{"id":6597,"date":"2013-05-08T13:40:01","date_gmt":"2013-05-08T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/05\/08\/niger-la-scolarisation-des-filles-confrontee-aux-croyances-socioculturelles\/"},"modified":"2013-05-08T13:40:01","modified_gmt":"2013-05-08T13:40:01","slug":"niger-la-scolarisation-des-filles-confrontee-aux-croyances-socioculturelles","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/05\/08\/niger-la-scolarisation-des-filles-confrontee-aux-croyances-socioculturelles\/","title":{"rendered":"NIGER: La scolarisation des filles confront\u00e9e aux croyances socioculturelles"},"content":{"rendered":"<p>NIAMEY, 8 mai (IPS) &#8211; Le Niger a obtenu ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es des r\u00e9sultats significatifs dans la scolarisation des filles. Toutefois, dans des zones rurales, certains parents refusent encore d\u2019inscrire leurs filles \u00e0 l\u2019\u00e9cole tandis que d\u2019autres les retirent des classes pour les donner en mariage.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;En 2003, sur un effectif de 150 \u00e9l\u00e8ves dans mon \u00e9cole, on comptait seulement 15 filles. Aujourd\u2019hui en 2013, l\u2019\u00e9tablissement totalise 103 filles sur un effectif de 175 \u00e9l\u00e8ves&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Ibrahim Sani, qui enseigne depuis 17 ans \u00e0 Agadez, dans le nord de ce pays sah\u00e9lien d\u2019Afrique de l\u2019ouest.  Dans la r\u00e9gion de Tahoua (centre du pays), le taux brut de scolarisation des filles a connu aussi une progression: de 21 pour cent en 2001 \u00e0 45 pour cent en 2011, selon l&#39;inspection de l&#39;enseignement primaire de Tahoua.  &#8220;Quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 Kollama en 2003 (un village de la p\u00e9riph\u00e9rie de Tahoua), on ne comptait que 29 filles sur un effectif de 113 \u00e9l\u00e8ves. Aujourd\u2019hui, l\u2019effectif des filles a tripl\u00e9: elles sont 87 sur 137 \u00e9l\u00e8ves&#8221;, explique \u00e0 IPS, Salouhou Adou, enseignant \u00e0 Kollama.  Dans beaucoup de localit\u00e9s du Niger, les autorit\u00e9s administratives et coutumi\u00e8res, les enseignants, les parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves et les structures de la soci\u00e9t\u00e9 civile conjuguent leurs efforts pour sensibiliser les populations \u00e0 inscrire leurs filles \u00e0 l\u2019\u00e9cole.  &#8220;Notre intervention a fait que l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des sexes, dans les inscriptions \u00e0 l\u2019\u00e9cole, a diminu\u00e9 dans notre zone&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Hadiza Moussa, enseignante \u00e0 T\u00e9ssaoua dans le sud du pays. Selon les statistiques officielles, le taux brut de scolarisation des filles a nettement progress\u00e9 dans la r\u00e9gion, atteignant 45 pour cent en 2012, contre 21 pour cent en 2001.  Maman Zakari, un commer\u00e7ant sexag\u00e9naire \u00e0 Maradi, t\u00e9moigne: &#8220;J\u2019ai fait le porte-\u00e0-porte pour sensibiliser des familles hostiles \u00e0 la scolarisation des filles. Moi-m\u00eame, par le pass\u00e9, j\u2019\u00e9tais oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019inscription des filles \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Mais je compris l\u2019importance de l\u2019\u00e9cole pour une fille \u00e0 travers les sensibilisations publiques et les \u00e9missions radiophoniques&#8221;. Il a inscrit deux de ses filles sur cinq.  Mais, les c\u00e9r\u00e9monies de bapt\u00eame ou de mariage sont les occasions les plus utilis\u00e9es pour les s\u00e9ances de sensibilisation sur la scolarisation des filles.<\/p>\n<p> &#8220;Les enseignants en milieu rural qui participent \u00e0 ces sensibilisations re\u00e7oivent, en dehors de leurs salaires, un appui mat\u00e9riel individuel du Fonds des Nations Unies pour l\u2019enfance (UNICEF)&#8221;, indique Kadri Yacouba, directeur d\u2019\u00e9cole primaire \u00e0 Maradi (sud du pays).  &#8220;Quant aux femmes qui envoient leurs filles \u00e0 l\u2019\u00e9cole, elle re\u00e7oivent un fonds pour mener de petites activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus&#8221;, ajoute-t-il \u00e0 IPS.  Selon le minist\u00e8re de l\u2019Education, le taux brut de scolarisation des filles \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale est pass\u00e9 de 29 pour cent en 2001 \u00e0 63 pour cent en 2011. Dans certaines localit\u00e9s du Niger comme la r\u00e9gion de Maradi, ce taux brut de scolarisation des filles \u00e0 atteint 70 pour cent en 2012.  Mais ces r\u00e9sultats laissent appara\u00eetre un grand \u00e9cart entre les filles et les gar\u00e7ons. Le taux brut de scolarisation chez les gar\u00e7ons est pass\u00e9 de 36 pour cent en 2001 \u00e0 86 pour cent en 2011.  Cet \u00e9cart s\u2019explique par le fait qu\u2019en milieu rural, beaucoup de familles ne sont pas pr\u00eates \u00e0 envoyer leurs filles \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00e0 cause des croyances socioculturelles.  &#8220;Ils sont nombreux les parents qui pensent que l\u2019\u00e9cole est un facteur de d\u00e9stabilisation de la fille. Pour eux, le destin d\u2019une fille est de devenir une bonne femme pour son \u00e9poux et une bonne m\u00e8re pour ses enfants&#8221;, explique \u00e0 IPS, Aboubacar Amadou, inspecteur de l\u2019\u00e9ducation \u00e0 la retraite.<\/p>\n<p> En ville comme en campagne, les parents retirent leurs filles de l\u2019\u00e9cole pour les donner en mariage. &#8220;M\u00eame dans les familles o\u00f9 les filles vont \u00e0 l\u2019\u00e9cole, les parents accordent plus d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 la scolarit\u00e9 des gar\u00e7ons. Lessive, corv\u00e9e d\u2019eau, cuisine sont le lot quotidien de la jeune fille&#8221;, d\u00e9nonce Nana Hadiza, membre du collectif de la soci\u00e9t\u00e9 civile active dans l\u2019\u00e9ducation. Ce regroupement d\u2019associations \u0153uvre pour le droit \u00e0 l\u2019\u00e9ducation pour tous.  En novembre 2012, les oul\u00e9mas et les associations des femmes musulmanes se sont oppos\u00e9s \u00e0 un projet de loi sur la protection de la jeune fille en cours de scolarisation. Ces associations ont fait pression sur les parlementaires qui ont renvoy\u00e9 ce projet pour une seconde lecture.  La pomme de discorde est l\u2019article 14 de ce projet de loi qui stipule que &#8220;quiconque aura contract\u00e9 mariage avec une jeune fille en cours de scolarit\u00e9 sans autorisation pr\u00e9alable (d&#39;un juge), sera passible d\u2019une peine d\u2019emprisonnement de six mois \u00e0 deux ans et d\u2019une amende de 500.000 \u00e0 1000.000 francs CFA (de 1.000 \u00e0 2.000 dollars environ) ou de l\u2019une des deux peines seulement&#8221;.<\/p>\n<p> Selon les associations musulmanes, cela est inadmissible dans un pays comme le Niger o\u00f9 environ 99 pour cent de la population est de croyance musulmane.  &#8220;L\u2019islam donne tout droit aux parents sur leurs enfants. Un p\u00e8re n\u2019a pas besoin de l\u2019autorisation d\u2019un juge pour donner sa fille en mariage&#8221;, s\u2019exclame Malam Abdou Garba, un pr\u00e9dicateur \u00e0 Niamey, la capitale nig\u00e9rienne.  &#8220;Il faut faire un toilettage de ce projet de loi, soustraire tout ce qui ne cadre pas avec l\u2019islam. Le fait d\u2019introduire des articles qui peuvent conduire la jeune fille \u00e0 l\u2019insoumission et \u00e0 la d\u00e9sob\u00e9issance envers ses parents, peut aussi conduire beaucoup de parents \u00e0 ne pas inscrire leurs filles \u00e0 l\u2019\u00e9cole&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Mamane Sani, de l\u2019Association nig\u00e9rienne de d\u00e9fense des droits de l\u2019Homme.  Mais Hadiza saley, de la &#8220;Campagne nous pouvons&#8221; (un mouvement des associations f\u00e9minines du Niger qui militent contre toutes violences et discriminations \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la femme), a une autre opinion: &#8220;Il faut aller au-del\u00e0 de la fille en cours de scolarisation pour inclure toutes les filles. Sous sa forme actuelle, ce projet de loi est une discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la jeune fille non scolaris\u00e9e&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NIAMEY, 8 mai (IPS) &#8211; Le Niger a obtenu ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es des r\u00e9sultats significatifs dans la scolarisation des filles. 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