes portes sont ferm\u00e9es et je perds beaucoup d&#8217;argent parce que je dois encore payer le loyer et faire tout ce qui est n\u00e9cessaire pour amortir mon personnel\u00bb, explique Akwacha.<\/p>\n<p>Pour rouvrir, Kakwacha devra suivre les directives strictes \u00e9mises par le minist\u00e8re de la Sant\u00e9. Les propri\u00e9taires de restaurants doivent payer de 20 $ \u00e0 40 $ pour que chaque membre du personnel subisse un test COVID-19 obligatoire avant de rouvrir.<\/p>\n<p>Pourtant, sans flux de tr\u00e9sorerie, Akwacha aura du mal \u00e0 rouvrir.<\/p>\n<p>De l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 de la rue, Irene Omari, propri\u00e9taire unique de l&#8217;une des plus grandes soci\u00e9t\u00e9s de marquage de la ville de Kisumu et de ses environs, a des pr\u00e9occupations similaires concernant le march\u00e9 apr\u00e8s le verrouillage. En tant que femme, elle a eu du mal \u00e0 obtenir des pr\u00eats pour d\u00e9marrer son entreprise.<\/p>\n<p>\u00abIl est tr\u00e8s difficile de diriger une entreprise en tant que femme. Au d\u00e9but, je ne pouvais m\u00eame pas acc\u00e9der au cr\u00e9dit car les institutions financi\u00e8res ne me prenaient pas au s\u00e9rieux. J&#8217;ai d\u00fb apprendre \u00e0 d\u00e9penser 15% de chaque pi\u00e8ce que je gagnais et \u00e0 \u00e9conomiser 85% pour r\u00e9investir dans l&#8217;entreprise. Les femmes n&#8217;acc\u00e8dent pas facilement aux pr\u00eats en raison d&#8217;exigences strictes en mati\u00e8re de garanties \u00bb, explique Omari \u00e0 IPS.<\/p>\n<p>Omari dit que les probl\u00e8mes les plus urgents auxquels sont confront\u00e9es les femmes d&#8217;affaires sont le manque de cr\u00e9dit, les st\u00e9r\u00e9otypes patriarcaux et les opposants qui disent aux femmes qu&#8217;elles ne peuvent pas r\u00e9ussir &#8211; parce qu&#8217;elles ne sont pas des hommes.<\/p>\n<p>Mais elle a r\u00e9ussi malgr\u00e9 cela. Jusqu&#8217;au verrouillage, son entreprise d&#8217;impression et de marquage occupait deux grands \u00e9tages dans un immeuble de la ville au bord du lac. L\u00e0, elle paie 1 500 $ de loyer par mois, une somme consid\u00e9rable qui montre \u00e0 quel point son entreprise est grande et strat\u00e9giquement situ\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00abJe fais du marquage pour les h\u00f4tels, les \u00e9coles, les entreprises, les organisations non gouvernementales et les clients individuels sans rendez-vous. Nous avons quelque chose pour tout le monde. Notre service d&#8217;impression s&#8217;adresse principalement aux \u00e9coles. J&#8217;ai investi massivement dans la production de masse en achetant des machines valant des millions [de shillings kenyans] \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Omari \u00e0 IPS.<\/p>\n<p>Mais COVID-19 a \u00e9galement touch\u00e9 le c\u0153ur m\u00eame de son entreprise. Les \u00e9coles, les h\u00f4tels et les restaurants \u00e9tant ferm\u00e9s et les entreprises \u00e9tant confront\u00e9es \u00e0 un avenir des plus incertains, les affaires sont \u00e0 leur plus bas niveau.<\/p>\n<p>Omari a des int\u00e9r\u00eats commerciaux divers et a \u00e9galement investi dans une entreprise de camionnage pour transporter des mat\u00e9riaux de construction dans la grande r\u00e9gion de l&#8217;Ouest. Mais cette industrie a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e par le verrouillage.<\/p>\n<p>Le produit int\u00e9rieur brut (PIB) du Kenya devrait ralentir consid\u00e9rablement en raison de COVID-19. La derni\u00e8re <a href=\"http:\/\/documents.worldbank.org\/curated\/en\/683141588084127834\/Kenya-Economic-Update-Turbulent-Times-for-Growth-in-Kenya-Policy-Options-during-the-COVID-19-Pandemic\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">mise \u00e0 jour \u00e9conomique de la Banque mondiale sur le Kenya pr\u00e9voit une croissance \u00e9conomique de 1,5 \u00e0 1,0%<\/a> en 2020. La croissance cible pour 2020 \u00e9tait estim\u00e9e \u00e0 5,9% avant la COVID.<\/p>\n<p>Bien que COVID-19 soit le dernier ajout \u00e0 une longue liste de d\u00e9fis auxquels les femmes d&#8217;affaires ont d\u00fb faire face, certains craignent que la pand\u00e9mie ne fasse qu&#8217;aggraver les in\u00e9galit\u00e9s \u00e9conomiques entre les sexes.<\/p>\n<p>En 2018, seulement 76804 soit 2,8% des employ\u00e9s du secteur formel du pays gagnaient un salaire mensuel sup\u00e9rieur \u00e0 1000 dollars. Selon <a href=\"https:\/\/www.knbs.or.ke\/download\/economic-survey-2018\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">le Bureau national des statistiques du Kenya<\/a>, 36,5% de ces employ\u00e9s \u00e9taient des femmes, ce qui ne repr\u00e9sente qu&#8217;un pour cent du total des employ\u00e9s du secteur formel.<\/p>\n<p>Il n&#8217;y a pas encore de statistiques en temps r\u00e9el disponibles sur l&#8217;impact de COVID-19 sur les femmes d&#8217;affaires.<\/p>\n<p>Mais des statistiques dat\u00e9es brossent un tableau des difficult\u00e9s que les femmes ont d\u00fb surmonter.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;ensemble, le Kenya a consid\u00e9rablement \u00e9largi l&#8217;acc\u00e8s financier et r\u00e9duit l&#8217;exclusion financi\u00e8re. Le nombre de personnes sans acc\u00e8s \u00e0 des services et produits financiers est pass\u00e9 de 17,4% en 2016 \u00e0 11% en 2019. Mais alors que les \u00e9carts d&#8217;acc\u00e8s financier entre les hommes et les femmes se r\u00e9duisent, les femmes sont toujours \u00e0 la tra\u00eene, selon <a href=\"https:\/\/fsdkenya.org\/publication\/finaccess2019\/\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">l\u2019enqu\u00eate d&#8217;acc\u00e8s financier 2019<\/a> de la Banque centrale du Kenya.<\/p>\n<p>Par exemple, en 2016, 80,9% des partenariats commerciaux entre femmes se sont vu refuser des pr\u00eats par des institutions de microfinance, selon le Bureau national des statistiques du Kenya.<\/p>\n<p>En tant que telles, davantage de femmes dans les affaires se tournent vers le secteur informel, comme les services bancaires \u00e0 la table ou les groupes d&#8217;\u00e9pargne et de pr\u00eats carrousels.<\/p>\n<p>\u00abC&#8217;est pourquoi investir dans les femmes et fournir un soutien indispensable \u00e0 l&#8217;action positive reste n\u00e9cessaire et urgent\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Fridah Githuku, directrice ex\u00e9cutive de <a href=\"https:\/\/grootskenya.org\/about-groots-kenya\/\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">GROOTS Kenya<\/a>. GROOTS est un mouvement national de base dirig\u00e9 par des femmes, qui investit dans des groupes dirig\u00e9s par des femmes pour une transformation communautaire durable.<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, ce partenaire local <a href=\"https:\/\/womendeliver.org\/deliver-for-good\/\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">Deliver for Good<\/a> a investi dans pr\u00e8s de 3 500 groupes dirig\u00e9s par des femmes. Deliver For Good est une campagne mondiale qui applique une perspective de genre aux objectifs de d\u00e9veloppement durable et est propuls\u00e9e par l&#8217;organisation de plaidoyer mondiale <a href=\"https:\/\/womendeliver.org\/\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">Women Deliver<\/a>.<\/p>\n<p>Dans le secteur agricole o\u00f9, selon les statistiques de la Banque mondiale, les femmes dirigent les trois quarts des exploitations agricoles du Kenya, le gouvernement affirme que les investissements des femmes dans l&#8217;agriculture ne correspondent pas au montant d&#8217;argent qu&#8217;elles re\u00e7oivent sous forme de pr\u00eats.<\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;heure actuelle, les femmes ne repr\u00e9sentent encore que 25% du total des pr\u00eats accord\u00e9s par l&#8217;Agricultural Finance Corporation (AFC) du gouvernement. Selon les experts, il s&#8217;agit d&#8217;une am\u00e9lioration par rapport \u00e0 11% en 2017.<\/p>\n<p>Githuku souligne que les titres de propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re \u00e9taient auparavant une condition non n\u00e9gociable pour les emprunts chez l&#8217;AFC et emp\u00eachaient les entreprises dirig\u00e9es par des femmes dans le secteur agricole d&#8217;acc\u00e9der au cr\u00e9dit.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, les femmes n&#8217;ont pas \u00e0 se fier aux titres de propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re et peuvent appuyer leurs demandes de pr\u00eat aupr\u00e8s de l&#8217;AFC avec des journaux de bord et des relev\u00e9s de tr\u00e9sorerie.<\/p>\n<p>Mais les experts craignent que ces pr\u00eats n&#8217;aboutissent car COVID-19 continue de perturber toute la cha\u00eene agricole; de l&#8217;acquisition d&#8217;intrants agricoles alors que les agriculteurs ont du mal \u00e0 acc\u00e9der aux semences et aux engrais, \u00e0 la productivit\u00e9 dans les fermes et au transport des produits vers les march\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour l&#8217;instant, c&#8217;est une situation d&#8217;attente pour les femmes d&#8217;affaires, y compris Akwacha et Omari, alors que les Kenyans continuent de sp\u00e9culer sur le fait que l&#8217;\u00e9conomie s&#8217;ouvrira compl\u00e8tement de sit\u00f4t.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 29 juin 2020 (IPS) &#8211; La c\u00e9l\u00e8bre cha\u00eene de restaurants de Pauline Akwacha, connue sous le nom de Kakwacha Hangover Hotels et situ\u00e9e au c\u0153ur du bord du lac de la ville de Kisumu au Kenya, fait face \u00e0&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2020\/06\/29\/la-pandemie-de-covid-19-pourrait-creuser-les-inegalites-existantes-pour-les-femmes-daffaires-au-kenya\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":720,"featured_media":7823,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,38,11,1,4,30],"tags":[],"class_list":["post-7824","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-afrique","category-commerce-et-pauvrete","category-developpement","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7824","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/720"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7824"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7824\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7827,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7824\/revisions\/7827"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7823"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7824"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7824"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7824"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}