{"id":5588,"date":"2011-06-09T13:40:01","date_gmt":"2011-06-09T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/06\/09\/burkina-faso-des-milliers-dhectares-de-forets-perdus-par-an\/"},"modified":"2011-06-09T13:40:01","modified_gmt":"2011-06-09T13:40:01","slug":"burkina-faso-des-milliers-dhectares-de-forets-perdus-par-an","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/06\/09\/burkina-faso-des-milliers-dhectares-de-forets-perdus-par-an\/","title":{"rendered":"BURKINA FASO: Des milliers d\u2019hectares de for\u00eats perdus par an"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 9 juin (IPS) &#8211; Malgr\u00e9 les efforts de reboisement permettant la mise sous terre de plusieurs milliers de plants chaque ann\u00e9e au Burkina Faso, les autorit\u00e9s tirent la sonnette d\u2019alarme devant le taux de d\u00e9gradation \u00e9lev\u00e9 des for\u00eats dans ce pays sah\u00e9lien.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Selon une enqu\u00eate du minist\u00e8re de l\u2019Environnement et du D\u00e9veloppement durable, quelque 110.500 hectares de for\u00eats sont d\u00e9truits par an, soit 4,04 pour cent de la superficie totale. Ces donn\u00e9es \u00e9taient enregistr\u00e9es entre 1992 et 2002, mais la tendance se poursuit, selon le minist\u00e8re qui indique que plus de 75.000 hectares sont utilis\u00e9s pour les cultures. Et les r\u00e9gions les plus touch\u00e9es sont le centre-ouest, l&#39;est et le sud-ouest du Burkina.  &#8220;Les facteurs sont la baisse de la pluviom\u00e9trie, les feux de brousse, la demande de produits ligneux et non ligneux, le d\u00e9frichement car il faut d\u00e9brousser davantage pour avoir plus de r\u00e9coltes&#8221;, indique \u00e0 IPS, Soumaila Banc\u00e9, le point focal de la Convention sur la diversit\u00e9 biologique au Conseil national pour l\u2019environnement et le d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<p> &#8220;Nous avons une augmentation de la demande qui d\u00e9passe l\u2019offre. La population augmente et les ressources ne sont plus suffisantes pour la nourrir. La superficie qu\u2019on restaure ne suffit pas pour couvrir la demande&#8221;, ajoute Bance Le taux de croissance de la population burkinab\u00e8 est de 3,1 pour cent selon le dernier recensement de 2006.<\/p>\n<p> Les r\u00e9sultats de l\u2019enqu\u00eate du minist\u00e8re de l\u2019Environnement montrent aussi que dans la r\u00e9gion de Kompienga, dans l\u2019est du Burkina, la destruction des formations naturelles a \u00e9t\u00e9 en moyenne de 1.600 kilom\u00e8tres carr\u00e9s en 15 ans. Au niveau du Poni et du Noumbiel, dans le sud-ouest, les savanes arbor\u00e9es ont perdu 60 pour cent de leur \u00e9tendue au profit de la savane arbustive.  Mais, il y a aussi la pauvret\u00e9 qui pousse des jeunes sans emploi \u00e0 s\u2019acharner sur des ressources qui n\u2019appartiennent \u00e0 personne. Donc, ils coupent le bois vert et n\u2019attendent pas la maturation des fruits, a constat\u00e9 Bance.<\/p>\n<p> &#8220;On cueille les fruits immatures; or quand les fruits sont murs, il y a des chances de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration car les graines des fruits qui m\u00fbrissent germent et poussent pour remplacer les grands arbres&#8221;, souligne Bance.<\/p>\n<p> Selon l\u2019Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le Burkina se situe dans la zone rouge actuellement en raison de la d\u00e9gradation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des for\u00eats, qui affecte \u00e9galement les terres.<\/p>\n<p> Entre 1992 et 2009, le centre-ouest du pays a connu un taux de d\u00e9forestation &#8220;extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9&#8221; pour l\u2019agriculture, indique l\u2019UICN qui situe \u00e0 40 pour cent les superficies perdues au profit des champs.  Au niveau national, il y a une acc\u00e9l\u00e9ration de la d\u00e9gradation \u00e0 partir des ann\u00e9es 1990, ajoute l\u2019UICN dans une \u00e9tude publi\u00e9e en mai 2011. Entre 1982 et 1990, elle se situait \u00e0 11 pour cent, mais depuis les ann\u00e9es 2000, la superficie d\u00e9grad\u00e9e atteint 43 pour cent.<\/p>\n<p> &#8220;Il y a un certain nombre de menaces qui p\u00e8sent sur la diversit\u00e9 biologique de notre pays du fait de la d\u00e9gradation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des for\u00eats&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Mouni Sawadogo, chef du programme UICN au Burkina Faso.<\/p>\n<p> La d\u00e9gradation des for\u00eats menace l\u2019existence d\u2019une soixantaine d\u2019esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales dans le pays. La liste rouge de l\u2019UICN indique qu\u2019il y a des esp\u00e8ces animales menac\u00e9es d\u2019extinction et dans certains lacs, des esp\u00e8ces de poissons ont un poids moyen 20 fois inf\u00e9rieur \u00e0 ce qu\u2019ils avaient il y a 30 ans.  Selon Bance, le baobab du chacal, le kapokier, et le prunier sauvage sont parmi les esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales menac\u00e9es de disparition.  &#8220;Il y a une prise de conscience, mais le manque de financement ne suit pas et le code forestier n\u2019est pas appliqu\u00e9&#8221;, explique Sawadogo.  &#8220;Si nous voulons restaurer la biodiversit\u00e9 et freiner l\u2019action destructrice sur les for\u00eats, il faut continuer la reforestation&#8221;, pr\u00e9conise Sina Sere, le directeur g\u00e9n\u00e9ral du Centre national des semences foresti\u00e8res.  Chaque ann\u00e9e, 10 millions de plants sont mis sous terre dans le cadre des campagnes de reforestation, mais tr\u00e8s peu survivent en raison du manque d\u2019entretien.<\/p>\n<p> Un plan strat\u00e9gique 2010-2020 adopt\u00e9 \u00e0 Nagoya, au Japon, exige que chaque pays restaure au moins 15 pour cent de ses zones d\u00e9grad\u00e9es chaque ann\u00e9e d\u2019ici \u00e0 2015.  Selon l\u2019UICN, les for\u00eats produisent actuellement un sixi\u00e8me des \u00e9missions mondiales de carbone lorsqu\u2019elles sont d\u00e9bois\u00e9es, surexploit\u00e9es ou d\u00e9grad\u00e9es.  Par contre, souligne l\u2019UICN dans son rapport, les for\u00eats r\u00e9agissent avec sensibilit\u00e9 au changement climatique lorsqu\u2019elles sont g\u00e9r\u00e9es de fa\u00e7on durable. Elles produisent du combustible ligneux (biocarburant) qui remplace favorablement les combustibles fossiles. Et elles ont \u00e9galement le potentiel d\u2019absorber un dixi\u00e8me des \u00e9missions de carbone mondiales pr\u00e9vues pour la premi\u00e8re moiti\u00e9 de ce si\u00e8cle dans leur biomasse et de les emmagasiner \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Il faut associer les populations \u00e0 la gestion des for\u00eats car elles ont une capacit\u00e9 r\u00e9elle de r\u00e9action. Il y a \u00e7a et l\u00e0 des paysans innovateurs ou des actions de conservation qui marchent; on doit s\u2019inspirer de leur exp\u00e9rience, combiner cela avec ce que la recherche fait et rendre cela disponible pour reproduire ce qui marche d\u00e9j\u00e0&#8221;, insiste Sawadogo. &#8220;Cela permet de maintenir la diversit\u00e9 biologique sur le terrain, et permet aussi aux populations de vivre de cela&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Pour la pr\u00e9servation des ressources naturelles &#8211; l\u2019utilisation durable des ressources naturelles &#8211; les composantes sociales et \u00e9conomiques doivent \u00eatre int\u00e9gr\u00e9es dans le processus de conservation&#8221;, ajoute Sawadogo. Il faut respecter les principes de bonne gouvernance \u00e0 tous les niveaux de la ressource naturelle, dit-il.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 9 juin (IPS) &#8211; Malgr\u00e9 les efforts de reboisement permettant la mise sous terre de plusieurs milliers de plants chaque ann\u00e9e au Burkina Faso, les autorit\u00e9s tirent la sonnette d\u2019alarme devant le taux de d\u00e9gradation \u00e9lev\u00e9 des for\u00eats dans&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/06\/09\/burkina-faso-des-milliers-dhectares-de-forets-perdus-par-an\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,34,11,12,1,20,29],"tags":[],"class_list":["post-5588","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-desert-rampant","category-developpement","category-environnement","category-headlines","category-travail","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5588","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5588"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5588\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5588"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5588"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5588"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}