{"id":5701,"date":"2011-08-29T13:40:01","date_gmt":"2011-08-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/08\/29\/energie-un-avenir-atomique-pour-lafrique\/"},"modified":"2011-08-29T13:40:01","modified_gmt":"2011-08-29T13:40:01","slug":"energie-un-avenir-atomique-pour-lafrique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/08\/29\/energie-un-avenir-atomique-pour-lafrique\/","title":{"rendered":"ENERGIE: Un avenir atomique pour l&#39;Afrique"},"content":{"rendered":"<p>LE CAP, 29 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Pr\u00e8s de deux tiers de la population de l\u2019Afrique subsaharienne vit sans \u00e9lectricit\u00e9. Pour y rem\u00e9dier, de plus en plus de gouvernements africains se tournent vers le nucl\u00e9aire.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Alors que la Suisse et l&#39;Allemagne veulent d\u00e9brancher leurs centrales atomiques, l&#39;Afrique voit dans le nucl\u00e9aire son avenir \u00e9nerg\u00e9tique. Pour l\u2019instant, seule l\u2019Afrique du Sud poss\u00e8de une centrale nucl\u00e9aire civile.  Mais la situation devrait radicalement changer dans les deux prochaines d\u00e9cennies. Des gouvernements africains se tournent de plus en plus vers l&#39;atome civil. L&#39;Afrique a ses propres pr\u00e9occupations, le d\u00e9veloppement du continent et pour cela l&#39;\u00e9lectricit\u00e9 est n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p> Le Maroc ambitionne de faire son entr\u00e9e dans l&#39;atomique en 2017 et la Namibie en 2018. Au Nigeria et en Egypte, les premi\u00e8res centrales \u00e9lectronucl\u00e9aires devraient fonctionner d&#39;ici \u00e0 2020. Le gouvernement k\u00e9nyan a investi 1,7 million de francs suisses (environ deux millions de dollars US) pour la construction d&#39;un r\u00e9acteur qui devrait produire 1.000 m\u00e9gawatts d&#39;ici \u00e0 la fin de cette d\u00e9cennie.  Le Ghana, l&#39;Angola, l&#39;Alg\u00e9rie, la Tunisie et l&#39;Ouganda envisagent aussi d&#39;opter pour l&#39;\u00e9nergie nucl\u00e9aire. M\u00eame les nations les plus pauvres d&#39;Afrique comme le Burundi, la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo et le Cap Vert ont fait un pas vers le nucl\u00e9aire en rejoignant l&#39;Agence internationale de l&#39;\u00e9nergie atomique (AIEA).  Sur le continent, l&#39;Afrique du Sud reste le leader incontest\u00e9 en termes d&#39;\u00e9nergie nucl\u00e9aire: le pays veut construire d&#39;ici \u00e0 2023 six nouvelles centrales et couvrir ainsi pr\u00e8s d&#39;un quart de ses besoins \u00e9nerg\u00e9tiques. \u00abL&#39;Afrique du Sud veut aussi exporter son savoir-faire dans la r\u00e9gion\u00bb, affirme David Fig, un expert nucl\u00e9aire sud-africain. Premier client, l&#39;Alg\u00e9rie qui a d\u00e9cid\u00e9 de confier \u00e0 l&#39;Afrique du Sud la cr\u00e9ation de deux r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires.  Face \u00e0 cette vague pro-nucl\u00e9aire, le S\u00e9n\u00e9gal semble bien isol\u00e9. Ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest est revenu en arri\u00e8re sur ses plans de construire une premi\u00e8re centrale apr\u00e8s la catastrophe du Fukushima, au Japon. En avril 2011, le pr\u00e9sident s\u00e9n\u00e9galais Abdoulaye Wade a m\u00eame soumis une r\u00e9solution \u00e0 l&#39;Union africaine (UA) pour d\u00e9clarer le continent \u00abzone z\u00e9ro nucl\u00e9aire\u00bb. Mais ses chances de succ\u00e8s sont minces.  Stocks d&#39;uranium en abondance Le combustible nucl\u00e9aire est pour de nombreux pays africains \u2013 riches en mati\u00e8re premi\u00e8re \u2013 le moindre de leur souci. Le continent regorge d\u2019uranium. Le Niger, la Namibie et l&#39;Afrique du Sud ont d&#39;\u00e9normes gisements d&#39;uranium qui repr\u00e9sentent ensemble, environ 15 pour cent des ressources connues d&#39;uranium dans le monde. Et beaucoup de leurs voisins extraient eux aussi ce m\u00e9tal radioactif.  Les risques engendr\u00e9s par le nucl\u00e9aire ne font gu\u00e8re l&#39;objet de d\u00e9bats en Afrique. Combler le d\u00e9ficit \u00e9nerg\u00e9tique passe en premier. Les risques de catastrophe nucl\u00e9aire et le probl\u00e8me du stockage des d\u00e9chets ne font pas le poids face aux promesses du lobby nucl\u00e9aire de croissance \u00e9conomique et d&#39;emploi.  La propagande pro-nucl\u00e9aire est particuli\u00e8rement acharn\u00e9e, car le march\u00e9 africain attise les convoitises des entreprises nucl\u00e9aires qui peinent d\u00e9sormais \u00e0 vendre leur technologie dans les pays du Nord. La concurrence est rude entre les firmes russes, fran\u00e7aises et chinoises pour s\u00e9duire les dirigeants africains. \u00abLes soci\u00e9t\u00e9s d&#39;\u00e9nergie nucl\u00e9aire tentent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de trouver de nouveaux clients et d&#39;attirer les gouvernements africains avec des offres all\u00e9chantes\u00bb, ajoute Fig.  Une solution r\u00e9aliste? Pour faire son entr\u00e9e dans le nucl\u00e9aire, l&#39;Afrique doit toutefois passer encore quelques obstacles. Poss\u00e9der son r\u00e9acteur a un co\u00fbt, des millions de dollars, que de nombreux gouvernements africains, sans l&#39;aide d&#39;investisseurs \u00e9trangers, ne peuvent se permettre.  Mais, la barri\u00e8re la plus forte reste le manque de connaissances techniques. Entre 200 et 1.000 scientifiques et ing\u00e9nieurs sp\u00e9cialis\u00e9s sont n\u00e9cessaires pour faire fonctionner une centrale nucl\u00e9aire. Or, moins de 10.000 personnes travaillent actuellement dans l&#39;ensemble du secteur nucl\u00e9aire en Afrique.  \u00abIl faudra encore longtemps avant que l&#39;Afrique ait les comp\u00e9tences n\u00e9cessaires\u00bb, confie Tristen Taylor, expert en environnement \u00e0 l&#39;organisation Earthlife. \u00abSans compter que la plupart des pays ne disposeraient, pour l&#39;instant, m\u00eame pas d&#39;un r\u00e9seau \u00e9lectrique suffisamment dense et puissant pour raccorder un r\u00e9acteur\u00bb.  *(Kristin Palitza est journaliste en Afrique du Sud et a \u00e9crit cet article pour InfoSud, une agence de presse suisse bas\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve. Cet article est publi\u00e9 en vertu d&#39;un accord de coop\u00e9ration entre InfoSud et IPS).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LE CAP, 29 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Pr\u00e8s de deux tiers de la population de l\u2019Afrique subsaharienne vit sans \u00e9lectricit\u00e9. 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