{"id":6028,"date":"2012-04-24T13:40:01","date_gmt":"2012-04-24T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/04\/24\/mauritanie-lagriculture-cest-lavenir-le-diplome-cest-pour-lhistoire-selon-diallo\/"},"modified":"2012-04-24T13:40:01","modified_gmt":"2012-04-24T13:40:01","slug":"mauritanie-lagriculture-cest-lavenir-le-diplome-cest-pour-lhistoire-selon-diallo","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/04\/24\/mauritanie-lagriculture-cest-lavenir-le-diplome-cest-pour-lhistoire-selon-diallo\/","title":{"rendered":"MAURITANIE: &quot;L\u2019agriculture c\u2019est l\u2019avenir, le dipl\u00f4me c\u2019est pour l\u2019histoire&quot;, selon Diallo"},"content":{"rendered":"<p>NOUAKCHOTT, 24 avr (IPS) &#8211; Avec ses lunettes noires et une casquette, v\u00eatu d\u2019un T-shirt, Fadel Diallo, un jeune \u00e9conomiste de 33 ans, parcourt, sous un soleil de plomb de ce d\u00e9but avril, son p\u00e9rim\u00e8tre rizicole de 10 hectares \u00e0 M\u2019Pouri\u00e9, dans le sud de la Mauritanie. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Au stade d\u2019\u00e9pandage des engrais, ce p\u00e9rim\u00e8tre est en phase de tallage. Mais Diallo est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9occup\u00e9 pour ses r\u00e9coltes, tellement il redoute l\u2019effet des mauvaises herbes qu\u2019il exposait \u00e0 un technicien vulgarisateur au moment o\u00f9 le reporter de IPS venait visiter le champ, le 8 avril.<\/p>\n<p> Diallo d\u00e9clare \u00e0 IPS qu\u2019il est titulaire d\u2019une ma\u00eetrise en \u00e9conomie (option gestion) obtenue en 2007 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Nouakchott, la capitale mauritanienne, et qu\u2019il avait momentan\u00e9ment travaill\u00e9 dans l\u2019humanitaire avec le Programme alimentaire mondial.  Apr\u00e8s une courte initiation aux techniques agricoles et l\u2019offre d\u2019un financement de 1.429 dollars US de l\u2019Etat, il int\u00e8gre le secteur en 2011 et est devenu agriculteur. Le financement est un appui non remboursable pour le d\u00e9marrage de ses activit\u00e9s. Le terrain lui a \u00e9t\u00e9 offert \u00e9galement par l\u2019Etat, mais comme un pr\u00eat pour l\u2019exploiter et parfaire son int\u00e9gration dans la vie active.  Un an apr\u00e8s, Diallo est d\u00e9j\u00e0 fier de son nouveau boulot et s\u00fbr de lui. \u00abJ\u2019en suis \u00e0 ma deuxi\u00e8me campagne, avec un l\u00e9ger retard. Ma premi\u00e8re, en 2011, \u00e9tait couronn\u00e9e de succ\u00e8s, affirme-t-il, indiquant que son dipl\u00f4me est d\u00e9j\u00e0 rang\u00e9 au placard.<\/p>\n<p> \u00abOutre le savoir-faire dans ce secteur vital que j\u2019ignorais, j\u2019ai r\u00e9colt\u00e9 53 tonnes de riz paddy en 2011, pour une valeur \u00e9quivalente \u00e0 13.793 dollars, sans compter la consommation de ma famille et le paiement de 450 kilogrammes de riz pour la &#8220;zakate&#8221; (l\u2019aum\u00f4ne l\u00e9gale des musulmans)\u00bb, explique-t-il.  Diallo ajoute \u00e0 IPS: \u00abJ\u2019ai embauch\u00e9 deux ouvriers maliens \u00e0 142 dollars chacun, quatre employ\u00e9s temporaires, j\u2019ai achet\u00e9 un v\u00e9hicule Mercedes \u00e0 6.229 dollars et trois vaches laiti\u00e8res que je nourris avec la paille et les d\u00e9riv\u00e9s du d\u00e9corticage de riz\u00bb.  Pour lui, il n\u2019est pas question d\u2019abandonner le secteur qu\u2019il trouve rentable. \u00abJe cr\u00e9erai ma propre unit\u00e9 de production de semences du riz certifi\u00e9, type 2\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, j\u2019am\u00e9liorerai ma production, qui passera de cinq \u00e0 huit tonnes l\u2019hectare et je poursuivrai l\u2019\u00e9levage qui deviendra de plus en plus intensif\u00bb, dit-il.  R\u00e9solument attach\u00e9 \u00e0 la terre, Diallo d\u00e9plore toutefois la r\u00e9sistance des mauvaises herbes malgr\u00e9 l\u2019engrais DAP (Diammonium Phosphoric Acid) disponible et les autres intrants agricoles utilis\u00e9s pour prot\u00e9ger les cultures contre les parasites en vue de leur assurer une croissance r\u00e9guli\u00e8re.<\/p>\n<p> \u00abL\u2019\u00e9limination des mauvaises herbes, qui hypoth\u00e8quent mon p\u00e9rim\u00e8tre, n\u00e9cessite un engrais d\u00e9nomm\u00e9 &#8220;Total&#8221;, plus co\u00fbteux et non disponible sur le march\u00e9 mauritanien\u00bb, affirme\u2013t-il.<\/p>\n<p> Mais, Ely Salem, de la Soci\u00e9t\u00e9 nationale en charge des engrais, r\u00e9fute les propos de Diallo. \u00abC\u2019est de faux alibis, l\u2019engrais DAP que nous livrons est certifi\u00e9 par un laboratoire fran\u00e7ais\u00bb, d\u00e9clare-t-il \u00e0 IPS.  Habibou Gueye, un technicien agricole, recommande \u00abl\u2019application des techniques d\u2019incubation pour une meilleure germination\u00bb. Il explique que l\u2019enterrement ou la couverture des semis, cr\u00e9\u00e9 un climat d\u00e9clencheur de germe.  En outre, Diallo se plaint des modalit\u00e9s de financement du Cr\u00e9dit agricole qui fait des pr\u00eats aux agriculteurs. \u00abL\u2019affectation des fonds se fait tardivement et pour rembourser sans subir des p\u00e9nalit\u00e9s, on est oblig\u00e9 de vendre rapidement les r\u00e9coltes. Or, on aurait mieux vendu si on avait attendu deux mois apr\u00e8s la r\u00e9colte\u00bb, souligne-t-il.  Le directeur du Cr\u00e9dit agricole, Bettar Ould El Bou, indique que son institution pr\u00e9l\u00e8ve un int\u00e9r\u00eat de cinq pour cent sur les montants attribu\u00e9s.<\/p>\n<p> Ing\u00e9nieur agronome, El Bou estime que la Mauritanie dispose d\u2019atouts pour produire et exporter des c\u00e9r\u00e9ales: le savoir-faire, des terres alluviales, l\u2019eau et le soleil. \u00abEn 2011, le Cr\u00e9dit agricole mobilisait 6,228 millions de dollars, et la production \u00e9tait de 135.000 tonnes de riz\u00bb, d\u00e9clare-t-il \u00e0 IPS. Ce chiffre couvre 30 pour cent des besoins du pays.<\/p>\n<p> Les superficies exploitables pour les cultures irrigu\u00e9es passeront \u00e0 31.359 hectares en 2012-2013, contre 25.720 en 2011-2012, affirme Brahim Ould M\u2019Bareck, ministre du D\u00e9veloppement rural.<\/p>\n<p> Les efforts du minist\u00e8re b\u00e9n\u00e9ficient du soutien du Fonds international de d\u00e9veloppement agricole (FIDA), \u00e0 travers trois programmes dans le domaine alimentaire, annonce Alioun Demba, responsable de la coop\u00e9ration internationale au minist\u00e8re du D\u00e9veloppement rural.<\/p>\n<p> \u00abIl s\u2019agit du Programme de lutte contre la pauvret\u00e9 rurale par l\u2019appui aux fili\u00e8res avec 4,170 millions de dollars, du Programme des oasis avec 37,281 millions de dollars, et du Programme contre la pauvret\u00e9 dans l\u2019Aftout (centre du pays) et le Karakoro (sud) avec 5,6 millions de DTS (droits de tirage sp\u00e9ciaux), en cours de d\u00e9marrage\u00bb, souligne-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Mais, M\u2019Bareck a annonc\u00e9 apr\u00e8s une r\u00e9union du Conseil des ministres, le 5 avril, une baisse des superficies exploitables de 58 pour cent et des r\u00e9coltes de cultures pluviales de 76 pour cent, en raison du d\u00e9ficit pluviom\u00e9trique.  Les cultures irrigu\u00e9es pratiqu\u00e9es dans la vall\u00e9e du fleuve S\u00e9n\u00e9gal, dans le sud de la Mauritanie, concernent presque exclusivement le riz. Mais bien que les superficies emblav\u00e9es connaissent un accroissement continuel depuis 1987 o\u00f9 elles \u00e9taient de 13.700 hectares, elles demeurent largement en de\u00e7\u00e0 du potentiel disponible qui est de 140.000 hectares, mais aussi des pr\u00e9visions, indique une \u00e9tude effectu\u00e9e en 2012 par le minist\u00e8re de l\u2019Economie.  Selon le minist\u00e8re du D\u00e9veloppement rural, de nombreux autres dipl\u00f4m\u00e9s ch\u00f4meurs, sont ins\u00e9r\u00e9s, comme Diallo, dans l\u2019agriculture, mais des hommes d\u2019affaires investissent aussi dans ce secteur. Les productions de tous ces agriculteurs, vendues au public \u00e0 des prix subventionn\u00e9s par le gouvernement pour venir en aide aux populations victimes de la s\u00e9cheresse de 2012, contribuent \u00e0 am\u00e9liorer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans le pays.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NOUAKCHOTT, 24 avr (IPS) &#8211; Avec ses lunettes noires et une casquette, v\u00eatu d\u2019un T-shirt, Fadel Diallo, un jeune \u00e9conomiste de 33 ans, parcourt, sous un soleil de plomb de ce d\u00e9but avril, son p\u00e9rim\u00e8tre rizicole de 10 hectares \u00e0&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/04\/24\/mauritanie-lagriculture-cest-lavenir-le-diplome-cest-pour-lhistoire-selon-diallo\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":898,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,37,11,6,1,39,29],"tags":[],"class_list":["post-6028","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-jeunes-agriculteurs","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6028","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/898"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6028"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6028\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6028"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6028"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6028"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}