{"id":6745,"date":"2013-08-05T13:40:01","date_gmt":"2013-08-05T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/08\/05\/rd-congo-solidarite-autour-des-femmes-qui-souffrent-de-fistules\/"},"modified":"2013-08-05T13:40:01","modified_gmt":"2013-08-05T13:40:01","slug":"rd-congo-solidarite-autour-des-femmes-qui-souffrent-de-fistules","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/08\/05\/rd-congo-solidarite-autour-des-femmes-qui-souffrent-de-fistules\/","title":{"rendered":"RD CONGO: Solidarit\u00e9 autour des femmes qui souffrent de fistules"},"content":{"rendered":"<p>LUBUMBASHI, 5 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Les h\u00f4pitaux publics soignent la fistule de plusieurs femmes sans rien exiger des malades dans la province du Katanga, dans le sud-est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC). Ils ont op\u00e9r\u00e9 plus de 80 femmes dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 de juillet.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 un mouvement de solidarit\u00e9, quelque 400.000 dollars US ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9unis cette ann\u00e9e par des entreprises et des personnes de bonne volont\u00e9, et ont permis \u00e0 ces femmes malades de recouvrer peu \u00e0 peu une bonne sant\u00e9 et leur dignit\u00e9. En effet, elles sont pour la plupart abandonn\u00e9es par leurs proches \u2013 y compris leur mari &#8211; \u00e0 cause des mauvaises odeurs qu\u2019elles d\u00e9gagent du fait de leur fistule.<\/p>\n<p> D\u00e9j\u00e0 jusqu\u2019en mai 2013, 422 femmes avaient \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9es gr\u00e2ce aux cotisations de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, qui s\u2019\u00e9levaient \u00e0 280.000 dollars. En 2012, le Fonds des Nations Unies pour la population avait organis\u00e9 une collecte sp\u00e9ciale apr\u00e8s avoir trouv\u00e9, suite \u00e0 une enqu\u00eate, qu\u2019il y avait un nombre important de femmes qui souffrent silencieusement de fistule au Katanga.  \u00abMungu wangu asifiwe!\u00bb, lance et r\u00e9p\u00e8te Marie-louise Lusamba en kiswahili (qui signifie en fran\u00e7ais &#8220;Que mon Dieu soit b\u00e9ni&#8221;!). Ag\u00e9e d\u2019environ 23 ans, Lusamba est op\u00e9r\u00e9e d\u2019une fistule obst\u00e9tricale \u00e0 l\u2019h\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral de r\u00e9f\u00e9rence de la commune de Kampemba \u00e0 Lubumbashi, la capitale de la province. Six jours apr\u00e8s l\u2019op\u00e9ration, elle se portait mieux.<\/p>\n<p> De son lit de malade cependant, Lusamba ne cesse de ruminer le calvaire endur\u00e9 avec sa fistule. A chacun de ses mots, les larmes arrosent ses joues. Mais sa douleur rime aujourd\u2019hui avec l\u2019espoir.<\/p>\n<p> \u00abJe mettais au monde mon premier fils, une accoucheuse traditionnelle du quartier m\u2019assistait. Au terme de trois jours de souffrances atroces, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9e \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Apr\u00e8s avoir accouch\u00e9 d\u2019un mort-n\u00e9, je ne pouvais plus contenir ni les urines ni les mati\u00e8res f\u00e9cales\u00bb, raconte-t-elle \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Le mari de Lusamba qui ignorait l\u2019origine de cette incontinence, a d\u00e9cid\u00e9 de la chasser du toit conjugal trois mois apr\u00e8s, estimant qu\u2019elle \u00e9tait devenue sorci\u00e8re.<\/p>\n<p> \u00abAujourd\u2019hui, je suis gu\u00e9rie d\u2019une maladie honteuse sans avoir pay\u00e9 un frais\u00bb, d\u00e9clare Lusamba, heureuse.<\/p>\n<p> Rebecca Bipendu, 19 ans, a \u00e9t\u00e9 elle aussi op\u00e9r\u00e9e. Un matin de juillet, sa m\u00e8re l\u2019accompagne pour un contr\u00f4le m\u00e9dical \u00e0 l\u2019H\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral de la commune de Kenya. \u00abMon m\u00e9decin me rassure que ma plaie \u00e9volue bien\u00bb, confie-t-elle \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Selon Dr Elie Kabeya, m\u00e9decin traitant de Bipendu, l\u2019\u00e2ge qu\u2019avait sa patiente lorsqu\u2019elle avait accouch\u00e9 &#8211; 17 ans &#8211; n\u00e9cessitait la pr\u00e9sence d\u2019un personnel m\u00e9dical qualifi\u00e9 autour d\u2019elle pour intervenir en cas de besoin.<\/p>\n<p> \u00abLa fistule survient fr\u00e9quemment chez les adolescentes parce que leurs grossesses pr\u00e9coces les exposent aux complications lors de l\u2019accouchement\u00bb. C\u2019est pourquoi elles doivent se pr\u00e9senter dans des structures sanitaires appropri\u00e9es, explique Kabeya \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Comme pour d\u2019autres femmes, c\u2019est apr\u00e8s l\u2019accouchement que le calvaire a commenc\u00e9 dans la vie de Bipendu. \u00abElle mouillait ses habits chaque fois\u00bb, t\u00e9moigne sa m\u00e8re, H\u00e9l\u00e8ne Mwansa, 60 ans environ. \u00abPersonne parmi ses fr\u00e8res et s\u0153urs ne voulait l\u2019approcher parce qu\u2019elle sentait mauvais\u00bb, souligne-t-elle.<\/p>\n<p> Dans cet \u00e9tat, la jeune fille qui vivait isol\u00e9e avait d\u00e9j\u00e0 tent\u00e9 de se pendre. Mais sa m\u00e8re qui veillait sur elle l\u2019en avait emp\u00each\u00e9e.<\/p>\n<p> \u00abLorsque je circulais, chaque fois que des gens jetaient la salive par terre, je me disais que c\u2019est moi qui sentais mauvais et je ne voyais pas \u00e0 quoi bon continuer de vivre\u00bb, explique Bipendu \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Selon le minist\u00e8re congolais de la Sant\u00e9, la province du Katanga compte plus de 6.000 femmes qui souffrent de fistule sur les 42.000 que compte la RDC. Et leur nombre augmente toujours.<\/p>\n<p> Ces femmes que la maladie immobilise manquent pour la plupart de moyens financiers de se faire soigner, d\u2019autres ignorent que leur affection est curable, souligne Dr Kabeya.<\/p>\n<p> En effet, pour traiter une fistule &#8211; intervention chirurgicale et soins postop\u00e9ratoires -, la malade doit d\u00e9penser en moyenne 500 dollars et passer pr\u00e8s de 15 jours \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. \u00abCe qui n\u2019est pas facile pour une femme qui vit isol\u00e9e\u00bb, ajoute Kabeya.<\/p>\n<p> \u00abCette maladie diminue la femme, d\u00e9truit son physique, son psychique, son \u00e9conomie, son pr\u00e9sent et son futur\u00bb, avait martel\u00e9 l\u2019\u00e9pouse du gouverneur du Katanga, Carine Katumbi, lors de la premi\u00e8re Journ\u00e9e internationale de la fistule organis\u00e9e \u00e0 Lubumbashi, le 22 juin 2013, avec un mois de retard.<\/p>\n<p> Cette journ\u00e9e a mobilis\u00e9, autour du th\u00e8me \u00abEn finir avec la fistule\u00bb, des autorit\u00e9s de la province, des responsables d\u2019entreprises, des organisations non gouvernementales, et des personnes de bonne volont\u00e9. Les participants avaient cotis\u00e9 sur place les 400.000 dollars pour faciliter aux femmes fistuleuses du Katanga l\u2019acc\u00e8s au traitement.  \u00abLes fonds collect\u00e9s doivent aider \u00e0 la prise en charge des cas de fistules sur l\u2019\u00e9tendue de la province\u00bb, a insist\u00e9 Katumbi. Ils couvrent les honoraires des m\u00e9decins, les soins op\u00e9ratoires et postop\u00e9ratoires, le transport des malades vers les h\u00f4pitaux.<\/p>\n<p> \u00abC\u2019est bien de soigner la fistule, mais c\u2019est mieux de la pr\u00e9venir\u00bb, souligne Dr Richard Mulamba, chirurgien \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Kisanga, \u00e0 Lubumbashi.<\/p>\n<p> Avec des services de planification familiale, l\u2019accessibilit\u00e9 aux soins obst\u00e9tricaux, un personnel qualifi\u00e9 lors des accouchements, on peut \u00e9viter \u00e0 une femme de perdre sa dignit\u00e9, indique-t-il. Mais il conseille d\u2019abord aux jeunes filles d\u2019\u00e9viter des grossesses pr\u00e9coces.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LUBUMBASHI, 5 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Les h\u00f4pitaux publics soignent la fistule de plusieurs femmes sans rien exiger des malades dans la province du Katanga, dans le sud-est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC). 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