{"id":6206,"date":"2012-08-21T13:40:01","date_gmt":"2012-08-21T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/08\/21\/burkina-faso-semences-ameliorees-pour-produire-plus-en-un-cycle-plus-court\/"},"modified":"2012-08-21T13:40:01","modified_gmt":"2012-08-21T13:40:01","slug":"burkina-faso-semences-ameliorees-pour-produire-plus-en-un-cycle-plus-court","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/08\/21\/burkina-faso-semences-ameliorees-pour-produire-plus-en-un-cycle-plus-court\/","title":{"rendered":"BURKINA FASO: Semences am\u00e9lior\u00e9es pour produire plus en un cycle plus court"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 21 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Issaka Kabor\u00e9 parcourt les abords de son champ de ma\u00efs, en compagnie de ses quatre ouvriers. Depuis 2010, il s\u2019est lanc\u00e9 dans la culture des semences am\u00e9lior\u00e9es sur ce p\u00e9rim\u00e8tre de six hectares \u00e0 Loumbila, \u00e0 12 kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019est de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Kabor\u00e9, 34 ans, qui est rentr\u00e9 de C\u00f4te d\u2019Ivoire, s\u2019est install\u00e9 sur ce p\u00e9rim\u00e8tre qu\u2019il a lou\u00e9 au prix annuel de 500.000 francs CFA (environ 943 dollars).<\/p>\n<p> Comme lui, Mathieu Kabr\u00e9 s\u2019est engag\u00e9 dans la culture de semences am\u00e9lior\u00e9es au m\u00eame moment. Install\u00e9 dans son village \u00e0 Nagr\u00e9ongo, au centre du pays, il b\u00e9n\u00e9ficie de l\u2019aide de ses cousins pour exploiter ses 10 hectares.<\/p>\n<p> La vari\u00e9t\u00e9 de ma\u00efs qu\u2019ils cultivent est appel\u00e9e \u00abBondofa\u00bb (signifie remplir le grenier en langue dioula). &#8220;J\u2019ai choisi cette vari\u00e9t\u00e9 sur les conseils des encadreurs alors que j\u2019\u00e9tais parti pour cultiver les anciennes vari\u00e9t\u00e9s traditionnelles&#8221;, explique Kabr\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &#8220;Bondofa peut atteindre 12 tonnes par hectare au lieu de cinq \u00e0 sept tonnes comme avec les vari\u00e9t\u00e9s traditionnelles&#8221;, soutient Inoussa Balbon\u00e9, un technicien sup\u00e9rieur agricole.<\/p>\n<p> &#8220;En 2010, j\u2019ai r\u00e9colt\u00e9 50 tonnes et 57 tonnes en 2011. Cette ann\u00e9e, je table sur 60 tonnes&#8221;, affirme \u00e0 IPS Kabor\u00e9 dont la premi\u00e8re r\u00e9colte de ma\u00efs en 2009, n\u2019avait gu\u00e8re d\u00e9pass\u00e9 cinq tonnes par hectare, avec la semence traditionnelle.<\/p>\n<p> &#8220;En plus, les semences traditionnelles ont un cycle de plus de 90 jours alors que les semences am\u00e9lior\u00e9es ont un cycle de 70 jours en moyenne&#8221;, ajoute Balbon\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Quand Kabor\u00e9 et Kabr\u00e9 ne tarissent pas d\u2019\u00e9loges sur leur nouvelle option, encourag\u00e9s par les sessions de formation de l\u2019Union nationale des producteurs semenciers du Burkina Faso (UNPSB), dont ils sont devenus membres en 2010.<\/p>\n<p> Cr\u00e9\u00e9e en 2006, l\u2019UNPSB qui compte environ 4.000 membres, coordonne les activit\u00e9s de production, de commercialisation et joue l\u2019interface entre l\u2019Etat et les producteurs.<\/p>\n<p> &#8220;En plus de nous former aux innovations technologiques, le gouvernement nous ach\u00e8te la tonne de ma\u00efs \u00e0 170.000 FCFA (environ 320 dollars), alors que sur le march\u00e9, la vari\u00e9t\u00e9 traditionnelle est achet\u00e9e autour de 130.000 FCFA (245 dollars) la tonne. C\u2019est donc tr\u00e8s bon \u00e0 prendre&#8221;, estime Kabor\u00e9.<\/p>\n<p> Le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et de l\u2019Hydraulique rach\u00e8te aux producteurs \u2013 encadr\u00e9s et suivis par ses techniciens &#8211; leurs productions, pour les revendre \u00e0 un prix social sur le march\u00e9.<\/p>\n<p> Kabor\u00e9 avait d\u00e9pens\u00e9 trois millions FCFA (5.660 dollars) en 2010 pour l\u2019engrais, l\u2019ensemencement, le conditionnement des r\u00e9coltes et les salaires des ouvriers. Apr\u00e8s les charges, la vente de ses 50 tonnes lui a rapport\u00e9 un b\u00e9n\u00e9fice de quatre millions FCFA (7.547 dollars), affirme-t-il.<\/p>\n<p> Il a indiqu\u00e9 avoir sollicit\u00e9 en 2011 les services d\u2019un encadreur agricole retrait\u00e9 contre un payement de 943 dollars environ. Kabor\u00e9 a pu vendre 55 tonnes de ma\u00efs et d\u00e9gager un b\u00e9n\u00e9fice de 5,1 millions FCFA (9.000 dollars).<\/p>\n<p> Mais il n\u2019a pas oubli\u00e9 une dette de 7.547 dollars aupr\u00e8s d\u2019une caisse populaire, avec comme garantie, son terrain \u00e0 Ouagadougou. Chaque ann\u00e9e et pendant trois ans, il paie 1,5 million FCFA (environ 2.830 dollars) pour rembourser le pr\u00eat.<\/p>\n<p> De son c\u00f4t\u00e9, Kabr\u00e9 reste aussi optimiste. Apr\u00e8s avoir r\u00e9colt\u00e9 90 tonnes de ma\u00efs en 2010 et 100 tonnes en 2011, il a acquis cette ann\u00e9e, pour un million FCFA (1.886 dollars), cinq hectares o\u00f9 il esp\u00e8re r\u00e9colter 55 tonnes. &#8220;Sur les deux ans de culture, j\u2019ai pu \u00e9conomiser six millions FCFA (11.320 dollars). Je vais m\u2019\u00e9quiper et aider mon petit fr\u00e8re \u00e0 s\u2019engager aussi&#8221;, dit-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> En plus du Bondofa, il existe une dizaine de vari\u00e9t\u00e9s de semences r\u00e9sultant de la recherche \u00e0 l\u2019Institut de l\u2019environnement et de recherches agricoles. &#8220;C\u2019est une fili\u00e8re qui est tr\u00e8s importante pour le d\u00e9veloppement agricole, parce que si nous voulons parvenir \u00e0 l\u2019autosuffisance alimentaire, il faut avoir des semences de qualit\u00e9 et renforcer les capacit\u00e9s des producteurs&#8221;, explique Andr\u00e9 Bationo, chercheur en sciences agronomiques \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Ouagadougou.<\/p>\n<p> Pour le gouvernement burkinab\u00e9, l\u2019autosuffisance alimentaire passe par la disponibilit\u00e9 des semences de qualit\u00e9. Mieux, &#8220;l\u2019ambition est d\u2019explorer les voies et moyens d\u2019\u00e9riger le pays en exportateur de semences dans la sous-r\u00e9gion&#8221;, d\u00e9clare Robert Ou\u00e9draogo, directeur g\u00e9n\u00e9ral des productions v\u00e9g\u00e9tales au minist\u00e8re de l\u2019Agriculture.<\/p>\n<p> Toutefois, comme la plupart des producteurs, Kabr\u00e9 et Kabor\u00e9 ont besoin de plus de moyens pour produire davantage et diversifier leurs cultures. Ils envisagent d\u2019acqu\u00e9rir des superficies plus grandes dans le sud-est du pays, pour en faire des fermes modernes. Il faudra un investissement de 40 millions FCFA (75.470 dollars) pour le premier, tandis que le second est \u00e0 la recherche de 50 millions FCFA (94.340 dollars).<\/p>\n<p> &#8220;La terre ne ment pas; si tu as les moyens, elle ne te trahira pas&#8221;, souligne Kabr\u00e9 qui n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 d\u00e9bourser deux millions FCFA (3.773 dollars) pour inscrire, cette ann\u00e9e, son fils Jacob dans une \u00e9cole d\u2019agronomie au Ghana voisin. Il dit vouloir faire de lui l\u2019h\u00e9ritier d\u2019un &#8220;futur empire semencier&#8221;.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 21 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Issaka Kabor\u00e9 parcourt les abords de son champ de ma\u00efs, en compagnie de ses quatre ouvriers. 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