{"id":5263,"date":"2010-11-18T13:40:01","date_gmt":"2010-11-18T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/11\/18\/senegal-difficile-abandon-de-lexcision-et-du-mariage-precoce-a-podor\/"},"modified":"2010-11-18T13:40:01","modified_gmt":"2010-11-18T13:40:01","slug":"senegal-difficile-abandon-de-lexcision-et-du-mariage-precoce-a-podor","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/11\/18\/senegal-difficile-abandon-de-lexcision-et-du-mariage-precoce-a-podor\/","title":{"rendered":"SENEGAL: Difficile abandon de l\u2019excision et du mariage pr\u00e9coce \u00e0 Podor"},"content":{"rendered":"<p>PODOR, S\u00e9n\u00e9gal, 18 nov (IPS) &#8211; Les d\u00e9g\u00e2ts de l\u2019excision sont encore \u00e9normes \u00e0 Podor, une ville du nord du S\u00e9n\u00e9gal, affirment les responsables hospitaliers de la localit\u00e9. M\u00eame si la pratique recule timidement, certains chefs religieux de cette r\u00e9gion la cautionnent encore.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Ils s\u2019insurgent notamment contre la d\u00e9claration d\u2019abandon de l\u2019excision et du mariage forc\u00e9, affirmant que ces pratiques font partie int\u00e9grante de leurs coutumes. Pourtant, cette d\u00e9claration d\u2019abandon a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e \u00e0 Podor, le 3 octobre dernier par des chefs religieux d\u2019une soixantaine de villages sur les quelque 300 que compte ce d\u00e9partement.<\/p>\n<p> Les mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines (MGF) sont interdites par la loi au S\u00e9n\u00e9gal, mais la pratique de l\u2019excision a encore de beaux jours devant elle \u00e0 Podor, malgr\u00e9 les campagnes de sensibilisation men\u00e9es dans le pays par des organisations non gouvernementales (ONG) luttant contre les MGF.  Parmi ces organisations, figure l\u2019ONG am\u00e9ricaine Tostan (qui signifie \u00e9closion en wolof) qui sensibilise les femmes et les marabouts de Podor pour l\u2019abandon d\u00e9finitif de l\u2019excision et du mariage forc\u00e9.  Selon Abdoulaye Kand\u00e9, coordonnateur r\u00e9gional de Tostan, l\u2019abandon de la pratique de l\u2019excision ne veut pas dire de combattre l\u2019islam ou vouloir introduire des normes sociales contraire aux bonnes coutumes de la r\u00e9gion.  \u00abLe gouvernement du S\u00e9n\u00e9gal s\u2019est fix\u00e9 un objectif que d\u2019ici \u00e0 2015 cette pratique de l\u2019excision soit un souvenir lointain pour les populations qui s\u2019y adonnent encore. Au niveau de notre organisation, nous allons collaborer avec les autorit\u00e9s pour que l\u2019abandon de l\u2019excision et du mariage forc\u00e9 et pr\u00e9coce, soit effectif. Nous allons continuer de sensibiliser les populations sur les m\u00e9faits de ces pratiques\u00bb, souligne-t-il \u00e0 IPS.  Mais, Amadou Ba, sociologue \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Gaston Berger de Saint-Louis, une ville non loin de Podor, estime que cette pratique ne peut \u00eatre annihil\u00e9e du jour au lendemain et qu\u2019il faut d\u2019abord faire comprendre aux leaders d\u2019opinion de la localit\u00e9 le bien-fond\u00e9 de l\u2019abandon de l\u2019excision sans frustrer personne.  \u00abSensibiliser la foule ou un groupe de personnes ne peut pas faire un effet. L\u2019excision et le mariage pr\u00e9coce ou forc\u00e9 sont encr\u00e9s dans la vie des populations de Podor\u00bb, explique Ba. \u00abComment pouvez-vous comprendre qu\u2019une jeune fille qui n\u2019est pas excis\u00e9e soit exclue du groupe des femmes? Elle n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9e comme une femme. Donc, il est pr\u00e9f\u00e9rable que les organisations de lutte contre l\u2019excision mettent en place d\u2019autres strat\u00e9gies de communication et d\u2019approche pour aborder la pratique de l\u2019excision\u00bb, sugg\u00e8re-t-il.  Selon certains leaders religieux de la r\u00e9gion de Podor, la non-pratique de l\u2019excision et du mariage pr\u00e9coce est contre les pr\u00e9ceptes de l\u2019islam. Thierno Hamath Mbodj, imam de la mosqu\u00e9e de Diattar, non loin de Podor, d\u00e9clare que l\u2019islam n\u2019a jamais interdit la pratique de l\u2019excision ou du mariage pr\u00e9coce d\u2019une jeune fille. \u00abExciser une fille est bel et bien recommand\u00e9 par l\u2019islam. Ces pratiques ont exist\u00e9 depuis et n\u2019ont jamais eu d\u2019impact n\u00e9gatif\u00bb, dit-il.  \u00abPersonne ne peut nous interdire ce que l\u2019islam nous autorise \u00e0 faire. Nous continuerons \u00e0 exciser nos filles et donnerons nos filles en mariage au moment opportun\u00bb, affirme-t-il.  Mais Gamadji Sar\u00e9, un autre imam de Podor, ne partage pas cette compr\u00e9hension de l\u2019excision. &#8220;Certains disent que ce n\u2019est pas obligatoire, d\u2019autres soutiennent le contraire. Il faut que les religieux se rencontrent pour se concerter dans le sens d\u2019abandonner la pratique, parce que tout le monde sait que c\u2019est interdit par la loi; m\u00eame l&#39;islam ne l&#39;autorise pas, cela fait plut\u00f4t partie de nos coutumes&#8221;, explique-t-il \u00e0 IPS.  Hawa Abdoul B\u00e2, membre du Comit\u00e9 de gestion communautaire de Podor, d\u00e9clare que les femmes ont peur de ne pas exciser leurs filles. \u00abSelon les informations \u00e0 notre possession, une femme qui n\u2019est pas excis\u00e9e est difficile \u00e0 satisfaire sur le plan sexuel. C\u2019est pourquoi l\u2019on doit amener sa fille chez l\u2019exciseuse pour lui couper le clitoris afin qu\u2019elle puisse ma\u00eetriser sa sexualit\u00e9 jusqu\u2019au mariage\u00bb, dit-elle.  Toutefois, Aminata Ba Diallo, ex-exciseuse de Podor, affirme que les parents ne veulent plus faire exciser leur fille. &#8220;J&#39;ai sensibilis\u00e9 une amie qui pratique toujours l&#39;excision, elle se plaint que les parents n&#39;am\u00e8nent plus leurs filles. Dans mon quartier \u00e0 Somna, depuis janvier jusqu&#39;\u00e0 pr\u00e9sent, 12 filles seulement auraient \u00e9t\u00e9 excis\u00e9es et les parents sont menac\u00e9s par les autorit\u00e9s. La pratique diminue&#8221;, explique-t-elle \u00e0 IPS.  Selon les responsables sanitaires de Podor, les s\u00e9quelles occasionn\u00e9es par l\u2019excision sont \u00e9normes. En plus de l\u2019ablation du clitoris et des petites l\u00e8vres du vagin, la sage-femme Fatou Diaw S\u00e8ne souligne les cas de frigidit\u00e9, de t\u00e9tanos, de fistule et d\u2019accouchements difficiles qui sont fr\u00e9quents chez les femmes excis\u00e9es.  Dr Maodo Malick Diop, m\u00e9decin-chef du district sanitaire de Podor, explique que l\u2019excision rend les accouchements difficiles lors de la phase de l\u2019expulsion du b\u00e9b\u00e9 \u00e0 cause du r\u00e9tr\u00e9cissement de l\u2019orifice vulvo-g\u00e9nital. A Podor, indique-t-il, sept femmes sur dix qui viennent accoucher, sont excis\u00e9es.  \u00abLes petites l\u00e8vres de l\u2019appareil g\u00e9nital f\u00e9minin jouent un grand r\u00f4le dans l\u2019accouchement, elles sont \u00e9lastiques et s\u2019ouvrent pour que la t\u00eate de l\u2019enfant sorte. Avec l\u2019excision, elles perdent cette \u00e9lasticit\u00e9 des tissus. Les complications li\u00e9es \u00e0 l\u2019excision nous poussent \u00e0 recourir souvent \u00e0 l\u2019accouchement par c\u00e9sarienne&#8230;\u00bb, souligne-t-il \u00e0 IPS.  Le risque des nombreuses c\u00e9sariennes est souvent li\u00e9, selon Dr Diop, \u00e0 la ligature des trompes de la femme pour \u00e9viter d\u2019autres grossesses afin de pr\u00e9server sa sant\u00e9. \u00abL\u2019excision est une pratique \u00e0 d\u00e9noncer\u00bb, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PODOR, S\u00e9n\u00e9gal, 18 nov (IPS) &#8211; Les d\u00e9g\u00e2ts de l\u2019excision sont encore \u00e9normes \u00e0 Podor, une ville du nord du S\u00e9n\u00e9gal, affirment les responsables hospitaliers de la localit\u00e9. 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