{"id":5855,"date":"2011-12-16T13:40:01","date_gmt":"2011-12-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/12\/16\/afrique-de-louest-produire-de-la-tomate-pour-lutter-contre-la-pauvrete\/"},"modified":"2011-12-16T13:40:01","modified_gmt":"2011-12-16T13:40:01","slug":"afrique-de-louest-produire-de-la-tomate-pour-lutter-contre-la-pauvrete","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/12\/16\/afrique-de-louest-produire-de-la-tomate-pour-lutter-contre-la-pauvrete\/","title":{"rendered":"AFRIQUE DE L\u2019OUEST: Produire de la tomate pour lutter contre la pauvret\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>DAKAR, 16 d\u00e9c (IPS) &#8211; Apr\u00e8s la culture du riz, la production de tomate et sa commercialisation prennent de l\u2019essor dans certains pays d\u2019Afrique de l\u2019ouest, notamment au Mali, au Burkina Faso et au S\u00e9n\u00e9gal. Les r\u00e9coltes sont vendues dans les pays voisins malgr\u00e9 certains probl\u00e8mes de concurrence.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>La tomate, qui est une plante herbac\u00e9e sensible au froid, est cultiv\u00e9e pour son fruit, selon Abdramane Samak\u00e9, un producteur de tomate fra\u00eeche \u00e0 Baguin\u00e9da, dans le sud du Mali. Sa consommation augmente dans les pays de la sous-r\u00e9gion, m\u00eame si sa production demande beaucoup d\u2019efforts.  Au Mali, ce paysan produit deux vari\u00e9t\u00e9s de tomates, en particulier le &#39;Badar Roman&#39; dont il ach\u00e8te le sac de semence entre 6.000 et 7.000 francs CFA (entre 12 et 14 dollars). Samak\u00e9 d\u00e9clare utiliser notamment de fumure organique, mais aussi de l\u2019engrais, pour fertiliser son champ. A l\u2019aide d\u2019une motopompe, il pompe de l\u2019eau dans quatre puits proches pour irriguer ses tomates.  \u00abLa vari\u00e9t\u00e9 de tomate &#39;Badar Roman&#39; est tr\u00e8s sollicit\u00e9e par les clients. Cette tomate se conserve mieux et est de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9\u00bb, indique-t-il \u00e0 IPS, ajoutant qu\u2019il en produit environ 225 tonnes sur un p\u00e9rim\u00e8tre de 16 hectares de culture de contre-saison, de novembre \u00e0 mars. Les tomates sont r\u00e9colt\u00e9es dans des paniers de 100 kilogrammes environ.  \u00abEt un panier de 100 kg de tomates peut \u00eatre vendu entre 9.000 et 10.000 FCFA (entre 18 et 20 dollars)\u00bb, affirme Samak\u00e9, ajoutant que gr\u00e2ce au revenu de cette vente, il subvient aux besoins de sa famille nombreuse.<\/p>\n<p> A\u00efcha Samak\u00e9, sa premi\u00e8re femme, d\u00e9clare \u00e0 IPS: &#8220;La culture de la tomate comporte des difficult\u00e9s, surtout au moment o\u00f9 nous aspergeons de l&#39;engrais et pendant la cueillette&#8230; Cela nous prend toute une journ\u00e9e parfois. Mais gr\u00e2ce \u00e0 cette culture, on vit bien. Notre mari me donne aussi de l&#39;argent de la vente de la tomate pour que je fasse de petits commerces&#8221;.<\/p>\n<p> Abdoul Kader Demb\u00e9l\u00e9, dans la m\u00eame zone malienne, n\u2019a pas encore commenc\u00e9 la cueillette des tomates de son champ car elles ne sont pas encore m\u00fbres. Certains plants sont en fleur, tandis que d\u2019autres portent d\u00e9j\u00e0 des fruits verts. Il cultive aussi la m\u00eame vari\u00e9t\u00e9 &#39;Badar Roman&#39;.  \u00abJe me fais aider par deux ouvriers \u00e0 qui je paye 15.000 FCFA (environ 30 dollars) par mois. Pour un meilleur rendement, j\u2019utilise la fumure organique, mais aussi des engrais chimiques\u00bb, explique-t-il \u00e0 IPS. Il produit quelque 350 sacs de 100 kg par saison, sur environ 22 hectares. \u00abLorsque la pluviom\u00e9trie est bonne, je peux gagner environ 500.000 FCFA (environ 1.000 dollars) par an\u00bb.  Si Samak\u00e9 et Demb\u00e9l\u00e9 gagnent plus ou moins bien leur vie gr\u00e2ce \u00e0 la production de tomate, d\u2019autres producteurs, au Mali et dans d\u2019autres pays de la sous-r\u00e9gion, sont confront\u00e9s au manque d\u2019\u00e9quipements et \u00e0 une m\u00e9vente. Certains sont \u00e9galement victimes des attaques de ravageurs, d\u2019insectes, de maladies des v\u00e9g\u00e9taux et de l\u2019envahissement des mauvaises herbes.  Au Burkina Faso, avec la promotion des cultures de contre-saison, d\u2019octobre \u00e0 d\u00e9cembre, d\u00e9cid\u00e9e par le gouvernement depuis plus d\u2019une d\u00e9cennie, la province du Passor\u00e9, dans l\u2019est du pays, s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00eatre productrice de tomate.  Selon le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, de novembre 2011, la moyenne provinciale de production de tomate est de 7.000 tonnes de 2006 \u00e0 2010, avec, toutefois, une tendance \u00e0 la baisse passant de 12.375 tonnes sur 495 hectares en 2006, \u00e0 6.640 tonnes sur 332 hectares en 2010.  Selon Eric Niki\u00e8ma de la direction provinciale de l\u2019agriculture du Passor\u00e9, des handicaps techniques emp\u00eachent la ma\u00eetrise de certains param\u00e8tres. Par exemple, les intrants sont des vari\u00e9t\u00e9s semenci\u00e8res import\u00e9es sans certitude de leur adaptabilit\u00e9 aux sols locaux.  Les sols qui abritent les productions, ne sont pas analys\u00e9s, et aucun diagnostic p\u00e9dologique n\u2019est effectu\u00e9 sur les p\u00e9rim\u00e8tres cultivables gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019eau de petits barrages, affirme-t-il \u00e0 IPS. \u00abEn plus, l\u2019engrais utilis\u00e9 est propre au coton, ce qui ne convient pas forc\u00e9ment \u00e0 la tomate. Cons\u00e9quence: la pollution est grande, la fertilit\u00e9 des sols prend un coup et le rendement est d\u00e9ficitaire\u00bb.  Par ailleurs, les producteurs de tomate, au Mali et au Burkina Faso, font face aux probl\u00e8mes de commercialisation de leur production, dit-il. Par exemple, les tomates burkinab\u00e8 sont confront\u00e9es \u00e0 la concurrence du Ghana qui en produit plus.<\/p>\n<p> \u00abAu moment o\u00f9 au niveau r\u00e9gional, les techniciens r\u00e9fl\u00e9chissent pour adopter un prix commun de vente de la tomate, nos producteurs vendent leur produit aux commer\u00e7ants venus du Ghana, du B\u00e9nin et du Togo \u00e0 9.000 FCFA ou 10.000 FCFA le panier de tomate de 100 kg\u00bb, ajoute Niki\u00e8ma.  Au S\u00e9n\u00e9gal, la tomate se produit plus \u00e0 Dagana et \u00e0 Podor, situ\u00e9es sur la rive gauche du fleuve S\u00e9n\u00e9gal, dans le nord du pays, en culture de contre-saison, d&#39;octobre \u00e0 f\u00e9vrier, mais aussi au cours de la saison des pluies, entre juillet et septembre.<\/p>\n<p> Selon le minist\u00e8re s\u00e9n\u00e9galais du Commerce, la Soci\u00e9t\u00e9 de conserves alimentaires du S\u00e9n\u00e9gal (SOCAS) a sign\u00e9 cette ann\u00e9e un contrat d\u2019achat avec les producteurs pour une quantit\u00e9 de 30.000 tonnes de tomates fra\u00eeches plant\u00e9es sur 1.000 hectares, avec un rendement moyen de 30 tonnes\/hectare.  \u00abNous avons renforc\u00e9 la surveillance et le contr\u00f4le des march\u00e9s afin de limiter la fraude et toute autre forme d\u2019importation de tomate faite de fa\u00e7on irr\u00e9guli\u00e8re, pour prot\u00e9ger la fili\u00e8re tomate industrielle locale contre la concurrence d\u00e9loyale\u00bb, affirme le ministre du Commerce, Amadou Niang.  La SOCAS est une industrie locale de transformation, et l&#39;Etat s\u00e9n\u00e9galais entend r\u00e9guler le march\u00e9 des tomates locales pour qu\u2019elles ne soient pas brad\u00e9es \u00e0 d&#39;autres commer\u00e7ants venus des pays voisins. De m\u00eame, des op\u00e9rations coup de poing ponctuelles sont men\u00e9es pour lutter contre l&#39;introduction frauduleuse des tomates \u00e9trang\u00e8res, privil\u00e9giant ainsi la SOCAS.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAKAR, 16 d\u00e9c (IPS) &#8211; Apr\u00e8s la culture du riz, la production de tomate et sa commercialisation prennent de l\u2019essor dans certains pays d\u2019Afrique de l\u2019ouest, notamment au Mali, au Burkina Faso et au S\u00e9n\u00e9gal. 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