{"id":5348,"date":"2011-01-13T13:40:01","date_gmt":"2011-01-13T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/01\/13\/niger-le-composte-a-base-dordures-est-prise-dans-le-maraichage\/"},"modified":"2011-01-13T13:40:01","modified_gmt":"2011-01-13T13:40:01","slug":"niger-le-composte-a-base-dordures-est-prise-dans-le-maraichage","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/01\/13\/niger-le-composte-a-base-dordures-est-prise-dans-le-maraichage\/","title":{"rendered":"NIGER: Le composte \u00e0 base d\u2019ordures est pris\u00e9 dans le mara\u00eechage"},"content":{"rendered":"<p>NIAMEY, 13 jan (IPS) &#8211; Moussa Oumarou, un mara\u00eecher de Goudel, au Niger, plonge en profondeur sa main dans un monticule de mati\u00e8re granul\u00e9e gris\u00e2tre entass\u00e9e au bord d\u2019une fosse rectangulaire. Il en extrait une poign\u00e9e qu\u2019il \u00e9crase entre ses doigts et porte la poudre obtenue \u00e0 ses narines pour sentir l\u2019odeur.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Oumarou, qui est membre d\u2019une coop\u00e9rative mara\u00eech\u00e8re d\u00e9nomm\u00e9e &#39;Beegu\u00e9&#39; \u00e0 Goudel, un village p\u00e9riph\u00e9rique \u00e0 l\u2019ouest de Niamey, la capitale nig\u00e9rienne, d\u00e9clare \u00e0 IPS : &#8220;Quand le composte est \u00e0 point, il ne sent pas. Il ne reste plus qu\u2019\u00e0 conditionner ce tas qui est encore l\u00e9g\u00e8rement humide dans des sacs de 50 kilos que nous vendons ici m\u00eame sur le site de fabrication et dans des points de vente en ville&#8221;. La coop\u00e9rative compte 70 membres dont une cinquantaine de femmes.  &#39;Beegu\u00e9&#39;, qui signifie &#8220;attrait&#8221; en langue Djerma, est une coop\u00e9rative dont les membres ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une formation en fabrication de composte \u00e0 base d\u2019ordures, dispens\u00e9e par la F\u00e9d\u00e9ration des coop\u00e9ratives mara\u00eech\u00e8res du Niger, bas\u00e9e \u00e0 Niamey, selon Ma\u00efmouna Hamidou, une technicienne rattach\u00e9e \u00e0 la section des coop\u00e9ratives de la capitale.             &#8220;La F\u00e9d\u00e9ration des coop\u00e9ratives mara\u00eech\u00e8res r\u00e9unit 127 coop\u00e9ratives et unions de coop\u00e9ratives diss\u00e9min\u00e9es sur l\u2019ensemble du territoire, avec plus de 30.000 membres&#8221;, indique \u00e0 IPS, Amadou Ousmane, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la f\u00e9d\u00e9ration \u00e0 Niamey.    &#8220;Le composte est obtenu \u00e0 base de tiges de mil, de jacinthe d\u2019eau qu\u2019on trouve abondamment dans le fleuve (Niger), d\u2019ordures d\u00e9barrass\u00e9es des m\u00e9taux et autres mati\u00e8res plastiques en provenance de certains march\u00e9s de Niamey, d\u2019excr\u00e9ments d\u2019animaux domestiques et de phosphate naturel qui provient de Tahoua (centre du pays)&#8221;, explique Cha\u00efbou Garba, un autre membre de Beegu\u00e9.  &#8220;Nous le fabriquons dans ces fosses rectangulaires en superposant les ordures sur le m\u00e9lange de tiges et de jacinthe d\u00e9coup\u00e9es en morceaux. Ensuite, nous r\u00e9pandons les d\u00e9jections animales et le phosphate, puis nous aspergeons abondamment la composition avant de fermer le trou avec du plastique pour emp\u00eacher l\u2019air d\u2019y p\u00e9n\u00e9trer&#8221;, d\u00e9crit Garba \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &#8220;Au bout de 15 jours, on sort la fermentation pour m\u00e9langer les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments avec de l\u2019eau et on remet le m\u00e9lange obtenu dans la fosse qu\u2019on referme. Un mois plus tard, on ressort ce m\u00e9lange qui devient du composte pr\u00eat pour l\u2019utilisation&#8221;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Selon Amadou Atikou, le technicien qui a analys\u00e9 le fertilisant \u00e0 l\u2019Institut national des recherches agronomiques du Niger (INRAN) bas\u00e9 \u00e0 Niamey, ce composte est tr\u00e8s riche en azote et en phosphore indispensables pour une bonne croissance des plantes.<\/p>\n<p> &#8220;C\u2019est un fertilisant qui ne pr\u00e9sente aucune nocivit\u00e9, dont la plante se sert aussit\u00f4t qu\u2019il est r\u00e9pandu dans le champ contrairement au fumier ou l\u2019engrais chimique qui mettent un temps \u00e0 se d\u00e9composer avant d\u2019\u00eatre utiles aux cultures&#8221;, explique Atikou \u00e0 IPS.  &#8220;Mieux, il conserve durablement la productivit\u00e9 du sol qui n\u2019aura plus besoin d\u2019\u00eatre fertilis\u00e9 chaque ann\u00e9e et permet d\u2019obtenir des produits de qualit\u00e9 avec un go\u00fbt naturel&#8221;, rench\u00e9rit Hamidou \u00e0 IPS.  &#8220;Pour la fertilisation d\u2019une planche de l\u00e9gumes ou de riz, neuf kilogrammes de composte suffisent pour toute la campagne&#8221;, indique \u00e0 IPS, Hadiza Garba, une membre de la coop\u00e9rative Beegu\u00e9.    Selon Oumarou, en fonction de la grandeur de la fosse, la quantit\u00e9 de composte qu\u2019on peut obtenir varie entre 15 et 40 sacs, vendu \u00e0 2.500 francs CFA (environ 5,2 dollars US) l\u2019unit\u00e9. &#8220;Il y a seulement deux ans que nous avons commenc\u00e9 cette activit\u00e9 et cela a permis \u00e0 notre coop\u00e9rative de r\u00e9aliser des recettes de l\u2019ordre de 500.000 FCFA (environ 1.042 dollars)&#8221;.<\/p>\n<p> Comme investissement, la coop\u00e9rative d\u00e9pense notamment pour l\u2019achat du phosphate naturel vendu \u00e0 3.500 FCFA (environ 7,2 dollars) le sac \u00e0 Niamey, et il faut au moins trois sacs pour une fosse de composte, selon Garba. &#8220;Les brouettes, les pioches, les pelles, les r\u00e2teaux ainsi que les gants, bottes et masques, sont offerts gracieusement \u00e0 la coop\u00e9rative par l\u2019ONG internationale Oxfam Qu\u00e9bec, par l\u2019entremise de la f\u00e9d\u00e9ration&#8221;, dit-elle.         &#8220;Cette activit\u00e9 nous facilite l\u2019enl\u00e8vement des ordures qui sont directement achemin\u00e9es sur les sites de production au lieu d\u2019\u00eatre d\u00e9vers\u00e9es dans la nature&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Djibo Amadou, un agent d\u2019assainissement de la ville de Niamey.<\/p>\n<p> Le fertilisant, dont la fabrication est largement vulgaris\u00e9e actuellement dans ce pays sah\u00e9lien d\u2019Afrique de l\u2019ouest, est utilis\u00e9 sur tous les sites de cultures mara\u00eech\u00e8res, et m\u00eame par certains riziculteurs de la capitale, le long de la vall\u00e9e du fleuve Niger, a constat\u00e9 IPS.<\/p>\n<p> &#8220;Depuis que j\u2019ai d\u00e9couvert ce composte qui me donne enti\u00e8rement satisfaction du point de vue de la production, je n\u2019utilise plus l\u2019engrais chimique. Les l\u00e9gumes que je produis sont pris\u00e9s sur le march\u00e9 \u00e0 cause de leur go\u00fbt naturel&#8221;, assure Alzouma Halidou, un mara\u00eecher de Saguia, un site de cultures de contre-saison \u00e0 Niamey.<\/p>\n<p> Selon Douma Abdoulsalam, formateur principal en production de composte \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration des coop\u00e9ratives mara\u00eech\u00e8res du Niger, l\u2019efficacit\u00e9 du fertilisant s\u2019observe d\u00e8s la phase de production des plants qui seront ensuite repiqu\u00e9s.  &#8220;Dans la production d\u2019oignons, l\u2019utilisation du composte amoindrit les pertes qui sont d\u2019environ 10 pour cent seulement lors de la conservation, contre 50 \u00e0 60 pour cent avec l\u2019engrais chimique&#8221;, souligne Abdoulsalam \u00e0 IPS.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NIAMEY, 13 jan (IPS) &#8211; Moussa Oumarou, un mara\u00eecher de Goudel, au Niger, plonge en profondeur sa main dans un monticule de mati\u00e8re granul\u00e9e gris\u00e2tre entass\u00e9e au bord d\u2019une fosse rectangulaire. 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