{"id":5650,"date":"2011-07-22T13:40:01","date_gmt":"2011-07-22T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/07\/22\/burkina-faso-lopposition-espere-louverture-du-dossier-thomas-sankara-sans-y-croire\/"},"modified":"2011-07-22T13:40:01","modified_gmt":"2011-07-22T13:40:01","slug":"burkina-faso-lopposition-espere-louverture-du-dossier-thomas-sankara-sans-y-croire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/07\/22\/burkina-faso-lopposition-espere-louverture-du-dossier-thomas-sankara-sans-y-croire\/","title":{"rendered":"BURKINA FASO: L\u2019opposition esp\u00e8re l\u2019ouverture du dossier Thomas Sankara sans y croire"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 22 juil (IPS) &#8211; Des d\u00e9put\u00e9s de l\u2019opposition au Burkina Faso ont demand\u00e9 \u00e0 la France d\u2019ouvrir ses archives afin d\u2019y rechercher les preuves d\u2019une implication pr\u00e9sum\u00e9e des services secrets fran\u00e7ais dans la mort du pr\u00e9sident Thomas Sankara.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Douze d\u00e9put\u00e9s, avec \u00e0 leur t\u00eate l\u2019avocat Stanislas Benewind\u00e9 Sankara, ont \u00e9crit, en avril 2011, une lette \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale fran\u00e7aise pour demander, sans trop y croire, l\u2019ouverture d\u2019une enqu\u00eate parlementaire sur l\u2019assassinat de l\u2019ancien pr\u00e9sident burkinab\u00e8, Thomas Sankara, \u00e9voquant la &#8220;coop\u00e9ration entre les deux pays&#8221; et les &#8220;valeurs d\u00e9mocratiques de la France&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Il y a des t\u00e9moignages que la France, qui avait \u00e9t\u00e9 cit\u00e9 avant d\u2019autres pays, est impliqu\u00e9e dans la mort de Thomas Sankara&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 l\u2019avocat Stanislas Benewind\u00e9 Sankara lors d\u2019une conf\u00e9rence de presse le 16 juillet \u00e0 Ouagadougou, la capitale burkinab\u00e8.  &#8220;Nous ne d\u00e9sesp\u00e9rons pas. C\u2019est une proc\u00e9dure plus politique que judiciaire et la configuration actuelle de la France peut jouer en d\u00e9faveur du dossier, mais des lors qu\u2019il y a une volont\u00e9 affich\u00e9e au Burkina Faso avec des relais en France, le dossier sera examin\u00e9 un jour&#8221;, ajoute l\u2019avocat Sankara qui n\u2019a aucun lien de parent\u00e9 avec l\u2019ancien pr\u00e9sident d\u00e9c\u00e9d\u00e9.<\/p>\n<p> La d\u00e9marche des parlementaires burkinab\u00e8 fait suite \u00e0 la p\u00e9tition lanc\u00e9e en d\u00e9cembre 2009 par un collectif international d\u2019avocats soutenu par de nombreuses organisations non gouvernementales r\u00e9clamant une enqu\u00eate internationale ind\u00e9pendante sur la mort de Thomas Sankara. Ce collectif esp\u00e8re l\u2019ouverture des archives fran\u00e7aises sur une affaire qui illustre, selon lui, la &#8220;Fran\u00e7afrique&#8221; (terme familier d\u00e9non\u00e7ant la politique des officines obscures entre dirigeants fran\u00e7ais et africains).<\/p>\n<p> &#8220;Il s\u2019agit de faits qui se sont d\u00e9roul\u00e9s au Burkina et impliquant des Burkinab\u00e8. Personne donc ne peut obliger l\u2019Etat burkinab\u00e8 \u00e0 accepter l\u2019ouverture du dossier&#8221;, explique un juriste burkinab\u00e8 sous couvert de l\u2019anonymat et qui a suivi l\u2019affaire de bout en bout.<\/p>\n<p> Pourtant, l\u2019avocat Benewind\u00e9 Sankara d\u00e9clare esp\u00e9rer toujours. &#8220;Il peut ne pas avoir d\u00e9signation de rapporteur, mais c\u2019est un dossier pendant et qui va rester jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019une suite favorable soit donn\u00e9e. La France des droits de l\u2019Homme ne peut pas fermer les yeux sur le dossier Thomas Sankara&#8221;, dit-il.<\/p>\n<p> Jusque-l\u00e0, une vingtaine de parlementaires fran\u00e7ais ont d\u00e9pos\u00e9 une proposition de r\u00e9solution r\u00e9clamant la cr\u00e9ation de cette commission d\u2019enqu\u00eate alors qu\u2019il en faut 30.  Ces parlementaires fran\u00e7ais, comme leurs homologues du Burkina, d\u00e9clarent s\u2019appuyer sur des t\u00e9moignages faisant \u00e9tat d\u2019une entreprise de d\u00e9stabilisation men\u00e9e par la France et ses services secrets. Ils expriment leur devoir de &#8220;tout entreprendre pour faire la lumi\u00e8re sur l\u2019hypoth\u00e8se accr\u00e9ditant la mise en cause des services secrets fran\u00e7ais compromis avec des militaires burkinab\u00e8&#8221;.<\/p>\n<p> L\u2019ancien pr\u00e9sident Thomas Sankara (1983-1987) a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 le 15 octobre 1987 dans un coup d\u2019Etat qui a port\u00e9 l\u2019actuel pr\u00e9sident Blaise Compaor\u00e9 au pouvoir.  Alors que l\u2019on se dirigeait vers la fin de la prescription d\u00e9cennale qui frappe les crimes et certains d\u00e9lits au Burkina, la famille Sankara avait saisi les instances judiciaires du pays &#8220;pour assassinat&#8221; par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019un collectif d\u2019avocats.  Ces juridictions s\u2019\u00e9taient d\u00e9clar\u00e9es incomp\u00e9tentes pour se saisir d\u2019une affaire qui s\u2019\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9e dans un camp militaire et qui impliquait des militaires.<\/p>\n<p> Le collectif d\u2019avocats s\u2019\u00e9tait alors tourn\u00e9 en 2006 vers le Comit\u00e9 des droits de l\u2019Homme de l\u2019ONU, mais s\u2019\u00e9tait d\u00e9clar\u00e9 par la suite &#8220;surpris&#8221; par la d\u00e9cision de ce comit\u00e9 en 2008 d\u2019avoir &#8220;clos le dossier sur l\u2019affaire Thomas Sankara sans qu\u2019aucune enqu\u00eate n\u2019ait \u00e9t\u00e9 diligent\u00e9e&#8221;.  En effet, le comit\u00e9 s\u2019\u00e9tait d\u00e9clar\u00e9 satisfait des r\u00e9ponses du gouvernement burkinab\u00e8 \u00e0 ses recommandations, notamment la d\u00e9signation de la tombe du pr\u00e9sident Sankara \u00e0 sa famille et le paiement d\u2019une indemnisation \u00e0 celle-ci. Mais, la famille Sankara a toujours refus\u00e9 cette indemnit\u00e9.<\/p>\n<p> Selon le juriste anonyme, l\u2019Etat burkinab\u00e8 est confort\u00e9 par le fait qu\u2019apr\u00e8s la d\u00e9cision du Comit\u00e9 des droits de l\u2019Homme de l\u2019ONU, aucune autre instance internationale ne peut se saisir du dossier.<\/p>\n<p> Mais selon le collectif d\u2019avocats, l\u2019appel pour l\u2019ouverture des archives fran\u00e7aises a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par 6.600 personnes et a d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u le soutien de nombreuses personnalit\u00e9s et associations de diff\u00e9rents pays.  &#8220;Si nous sommes maintenant en crise, la raison la plus importante est la d\u00e9faillance de notre syst\u00e8me judiciaire&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, l\u2019opposant et d\u00e9put\u00e9 Arba Diallo, un ancien ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res de Thomas Sankara. &#8220;Est-ce que notre justice est capable de jouer son r\u00f4le?&#8221;, demande-t-il, ajoutant: &#8220;Le jour o\u00f9 cela arrivera, ce sera la fin de l\u2019impunit\u00e9 qui est la principale gangr\u00e8ne aujourd\u2019hui&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Cette d\u00e9marche est surtout politique car Thomas Sankara est un patrimoine national qui n\u2019appartient plus aux seuls partis sankaristes&#8221;, affirme le juriste anonyme.<\/p>\n<p> Simon Compaor\u00e9, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du parti au pouvoir, le Congr\u00e8s pour la d\u00e9mocratie et le progr\u00e8s, a lanc\u00e9, en juillet 2011, une boutade devant la d\u00e9termination des d\u00e9put\u00e9s \u00e0 rouvrir le dossier Thomas Sankara, la qualifiant d\u2019une &#8220;fa\u00e7on de meubler leur temps&#8221;.<\/p>\n<p> Mais, l\u2019opposition se dit convaincue que le dossier sera ouvert un jour. &#8220;T\u00f4t ou tard, le dossier reviendra ici car c\u2019est ici le point de d\u00e9part&#8221;, mart\u00e8le Diallo. &#8220;Nous n\u2019avons jamais demand\u00e9 que l\u2019on finisse d\u2019enqu\u00eater sur tout ce qu\u2019il y a eu comme crimes politiques. Nous pensons que tout ce qui a \u00e9t\u00e9 commis comme crime doit faire l\u2019objet d\u2019une enqu\u00eate&#8221;, souligne-t-il.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 22 juil (IPS) &#8211; Des d\u00e9put\u00e9s de l\u2019opposition au Burkina Faso ont demand\u00e9 \u00e0 la France d\u2019ouvrir ses archives afin d\u2019y rechercher les preuves d\u2019une implication pr\u00e9sum\u00e9e des services secrets fran\u00e7ais dans la mort du pr\u00e9sident Thomas Sankara.<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,7,29],"tags":[],"class_list":["post-5650","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-politique","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5650","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5650"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5650\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5650"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5650"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5650"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}