{"id":6466,"date":"2013-02-18T13:40:01","date_gmt":"2013-02-18T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/02\/18\/mali-le-dilemme-du-retour-pour-les-refugies-maliens-au-niger\/"},"modified":"2013-02-18T13:40:01","modified_gmt":"2013-02-18T13:40:01","slug":"mali-le-dilemme-du-retour-pour-les-refugies-maliens-au-niger","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/02\/18\/mali-le-dilemme-du-retour-pour-les-refugies-maliens-au-niger\/","title":{"rendered":"MALI: Le dilemme du retour pour les r\u00e9fugi\u00e9s maliens au Niger"},"content":{"rendered":"<p>NIAMEY, 18 f\u00e9v (IPS) &#8211; Les quelque 50.000 Maliens, partis du nord du Mali pour se r\u00e9fugier au Niger en 2012, pensaient n\u2019y rester qu\u2019un laps de temps. Un an plus tard et malgr\u00e9 l\u2019intervention militaire fran\u00e7aise, rares sont ceux qui se disent pr\u00eats \u00e0 prendre le chemin du retour.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00abVous suivez les informations? Est-ce que vous songez sinc\u00e8rement que l\u2019on puisse rentrer au Mali dans ces conditions?\u00bb, demande Omar*, le vice-pr\u00e9sident de l\u2019Association des familles maliennes r\u00e9fugi\u00e9es \u00e0 Niamey, la capitale nig\u00e9rienne.  Cr\u00e9\u00e9e par les quelque 2.800 r\u00e9fugi\u00e9s qui se sont install\u00e9s au compte-goutte \u00e0 Niamey depuis l\u2019arriv\u00e9e des groupes arm\u00e9s s\u00e9paratistes ou djihadistes au nord du Mali en 2012, l\u2019association tenait une r\u00e9union dans l\u2019ancien consulat du Mali le 9 f\u00e9vrier. Omar est arriv\u00e9 de Gao en avril 2012 et, comme les autres, il n\u2019imaginait pas que l\u2019exil serait si long.<\/p>\n<p> Le retour, une obsession La veille de cette r\u00e9union, un kamikaze s\u2019\u00e9tait fait exploser \u00e0 Gao, sans faire de victime, plongeant la ville d\u2019origine d\u2019Omar dans la peur du terrorisme. Mais ce n\u2019est pas la seule raison qui l\u2019emp\u00eache de retourner au Mali: \u00abCe n\u2019est pas juste une question d\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Je suis fonctionnaire \u00e0 Gao et en l\u2019absence de l\u2019administration, je ne peux pas envisager d\u2019y retourner sans retrouver mon travail\u00bb.  Tous les Maliens r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Niamey ne partagent toutefois pas son avis. Seydou*, un professeur de physique-chimie qui a fui Ansongo en mai 2012, estime que parler de retour au Mali n\u2019a rien d\u2019insens\u00e9: \u00abOn pense tous au retour. Pour \u00eatre sinc\u00e8re, j\u2019ai la nostalgie, je pourrais m\u00eame dire l\u2019obsession de revoir la r\u00e9gion de Gao. Et puis, mes parents proches m\u2019appellent chaque semaine pour que je revienne\u00bb, a-t-il dit \u00e0 IPS, le 14 f\u00e9vrier, au quartier Nouveau march\u00e9 de Niamey.<\/p>\n<p> Mais pour lui non plus, l\u2019heure du d\u00e9part n\u2019est pas encore arriv\u00e9e: \u00abJe ne peux pas reprendre mon travail de professeur tant que les \u00e9coles ne rouvrent pas. Et de toute mani\u00e8re, aucun bus ne sort de Niamey en direction du Mali depuis le d\u00e9but de l\u2019intervention militaire fran\u00e7aise\u00bb, le 11 janvier, ajoute-t-il avec regret.<\/p>\n<p> Assis \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9, Moussa* a, pour sa part, laiss\u00e9 sa boutique de pr\u00eat-\u00e0-porter au centre-ville de Gao et il compte bien la retrouver dans les jours \u00e0 venir. \u00abJe m\u2019appr\u00eate \u00e0 repartir. J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 envoyer la marchandise vers Gao\u00bb.  Rien ne semble d\u00e9courager ce quadrag\u00e9naire songha\u00ef, ni les mines qui jalonnent la route menant \u00e0 Gao, ni les risques d\u2019attentat. \u00abLe calme va revenir. Sur place, les gens me disent que l\u2019arm\u00e9e entre d\u00e9sormais dans toutes les maisons pour traquer les membres du MUJAO (Mouvement pour l\u2019unicit\u00e9 et le jihad en Afrique de l\u2019ouest). Ces derniers pr\u00e9f\u00e8rent se rendre pour ne pas porter pr\u00e9judice aux familles qui les ont accueillis\u00bb, affirme-t-il avec optimisme.<\/p>\n<p> La peur des repr\u00e9sailles Un optimisme que la pr\u00e9sidente de l\u2019Association des familles d\u00e9plac\u00e9es aimerait partager. Rencontr\u00e9e par IPS dans une maison accueillant six familles maliennes, Aminata* explique n\u00e9anmoins qu\u2019elle n\u2019envisage pas de retour, tant que le MUJAO sera pr\u00e9sent \u00e0 Gao.<\/p>\n<p> \u00abLes islamistes veulent faire des femmes des armoires dans les maisons, nous interdire de sortir sans voile, de vivre. Alors, on a d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019enfuir\u00bb. Selon elle, de nombreux r\u00e9fugi\u00e9s \u00ab\u00e0 la peau claire\u00bb redoutent aussi qu\u2019une fois de retour, ils subissent des repr\u00e9sailles s\u2019ils sont assimil\u00e9s aux islamistes d\u2019Ansar Dine et aux membres du MNLA (Mouvement national de lib\u00e9ration de l\u2019Azawad).  Alors s\u2019enfuir, oui, mais pas n\u2019importe o\u00f9. \u00abPas question d\u2019aller dans les camps de r\u00e9fugi\u00e9s d\u2019Abala ou de Manga\u00efz\u00e9, dans la r\u00e9gion de Tillab\u00e9ri (sud-ouest du Niger). L\u00e0-bas, les maladies peuvent se propager trop vite et des gens de tous horizons se retrouvent m\u00e9lang\u00e9s au m\u00eame endroit\u00bb, souligne Aminata*.<\/p>\n<p> Plus de 50.000 r\u00e9fugi\u00e9s maliens sont regroup\u00e9s dans des camps situ\u00e9s dans la r\u00e9gion de Tillab\u00e9ri, frontali\u00e8re du Mali.  Les \u00e9leveurs pris entre deux feux \u00abPour l\u2019instant, nous n\u2019avons pas constat\u00e9 de retour vers le Mali. A l\u2019inverse, les gens continuent d\u2019arriver\u00bb, indique le bureau du Haut commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s, \u00e0 Niamey.  Beaucoup de ces r\u00e9fugi\u00e9s ruraux sont des \u00e9leveurs et, selon Dodo Boure\u00efma, secr\u00e9taire permanent de l\u2019Association de redynamisation de l\u2019\u00e9levage au Niger (AREN), ils seront les plus expos\u00e9s en cas de retour.<\/p>\n<p> \u00abAu nord du Mali, les \u00e9leveurs sont pris entre deux feux. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les bandits vivent sur leur dos. De l\u2019autre, les militaires les accusent d\u2019\u00eatre les passe-fronti\u00e8res des rebelles. J\u2019ai encore appris r\u00e9cemment qu\u2019un \u00e9leveur avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par des militaires et que ses animaux avaient \u00e9t\u00e9 dispers\u00e9s\u00bb, d\u00e9clare Boure\u00efma \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Mais contrairement aux r\u00e9fugi\u00e9s urbains, ces \u00e9leveurs pourraient \u00eatre forc\u00e9s de quitter le Niger avec l\u2019arriv\u00e9e de la saison des pluies, explique-t-il. \u00abLes agriculteurs nig\u00e9riens risquent de se montrer intransigeants avec la nouvelle saison des pluies qui va d\u00e9marrer en mai ou juin. Ils pourraient consid\u00e9rer que la pr\u00e9sence des \u00e9leveurs-pasteurs maliens constitue une menace pour les champs de cultures, donc pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire\u00bb.<\/p>\n<p> \u00abAREN a r\u00e9cemment discut\u00e9 de cette question br\u00fblante avec une d\u00e9l\u00e9gation du nord du Mali. Les \u00e9leveurs maliens sont en alerte, mais aujourd&#39;hui, tant les autorit\u00e9s nig\u00e9riennes que la population sont conscients des \u00e9preuves que doit traverser la population du nord du Mali\u00bb, t\u00e9moigne Boure\u00efma.  \u00abDes dispositions sont malgr\u00e9 tout \u00e0 prendre, notamment \u00e0 Bankilar\u00e9, au nord-ouest de Tillab\u00e9ri, \u00e0 la fronti\u00e8re avec le Mali, o\u00f9 sont concentr\u00e9s de nombreux \u00e9leveurs venus du Nord-Mali. AREN y a envoy\u00e9 ses membres pour cartographier les points d&#39;eau et pr\u00e9venir des conflits potentiels\u00bb, ajoute-t-il.  *Les noms des r\u00e9fugi\u00e9s maliens ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s \u00e0 leur demande pour pr\u00e9server leur s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NIAMEY, 18 f\u00e9v (IPS) &#8211; Les quelque 50.000 Maliens, partis du nord du Mali pour se r\u00e9fugier au Niger en 2012, pensaient n\u2019y rester qu\u2019un laps de temps. 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