{"id":5334,"date":"2010-12-30T13:40:01","date_gmt":"2010-12-30T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/12\/30\/kenya-les-legumes-traditionnels-peuvent-ameliorer-la-securite-alimentaire-selon-les-chercheurs\/"},"modified":"2010-12-30T13:40:01","modified_gmt":"2010-12-30T13:40:01","slug":"kenya-les-legumes-traditionnels-peuvent-ameliorer-la-securite-alimentaire-selon-les-chercheurs","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/12\/30\/kenya-les-legumes-traditionnels-peuvent-ameliorer-la-securite-alimentaire-selon-les-chercheurs\/","title":{"rendered":"KENYA: Les l\u00e9gumes traditionnels peuvent am\u00e9liorer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, selon les chercheurs"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 30 d\u00e9c (IPS) &#8211; Selon &#39;Vision 2030&#39;, un plan strat\u00e9gique du gouvernement sur la mani\u00e8re de relancer la croissance et le d\u00e9veloppement au Kenya, environ cinq millions de m\u00e9nages sur huit millions d\u00e9pendent directement de l\u2019agriculture. Pourtant, le minist\u00e8re qui s\u2019en occupe continue d\u2019\u00eatre l\u2019un des moins budg\u00e9tis\u00e9s.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Avec l\u2019ann\u00e9e budg\u00e9taire en cours, on n\u2019a attribu\u00e9 \u00e0 l\u2019agriculture qu\u2019un maigre pourcentage de 3,6 pour cent du budget national; ce qui est loin de la barre des 10 pour cent que le gouvernement s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 mettre de c\u00f4t\u00e9 pour le secteur agricole. Avec une sur-d\u00e9pendance sur l\u2019agriculture pour la subsistance et le commerce \u00e0 la fois, un grand nombre de population se trouve dans le besoin urgent d\u2019aide alimentaire.<\/p>\n<p> Les organisations humanitaires telles que le Programme alimentaire mondial, indiquent qu\u2019environ 1,6 million de Kenyans sont confront\u00e9s \u00e0 la famine. La situation s\u2019est d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e en raison des changements climatiques drastiques. Les pluies ne sont plus fiables du fait de ces changements et la plupart des Kenyans ne s\u2019adaptent pas encore aux moyens novateurs et durables visant \u00e0 capter l\u2019eau de pluie.<\/p>\n<p> Selon &#39;Kenya Food Security Meeting&#39; (KFSM), le principal organe de coordination qui rassemble les acteurs de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans un forum visant \u00e0 tracer les diverses strat\u00e9gies pour l\u2019am\u00e9lioration de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, il y a eu en g\u00e9n\u00e9ral une p\u00e9nurie de pluie dans le pays depuis 2007, qui a entra\u00een\u00e9 la d\u00e9t\u00e9rioration de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, bien qu\u2019il y ait eu une am\u00e9lioration notable des petites saisons pluvieuses dans les r\u00e9gions pastorales rudement affect\u00e9es par la s\u00e9cheresse.<\/p>\n<p> C\u2019est contre cet \u00e9tat de choses que les chercheurs ont intensifi\u00e9 les recherches sur les cultures pouvant pousser dans la plupart des r\u00e9gions du pays et pouvant \u00eatre utilis\u00e9es pour all\u00e9ger l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/p>\n<p> Cela a pouss\u00e9 la plupart des Kenyans \u00e0 accueillir les l\u00e9gumes traditionnels qui ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment rejet\u00e9s comme \u00e9tant &#8220;la culture de l\u2019homme pauvre&#8221;. &#8220;Ces l\u00e9gumes poussent facilement et, pour la plupart des gens, ils sont consid\u00e9r\u00e9s comme des mauvaises herbes; seules les personnes tr\u00e8s pauvres s\u2019y int\u00e9ressent en guise de nourriture. Ils sont, cependant, tr\u00e8s nutritifs et je les cultive sur ma ferme ensemble avec les cultures plus modernes comme le chou fris\u00e9&#8221;, explique Tabitha Njoki, une petite agricultrice du comt\u00e9 de Juja, au centre du Kenya.<\/p>\n<p> Ce changement d\u2019attitude envers les l\u00e9gumes traditionnels remonte \u00e0 20 ans, au moment o\u00f9 le professeur Mary Abukutsa Onyango, maintenant enseignante \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019agriculture et de technologie Jomo Kenyatta, \u00e9tait l\u2019un des premiers \u00e0 effectuer des travaux approfondis sur les l\u00e9gumes traditionnels tels que l\u2019aubergine d\u2019Afrique, les morelles noires et le ni\u00e9b\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Les recherches ont \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9es de mon exp\u00e9rience d\u2019avoir eu \u00e0 vivre de l\u00e9gumes depuis l\u2019enfance parce que j\u2019\u00e9tais allergique aux prot\u00e9ines animales. Je sais, par cons\u00e9quent, que les l\u00e9gumes traditionnels sont riches en nutriments et qu\u2019ils sont faciles \u00e0 cultiver&#8221;, explique Abukutsa. &#8220;Je voulais que mes recherches am\u00e9liorent la compr\u00e9hension sur les l\u00e9gumes traditionnels et qu\u2019elles aident les agriculteurs \u00e0 gagner leur vie en vendant les r\u00e9coltes&#8221;.<\/p>\n<p> Ses recherches sur les l\u00e9gumes traditionnels africains ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que l\u2019introduction des l\u00e9gumes exotiques tels que les asperges et les brocolis au Kenya a eu, comme c\u2019est le cas avec la plupart des pays africains, un effet n\u00e9gatif sur la consommation et la commercialisation des l\u00e9gumes traditionnels.<\/p>\n<p> Les l\u00e9gumes exotiques disposent d\u2019un march\u00e9, mais surtout chez les riches. Ils sont chers et, par cons\u00e9quent, marginalisent les Kenyans qui vivent en dessous du seuil de pauvret\u00e9 et qui sont estim\u00e9s \u00e0 60 pour cent de la population rurale, selon les rapports du gouvernement tels que l\u2019enqu\u00eate d\u00e9mographique et de sant\u00e9 du Kenya de 2009&#8243;, explique Nduati Kigo, un fonctionnaire agricole au centre du Kenya.<\/p>\n<p> Il ajoute que depuis que les l\u00e9gumes exotiques disponibles sont inaccessibles pour le Kenyan ordinaire, et qu\u2019avec peu d\u2019options disponibles en raison du manque d\u2019int\u00e9gration des l\u00e9gumes traditionnels, la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire demeure une r\u00e9alit\u00e9 pour la plupart des m\u00e9nages.<\/p>\n<p> L\u2019impact n\u00e9gatif est \u00e0 un tel point que, &#8220;dans le domaine de recherche sur la culture, les l\u00e9gumes traditionnels n\u2019ont acquis de reconnaissance au niveau national, r\u00e9gional et international que r\u00e9cemment&#8221;, ajoute Abukutsa.<\/p>\n<p> Ses recherches ont eu plusieurs facettes et ont impliqu\u00e9 des solutions \u00e0 l\u2019attitude n\u00e9gative vis-\u00e0-vis des l\u00e9gumes traditionnels. Cela l\u2019a amen\u00e9e \u00e0 fournir des enseignements sur la fa\u00e7on de cultiver les diff\u00e9rents l\u00e9gumes, ainsi que des recettes sur la fa\u00e7on de les pr\u00e9parer.<\/p>\n<p> &#8220;Au fil des ann\u00e9es, j\u2019ai form\u00e9 77 agriculteurs de contact \u00e0 l\u2019ouest du Kenya et 23 agriculteurs dans le centre sur la production de la semence des l\u00e9gumes traditionnels, dans le but de suivre de pr\u00e8s leurs progr\u00e8s et de les avoir aussi comme des mod\u00e8les pour la promotion et le repositionnement de ce qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment rejet\u00e9 comme \u00e9tant l\u2019aliment des personnes tr\u00e8s pauvres mais qui s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 tr\u00e8s riche en nutriments&#8221;, expose Abukutsa.<\/p>\n<p> Elle explique en outre que, gr\u00e2ce aux efforts concert\u00e9s des diff\u00e9rentes parties prenantes pour la vulgarisation des l\u00e9gumes traditionnels, ces derniers sont maintenant disponibles dans les restaurants, les march\u00e9s et m\u00eame les supermarch\u00e9s et que les gens n\u2019ont pas besoin de se d\u00e9placer vers les r\u00e9gions rurales pour les avoir.<\/p>\n<p> Cependant, le professeur explique qu\u2019il reste encore beaucoup \u00e0 faire pour que les Kenyans accueillent les l\u00e9gumes traditionnels comme une option alimentaire, jusqu\u2019\u00e0 ce que les agriculteurs puissent s\u2019y int\u00e9resser comme culture commerciale \u00e0 grande \u00e9chelle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 30 d\u00e9c (IPS) &#8211; Selon &#39;Vision 2030&#39;, un plan strat\u00e9gique du gouvernement sur la mani\u00e8re de relancer la croissance et le d\u00e9veloppement au Kenya, environ cinq millions de m\u00e9nages sur huit millions d\u00e9pendent directement de l\u2019agriculture. 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