{"id":5851,"date":"2011-12-13T13:40:01","date_gmt":"2011-12-13T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/12\/13\/environnement-sauver-les-forets-avec-les-connaissances-autochtones\/"},"modified":"2011-12-13T13:40:01","modified_gmt":"2011-12-13T13:40:01","slug":"environnement-sauver-les-forets-avec-les-connaissances-autochtones","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/12\/13\/environnement-sauver-les-forets-avec-les-connaissances-autochtones\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT: Sauver les for\u00eats avec les connaissances autochtones"},"content":{"rendered":"<p>DURBAN, Afrique du Sud, 13 d\u00e9c (IPS) &#8211; Pour la communaut\u00e9 des Laibon, une sous-tribu du groupe ethnique des Masa\u00ef au Kenya, les 33.000 hectares de la for\u00eat de Loita, dans la province de la Vall\u00e9e du Rift, c&#39;est plus qu\u2019une simple for\u00eat. C&#39;est un temple.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;C\u2019est notre temple. Nos Dieux y vivent. Nous cueillons des herbes de cet endroit. Nous l&#39;utilisons pour l&#39;apiculture. Cela fait donc partie de nos moyens de subsistance&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Olonana Ole Pulei, qui \u00e9tait \u00e0 Durban, en Afrique du Sud, pour repr\u00e9senter sa communaut\u00e9 \u00e0 la 17\u00e8me Conf\u00e9rence des parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.<\/p>\n<p> Selon Nigel Crawhall, directeur du secr\u00e9tariat du &#39;Indigenous Peoples of Africa Co-ordinating Committee&#39; (Comit\u00e9 de coordination des peuples autochtones d&#39;Afrique &#8211; IPACC), diff\u00e9rentes communaut\u00e9s africaines ont d\u2019importantes connaissances autochtones qu&#39;ils utilisent dans la conservation des for\u00eats et de la biodiversit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, et cela devrait \u00eatre pris en compte lors des n\u00e9gociations \u00e0 Durban.<\/p>\n<p> &#8220;Diff\u00e9rentes communaut\u00e9s ont de diff\u00e9rentes pratiques qu&#39;ils utilisent dans la conservation des for\u00eats&#8221;, a-t-il dit.<\/p>\n<p> Crawhall a donn\u00e9 l\u2019exemple de la fa\u00e7on dont les communaut\u00e9s pygm\u00e9es, les Bambuti et les Batwa, en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, ont conserv\u00e9 la for\u00eat en utilisant des m\u00e9thodes traditionnelles. Ces deux communaut\u00e9s d\u00e9pendent de la biodiversit\u00e9 de la vie animale dans les for\u00eats \u00e9quatoriales pour leur survie.<\/p>\n<p> &#8220;Habituellement, ils savent comment identifier des arbres typiques qui peuvent \u00eatre coup\u00e9s dans le but de cr\u00e9er une ouverture unique sur la canop\u00e9e, ce qui \u00e9claire les for\u00eats touffues du Congo. Cet \u00e9clairage attire alors les animaux, les oiseaux et les insectes, leur donnant ainsi l\u2019opportunit\u00e9 de chasser&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Crawhall \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Cela permet de conserver aussi bien la biodiversit\u00e9 que les for\u00eats, parce que cette m\u00e9thode ne peut fonctionner que si la for\u00eat canop\u00e9e est intacte.<\/p>\n<p> Au Kenya, la culture maasai interdit \u00e0 tous les membres de la communaut\u00e9 d&#39;abattre un arbre, soit pour le bois de chauffage ou pour tout autre but. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement interdit aux gens de toucher aux racines principales ou de retirer enti\u00e8rement l&#39;\u00e9corce d&#39;un arbre pour l&#39;extraction des plantes.<\/p>\n<p> Selon leurs croyances culturelles, seules les branches des arbres peuvent \u00eatre utilis\u00e9es pour le bois de chauffage, et leurs racines fibreuses pour les herbes. Si l&#39;\u00e9corce d&#39;un arbre a une valeur th\u00e9rapeutique, alors on peut juste enlever une petite portion en cr\u00e9ant un &#8220;V&#8221; dans l&#39;\u00e9corce. La blessure est ensuite ferm\u00e9e \u00e0 l&#39;aide de sol humide.<\/p>\n<p> &#8220;Nous croyons que le sol aide \u00e0 la gu\u00e9rison de la blessure sur un arbre. Ceci fait partie de la culture, et nous croyons tous que c&#39;est une abomination de blesser un arbre, et ne pas l\u2019aider \u00e0 gu\u00e9rir&#8221;, a indiqu\u00e9 Ole Pulei.<\/p>\n<p> C&#39;est une pratique qui a \u00e9t\u00e9 transmise de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration chez les membres de la communaut\u00e9 maasai. C&#39;est cette connaissance indig\u00e8ne qui a contribu\u00e9 \u00e0 la conservation de la for\u00eat de Loita dans la communaut\u00e9 des Laibon.<\/p>\n<p> &#8220;Toutes les activit\u00e9s d&#39;exploitation foresti\u00e8re observ\u00e9es sur la terre maasai, y compris la destruction de la for\u00eat de Mau, sont faites par des \u00e9trangers parce que la culture massa\u00ef n\u2019autorise pas de telles activit\u00e9s. C&#39;est la connaissance autochtone qui aide \u00e0 la conservation des for\u00eats&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Ole Pulci \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> De telles croyances font des for\u00eats une partie de la communaut\u00e9 dans laquelle ses membres ont un attachement pour les arbres, et o\u00f9 la destruction d\u2019un arbre pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une offense aux Dieux et leur culture.<\/p>\n<p> &#8220;Nous avons plusieurs autres communaut\u00e9s sur tout le continent, qui coexistent avec les for\u00eats. Nous pouvons citer, entre autres, la communaut\u00e9 des Touareg en Alg\u00e9rie, la communaut\u00e9 des Yiaku dans la r\u00e9gion Laikipia du Kenya, la communaut\u00e9 des Ogiek toujours au Kenya, la communaut\u00e9 des Kung au Botswana&#8221;, a indiqu\u00e9 Crawhall.<\/p>\n<p> Selon Crawhall, tous les Africains sont des autochtones, bien qu\u2019il existe certains groupes qui vivent de chasse et des cueillette, tandis que d&#39;autres groupes pratiquent le pastoralisme, et d&#39;autres l\u2019agriculture de terre ferme.<\/p>\n<p> Malgr\u00e9 le fait qu&#39;il n&#39;y ait aucune d\u00e9finition standard pour les peuples autochtones, la D\u00e9claration des Nations Unies sur les Droits des peuples autochtones en 2007, reconna\u00eet que certaines communaut\u00e9s, en raison des circonstances historiques et environnementales, se sont retrouv\u00e9es hors du syst\u00e8me \u00e9tatique et sont sous-repr\u00e9sent\u00e9es dans la gouvernance.<\/p>\n<p>  &#8220;Les Bushmen de la r\u00e9gion d\u2019Afrique australe, ou la communaut\u00e9 des Ogiek du Kenya, qui vivent dans les for\u00eats, constituent un exemple typique de groupements class\u00e9s comme autochtones&#8221;, a expliqu\u00e9 Crawhall.<\/p>\n<p> Il souligne que l&#39;Afrique compte plus de 40 groupements dans les diff\u00e9rents pays qui vivent enti\u00e8rement de chasse et de cueillette. Toutefois, l\u2019IPACC travaille en \u00e9troite collaboration avec 155 communaut\u00e9s provenant de 22 pays africains qui sont reconnues comme autochtones du fait de leur contexte historique et environnemental.<\/p>\n<p> En cons\u00e9quence, les repr\u00e9sentants de ces communaut\u00e9s avaient rejoint le reste du monde \u00e0 Durban pour se faire entendre, de sorte que leur contribution \u00e0 la conservation des for\u00eats soit reconnue comme faisant partie des efforts pour l\u2019adaptation et l&#39;att\u00e9nuation du changement climatique.<\/p>\n<p> &#8220;Nous croyons que la connaissance \u00e9cologique traditionnelle africaine est le fondement pour des politiques nationales d\u2019adaptation efficaces et appropri\u00e9es&#8221;, a ajout\u00e9 Crawhall.<\/p>\n<p> Par le biais du secr\u00e9tariat de l\u2019IPACC, les 155 organisations des communaut\u00e9s \u00e0 la base en Afrique avaent r\u00e9dig\u00e9 leur position pour la plateforme de n\u00e9gociation de Durban. Elles voulaient que les n\u00e9gociateurs trouvent une position qui soit repr\u00e9sentative des parties d&#39;Afrique, des organisations des peuples autochtones africains, des institutions traditionnelles, des autorit\u00e9s traditionnelles et des syst\u00e8mes de valeur.<\/p>\n<p> * Cet article fait partie d&#39;une s\u00e9rie soutenue par le R\u00e9seau de connaissance sur le climat et le d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DURBAN, Afrique du Sud, 13 d\u00e9c (IPS) &#8211; Pour la communaut\u00e9 des Laibon, une sous-tribu du groupe ethnique des Masa\u00ef au Kenya, les 33.000 hectares de la for\u00eat de Loita, dans la province de la Vall\u00e9e du Rift, c&#39;est plus&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/12\/13\/environnement-sauver-les-forets-avec-les-connaissances-autochtones\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":741,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,13,11,27,12,9,1,3,21,28,30],"tags":[],"class_list":["post-5851","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-developpement","category-east-africa","category-environnement","category-global-affairs","category-headlines","category-population-refugies","category-science-technologie","category-southern-africa","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5851","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/741"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5851"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5851\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5851"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5851"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5851"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}