{"id":5360,"date":"2011-01-18T13:40:01","date_gmt":"2011-01-18T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/01\/18\/cote-divoire-le-recours-aux-nouvelles-techniques-agricoles\/"},"modified":"2011-01-18T13:40:01","modified_gmt":"2011-01-18T13:40:01","slug":"cote-divoire-le-recours-aux-nouvelles-techniques-agricoles","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/01\/18\/cote-divoire-le-recours-aux-nouvelles-techniques-agricoles\/","title":{"rendered":"COTE D\u2019IVOIRE: Le recours aux nouvelles techniques agricoles"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 18 jan (IPS) &#8211; La production nationale de l\u00e9gumes couvre moins de 60 pour cent des besoins en C\u00f4te d\u2019Ivoire \u00e0 cause d\u2019une seule offre saisonni\u00e8re. Les producteurs entendent combler le d\u00e9ficit en variant les techniques agricoles capables de produire plusieurs fois dans l\u2019ann\u00e9e, selon des chercheurs.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Dans son bas-fond de 5.000 m\u00e8tres carr\u00e9s, \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019Abidjan, la capitale \u00e9conomique ivoirienne, o\u00f9 il a l\u2019habitude de cultiver du chou, de l\u2019aubergine, de la patate, de la tomate et de l\u2019arachide sur des buttes, Fran\u00e7ois Adou, 43 ans, a creus\u00e9 des tranch\u00e9es sur 800 m2. Depuis plus d\u2019un an, il y fait exclusivement de la culture de tomates.   &#8220;Il s\u2019agit de la technique hors sol&#8221;, r\u00e9v\u00e8le-t-il \u00e0 IPS, ajoutant que les r\u00e9sultats sont d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s flatteurs. &#8220;Lors des trois premiers mois (mars \u00e0 mai), nous avons r\u00e9colt\u00e9 entre quatre et cinq tonnes. Actuellement, nous proc\u00e9dons \u00e0 une autre r\u00e9colte et nous devons avoisiner les six tonnes&#8221;, expliquait Adou \u00e0 IPS, en ao\u00fbt 2010, l\u2019air satisfait.   Pour un investissement d\u2019un million de francs CFA (environ 2.061 dollars) pour l\u2019achat de substrat et l\u2019entretien des plants, il a obtenu 2,7 millions FCFA (5.567 dollars) pour la vente de sa premi\u00e8re production de cinq tonnes et demie. Sur le march\u00e9 ivoirien, le prix du kilogramme de tomates varie entre 500 FCFA (1,03 dollar) et 600 FCFA (1,23 dollar).  Au m\u00eame mois d\u2019ao\u00fbt, son voisin Amidou Traor\u00e9, 45 ans, entamait le projet sur 600 m2. En d\u00e9cembre dernier, il \u00e9tait parvenu \u00e0 \u00e9couler 1,750 tonne de tomates \u00e0 des industriels. &#8220;J\u2019ai pu engranger 962.500 FCFA (environ 1.984 dollars). La moiti\u00e9 m\u2019a servi \u00e0 rembourser une partie de l\u2019investissement de 850.000 FCFA (1.752 dollars). Dans deux mois, je dois effacer l\u2019ardoise&#8221;, affirme-t-il \u00e0 IPS.  Technique pr\u00e9conis\u00e9e par la Maison du g\u00e9nie agricole (Agribusiness &#038; Contract Farming &#8211; GenieAgro), une organisation ind\u00e9pendante locale bas\u00e9e \u00e0 Abidjan, le hors sol permet d&#39;utiliser \u00e0 la place de la terre, un substrat compos\u00e9 de coques de cacao, r\u00e9sidus de scierie et d\u00e9chets industriels d&#39;origine v\u00e9g\u00e9tale.  Ce substrat peut \u00eatre dispos\u00e9 dans des tranch\u00e9es avec du plastique, dans des bacs en bois, ou dans des sachets. Et c&#39;est sur cette mati\u00e8re (substrat) que poussent les plants, selon Agribusiness.  &#8220;Pour une superficie de 1.000 m2, il faut un investissement de trois millions de FCFA (environ 6.185 dollars). Et le retour sur investissement est possible d\u00e8s les trois premiers mois&#8221;, affirme Simplice Kouassi, un g\u00e9n\u00e9ticien. &#8220;Le cycle de production \u00e9tant de trois mois, \u00e0 chaque \u00e9ch\u00e9ance, le planteur peut empocher un b\u00e9n\u00e9fice de 1,19 million de FCFA (2.453 dollars)&#8221;.   Seulement, \u00e0 ce jour, l\u2019entreprise de fabrication de substrat, bas\u00e9e \u00e0 Songon, au sud-est d\u2019Abidjan, a une faible production de 200 sacs de substrats par jour. Certains produits entrant dans la fabrication du substrat se font souvent rares.  Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la production de tomates en C\u00f4te d\u2019Ivoire a connu une baisse de plus de 50 pour cent, passant de 320.000 tonnes \u00e0 150.000 tonnes, selon les groupements de producteurs. Cette chute est due d\u2019abord au fl\u00e9trissement bact\u00e9rien (maladie li\u00e9e \u00e0 la composition de la terre). Il y a ensuite l\u2019abandon de la culture par des producteurs du fait du retard des pluies et de la forte concurrence de la tomate import\u00e9e du Burkina Faso, du Mali et de l&#39;Europe.   &#8220;Il y avait une menace r\u00e9elle sur la production locale de tomates qui demandait que l\u2019on trouve une r\u00e9ponse rapide&#8230; dans le sud. Car le nord reste attach\u00e9 \u00e0 la culture traditionnelle sur terre ou encore la culture irrigu\u00e9e pas tr\u00e8s productive&#8221;, explique \u00e0 IPS, Antoine N\u2019Guetta, un ing\u00e9nieur agronome.  Depuis 2009, avec l\u2019adoption de la culture hors sol par pr\u00e8s de 200 producteurs, la production a connu une hausse d&#39;environ 50 pour cent, soit pr\u00e8s de 225.000 tonnes en 2010. Le pays compte quelque 3.000 producteurs de tomates.   Dans la localit\u00e9 d\u2019Aniassu\u00e9 (est du pays), Brou Bernard N\u2019guessan, 42 ans, et sa femme Antoinette Ahou Koffi, 37 ans, disposent chacun d\u2019une parcelle de 500 m2. Le premier produit du ma\u00efs et de la banane plantain, tandis que la seconde a am\u00e9nag\u00e9 son site pour l\u2019aubergine, le gombo et le piment.  Dans cette zone aride du pays o\u00f9 l\u2019eau se fait rare souvent, le couple a fait le choix de l\u2019irrigation goutte-\u00e0-goutte depuis un an comme 150 autres producteurs locaux. Cette technique est caract\u00e9ris\u00e9e par un apport d&#39;eau localis\u00e9, fr\u00e9quent et continu utilisant des d\u00e9bits r\u00e9duits \u00e0 de faibles pressions. Seule la fraction du sol exploit\u00e9e par les racines est continuellement humect\u00e9e, selon des techniciens agricoles.  &#8220;Il n\u2019y a pas de p\u00e9riode d\u00e9finie o\u00f9 j\u2019effectue des r\u00e9coltes&#8221;, se r\u00e9jouit Ahou, form\u00e9e il y a deux ans par une structure priv\u00e9e d\u00e9nomm\u00e9e Initiative pour le d\u00e9veloppement agricole en C\u00f4te d\u2019Ivoire, bas\u00e9e \u00e0 Abidjan. &#8220;Chaque fois que l\u2019occasion se pr\u00e9sente, c\u2019est la cueillette et la vente au march\u00e9&#8221;, dit-elle \u00e0 IPS.  Avec l\u2019aide d\u2019une bonne volont\u00e9, Ahou et Nguessan ont pu r\u00e9unir la somme de 600.000 FCFA (environ 1.237 dollars) pour la r\u00e9alisation de leur projet. &#8220;Notre premier revenu est intervenu apr\u00e8s trois mois avec un gain de 135.000 FCFA (278 dollars) \u00e0 la vente des produits de ma femme et du ma\u00efs&#8221;, ajoute N\u2019guessan Brou \u00e0 IPS. &#8220;Mais la banane a pris un peu de temps et nous avons pu en tirer 35.000 FCFA (72 dollars)&#8221;.   &#8220;Toutes les initiatives sont encore men\u00e9es par des particuliers et des organisations coop\u00e9ratives&#8221;, d\u00e9plore Andr\u00e9 Coulibaly, un \u00e9conomiste. &#8220;Il est important que les pouvoirs publics investissent \u00e0 l\u2019installation des jeunes \u00e0 ces diff\u00e9rentes techniques agricoles. D\u2019ici deux ans, elles peuvent garantir l\u2019autosuffisance dans certains secteurs&#8221;, souligne-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 18 jan (IPS) &#8211; La production nationale de l\u00e9gumes couvre moins de 60 pour cent des besoins en C\u00f4te d\u2019Ivoire \u00e0 cause d\u2019une seule offre saisonni\u00e8re. 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