{"id":6832,"date":"2013-09-30T13:40:01","date_gmt":"2013-09-30T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/09\/30\/cameroun-les-produits-ogm-au-coeur-du-debat-agricole\/"},"modified":"2013-09-30T13:40:01","modified_gmt":"2013-09-30T13:40:01","slug":"cameroun-les-produits-ogm-au-coeur-du-debat-agricole","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/09\/30\/cameroun-les-produits-ogm-au-coeur-du-debat-agricole\/","title":{"rendered":"CAMEROUN: Les produits &#39;OGM&#39; au c\u0153ur du d\u00e9bat agricole"},"content":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 30 sep (IPS) &#8211; Dans son village Obala, dans le sud du Cameroun, Jean Olinga explique \u00e0 ses fils les rudiments de l\u2019utilisation du ma\u00efs hybride, indiquant que cette vari\u00e9t\u00e9 est \u00e9labor\u00e9e \u00e0 l\u2019Institut de recherche agricole pour le d\u00e9veloppement (IRAD) \u00e0 Yaound\u00e9, la capitale.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Olinga, qui est un producteur agricole, ajoute que la commercialisation de cette vari\u00e9t\u00e9 de ma\u00efs a d\u00e9but\u00e9 en 2010 dans ce pays d\u2019Afrique centrale. Selon lui, gr\u00e2ce aux semences hybrides, elle a un rendement de huit \u00e0 10 tonnes \u00e0 l\u2019hectare, contrairement \u00e0 la vari\u00e9t\u00e9 composite la plus utilis\u00e9e sur le march\u00e9 local et qui produit quatre \u00e0 six tonnes de ma\u00efs \u00e0 l\u2019hectare.<\/p>\n<p> Sur l\u2019acc\u00e8s aux semences hybrides, Olinga d\u00e9clare ne pas avoir de difficult\u00e9s. \u00abQuand j\u2019ai besoin de m\u2019en procurer, je vais \u00e0 l\u2019IRAD pour avoir des semences de bonne qualit\u00e9\u00bb, dit-il \u00e0 IPS, le 21 septembre.  Toutefois, selon des organisations locales de la soci\u00e9t\u00e9 civile, cette vari\u00e9t\u00e9 de ma\u00efs n\u2019est pas tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e du ma\u00efs dit transg\u00e9nique dont l\u2019utilisation reste interdite au Cameroun.  Bernard Njongang, pr\u00e9sident de l\u2019Association citoyenne de d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats collectifs, explique \u00e0 IPS: \u00abCe n\u2019est pas une vari\u00e9t\u00e9 \u00e0 la disposition de tous. Un kilogramme de ma\u00efs hybride se vend \u00e0 pr\u00e8s de trois dollars (1.300 francs CFA) contre un peu plus d\u2019un dollar (650 FCFA) pour le ma\u00efs composite qui est le plus utilis\u00e9 \u00e0 travers le pays\u00bb.<\/p>\n<p> \u00abCe ma\u00efs hybride a de fortes contraintes, les m\u00eames d\u2019ailleurs que le ma\u00efs transg\u00e9nique, en termes d\u2019utilisation d\u2019engrais et de pesticides\u00bb, ajoute Njongang.  Face \u00e0 ces exigences, l\u2019introduction, ou non, des organismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s (OGM) dans l\u2019agriculture locale, est revenue au c\u0153ur des d\u00e9bats. En effet, une \u00e9tude pr\u00e9sent\u00e9e en juillet 2013 par des chercheurs en biotechnologie de l\u2019Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I, indique que pr\u00e8s de 25 pour cent des denr\u00e9es alimentaires import\u00e9es par le Cameroun contiennent des OGM. Parmi ces produits, figurent notamment les huiles de table, la sardine et le riz.  Les promoteurs des OGM estiment qu\u2019il devient urgent de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 ce type d\u2019agriculture, pour combattre l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la famine. Selon les derni\u00e8res estimations du bureau local du Fonds des Nations Unies pour l\u2019enfance, un enfant sur trois souffre chaque ann\u00e9e de famine au Cameroun.  L\u2019agriculture transg\u00e9nique permettra, selon eux, de subvenir aux besoins alimentaires des populations. \u00abEn introduisant les OGM dans notre agriculture, nous pourrons augmenter le rendement tout en rendant les plantes capables de produire leur propre &#39;biopesticide&#39; et de capter, dans l&#39;air, l&#39;azote dont elles ont besoin. Car la population cro\u00eet plus vite que les biens alimentaires\u00bb, explique \u00e0 IPS, Hortense Dodo, experte en biotechnologie.<\/p>\n<p> Une voie que les paysans sont tent\u00e9s de suivre: \u00abAvec le ma\u00efs composite, nous arrivons \u00e0 peine \u00e0 faire des r\u00e9coltes de quatre tonnes par hectare, alors que ceux qui ont les moyens d\u2019utiliser le ma\u00efs hybride doublent leur production. Si les OGM avaient \u00e9t\u00e9 introduits au Cameroun, nous aurions pu faire des r\u00e9coltes allant \u00e0 11 tonnes sur un hectare\u00bb, confie \u00e0 IPS, Jo\u00ebl Ondobo, cultivateur dans la r\u00e9gion du Centre. \u00abIl faut que le gouvernement trouve une solution \u00e0 ce probl\u00e8me\u00bb.<\/p>\n<p> Selon Dodo, \u00abc\u2019est un devoir scientifique que de mettre la pression sur les parlementaires afin de voter les lois sur la bios\u00e9curit\u00e9 et apporter un plus \u00e0 l\u2019agriculture nationale\u00bb.<\/p>\n<p> Le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture se dit ouvert au d\u00e9veloppement des biotechnologies, pour les perspectives d\u2019autosuffisance alimentaire. Mais, Sylvestre Ndongo, responsable de la communication du programme ma\u00efs explique \u00e0 IPS: \u00abCes semences [du ma\u00efs hybride] n\u2019ont rien \u00e0 voir avec les OGM. Elles sont mises au point \u00e0 l\u2019IRAD avec l\u2019autorisation du gouvernement. Les manipulations ne sont pas les m\u00eames que pour le ma\u00efs OGM\u00bb.<\/p>\n<p> En 2010, la principale entreprise agroindustrielle du pays, la Soci\u00e9t\u00e9 de d\u00e9veloppement du coton (SODECOTON), comptait sur les OGM pour booster sa production de 30 pour cent. Seulement, la loi relative aux OGM, adopt\u00e9e en avril 2003 par le parlement n\u2019est pas encore entr\u00e9e en vigueur, son d\u00e9cret d\u2019application n\u2019ayant pas encore \u00e9t\u00e9 pris par le gouvernement camerounais. Ce qui retarde la mise en \u0153uvre du plan d\u2019action de la SODECOTON.<\/p>\n<p> Au Comit\u00e9 national de bios\u00e9curit\u00e9, un responsable qui a requis l\u2019anonymat, explique la lenteur dans la prise du d\u00e9cret d\u2019application par le fait que la loi doit \u00eatre r\u00e9vis\u00e9e par des juristes \u00e9trangers qui pourraient y corriger d\u2019abord certaines insuffisances.  Samuel Essoungou Ndemba, pr\u00e9sident de l\u2019Association camerounaise pour la d\u00e9fense des consommateurs, d\u00e9clare \u00e0 IPS \u00eatre favorable \u00e0 la mise en \u0153uvre de cette loi qui, dit-il, pourrait grandement aider le pays \u00e0 lutter contre la famine si elle est bien \u00e9labor\u00e9e et bien appliqu\u00e9e. Cependant, en l\u2019\u00e9tat actuel, admet-il, la loi \u00abcomporte de nombreuses insuffisances susceptibles de fausser le d\u00e9bat\u00bb.  Mais, Njongang souligne: \u00abLes semences OGM ne sont accessibles qu\u2019aux grands exploitants dont les exploitations font entre 200 et 500 hectares. Si de petits producteurs les utilisent, ils auront du mal \u00e0 rentrer dans leurs frais. Les techniques agricoles dans ce domaine sont tr\u00e8s rigoureuses et, contrairement \u00e0 ce que pensent les producteurs, ils ne sont pas encore assez outill\u00e9s pour s\u2019en servir\u00bb.  Sur la relation entre les OGM et la sant\u00e9 humaine, Ariane Mendouga, la pr\u00e9sidente de l\u2019ONG Populations saines, affirme \u00e0 IPS: \u00abJusque-l\u00e0, rien n\u2019a prouv\u00e9 que ces transformations puissent affecter la sant\u00e9 des consommateurs. Seulement, il est \u00e9vident que toutes ces manipulations et les diff\u00e9rents produits chimiques utilis\u00e9s peuvent \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de maladies graves\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 30 sep (IPS) &#8211; Dans son village Obala, dans le sud du Cameroun, Jean Olinga explique \u00e0 ses fils les rudiments de l\u2019utilisation du ma\u00efs hybride, indiquant que cette vari\u00e9t\u00e9 est \u00e9labor\u00e9e \u00e0 l\u2019Institut de recherche agricole pour le&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/09\/30\/cameroun-les-produits-ogm-au-coeur-du-debat-agricole\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1044,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,37,38,11,6,12,1,3,4,21],"tags":[],"class_list":["post-6832","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-commerce-et-pauvrete","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-environnement","category-headlines","category-population-refugies","category-sante","category-science-technologie"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6832","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1044"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6832"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6832\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6832"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6832"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6832"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}