{"id":6458,"date":"2013-02-12T13:40:01","date_gmt":"2013-02-12T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/02\/12\/rd-congo-le-maraichage-remet-les-deplaces-de-guerre-au-travail\/"},"modified":"2013-02-12T13:40:01","modified_gmt":"2013-02-12T13:40:01","slug":"rd-congo-le-maraichage-remet-les-deplaces-de-guerre-au-travail","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/02\/12\/rd-congo-le-maraichage-remet-les-deplaces-de-guerre-au-travail\/","title":{"rendered":"RD CONGO: Le mara\u00eechage remet les d\u00e9plac\u00e9s de guerre au travail"},"content":{"rendered":"<p>GOMA, RD Congo, 12 f\u00e9v (IPS) &#8211; Environ 30.000 d\u00e9plac\u00e9s de guerre font du mara\u00eechage sur plus de 3.000 hectares depuis juillet 2012, dans le Masisi, au Nord-Kivu, dans l\u2019est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC). Ils se nourrissent d\u00e9sormais sans attendre l\u2019aide humanitaire.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Les Nations Unies affirment, dans le Plan d\u2019action humanitaire 2013 de f\u00e9vrier, que dans le Nord-Kivu, plus de 910.000 personnes sont toujours d\u00e9plac\u00e9es, avec un acc\u00e8s r\u00e9duit aux services de base essentiels et \u00e0 une s\u00e9curit\u00e9 alimentaire tr\u00e8s limit\u00e9e.<\/p>\n<p> Mais au march\u00e9 de Rubaya, une localit\u00e9 situ\u00e9e \u00e0 60 kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019ouest de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, rien n\u2019indique que Marceline Dusabe, mara\u00eech\u00e8re, est une d\u00e9plac\u00e9e de guerre. Son \u00e9table d\u00e9borde de choux, de carottes et d\u2019oignons. Autour d\u2019elle, il en est de m\u00eame pour les autres personnes d\u00e9plac\u00e9es qui, depuis leur lieu de refuge, b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un Projet d\u2019appui \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.  &#8220;Devenu ind\u00e9pendant sur le plan alimentaire, j\u2019ai demand\u00e9 la permission \u00e0 ma famille d\u2019accueil de construire ma propre cabane dans la m\u00eame parcelle. Tout cela gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019argent que j\u2019ai gagn\u00e9 des produits mara\u00eechers&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Jules Birigimana, le mari de Dusaba, fier d\u2019avoir d\u00e9sormais un toit o\u00f9 il vit dans l\u2019intimit\u00e9 familiale retrouv\u00e9e.<\/p>\n<p> Ce Projet d\u2019appui \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire a cibl\u00e9 5.500 m\u00e9nages d\u00e9plac\u00e9s (environ 30.000 personnes), r\u00e9partis en huit localit\u00e9s dans le sud du territoire de Masisi. Chaque m\u00e9nage exploite 0,55 hectare sur une superficie totale de 3.025 hectares. Le projet est ex\u00e9cut\u00e9 par l\u2019ONG Caritas Belgique et financ\u00e9 par l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p> Les d\u00e9plac\u00e9s y cultivent des l\u00e9gumes comme le chou, des carottes, des oignons et deux types au choix pour des cultures vivri\u00e8res: haricot, sorgho, ma\u00efs, pomme de terre. En outre, chaque m\u00e9nage a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019outils aratoires, de l\u2019information sur les bonnes habitudes alimentaires, mais aussi d\u2019un accompagnement technique.  Dans une r\u00e9gion o\u00f9 80 pour cent des dossiers au parquet sont fonciers, selon la Commission justice et paix du dioc\u00e8se catholique de Goma, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 une concertation entre Caritas Belgique, autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et propri\u00e9taires terriens, que les d\u00e9plac\u00e9s ont eu acc\u00e8s \u00e0 la terre par un m\u00e9tayage verbal. Ce m\u00e9tayage les autorise donc \u00e0 exploiter les domaines des propri\u00e9taires moyennant uniquement le partage des fruits.  La r\u00e9gion de Rubaya est connue pour ses bananeraies. Mais, les dommages caus\u00e9s par un wilt bact\u00e9rien en 2010 ont conduit \u00e0 l\u2019introduction d\u2019autres cultures vivri\u00e8res, notamment celle de pomme de terre. Quant aux cultures mara\u00eech\u00e8res pr\u00e9vues par le projet, elles sont r\u00e9serv\u00e9es uniquement aux d\u00e9plac\u00e9s de guerre.<\/p>\n<p> Ils ont fait leur premi\u00e8re r\u00e9colte en novembre 2012 apr\u00e8s trois mois de culture. En moyenne, chaque m\u00e9nage a produit 200 kilogrammes d\u2019oignons, 120 kg de choux et 20 kg de carottes, soit au total pour les 5.500 m\u00e9nages: 1.100 tonnes d\u2019oignons, 660 tonnes de choux et 110 tonnes de carottes ont \u00e9t\u00e9 produites, indique l\u2019ONG belge.<\/p>\n<p> &#8220;Depuis leur premi\u00e8re r\u00e9colte, ces m\u00e9nages assurent non seulement la disponibilit\u00e9 des aliments, mais ont surtout am\u00e9lior\u00e9 leur consommation sur le plan quantitatif que qualitatif&#8221;, affirme \u00e0 IPS, George Mugabo, nutritionniste au centre de sant\u00e9 de Rubaya.  Selon une \u00e9tude men\u00e9e en d\u00e9cembre par Caritas Belgique sur la base d\u2019un questionnaire du Programme alimentaire mondial, cette premi\u00e8re r\u00e9colte a fait passer la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des 5.500 m\u00e9nages d\u00e9plac\u00e9s de 51 pour cent \u00e0 38 pour cent depuis juillet 2012. &#8220;L\u2019\u00e9tude pr\u00e9voit qu\u2019elle sera \u00e0 25 pour cent en novembre 2013&#8221;, indique Jean-Claude Mubenga, agronome au projet de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/p>\n<p> Le revenu des m\u00e9nages d\u00e9plac\u00e9s a augment\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la rapidit\u00e9 du cycle des cultures mara\u00eech\u00e8res: trois mois. Il en va de m\u00eame pour la moiti\u00e9 d\u2019entre eux qui ont cultiv\u00e9 la pomme de terre parmi les deux types des cultures vivri\u00e8res. Chaque m\u00e9nage a r\u00e9colt\u00e9, en moyenne, 150 kilogrammes.  &#8220;Ceux qui viennent de Goma ach\u00e8tent nos produits \u00e0 2.000 francs congolais (environ deux dollars) pour 10 kg de choux, \u00e0 5.000 FC (cinq dollars) pour 10 kg de carottes ou d\u2019oignons, et \u00e0 25.000 FC (25 dollars) pour un sac de 100 kg de pommes de terre&#8221;, explique Dusabe \u00e0 IPS. Mais \u00e0 Goma, le principal d\u00e9bouch\u00e9 pour les produits mara\u00eechers de Rubaya, les revendeurs doublent le prix d\u2019achat, ajoute-t-elle.  Avec la pr\u00e9sence des rebelles du M23 dans la r\u00e9gion de Kibumba \u2013 le principal grenier des produits mara\u00eechers \u00e0 25 kilom\u00e8tres au nord de Goma \u2013 la r\u00e9gion de Rubaya semble pallier, jusque-l\u00e0, la situation. &#8220;C\u2019est quand m\u00eame une situation interm\u00e9diaire&#8221;, estime Nafisa Fatuma, une habitante de la capitale du Nord-Kivu.<\/p>\n<p> &#8220;L\u2019attente de l\u2019aide humanitaire n\u2019est plus une pr\u00e9occupation majeure pour ces m\u00e9nages d\u00e9plac\u00e9s. Voil\u00e0 donc l\u2019essentiel pour moi&#8221;, se r\u00e9jouit Albert Ngendo, chef de l\u2019entit\u00e9 administrative de Rubaya.<\/p>\n<p> Avec le projet d\u2019appui \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, les d\u00e9plac\u00e9s de la r\u00e9gion de Rubaya ne b\u00e9n\u00e9ficient plus d\u2019aide alimentaire. Ils se suffisent avec les revenus de leurs activit\u00e9s, confirme-t-il.<\/p>\n<p> Ngendo plaide plut\u00f4t pour que les routes de desserte agricole soient r\u00e9habilit\u00e9es afin d\u2019\u00e9vacuer les produits. Parfois, des camions y sont tellement embourb\u00e9s, ou carr\u00e9ment renvers\u00e9s qu\u2019il est impossible de les sortir avec les moyens du bord.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>GOMA, RD Congo, 12 f\u00e9v (IPS) &#8211; Environ 30.000 d\u00e9plac\u00e9s de guerre font du mara\u00eechage sur plus de 3.000 hectares depuis juillet 2012, dans le Masisi, au Nord-Kivu, dans l\u2019est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC). 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