{"id":6618,"date":"2013-05-24T13:40:01","date_gmt":"2013-05-24T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/05\/24\/mali-les-jeunes-abandonnent-les-champs-pour-les-sites-dorpaillage\/"},"modified":"2013-05-24T13:40:01","modified_gmt":"2013-05-24T13:40:01","slug":"mali-les-jeunes-abandonnent-les-champs-pour-les-sites-dorpaillage","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/05\/24\/mali-les-jeunes-abandonnent-les-champs-pour-les-sites-dorpaillage\/","title":{"rendered":"MALI: Les jeunes abandonnent les champs pour les sites d\u2019orpaillage"},"content":{"rendered":"<p>BAMAKO, 24 mai (IPS) &#8211; Des milliers de jeunes gens au Mali ont abandonn\u00e9 leurs villages et la production agricole au profit de l\u2019orpaillage, mena\u00e7ant de compromettre l\u2019agriculture dans plusieurs r\u00e9gions du pays. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mais, les autorit\u00e9s maliennes entendent inverser cette tendance en d\u00e9cidant de fermer, du 31 mai au 31 octobre, les mines d\u2019or artisanales, une p\u00e9riode qui correspond \u00e0 la saison des pluies et aux travaux agricoles intenses. Les mines sont d\u00e9j\u00e0 ferm\u00e9es d\u00e9but-mai dans certaines r\u00e9gions du pays qui compte 244 sites d\u2019orpaillage r\u00e9pertori\u00e9s.  Depuis qu\u2019il est de retour dans sa localit\u00e9 d\u2019origine de Taliko, non loin de Bamako, la capitale malienne, N\u2019Fa Sacko, un jeune de 23 ans, cherche \u00e0 refaire sa vie autrement. \u00abJ\u2019\u00e9tais dans la mine d\u2019or de Kobada (dans le sud du pays). J\u2019ai quitt\u00e9 le site parce que nous avons \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s par des agents de la gendarmerie\u00bb, a-t-il racont\u00e9 \u00e0 IPS.  \u00abJe ne veux plus retourner dans une mine. D\u00e8s qu\u2019il commencera \u00e0 pleuvoir, je vais aider mes fr\u00e8res \u00e0 labourer nos champs\u00bb, dit-il.  Sacko avait quitt\u00e9 les champs de ses parents en 2012 pour s\u2019installer sur la mine artisanale de Kobada, ferm\u00e9e le 9 mai par un d\u00e9ploiement d\u2019agents de s\u00e9curit\u00e9. \u00abMalheureusement, nous avons vid\u00e9 les lieux, laissant derri\u00e8re nous tous nos mat\u00e9riels de travail\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Le 17 mai, Mahamadou Tour\u00e9, chef de cabinet du minist\u00e8re des Mines, expliquait \u00e0 la presse que les autorit\u00e9s maliennes ont pris cette d\u00e9cision apr\u00e8s avoir constat\u00e9 que certains, au lieu d\u2019une exploitation artisanale, s\u2019adonnaient \u00e0 une vraie exploitation m\u00e9canis\u00e9e de l\u2019or sur ce site sans en avoir l\u2019autorisation.  La ru\u00e9e des jeunes sur l\u2019or est devenue une pr\u00e9occupation au Mali. Interrog\u00e9 par IPS, Belco Tamboura, membre de la Chambre des mines du Mali, affirme qu\u2019il est difficile d\u2019estimer le nombre des jeunes ayant abandonn\u00e9 les champs pour les mines artisanales.  \u00abSelon une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e en 2012 par la Chambre des mines, l\u2019orpaillage occupe pas moins de deux millions de personnes au Mali dont la majorit\u00e9 est constitu\u00e9 de jeunes ruraux\u00bb, a-t-il indiqu\u00e9.  Mais il y a aussi un nombre important d\u2019enfants, comme le souligne un rapport de l\u2019organisation de d\u00e9fense des droits &#39;Human Rights Watch&#39; (HRW) publi\u00e9 en d\u00e9cembre 2011, qui estime que 20.000 \u00e0 40.000 enfants \u00e2g\u00e9s de six \u00e0 16 ans travaillent sur les sites d\u2019orpaillage au Mali.  Mais cette donn\u00e9e a \u00e9t\u00e9 d\u00e9mentie par le gouvernement malien en avril 2013. Il ne reconna\u00eet m\u00eame pas l\u2019existence du travail des enfants dans les mines. Le chef d\u2019une mission d\u2019enqu\u00eate malienne, le colonel Aladji Diakit\u00e9, affirme que si des enfants se trouvaient sur les sites d\u2019orpaillage, ils accompagnaient leurs parents.<\/p>\n<p> La fermeture du site de Kobada, qui comptait plus de 5.000 personnes, semble anticiper la d\u00e9cision des autorit\u00e9s maliennes de freiner la ru\u00e9e des jeunes sur les mines d\u2019or. Le gouvernement a ordonn\u00e9 aux autorit\u00e9s locales des zones d\u2019orpaillage de fermer les sites pendant la p\u00e9riode des activit\u00e9s agricoles. Ils seront rouverts \u00e0 l\u2019exploitation artisanale \u00e0 la fin des travaux champ\u00eatres.  Selon Tamboura, dans la seule zone cotonni\u00e8re de Sikasso (sud du Mali) o\u00f9 80 sites d\u2019orpaillage ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s, le gouverneur de r\u00e9gion et les autres autorit\u00e9s locales sont d\u2019accord pour fermer les mines artisanales du 31 mai au 31 octobre.<\/p>\n<p> Cheick Oumar Coulibaly, un sociologue bas\u00e9 \u00e0 Bamako, affirme que les raisons de la ru\u00e9e des jeunes sur l\u2019orpaillage sont li\u00e9es aux syst\u00e8mes de production non adapt\u00e9s \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 socio\u00e9conomique du milieu rural. \u00abIls ne permettent pas aux jeunes ruraux de sortir de la pauvret\u00e9. Les jeunes ont besoin de revenus que l\u2019agriculture ne leur apporte pas\u00bb.   \u00abL\u2019activit\u00e9 agricole est souvent consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9valorisante pour certains jeunes; les sites d\u2019orpaillage sont des zones \u00e0 forte tentation. Et le go\u00fbt du gain rapide pousse des jeunes vers l\u2019orpaillage\u00bb, explique Coulibaly \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Certains analystes d\u00e9noncent aussi le laxisme des autorit\u00e9s locales. \u00abDes repr\u00e9sentants de l\u2019Etat au niveau des communes accordent l\u2019autorisation aux orpailleurs de mener leurs activit\u00e9s\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Si des jeunes ont pu faire fortune dans les mines artisanales, certains, par contre, n\u2019y ont rencontr\u00e9 que des difficult\u00e9s.  \u00abMa situation financi\u00e8re et sanitaire ne faisait que se d\u00e9grader, contrairement \u00e0 certains de mes camarades du village qui ont quitt\u00e9 les sites d\u2019orpaillage avec beaucoup d\u2019argent\u00bb, explique Youssouf Karantao, un jeune originaire de Dj\u00e9n\u00e9 (centre du pays).<\/p>\n<p> Selon HRW, sur les sites d\u2019orpaillage beaucoup de jeunes sont expos\u00e9s \u00e0 des maladies car des produits toxiques, comme le mercure, sont utilis\u00e9s pour extraire de l\u2019or.  Karantao qui se trouve d\u2019abord \u00e0 Bamako, avait quitt\u00e9 son village et son m\u00e9tier de p\u00eacheur parce qu\u2019il ne gagnait plus autant d\u2019argent qu\u2019il voulait. \u00abC\u2019est ce qui m\u2019a pouss\u00e9 \u00e0 aller tenter ma chance dans la mine de Kobada comme tous les jeunes du village\u00bb, d\u00e9clare-t-il \u00e0 IPS. Il compte retourner dans son village pour se consacrer \u00e0 la p\u00eache et \u00e0 l\u2019agriculture.<\/p>\n<p> Sacko prend aussi le m\u00eame engagement. \u00abAujourd\u2019hui, je ne pense qu\u2019\u00e0 retourner dans les champs\u00bb, dit-il. Karantao et Sacko ont indiqu\u00e9 qu\u2019ils ne retourneront plus sur les sites d\u2019orpaillage et veulent rester chez eux pour toujours.  Mais, ce n\u2019est pas le cas pour tous les orpailleurs. Interrog\u00e9 par IPS, Sekou Camara, un des occupants de la mine de Kobada, d\u00e9clare \u00e0 IPS qu\u2019il retournera sur le site d\u00e8s que possible. \u00abJe retournerai \u00e0 Kobada apr\u00e8s l\u2019hivernage. Ce qu\u2019on peut gagner sur une mine d\u2019or est plus important que ce que l\u2019agriculture rapporte\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BAMAKO, 24 mai (IPS) &#8211; Des milliers de jeunes gens au Mali ont abandonn\u00e9 leurs villages et la production agricole au profit de l\u2019orpaillage, mena\u00e7ant de compromettre l\u2019agriculture dans plusieurs r\u00e9gions du pays.<\/p>\n","protected":false},"author":702,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1,20,29],"tags":[],"class_list":["post-6618","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-travail","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6618","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/702"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6618"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6618\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6618"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6618"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6618"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}