{"id":6991,"date":"2014-06-24T13:40:01","date_gmt":"2014-06-24T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2014\/06\/24\/swaziland-le-mariage-un-obstacle-au-traitement-antiretroviral-pour-les-femmes\/"},"modified":"2014-06-24T13:40:01","modified_gmt":"2014-06-24T13:40:01","slug":"swaziland-le-mariage-un-obstacle-au-traitement-antiretroviral-pour-les-femmes","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2014\/06\/24\/swaziland-le-mariage-un-obstacle-au-traitement-antiretroviral-pour-les-femmes\/","title":{"rendered":"SWAZILAND: Le mariage, un obstacle au traitement antir\u00e9troviral pour les femmes"},"content":{"rendered":"<p>MBABANE, 24 juin (IPS) &#8211; Pendant des mois, Nonkululeko Msibi n&#39;arrivait pas \u00e0 trouver sa voix chaque fois qu&#39;elle voulait partager la nouvelle avec son mari. Elle avait appris qu&#39;elle \u00e9tait infect\u00e9e par le VIH \u00e0 l&#39;\u00e2ge de 16 ans lorsqu\u2019elle mettait au monde son premier b\u00e9b\u00e9 \u00e0 l\u2019H\u00f4pital public de Mbabane, au Swaziland.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Bien que je sois choqu\u00e9e par la nouvelle, je l&#39;ai accept\u00e9e&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Msibi \u00e0 IPS. &#8220;Mais la partie la plus difficile \u00e9tait d\u2019informer mon mari de la nouvelle&#8221;.<\/p>\n<p> Sa plus grande crainte \u00e9tait d&#39;\u00eatre expuls\u00e9e de leur domicile conjugal au cas o\u00f9 il croyait qu&#39;elle avait amen\u00e9 le VIH dans la famille.<\/p>\n<p> En d\u00e9pit du fait d&#39;\u00eatre mise sous traitement antir\u00e9troviral (TAR) \u00e0 la naissance de l&#39;enfant et de vivre \u00e0 deux kms de l\u2019h\u00f4pital, o\u00f9 elle pouvait facilement remplir ses ordonnances, sa fille a contract\u00e9 le VIH, peut-\u00eatre par le lait maternel.<\/p>\n<p> &#8220;Parce que je n&#39;ai pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 mon statut s\u00e9rologique, je n&#39;ai pas pu convaincre ma belle-m\u00e8re que je devais allaiter exclusivement [le b\u00e9b\u00e9]&#8221;, a indiqu\u00e9 Msibi.<\/p>\n<p> Son deuxi\u00e8me b\u00e9b\u00e9 est \u00e9galement s\u00e9ropositif parce que, dit-elle, l\u2019h\u00f4pital n&#39;a pas pu lui donner son n\u00e9virapine, bien que les infirmier(\u00e8re)s connaissent son statut s\u00e9rologique. &#8220;Je ne sais pas pourquoi cela s&#39;est produit&#8221;, a-t-elle indiqu\u00e9.<\/p>\n<p> N\u00e9e et \u00e9lev\u00e9e \u00e0 Motshane, environ 15 kilom\u00e8tres de Mbabane, la capitale, Msibi a abandonn\u00e9 l&#39;\u00e9cole en classe de CM1 et s\u2019est mari\u00e9e \u00e0 l&#39;\u00e2ge de 15 ans alors qu\u2019elle \u00e9tait enceinte de cinq mois. Un produit d&#39;une famille bris\u00e9e, avec ses deux parents d\u00e9c\u00e9d\u00e9s, le mariage est la chose la plus importante dans sa vie.<\/p>\n<p> &#8220;Il doit y avoir quelqu&#39;un pour s&#39;occuper de vous et de vos enfants, surtout si vous \u00eates au ch\u00f4mage comme moi&#8221;, a soulign\u00e9 Msibi.<\/p>\n<p> Alors, lorsqu\u2019elle a re\u00e7u le diagnostic du VIH, elle a imagin\u00e9 son monde s&#39;\u00e9crouler, n\u2019a informer personne et n&#39;a pas suivi correctement le TAR.<\/p>\n<p> Mais elle n&#39;est pas la seule femme dans ce genre de dilemme.<\/p>\n<p> &#8220;Nous avons constat\u00e9 que certaines femmes ne reviennent pas aux centres de sant\u00e9 dans les d\u00e9lais pr\u00e9vus&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Thandeka Dlamini, une chercheuse. Elle et d&#39;autres chercheurs ont d\u00e9cid\u00e9 de comprendre pourquoi les femmes mari\u00e9es commencent le traitement antir\u00e9troviral tard ou abandonnent.<\/p>\n<p> Leur \u00e9tude, men\u00e9e par MarxART, un projet du Programme national de lutte contre le SIDA au Swaziland (SNAP), a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 &#8220;des d\u00e9fis socioculturels distincts rencontr\u00e9s par les femmes avant le d\u00e9but du TAR qui entra\u00eenent des d\u00e9cisions sp\u00e9cifique bas\u00e9es sur le genre&#8221;.<\/p>\n<p> Cela importe parce qu\u2019en juillet, le Swaziland introduira l\u2019Option B+, le dernier traitement recommand\u00e9 par l&#39;Organisation mondiale de la sant\u00e9 pour les m\u00e8res s\u00e9ropositives. L\u2019option B+ consiste en la fourniture \u00e0 vie du TAR aux femmes enceintes, quel que soit leur taux de CD4. Les CD4 ou cellules auxiliaires, luttent contre les infections dans l\u2019organisme.<\/p>\n<p> Depuis 2013, l&#39;option B+ est fournie \u00e0 600 femmes pour tester sa faisabilit\u00e9, son acceptation et la pr\u00e9paration des centres de sant\u00e9. Bient\u00f4t, elle sera offerte \u00e0 quatre femmes sur dix enceintes qui sont s\u00e9ropositives. Parmi celles-ci, les femmes \u00e2g\u00e9es de 30 \u00e0 34 ans ont montr\u00e9 la plus forte pr\u00e9valence &#8211; plus de la moiti\u00e9 \u00e9taient s\u00e9ropositives en 2010.<\/p>\n<p> Des d\u00e9cisions bas\u00e9es sur le genre Bien que les femmes du Swaziland aient un meilleur comportement en mati\u00e8re de recherche de soins de sant\u00e9 que les hommes, elles ont du mal \u00e0 faire face au VIH en raison de barri\u00e8res socioculturelles, indique l&#39;\u00e9tude. Beaucoup de femmes mari\u00e9es s\u00e9ropositives vivent dans le dilemme entre ob\u00e9ir \u00e0 leur mari ou suivre les conseils des agents de sant\u00e9.<\/p>\n<p> Selon Dlamini, dans ce pays conservateur o\u00f9 les femmes \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme des mineures jusqu&#39;\u00e0 il n&#39;y a pas longtemps, les \u00e9pouses doivent ob\u00e9ir \u00e0 leur mari, m\u00eame s\u2019ils s&#39;opposent au TAR ou pr\u00e9f\u00e8rent la m\u00e9decine traditionnelle.<\/p>\n<p> Dlamini a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019un diagnostic de VIH menace le sentiment de s\u00e9curit\u00e9 des femmes mari\u00e9es parce qu&#39;elles craignent d&#39;\u00eatre chass\u00e9es par leurs conjoints ou beaux-parents.<\/p>\n<p> &#8220;La soumission pourrait entra\u00eener la mort, la r\u00e9volte peut entra\u00eener la vie, mais menace la perte de la dignit\u00e9 et le refuge trouv\u00e9 dans un mariage, et peut amener la honte quand le mariage \u00e9choue&#8221;, a affirm\u00e9 une femme mari\u00e9e de 25 ans cit\u00e9e dans l&#39;\u00e9tude.<\/p>\n<p> La pr\u00e9valence nationale du VIH est de 26 pour cent chez les personnes \u00e2g\u00e9es de 15 \u00e0 49 ans, et 5.600 femmes ont \u00e9t\u00e9 nouvellement infect\u00e9es par le VIH en 2012, selon les Nations Unies. Deux-tiers des infections sont parmi les femmes \u00e2g\u00e9es de 25 ans et plus &#8211; dans leurs ann\u00e9es de mariage, de procr\u00e9ation.<\/p>\n<p> Bien que l&#39;Enqu\u00eate d\u00e9mographique et de sant\u00e9 2007 du Swaziland indique que les femmes mari\u00e9es ou c\u00e9libataires ont une forte pr\u00e9valence du VIH, elles sont confront\u00e9es \u00e0 des choix diff\u00e9rents quand il s&#39;agit du TAR. Les femmes c\u00e9libataires peuvent prendre seules une d\u00e9cision; les femmes mari\u00e9es ne peuvent pas.<\/p>\n<p> Dr Velephi Okello, m\u00e9decin-major principal au SNAP, a dit que ces conclusions aideront \u00e0 renforcer la strat\u00e9gie de communication de l\u2019h\u00f4pital sur le VIH.<\/p>\n<p> &#8220;Cette \u00e9tude nous a permis de comprendre pourquoi les femmes soit abandonnent ou commencent tard le TAR&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Okello.<\/p>\n<p> Le Rapport mondial 2013 du Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH\/SIDA (ONUSIDA) montre que neuf Swazis sur dix restent sous le TAR apr\u00e8s un an. Mais Okello a indiqu\u00e9 qu\u2019un abandon est un de trop.<\/p>\n<p> &#8220;Nous devons comprendre les obstacles qu&#39;ils rencontrent au niveau social afin que nous les aidions \u00e0 rester sous le traitement&#8221;, a pr\u00e9conis\u00e9 Okello.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MBABANE, 24 juin (IPS) &#8211; Pendant des mois, Nonkululeko Msibi n&#39;arrivait pas \u00e0 trouver sa voix chaque fois qu&#39;elle voulait partager la nouvelle avec son mari. 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