{"id":6734,"date":"2013-07-26T13:40:01","date_gmt":"2013-07-26T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/07\/26\/kenya-les-petits-fermiers-vulnerables-au-changement-climatique\/"},"modified":"2013-07-26T13:40:01","modified_gmt":"2013-07-26T13:40:01","slug":"kenya-les-petits-fermiers-vulnerables-au-changement-climatique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/07\/26\/kenya-les-petits-fermiers-vulnerables-au-changement-climatique\/","title":{"rendered":"KENYA: Les petits fermiers vuln\u00e9rables au changement climatique"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 26 juil (IPS) &#8211; Puisque la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire du pays et les moyens de subsistance des agriculteurs sont menac\u00e9s par le changement climatique, le Kenya a des options politiques divergentes. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>L&#39;une est d\u00e9pendante du d\u00e9ploiement de nouvelles technologies ainsi que de l&#39;am\u00e9lioration et l&#39;expansion de l&#39;utilisation d&#39;engrais et de pesticides, tandis que l&#39;autre se tournerait vers les connaissances indig\u00e8nes et la biodiversit\u00e9 naturelle du pays.<\/p>\n<p> L&#39;enjeu, c\u2019est la survie des petits fermiers du pays face \u00e0 des conditions climatiques sans pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<p> Selon le minist\u00e8re de l&#39;Agriculture, environ cinq millions de m\u00e9nages, sur huit millions au Kenya, d\u00e9pendent directement de l&#39;agriculture pour leurs moyens de subsistance. Mais les agriculteurs du Kenya &#8211; en particulier les petits fermiers &#8211; sont confront\u00e9s \u00e0 des temps incertains en raison des conditions climatiques extr\u00eames.<\/p>\n<p> Des informations issues de la derni\u00e8re saison agricole constituent une tendance r\u00e9cente inqui\u00e9tante dans laquelle les principales sources d&#39;eau du pays produisent moins qu&#39;elles ne le faisaient dans le pass\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Des dizaines de fleuves et cours d&#39;eau qui prennent leur source \u00e0 partir du mont Kenya, Mau Complex, Aberdares, Cherangani Hills et du mont Elgon produisent maintenant moins d&#39;eau, ou s\u2019ass\u00e8chent compl\u00e8tement pendant la saison s\u00e8che&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Joshua Kosgei, un agent de vulgarisation agricole \u00e0 Elburgon, dans la province de la Vall\u00e9e du Rift.<\/p>\n<p> Le rapport national 2012\/2013 de l&#39;Organisation des Nations Unies pour l&#39;alimentation et l&#39;agriculture (FAO) pour le Kenya indiquait que les pr\u00e9cipitations au cours de la saison &#8220;de petites pluies&#8221;, d&#39;octobre \u00e0 d\u00e9cembre, \u00e9taient bien en dessous de la moyenne. En outre, le rapport disait: &#8220;Une s\u00e9rie de p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse a \u00e9galement provoqu\u00e9 une mauvaise germination, augmentant les besoins de replantation (jusqu&#39;\u00e0 trois fois) et entra\u00eenant le fl\u00e9trissement et le dess\u00e8chement des cultures&#8221;.<\/p>\n<p> Selon l&#39;Institut de recherche agricole du Kenya (KARI), plus de 10 millions de personnes, sur une population totale de 40 millions d\u2019habitants du Kenya, souffrent de l&#39;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, la majorit\u00e9 d&#39;entre elles vivant de l&#39;aide alimentaire.<\/p>\n<p> Le secteur de l&#39;agriculture repr\u00e9sente environ 25 pour cent du produit int\u00e9rieur brut de cette nation d&#39;Afrique de l\u2019est et au moins 60 pour cent des exportations. Les statistiques gouvernementales montrent en outre que la production \u00e0 petite \u00e9chelle repr\u00e9sente au moins 75 pour cent du total des rendements agricoles et 70 pour cent des produits agricoles commercialis\u00e9s.<\/p>\n<p> Le th\u00e9, l&#39;un des principaux produits d\u2019exportation du pays \u00e9valu\u00e9 \u00e0 1,17 milliard de dollars par le Bureau national des statistiques du Kenya, est parmi les cultures les plus expos\u00e9es. Les experts estiment que les changements climatiques pourraient co\u00fbter aux producteurs de th\u00e9 jusqu&#39;\u00e0 30 pour cent des gains en esp\u00e8ces.<\/p>\n<p> &#8220;Le th\u00e9 est tr\u00e8s sensible aux changements climatiques&#8221;, indique \u00e0 IPS, Kiama Njoroge, un agent de vulgarisation agricole dans le centre du Kenya. &#8220;En cons\u00e9quence, 500.000 petits agriculteurs sont confront\u00e9s \u00e0 des incertitudes par rapport \u00e0 leurs moyens de subsistance&#8221;.<\/p>\n<p> Joel Nduati, un petit fermier dans le centre du Kenya, ajoute: &#8220;Le manque d&#39;informations sur les interventions visant \u00e0 faire face aux changements climatiques, constitue notre probl\u00e8me principal&#8221;.<\/p>\n<p> Nduati explique \u00e0 IPS que l&#39;autre probl\u00e8me auquel les agriculteurs sont confront\u00e9s, est le stress hydrique. &#8220;Trop d&#39;eau quand nous n&#39;en avons pas besoin, puis des saisons s\u00e8ches prolong\u00e9es. Ce dont nous avons besoin, ce sont des vari\u00e9t\u00e9s de cultures qui peuvent r\u00e9sister \u00e0 ces changements&#8221;.<\/p>\n<p> Pourtant, selon Kosgei, des interventions pour lutter contre les changements climatiques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9es; ce qui manque, c&#39;est un moyen de transmettre efficacement ces informations aux agriculteurs.<\/p>\n<p> &#8220;Par exemple, la Fondation pour des recherches sur le th\u00e9 au Kenya a d\u00e9velopp\u00e9 45 vari\u00e9t\u00e9s de th\u00e9, mais beaucoup de fermiers ne les ont pas encore adopt\u00e9es parce qu&#39;ils ne savent m\u00eame pas qu&#39;elles existent&#8221;, souligne Kosgei.<\/p>\n<p> Il ajoute en outre que cinq nouvelles vari\u00e9t\u00e9s de pommes de terre et plusieurs vari\u00e9t\u00e9s de chou fris\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es par le KARI. &#8220;Mais combien d&#39;agriculteurs sont m\u00eame conscients de ces nouvelles vari\u00e9t\u00e9s, encore moins les adoptent?&#8221;.<\/p>\n<p> La diss\u00e9mination de ce type d&#39;informations est entrav\u00e9e par le manque d&#39;agents de vulgarisation. Alors que la FAO recommande qu&#39;il y ait un agent de vulgarisation pour servir 400 fermiers, actuellement, le Kenya compte juste un agent de vulgarisation pour 1.500 agriculteurs, selon l&#39;Association de d\u00e9veloppement international de l&#39;agriculture et des zones rurales.<\/p>\n<p> Les petits agriculteurs au Kenya produisent seulement un cinqui\u00e8me de ce qu&#39;ils pourraient r\u00e9aliser, affirme l&#39;agent de vulgarisation.<\/p>\n<p> Mais ce n\u2019est pas tout le monde qui est d\u2019accord avec les prescriptions de Kosgei.<\/p>\n<p> &#8220;La solution, c\u2019est de revenir aux connaissances indig\u00e8nes qui favorisent un grand mouvement agro-\u00e9cologique \u00e0 la base. Une approche qui rassemble les strat\u00e9gies agricoles qui n&#39;utilisent pas de produits chimiques&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Gathuru Mburu, coordonnateur du R\u00e9seau africain pour la biodiversit\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Les agriculteurs produisent de fa\u00e7on insuffisante \u00e0 cause de l\u2019usage \u00e0 outrance de produits chimiques. L\u2019agro-\u00e9cologie utilise le fumier animal. Les restes issus des r\u00e9coltes pr\u00e9c\u00e9dentes peuvent \u00eatre aussi enfouis comme fumier&#8221;, explique Mburu.<\/p>\n<p> Njoroge approuve cette id\u00e9e, indiquant que des pays comme le Rwanda, l&#39;Ethiopie et le Ghana font des progr\u00e8s significatifs vers l&#39;am\u00e9lioration de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et des moyens de subsistance en utilisant les connaissances indig\u00e8nes.<\/p>\n<p> Mais certains estiment que l&#39;option de l\u2019agro-\u00e9cologie est comme tourner le dos aux nouvelles technologies qui renferment un potentiel \u00e9norme.<\/p>\n<p> &#8220;Criminaliser les produits chimiques n&#39;est pas une solution. Les fermiers doivent adopter des innovations scientifiques&#8221;, souligne \u00e0 IPS, John Kamangu, un chercheur en biodiversit\u00e9. &#8220;Nous avons besoin d\u2019une modification g\u00e9n\u00e9tique qui nous permettra de produire des graines qui peuvent r\u00e9sister \u00e0 des temp\u00e9ratures plus \u00e9lev\u00e9es et \u00e0 des pr\u00e9cipitations plus fortes&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 26 juil (IPS) &#8211; Puisque la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire du pays et les moyens de subsistance des agriculteurs sont menac\u00e9s par le changement climatique, le Kenya a des options politiques divergentes.<\/p>\n","protected":false},"author":720,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,37,38,34,11,27,6,12,1],"tags":[],"class_list":["post-6734","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-commerce-et-pauvrete","category-desert-rampant","category-developpement","category-east-africa","category-economie-finances-le-commerce","category-environnement","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6734","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/720"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6734"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6734\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6734"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6734"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6734"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}