{"id":5946,"date":"2012-02-29T13:40:01","date_gmt":"2012-02-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/02\/29\/afrique-centrale-timides-actions-dadaptation-au-rechauffement-climatique\/"},"modified":"2012-02-29T13:40:01","modified_gmt":"2012-02-29T13:40:01","slug":"afrique-centrale-timides-actions-dadaptation-au-rechauffement-climatique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/02\/29\/afrique-centrale-timides-actions-dadaptation-au-rechauffement-climatique\/","title":{"rendered":"AFRIQUE CENTRALE: Timides actions d\u2019adaptation au r\u00e9chauffement climatique"},"content":{"rendered":"<p>KIKWIT, RD Congo, 29 f\u00e9v (IPS) &#8211; Gouvernements et organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile en Afrique centrale d\u00e9veloppent petit \u00e0 petit des strat\u00e9gies et actions pour r\u00e9pondre et s\u2019adapter au r\u00e9chauffement climatique. Mais elles paraissent encore timides face aux r\u00e9alit\u00e9s, selon des sp\u00e9cialistes.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Depuis un certain temps, plusieurs paysans d\u2019Afrique, en particulier dans le bassin forestier du Congo, regrettent le fait que les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre provoquent la chute de la production agricole.<\/p>\n<p> \u00abAvant 2010, nous r\u00e9coltions par exemple 1.200 kilogrammes par hectare pour le ma\u00efs kasa\u00ef1 et 1.000 kg pour l\u2019arachide jl24. Mais \u00e0 partir de 2010, cela est r\u00e9duit \u00e0 700 kg pour le ma\u00efs et \u00e0 600 kg pour l\u2019arachide\u00bb, affirme, inquiet, Jean-Baptiste Mbwengele, pr\u00e9sident d\u2019une coop\u00e9rative de production et de vente qui regroupe une quarantaine d\u2019organisations paysannes en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC).<\/p>\n<p> Mbwengele ajoute que cette baisse de la production est caus\u00e9e par la perturbation du calendrier agricole, li\u00e9e \u00e0 l\u2019exc\u00e8s des pluies qui provoquent des maladies de plantes comme l\u2019anthracnose, la bact\u00e9riose, la mosa\u00efque (maladie de certaines plantes)&#8230; ou par la s\u00e9cheresse due \u00e0 une d\u00e9forestation exag\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p> En partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement, la RDC a initi\u00e9 le Programme d&#39;actions pour l&#39;adaptation et la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire (PANA-ASA) qui est un projet de renforcement des capacit\u00e9s du secteur agricole \u00abpour une planification et une r\u00e9ponse aux menaces additionnelles que pr\u00e9sentent les changements climatiques sur la production et la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire\u00bb.<\/p>\n<p> \u00abCe projet facilitera notamment l\u2019acc\u00e8s au mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique adapt\u00e9 aux conditions climatiques attendues ainsi que l\u2019adoption des meilleurs pratiques de gestion de l\u2019eau et de la fertilit\u00e9 des sols\u00bb, explique Jean Ndembo, coordinateur national du PANA-ASA.<\/p>\n<p> La lutte contre la d\u00e9forestation est \u00e9galement une n\u00e9cessit\u00e9, tant pour renforcer la r\u00e9silience des fermiers locaux que pour contribuer \u00e0 la r\u00e9duction, dans le monde, des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre sous forme de carbone stock\u00e9 dans des for\u00eats saines.   Depuis plusieurs ann\u00e9es, le gouvernement congolais, \u00e0 travers le Programme d\u2019appui \u00e0 la r\u00e9habilitation du secteur agricole et rural (PARSAR), m\u00e8ne \u00e9galement des actions de reboisement. Avec l\u2019appui de la Banque africaine de d\u00e9veloppement, le PARSAR a rebois\u00e9 quelque 600 hectares dans les provinces du Bandundu et du Bas-Congo, dans l\u2019ouest du pays, plantant 2,225 millions d\u2019arbres, principalement des acacias, selon Albert Luzayadio, coordinateur national du programme.  Des zones plus petites ont \u00e9t\u00e9 \u00e9galement r\u00e9habilit\u00e9es par le PARSAR, dans l\u2019est, dans la Province orientale, o\u00f9 44 hectares ont \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s \u00e0 Kisangani; et 25 hectares \u00e0 Pweto, dans le Katanga (sud-est de la RDC).  Le programme travaille de concert avec la soci\u00e9t\u00e9 civile. C\u00e9lestin Awiwi Mimbu, coordinateur national de Action de reboisement au Congo, une organisation non gouvernementale (ONG), indique que son ONG a plant\u00e9 plus de 900.000 arbres \u00e0 travers la RDC, notamment les acacias et les eucalyptus dont les feuilles fertilisent bien le sol, selon Mimbu.  Mimbu explique qu\u2019en plus des acacias et des eucalyptus, des magnolias parasols &#8211; le Maesopsis eminiii, une esp\u00e8ce g\u00e9ante \u00e0 croissance rapide tr\u00e8s r\u00e9pandue en Afrique tropicale \u2013 et plusieurs arbres fruitiers ont \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s sur plusieurs sites, notamment sur 34 hectares \u00e0 Ndunga et Ngulamabondo, et 56 hectares \u00e0 Masimanimba, dans la province du Bandundu (sud-ouest du pays).<\/p>\n<p> \u00abSi nous nous sommes \u00e9vertu\u00e9s \u00e0 faire ces reboisements depuis d\u00e9but 2011 et gr\u00e2ce au Fonds forestier national mis en place par le gouvernement, c\u2019est pour permettre de r\u00e9aliser une bonne r\u00e9silience, favoriser la croissance verte, combattre le r\u00e9chauffement climatique qui a plusieurs retomb\u00e9es n\u00e9gatives\u00bb, d\u00e9clare Mimbu \u00e0 IPS.  Mais, il regrette qu&#39;il n&#39;y ait pas de budget pour l&#39;entretien des arbres qui sont parfois victimes des feux de brousse. Son ONG est membre du R\u00e9seau ressources naturelles, une plate-forme regroupant plusieurs associations de la soci\u00e9t\u00e9 civile en RDC et en Afrique centrale, et qui travaille pour la d\u00e9fense et la promotion de la gouvernance des ressources foresti\u00e8res.<\/p>\n<p> &#8220;L&#39;un des d\u00e9fis majeurs \u00e0 l&#39;adaptation au changement climatique dans le bassin du Congo demeure les conflits arm\u00e9s. Dans les provinces du Maniema, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l&#39;est de la RDC, en proie \u00e0 ces conflits depuis 1997, des groupes arm\u00e9s et leurs bombes ont provoqu\u00e9 la d\u00e9gradation des for\u00eats en d\u00e9truisant m\u00eame la fertilit\u00e9 du sol avec des mati\u00e8res chimiques contenues dans ces bombes&#8221;, explique Corneille Lebu, un \u00e9cologiste de la RDC.<\/p>\n<p> &#8220;Ces bombes coupent des feuilles qui en principe absorbent du carbone, rendent le sol nu, provoquant un lessivage et d\u00e9truisant les micro-organismes. Il y a acc\u00e9l\u00e9ration accentu\u00e9e de l&#39;\u00e9vapo-transpiration et lib\u00e9ration rapide des gaz \u00e0 effet de serre&#8221;, souligne Lebu \u00e0 IPS, ajoutant: &#8220;Depuis 1997, les conflits en RDC ont d\u00e9j\u00e0 provoqu\u00e9 plus de cinq millions de morts&#8221;.<\/p>\n<p> Lebu estime que &#8220;pour r\u00e9ussir des actions d&#39;adaptation, il est imp\u00e9rieux de pacifier d&#39;abord les zones ravag\u00e9es par des guerres, et de faire la correction du sol en faisant recours aux fumiers recycl\u00e9s&#8221;.<\/p>\n<p> Le Cameroun, la RDC et la R\u00e9publique centrafricaine ont initi\u00e9 leur Programme national d\u2019adaptation, indique un rapport de 2010 du Projet des for\u00eats du bassin du Congo et adaptation aux changements climatiques en Afrique centrale, d\u00e9nomm\u00e9 &#8220;COFCCA&#8221;.<\/p>\n<p> Lanc\u00e9 lors \u00e0 Yaound\u00e9, au Cameroun, en 2008, ce projet vise \u00e0 &#8220;identifier et hi\u00e9rarchiser conjointement les secteurs des bois et services issus des for\u00eats particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables au changement climatique \u00e0 l&#39;\u00e9chelle nationale et r\u00e9gionale&#8221;. Le projet veut \u00e9galement &#8220;partager les&#8230; exp\u00e9riences sur les strat\u00e9gies d&#39;adaptation aux impacts du changement climatique touchant une ressource transfrontali\u00e8re partag\u00e9e que sont les for\u00eats du bassin du Congo&#8230;&#8221; Au Gabon, le gouvernement a cr\u00e9\u00e9, en f\u00e9vrier 2010, l\u2019Agence gabonaise d\u2019\u00e9tudes et d\u2019observations spatiales: terre, climat, homme (AGEOS-TECH). Et depuis juillet 2010, un accord tripartite lie l\u2019Institut de recherche pour le d\u00e9veloppement fran\u00e7ais, l\u2019Institut de recherche spatiale br\u00e9silien, et l\u2019AGEOS-TECH.   La station de r\u00e9ception d\u2019images par satellite aura pour \u00abpremi\u00e8re t\u00e2che la surveillance de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des for\u00eats tropicales du bassin du Congo, qui est le deuxi\u00e8me poumon vert de la plan\u00e8te, apr\u00e8s l\u2019Amazonie&#8230;\u00bb, indique le gouvernement gabonais. Le bassin couvre 520 millions d\u2019hectares dont environ 200 millions d\u2019hectares pour la for\u00eat seule, soit 38,4 pour cent, selon la FAO.  Au Burundi, la plante jatropha est plant\u00e9e depuis 2010 sur des dizaines d\u2019hectares dans le rayon de Rukoko par l\u2019association &#39;Turbane&#39; de Gikuzi, dans le sud du pays, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019appui du Fonds forestier du bassin du Congo bas\u00e9 \u00e0 Bujumbura, la capitale. Le projet est initi\u00e9 dans le Cadre strat\u00e9gique de lutte contre la pauvret\u00e9 au Burundi, approuv\u00e9 depuis 2004 par la Banque mondiale et le Fonds mon\u00e9taire international.  Ce reboisement avec 100.000 plants de jatropha permet \u00abd\u2019att\u00e9nuer l\u2019impact de la d\u00e9forestation de l\u2019aire prot\u00e9g\u00e9e de Rukoko et son \u00e9cosyst\u00e8me, de lutter contre le r\u00e9chauffement climatique et de mettre en place des m\u00e9canismes d\u2019adaptation\u00bb, indique le document de base du projet &#8220;Exploitation int\u00e9gr\u00e9e de la plante jatropha au Burundi&#8221;.<\/p>\n<p> Pour limiter les d\u00e9g\u00e2ts des changements climatiques dus \u00e0 la d\u00e9forestation qui prend de l\u2019ampleur au Burundi, le premier vice-pr\u00e9sident, Th\u00e9rence Sinuguruza, avait demand\u00e9, en novembre 2011, au minist\u00e8re de l\u2019Environnement \u00abd\u2019instaurer une loi interdisant des coupes anarchiques des arbres\u00bb.<\/p>\n<p> Mais dans l\u2019ensemble, les actions des gouvernements et de la soci\u00e9t\u00e9 civile en Afrique centrale sont timides jusque-l\u00e0 puisqu\u2019elles ne donnent pas encore des r\u00e9sultats escompt\u00e9s, estime Odon Munsadi, un \u00e9cologiste en RDC. \u00abLes communaut\u00e9s de nos pays respectifs n\u2019appliquent pas encore de pratiques agro-\u00e9cologiques, et les cons\u00e9quences des changements climatiques demeurent inchang\u00e9es\u00bb.<\/p>\n<p> \u00abL\u2019Afrique subsaharienne produit moins de quatre pour cent des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, soit bien moins que l\u2019Am\u00e9rique du nord, l\u2019Europe, l\u2019Asie et d\u2019autres r\u00e9gions industrialis\u00e9es\u00bb, selon les experts. Mais, \u00abl\u2019Afrique subit d\u00e9j\u00e0 les effets des changements climatiques et en p\u00e2tira davantage dans les ann\u00e9es \u00e0 venir\u00bb.  *Cet article fait partie d\u2019une s\u00e9rie soutenue par le R\u00e9seau de connaissances sur le climat et le d\u00e9veloppement. http:\/\/cdkn.org\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KIKWIT, RD Congo, 29 f\u00e9v (IPS) &#8211; Gouvernements et organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile en Afrique centrale d\u00e9veloppent petit \u00e0 petit des strat\u00e9gies et actions pour r\u00e9pondre et s\u2019adapter au r\u00e9chauffement climatique. 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