{"id":6317,"date":"2012-11-01T13:40:01","date_gmt":"2012-11-01T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/11\/01\/rd-congo-manque-de-routes-au-kasai-oriental-pour-evacuer-des-produits-agricoles\/"},"modified":"2012-11-01T13:40:01","modified_gmt":"2012-11-01T13:40:01","slug":"rd-congo-manque-de-routes-au-kasai-oriental-pour-evacuer-des-produits-agricoles","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/11\/01\/rd-congo-manque-de-routes-au-kasai-oriental-pour-evacuer-des-produits-agricoles\/","title":{"rendered":"RD CONGO: Manque de routes au Kasa\u00ef-Oriental pour \u00e9vacuer des produits agricoles"},"content":{"rendered":"<p>MBUJI-MAYI, RD Congo, 1 nov (IPS) &#8211; \u00abDans 50 jours, je vais r\u00e9colter mon ma\u00efs sur un hectare&#8230;, mais je me demande comment acheminer cela \u00e0 Mbuji-Mayi, o\u00f9 j\u2019esp\u00e8re gagner de l\u2019argent\u00bb, s\u2019interroge Muad Kalend, une cultivatrice du village de Wikong, dans le centre de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC).\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Wikong est un village situ\u00e9 \u00e0 plus de 300 kilom\u00e8tres au sud-est de Mbuji-Mayi, la capitale de la province du Kasa\u00ef-Oriental.  Willy Mutomb, un autre paysan dans la m\u00eame zone agricole, se souvient de ses stocks de cultures mara\u00eech\u00e8res (tomates, gombo, poireaux, carottes&#8230;), avari\u00e9s en ao\u00fbt 2012, dans un camion embourb\u00e9 en partance pour Mwene-Ditu, la deuxi\u00e8me ville de cette province.  Le 27 octobre, un camion s\u2019est renvers\u00e9 \u00e0 Tshikulu Mabwa, \u00e0 35 km de Mwene-Ditu, faisant 13 morts et cinq bless\u00e9s. Cet accident est caus\u00e9 par le mauvais \u00e9tat de la route, selon les autorit\u00e9s locales de Luilu, le territoire o\u00f9 l\u2019accident est survenu. Parmi les accident\u00e9s, figuraient des importateurs de produits vivriers \u00e0 Mbuji-Mayi et Mwene-Ditu. Le gouvernement provincial a d\u00e9bloqu\u00e9 plus de 500 dollars pour les soins des bless\u00e9s.  Les consommateurs trouvent finalement leur salut dans les transporteurs \u00e0 v\u00e9los appel\u00e9s ici &#39;moustrongueurs&#39; d\u00e9signant des gens qui transportent des surcharges. Ils assurent le transport des produits agricoles, au moment o\u00f9 les v\u00e9hicules deviennent rares.  \u00abIls sont plusieurs centaines actuellement, ces &#39;moustrongueurs&#39;. Ils vont jusqu\u2019\u00e0 plus de 600 kilom\u00e8tres et nous ram\u00e8nent de l\u2019huile de palme, du ma\u00efs, du manioc, voir du carburant\u00bb, reconna\u00eet Honor\u00e9 Mutombo, ministre provincial des Transports et Voies de Communication.  \u00abLe mot &#39;moustrongueurs&#39; est un terme vulgaire employ\u00e9 ici pour d\u00e9signer les transporteurs \u00e0 v\u00e9los\u00bb, indique Mutombo, ajoutant que leur pr\u00e9sence est un soulagement dans l\u2019approvisionnement des centres de consommation en vivres et autres marchandises.  Martin Sulu, inspecteur de l\u2019agriculture, affirme \u00e0 IPS que les v\u00e9los font entrer jusqu\u2019\u00e0 plus de 500 tonnes de produits agricoles chaque mois \u00e0 Mwene-Ditu.<\/p>\n<p> Les routes rurales sont devenues impraticables, notamment en cette saison des pluies. \u00abAu Kasa\u00ef-Oriental, nous avons neuf mois de pluies dans l\u2019ann\u00e9e\u00bb, explique \u00e0 IPS, Kambi Dibaya, un climatologue bas\u00e9 \u00e0 Mbuji-Mayi.<\/p>\n<p> L\u2019impraticabilit\u00e9 des routes non-bitum\u00e9es est un handicap dans l\u2019\u00e9vacuation des produits vivriers. \u00abLes gros camions ne savent pas circuler facilement l\u00e0-bas; c\u2019est p\u00e9nible et \u00e7a nous consomme beaucoup de carburant\u00bb, souligne Albert Kabeya, responsable d\u2019une agence de transport \u00e0 Mbuji-Mayi.<\/p>\n<p> Les quelques kilom\u00e8tres am\u00e9nag\u00e9s sont vite d\u00e9truits par les pluies qui tombent ces jours-ci, constate IPS. Cela d\u00e9courage les camionneurs qui, soit majorent les prix de transport, soit garent leurs v\u00e9hicules.<\/p>\n<p> Cette difficult\u00e9 de transport influe sur les prix des denr\u00e9es alimentaires: une mesure de 2,5 kilogrammes de ma\u00efs co\u00fbte trois dollars US, et deux kilos de manioc 1,65 dollar. Ces prix sont \u00e9lev\u00e9s pour les foyers pauvres alors que les deux produits sont des aliments de base dans cette partie de la RDC.  Esp\u00e9rant Kasala, un importateur de ma\u00efs \u00e0 Mbuji-Mayi, d\u00e9clare \u00e0 IPS avoir suspendu son activit\u00e9 \u00e0 cause du co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 de transport ces derniers temps. Les transporteurs \u00e0 v\u00e9lo demandent 12 cents US par kilo. Mais sur de longues distances de 200 \u00e0 600 km, eux-m\u00eames deviennent commer\u00e7ants, ach\u00e8tent et transportent les produits pour venir les vendre pour leur propre compte.<\/p>\n<p> \u00abPour r\u00e9habiliter les principales routes rurales, le gouvernement provincial a besoin de 52 millions de dollars\u00bb, indique le ministre Mutombo. Il estime que 40 pour cent de ce montant seront disponibles d\u2019ici \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019aide de la Coop\u00e9ration technique belge.  \u00abCe n\u2019est que vers janvier ou f\u00e9vrier 2013 que les travaux pourront d\u00e9marrer\u00bb, dit-il, ajoutant qu\u2019ils vont refaire 1.500 kilom\u00e8tres de routes de desserte agricole.<\/p>\n<p> Malgr\u00e9 leur contribution \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de la province, \u00ables &#39;moustrongueurs&#39; sont souvent victimes des agresseurs qui les braquent chemin faisant\u00bb, t\u00e9moigne Mbuyi Cikala, pr\u00e9sident de l\u2019Association des colporteurs et p\u00e9daleurs de Mwene-Ditu.<\/p>\n<p> Denis Kabamba, un autre &#39;moustrongueur&#39; garde un mauvais souvenir de ce m\u00e9tier. \u00abEn 2010, je suis tomb\u00e9 entre les mains des coupeurs de routes. Ils m\u2019ont ravi mon capital de 150 dollars et mon v\u00e9lo\u00bb, d\u00e9clare-t-il \u00e0 IPS. Mais, il confirme avoir repris son activit\u00e9 avec un v\u00e9lo qu\u2019il vient d\u2019acqu\u00e9rir.  \u00abQuand nous arrivons aux barri\u00e8res de contr\u00f4le, on exige de nous des documents parmi lesquels la carte d\u2019\u00e9lecteur et 500 francs congolais (environ 56 cents US) par t\u00eate\u00bb, affirme Muteba Tebar, un autre colporteur. \u00abA d\u00e9faut de la carte, les amendes augmentent\u00bb, dit-il, d\u00e9plorant les pertes que ces taxes parfois ill\u00e9gales entra\u00eenent sur sa petite activit\u00e9.<\/p>\n<p> Mutombo qui assurait \u00e9galement l\u2019int\u00e9rim du ministre provincial de l\u2019Int\u00e9rieur, reconna\u00eet que ces &#39;moustrongueurs&#39; subissent beaucoup de tracasseries parce que des bandits portent souvent de tenues militaires ou de policiers pour racketter la population mal inform\u00e9e.  \u00abMais le gouvernement provincial vient de voter une d\u00e9cision supprimant toutes ces barri\u00e8res sur l\u2019\u00e9tendue de la province\u00bb, ajoute Mutombo.<\/p>\n<p> Lambert Mutanda, pr\u00e9sident national de l\u2019Association des colporteurs et p\u00e9daleurs du Congo, souhaite la suppression effective de ces barri\u00e8res.<\/p>\n<p> \u00abLe transport \u00e0 v\u00e9lo rassure plut\u00f4t que les engins motoris\u00e9s\u00bb, admet Zadio Kazadi, un camionneur, faisant la route de Ngandanjika, \u00e0 90 km \u00e0 l\u2019est de Mbuji-Mayi.<\/p>\n<p> \u00abActuellement, nous mettons un \u00e0 deux jours sur ce tron\u00e7on, en raison de la boue et des inclinaisons\u00bb, affirme Jean Kayembe, un autre camionneur sur le m\u00eame axe.<\/p>\n<p> Les agriculteurs, les syndicats de transporteurs et des consommateurs sont unanimes: \u00abNous demandons au gouvernement provincial de s\u2019attaquer d\u2019abord aux points chauds&#8230;, les endroits les plus d\u00e9grad\u00e9s le long des routes et d\u2019en assurer la maintenance\u00bb, souligne Kayembe \u00e0 IPS.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MBUJI-MAYI, RD Congo, 1 nov (IPS) &#8211; \u00abDans 50 jours, je vais r\u00e9colter mon ma\u00efs sur un hectare&#8230;, mais je me demande comment acheminer cela \u00e0 Mbuji-Mayi, o\u00f9 j\u2019esp\u00e8re gagner de l\u2019argent\u00bb, s\u2019interroge Muad Kalend, une cultivatrice du village de&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/11\/01\/rd-congo-manque-de-routes-au-kasai-oriental-pour-evacuer-des-produits-agricoles\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":965,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,37,38,11,6,1,39,22],"tags":[],"class_list":["post-6317","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-commerce-et-pauvrete","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-jeunes-agriculteurs","category-transport"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6317","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/965"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6317"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6317\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6317"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6317"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6317"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}