{"id":59,"date":"2002-02-01T13:40:01","date_gmt":"2002-02-01T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/02\/01\/droits-niger-le-pays-prend-conscience-des-consequences-du-mariage-precoce\/"},"modified":"2002-02-01T13:40:01","modified_gmt":"2002-02-01T13:40:01","slug":"droits-niger-le-pays-prend-conscience-des-consequences-du-mariage-precoce","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/02\/01\/droits-niger-le-pays-prend-conscience-des-consequences-du-mariage-precoce\/","title":{"rendered":"DROITS-NIGER: Le pays prend conscience des cons\u00e9quences du mariage pr\u00e9coce"},"content":{"rendered":"<p>NIAMEY, 1 f\u00e9v (IPS) &#8211; Une \u00e9tude du Bureau r\u00e9gional du Fonds des Nations unies pour l&#39;enfance (UNICEF) pour l&#39;Afrique de l&#39;ouest et du centre, r\u00e9v\u00e8le qu&#39;en 2000 au Niger, 44 pour cent des femmes de 20 \u00e0 49 ans ont connu leur premier mariage avant l&#39;\u00e2ge de 15 ans.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Pour la m\u00eame tranche d&#39;\u00e2ge, le rapport est de 34 pour cent au Tchad et 21 pour cent au Burkina Faso.<\/p>\n<p> De m\u00eame, l&#39;Enqu\u00eate d\u00e9mographique et de sant\u00e9 (EDS), conduite en 1998 au Niger, indique que 47 pour cent de femmes de 25 \u00e0 49 ans se sont mari\u00e9es avant l&#39;\u00e2ge de 15 ans.<\/p>\n<p> Le Niger enregistre le plus fort taux de mariage pr\u00e9coce en Afrique subsaharienne. Dans la tranche d&#39;\u00e2ge de 25 \u00e0 29 ans, 77 pour cent de femmes sont mari\u00e9es avant 18 ans. Suivent le Mali et le Burkina Faso, avec respectivement 70 pour cent et 62 pour cent.<\/p>\n<p> Le mariage pr\u00e9coce est d\u00e9fini comme l&#39;union des enfants ou adolescents de moins de 18 ans, sur la base de la d\u00e9finition de l&#39;enfant que donne l&#39;article 1 de la Convention relative aux droits de l&#39;enfant (CDE) des Nations unies.<\/p>\n<p> Le mariage pr\u00e9coce a beaucoup de cons\u00e9quences sur la sant\u00e9 des jeunes m\u00e8res.<\/p>\n<p>Selon le Dr Idi Nafiou, gyn\u00e9cologue-obst\u00e9tricien \u00e0 la Facult\u00e9 des sciences de la sant\u00e9 de l&#39;Universit\u00e9 de Niamey, les filles mari\u00e9es en bas \u00e2ge sont expos\u00e9es \u00e0 la frigidit\u00e9, \u00e0 l&#39;infertilit\u00e9, au cancer du col de l&#39;ut\u00e9rus, aux avortements \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition.  &quot;A tous ces probl\u00e8mes, il faut ajouter les difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 l&#39;accouchement et leurs corollaires, \u00e0 savoir les d\u00e9c\u00e8s maternel et p\u00e9rinatal, le prolapsus ou descente d&#39;organes, l&#39;incontinence urinaire et la fistule&quot;, pr\u00e9vient-il.  Pour Fatouma Sidi, directrice de la promotion de la femme, &quot;les cons\u00e9quences psychosociales du mariage pr\u00e9coce sont nombreuses&quot;. Selon elle, la fille n&#39;est pas pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 quitter chez elle pour rejoindre sa belle-famille o\u00f9 l&#39;affection parentale peut lui manquer.  &quot;D\u00e8s lors, elle se trouve confront\u00e9e \u00e0 un probl\u00e8me d&#39;int\u00e9gration sociale qui l&#39;am\u00e8ne \u00e0 adopter des comportements susceptibles de cr\u00e9er une situation de tension et de conflit avec son mari et ses beaux-parents&quot;, ajoute Sidi.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences de cette situation sont les fugues, le divorce, le rejet et la prostitution de jeunes mari\u00e9es.<\/p>\n<p> Le mariage pr\u00e9coce a aussi des r\u00e9percussions sur la scolarisation des jeunes filles. Il est l&#39;une des causes fondamentales de la d\u00e9perdition scolaire.<\/p>\n<p>Avec 34,14 pour cent, le Niger est un pays qui a le plus faible taux global de scolarisation en Afrique, avec une proportion de filles de l&#39;ordre de 39,35 pour cent.  &quot;Au fur et \u00e0 mesure qu&#39;on avance dans la hi\u00e9rarchie scolaire, le pourcentage de filles diminue&quot;, indique Sadatou Boubacar, directrice de la scolarisation des filles au minist\u00e8re de l&#39;Education de Base. Selon elle, le Niger enregistre le plus fort taux de d\u00e9perdition de filles \u00e0 l&#39;\u00e9cole : ce taux est de 50 pour cent \u00e0 Niamey, la capitale.  &quot;Le mariage conf\u00e8re \u00e0 la jeune fille un statut d&#39;adulte auquel elle n&#39;est pas pr\u00e9par\u00e9e et l&#39;emp\u00eache de poursuivre sa scolarit\u00e9, d&#39;autant plus qu&#39;il y a des textes qui confortent malheureusement cette situation&quot;, affirme Boubacar.<\/p>\n<p> Au terme d&#39;une enqu\u00eate dans six pays (Burkina, Niger, Tchad, Gambie, Lib\u00e9ria et Cameroun), il s&#39;est av\u00e9r\u00e9 que &quot;le Niger est le seul des pays \u00e0 exclure d\u00e9finitivement du cycle scolaire secondaire toute fille enceinte&quot;, affirme Nafiou.  Ce qui, selon lui, est contraire \u00e0 la Convention de lutte contre toutes les formes de discrimination \u00e0 l&#39;\u00e9gard de la femme (CEDEF). Contrairement au Niger, en Gambie, au Lib\u00e9ria et au Tchad, l&#39;exclusion des filles en grossesse est temporaire jusqu&#39;au moment o\u00f9 le constat est fait que l&#39;adolescente peut reprendre ses \u00e9tudes dans le m\u00eame \u00e9tablissement apr\u00e8s l&#39;accouchement.<\/p>\n<p> Cependant, souligne Boubacar, une d\u00e9cision du minist\u00e8re de l&#39;Education datant de f\u00e9vrier 1975 stipule que &quot;Les jeunes filles inscrites en classe de 3\u00e8 ou dans le 2\u00e8 cycle du second degr\u00e9 pourront, en cas de grossesse, reprendre leurs \u00e9tudes apr\u00e8s la d\u00e9livrance, si elles n&#39;ont pas contract\u00e9 mariage&quot;.<\/p>\n<p> Malheureusement, d\u00e9plore-t-elle, ce texte n&#39;est pas appliqu\u00e9 dans les faits, car g\u00e9n\u00e9ralement, la jeune fille qui accouche, qu&#39;elle soit mari\u00e9e ou non, ne reprend pas ses \u00e9tudes. &quot;C&#39;est pour ces raisons que le minist\u00e8re de l&#39;Education a demand\u00e9 aux pr\u00e9fets de veiller \u00e0 ce que les jeunes filles r\u00e9int\u00e8grent leurs classes apr\u00e8s accouchement&quot;.<\/p>\n<p> Au nombre des solutions aux probl\u00e8mes engendr\u00e9s par le mariage pr\u00e9coce, la directrice des droits de l&#39;Homme et de l&#39;action sociale, Amina Abdourahman, pr\u00e9conise la fixation de l&#39;\u00e2ge du mariage \u00e0 18 ans, pour se conformer aux textes internationaux.  Le Code civil nig\u00e9rien dispose que &quot;l&#39;homme avant 18 ans r\u00e9volus, la femme avant 15 ans r\u00e9volus, ne peuvent contracter mariage&quot;.  Selon elle, la fixation de l&#39;\u00e2ge du mariage des filles \u00e0 18 ans doit s&#39;accompagner de sanctions p\u00e9nales contre les auteurs et complices du mariage pr\u00e9coce, \u00e0 savoir les parents et les \u00e9poux des jeunes filles.<\/p>\n<p> Pour Abdourahman, c&#39;est une fa\u00e7on pour le Niger de respecter la CEDEF et la CDE, deux conventions qu&#39;il a ratifi\u00e9es en 1999.<\/p>\n<p> Le mariage pr\u00e9coce au Niger, comme dans plusieurs africains, se fonde sur les coutumes et les traditions culturelles et religieuses. Le Niger est un pays musulman \u00e0 95 pour cent.<\/p>\n<p> L&#39;Association des chefs traditionnels du Niger, les organisations non gouvernementales (ONG), les autorit\u00e9s nig\u00e9riennes et l&#39;UNICEF se sont engag\u00e9s \u00e0 combattre la pratique du mariage pr\u00e9coce qui gagne de l&#39;ampleur dans ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest.<\/p>\n<p> Cet engagement a \u00e9t\u00e9 pris \u00e0 l&#39;issue d&#39;un forum national sur ce sujet, organis\u00e9 en janvier \u00e0 Maradi, ville situ\u00e9e \u00e0 750 kilom\u00e8tres au nord-est de Niamey.  Le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&#39;Association des chefs traditionnels estime que c&#39;est par des campagnes intenses d&#39;information et de sensibilisation des populations qu&#39;on peut mettre fin au mariage pr\u00e9coce.  &quot;Notre association s&#39;engage \u00e0 sensibiliser les populations dont nous avons la charge sur les m\u00e9faits du mariage pr\u00e9coce et nous veillerons \u00e0 l&#39;application stricte des textes qui r\u00e9glementent le mariage dans le respect des traditions et coutumes&quot;, affirme Amirou Garba Sidikou.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NIAMEY, 1 f\u00e9v (IPS) &#8211; Une \u00e9tude du Bureau r\u00e9gional du Fonds des Nations unies pour l&#39;enfance (UNICEF) pour l&#39;Afrique de l&#39;ouest et du centre, r\u00e9v\u00e8le qu&#39;en 2000 au Niger, 44 pour cent des femmes de 20 \u00e0 49 ans&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/02\/01\/droits-niger-le-pays-prend-conscience-des-consequences-du-mariage-precoce\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,1],"tags":[],"class_list":["post-59","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=59"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=59"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=59"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=59"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}