{"id":5798,"date":"2011-11-14T13:40:01","date_gmt":"2011-11-14T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/11\/14\/burkina-faso-recueillir-plus-deau-de-pluie-pour-faire-face-aux-changements-climatiques\/"},"modified":"2011-11-14T13:40:01","modified_gmt":"2011-11-14T13:40:01","slug":"burkina-faso-recueillir-plus-deau-de-pluie-pour-faire-face-aux-changements-climatiques","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/11\/14\/burkina-faso-recueillir-plus-deau-de-pluie-pour-faire-face-aux-changements-climatiques\/","title":{"rendered":"BURKINA FASO: Recueillir plus d\u2019eau de pluie pour faire face aux changements climatiques"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 14 nov (IPS) &#8211; Trois mois avant le d\u00e9but de la saison pluvieuse \u00e9coul\u00e9e, Jacob Tumbulto, directeur par int\u00e9rim de l\u2019observatoire de l\u2019Autorit\u00e9 du bassin de la Volta (VBA), et ses coll\u00e8gues des institutions sous r\u00e9gionales, avaient pr\u00e9dit lors d\u2019une rencontre \u00e0 Niamey une quantit\u00e9 d\u2019eau l\u00e9g\u00e8rement au dessus de la moyenne dans le bassin de la Volta en prenant en compte la pluviom\u00e9trie.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mais d\u00e8s le mois de juin, Tumbulto et ses coll\u00e8gues se sont ravis\u00e9s et ont inform\u00e9 les pays du bassin de la Volta d\u2019un changement notable dans les pr\u00e9visions.<\/p>\n<p> &#8220;Les pr\u00e9visions ont chang\u00e9 rapidement car la quantit\u00e9 d\u2019eau allait \u00eatre en de\u00e7\u00e0 de la normale&#8221;, explique Tumbulto \u00e0 IPS. Ils ont souhait\u00e9 alors l\u2019utilisation des vari\u00e9t\u00e9s qui produisent \u00e0 90 jours ou 60 jours au lieu de 120 jours.<\/p>\n<p> En effet, le barrage hydro\u00e9lectrique de Bagr\u00e9, dans l\u2019est du Burkina, dont les vannes ont \u00e9t\u00e9 ouvertes ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es pour laisser l\u2019exc\u00e9dent d\u2019eau s\u2019\u00e9chapper vers le Ghana est \u00e0 son plus bas niveau de remplissage de ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p> Le plus grand barrage du Burkina, celui de la Kompienga \u00e9galement construit sur la Volta, pr\u00e9sente lui un d\u00e9ficit de 431 millions de m\u00e8tres cubes, selon le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et de l\u2019Hydraulique du Burkina.<\/p>\n<p> &#8220;C\u2019est la preuve que les changements climatiques que nous avons toujours \u00e9voqu\u00e9s sont \u00e0 nos portes et cela signifie que pendant des ann\u00e9es nous allons avoir tr\u00e8s peu d\u2019eau dans nos retenues&#8221;, s\u2019alarme Tumbulto. &#8220;Donc nous devons tout faire pour avoir davantage de retenues pour mobiliser les eaux pluviales, mais aussi am\u00e9nager les vall\u00e9es des fleuves afin qu\u2019elles recueillent beaucoup d\u2019eau qui peut \u00eatre utilis\u00e9e pendant la saison s\u00e8che.&#8221; Selon Tumbulto, plus de 80 pour cent des eaux qui tombent dans la r\u00e9gion du bassin s\u2019\u00e9vaporent et selon les estimations, seulement 14 pour cent des eaux sont stock\u00e9s.<\/p>\n<p> L\u2019eau s\u2019\u00e9vaporant dans la partie en amont du lac de la Volta repr\u00e9sente dix fois celle utilis\u00e9e dans tout le bassin de la Volta, indique en outre la VBA.  Le bassin couvre une superficie totale de 412.000 km\u00b2 dont 85 pour cent se trouvent au Burkina et au Ghana, les 15 pour cent restants se trouvent entre les quatre autres pays que traverse le fleuve: le B\u00e9nin, la C\u00f4te d\u2019Ivoire, le Mali, et le Togo.  Environ 20 millions de personnes vivent dans ce bassin dont 70 pour cent habitent en milieu rural et d\u00e9pendent des retenues d\u2019eau pour la production agricole qui est essentiellement pluviale avec des pr\u00e9cipitations variant entre 500 et 1.100 mm par an.<\/p>\n<p> Le fleuve Volta re\u00e7oit dans l\u2019\u00e9coulement moins de 10 pour cent de la moyenne des pr\u00e9cipitations totales, expliquent les autorit\u00e9s du bassin. Or, l\u2019am\u00e9lioration de la gestion de ces eaux pluviales contribuerait \u00e0 r\u00e9duire la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des populations, indique \u00e0 IPS, Dr Olufunke Cofie, coordonatrice du Programme pour l\u2019eau et l\u2019alimentation dans le bassin de la Volta (CPWF).<\/p>\n<p> Le programme mis en place en 2003 vise \u00e0 am\u00e9liorer la gestion des eaux pluviales et petites retenues afin de contribuer \u00e0 la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 dans les zones arides du bassin de la Volta.<\/p>\n<p> &#8220;L\u2019un des d\u00e9fis dans la r\u00e9gion du bassin de la Volta, c\u2019est la volatilit\u00e9 des eaux de pluie: il pleut beaucoup pendant une courte p\u00e9riode, et les producteurs doivent se pr\u00e9parer afin que cette eau qui tombe dans une br\u00e8ve p\u00e9riode serve pendant longtemps pour la production agricole&#8221;, explique Cofie. Selon elle, en dehors des retenues qui sont construites par les Etats et les ONG, certaines techniques, utilis\u00e9es par les populations comme ces petites retenues dans les champs pour retenir l\u2019eau, sont \u00e0 explorer.<\/p>\n<p> &#8220;Nous sommes en train de voir ce qu\u2019il faut faire pour ces zones o\u00f9 il n\u2019y a pas de barrages mais o\u00f9 les populations doivent stocker l\u2019eau de pluie&#8221;, d\u00e9clare Cofie, ajoutant que son institution travaille \u00e0 identifier des techniques traditionnelles locales comme le Zai au Burkina, qui seront ensuite r\u00e9pliqu\u00e9es dans les autres parties du bassin.<\/p>\n<p> Le Zai est une technique r\u00e9pandue dans le sahel, qui consiste \u00e0 faire un creux autour de la plante pour conserver l&#39;eau.<\/p>\n<p> Le Burkina Faso compte le plus grand nombre de barrages parmi les pays du bassin de la Volta avec un millier d\u2019ouvrages, pr\u00e9cise la VBA dont le si\u00e8ge est \u00e0 Ouagadougou. Le CPWF et la VBA conduisent actuellement une enqu\u00eate pour recenser tous les ouvrages dans sa zone du bassin.<\/p>\n<p> &#8220;La pluviom\u00e9trie est irr\u00e9guli\u00e8re et est in\u00e9galement repartie dans le temps et l\u2019espace; alors si on compte uniquement sur les cultures pluviales, nous serons tributaires des caprices de la pluie&#8221;, explique \u00e0 IPS, Albert B\u00e9r\u00e9, directeur de la mobilisation des ressources en eau au minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et de l\u2019Hydraulique du Burkina.<\/p>\n<p> Le Burkina, qui a connu en 2009 une inondation ayant laiss\u00e9 plus de 150.000 personnes sans abris, a connu un d\u00e9ficit dans sa production agricole au cours de cette saison. Pour soutenir la production agricole, le gouvernement a promis la r\u00e9alisation de 12 barrages, 34 boulis (marres naturelles conservant l&#39;eau mais qu&#39;on creuse davantage pour recueillir plus d&#39;eau) et 1.296 puits maraichers.<\/p>\n<p> &#8220;Il faut stocker davantage d\u2019eau car en dehors de la production agricole en saison s\u00e8che, il y a d\u2019autres activit\u00e9s comme l\u2019\u00e9levage et la p\u00eache&#8221;, ajoute B\u00e9r\u00e9. Sur 200 milliards de m\u00e8tres cubes d\u2019eau qui tombent en moyenne au Burkina, seulement cinq pour cent sont stock\u00e9s, regrette-t-il et sugg\u00e8re la r\u00e9alisation d\u2019ouvrages communs aux pays du bassin de la Volta.<\/p>\n<p> &#8220;Les 70 pour cent de la population du bassin de la Volta d\u00e9pendent de ces retenues et leur besoin va s\u2019accroitre avec le fort taux de croissance de la population qui avoisine les trois pour cent, donc il faut rapidement r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 une politique pour ces barrages&#8221;, lance Tumbulto.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 14 nov (IPS) &#8211; Trois mois avant le d\u00e9but de la saison pluvieuse \u00e9coul\u00e9e, Jacob Tumbulto, directeur par int\u00e9rim de l\u2019observatoire de l\u2019Autorit\u00e9 du bassin de la Volta (VBA), et ses coll\u00e8gues des institutions sous r\u00e9gionales, avaient pr\u00e9dit lors&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/11\/14\/burkina-faso-recueillir-plus-deau-de-pluie-pour-faire-face-aux-changements-climatiques\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,34,11,12,1,29],"tags":[],"class_list":["post-5798","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-desert-rampant","category-developpement","category-environnement","category-headlines","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5798","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5798"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5798\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5798"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5798"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5798"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}