{"id":5096,"date":"2010-08-25T13:40:01","date_gmt":"2010-08-25T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/08\/25\/afrique-une-chercheuse-sattaque-a-lintoxication-par-laflatoxine\/"},"modified":"2010-08-25T13:40:01","modified_gmt":"2010-08-25T13:40:01","slug":"afrique-une-chercheuse-sattaque-a-lintoxication-par-laflatoxine","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/08\/25\/afrique-une-chercheuse-sattaque-a-lintoxication-par-laflatoxine\/","title":{"rendered":"AFRIQUE: Une chercheuse s\u2019attaque \u00e0 l\u2019intoxication par l\u2019aflatoxine"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 3 sep (IPS) &#8211; Malgr\u00e9 une r\u00e9colte record de ma\u00efs il y a juste quelques mois, plusieurs habitants dans la partie orientale du Kenya sont confront\u00e9s \u00e0 la faim et la famine. Si des greniers dans la r\u00e9gion peuvent \u00eatre pleins, le grain ne peut pas \u00eatre vendu, encore moins consomm\u00e9.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Les gens disent qu\u2019il est contamin\u00e9. Les experts gouvernementaux nous ont pr\u00e9venus qu&#39;il contient des aflatoxines&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Judith Mwende du village de Mutomo, dans le district de Kitui, dans l\u2019est du Kenya.  Les aflatoxines, localement d\u00e9sign\u00e9es dans la r\u00e9gion par &#39;mbuka&#39;, ont affect\u00e9 presque tous les habitants de la Province orientale du Kenya. Les aflatoxines sont des sous-produits de champignons toxiques, canc\u00e9rig\u00e8nes qui colonisent, entre autres cultures, le ma\u00efs et l&#39;arachide. Elles constituent un poison pour les humains et les animaux.  Avec des larmes coulant sur ses joues, Mwende rappelle comment elle a perdu sa m\u00e8re et sa fille il y a six ans. Sur les 123 habitants dans la r\u00e9gion, elles n&#39;\u00e9taient que les deux personnes qui sont mortes apr\u00e8s avoir consomm\u00e9 du ma\u00efs contamin\u00e9 par l&#39;aflatoxine en 2004.  &#8220;Lorsque nous l\u2019avons r\u00e9colt\u00e9, nous pensions que c&#39;\u00e9tait de la nourriture. Nous ne savions pas que c&#39;\u00e9tait du poison. Et maintenant, le voil\u00e0 de nouveau. Nous avons plant\u00e9 du ma\u00efs pour l\u2019alimentation, mais ce que nous avons, c\u2019est quelque chose de toxique dans nos greniers&#8221;, a indiqu\u00e9 cette femme d&#39;un certain \u00e2ge, m\u00e8re de trois enfants, qui fait partie de plusieurs autres agriculteurs saisonniers dans la r\u00e9gion. Mwende ne plante les cultures que lorsque les pluies viennent, et dans cette r\u00e9gion, les pr\u00e9cipitations ont \u00e9t\u00e9 insaisissables, apr\u00e8s trois ans de s\u00e9cheresse, il n\u2019a plu dans la r\u00e9gion qu\u2019en 2009.  La situation critique de Mwende et d&#39;autres agriculteurs comme elle est la raison pour laquelle une femme a d\u00e9cid\u00e9 d&#39;essayer de trouver un moyen de lutter contre la contamination fongique.  Dr Sheila Okoth, une chercheuse k\u00e9nyane, est en train de trouver une solution durable \u00e0 la contamination fongique et \u00e0 la production de mycotoxines dans les aliments, y compris les aflatoxines. Elle dirige un projet interdisciplinaire et participatif des agriculteurs sur la Conservation et la gestion durable de la biodiversit\u00e9 souterraine (CSM-BGBD).  &#8220;Nous \u00e9valuons toutes les possibilit\u00e9s en vue d\u2019une m\u00e9thode localement acceptable et efficace pour ma\u00eetriser la contamination&#8221;, a expliqu\u00e9 Okoth.  Sa qu\u00eate d\u2019une solution aux contaminations fongiques vient apr\u00e8s que les r\u00e9sultats des recherches ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les pays africains ne disposent pas de technologies rentables qui puissent \u00eatre utilis\u00e9es pour r\u00e9duire le risque d&#39;exposition des humains et des animaux \u00e0 la contamination par l&#39;aflatoxine.  L\u2019Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) a \u00e9galement lanc\u00e9 un projet de recherche visant \u00e0 trouver des m\u00e9thodes rentables de lutte contre les contaminations par l\u2019aflatoxine. Selon Dr Clare Narrod, une chercheuse principale \u00e0 l\u2019institut, il n\u2019existe pas une collecte syst\u00e9matique de donn\u00e9es sur l\u2019ampleur de l\u2019exposition ou la pr\u00e9valence chronique dans les diff\u00e9rentes cultures que les humains peuvent \u00eatre en train de consommer en Afrique.  Toutefois, elle note que le Centre pour le contr\u00f4le des maladies a estim\u00e9 que plus de 4,5 milliards de personnes dans les pays en d\u00e9veloppement sont expos\u00e9es de fa\u00e7on chronique aux aflatoxines dans leur alimentation. Narrod a ajout\u00e9 qu&#39;il existe des m\u00e9thodes et des tests disponibles pour r\u00e9duire le risque d&#39;intoxication par l\u2019aflatoxine, qui sont en pratique dans beaucoup de pays d\u00e9velopp\u00e9s, bien que bon nombre d\u2019entre elles ne soient pas abordables pour les pauvres des pays en d\u00e9veloppement.  &#8220;Il existe un certain nombre d&#39;\u00e9tudes biologiques sur les options de contr\u00f4le qui puissent \u00eatre plus abordables pour les pauvres, mais la plupart d&#39;entre elles sont exp\u00e9rimentales et il n&#39;y a donc pas eu une grande \u00e9chelle d&#39;adoption&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Narrod.  Le projet CSM-BGBD a, \u00e0 ce jour, trouv\u00e9 des m\u00e9thodes de contr\u00f4le biologique (un champignon qui se nourrit des champignons qui causent les maladies des plantes) pour lutter contre le champignon Fusarium sp qui provoque l\u2019intoxication alimentaire.  &#8220;Je dois d\u00e9velopper des m\u00e9thodes de lutte biologique qui seraient plus rentables et durables, en particulier au Kenya&#8221;, a indiqu\u00e9 Okoth, qui est actuellement rattach\u00e9e \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 de Stellenbosch en Afrique du Sud gr\u00e2ce \u00e0 une bourse accord\u00e9e par le Programme des femmes africaines dans la recherche agricole et le d\u00e9veloppement.  En collaboration avec le D\u00e9partement de phytopathologie de l\u2019universit\u00e9, Okoth \u00e9tudie les possibilit\u00e9s de d\u00e9velopper des lign\u00e9es de ma\u00efs r\u00e9sistant \u00e0 l&#39;aflatoxine. &#8220;Je suis d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 participer \u00e0 la solution \u00e0 un probl\u00e8me qui rend des agriculteurs pauvres encore plus pauvres&#8221;, a-t-elle affirm\u00e9.  Le projet comprend la collaboration entre cinq institutions au Kenya et 120 fermiers dans les r\u00e9gions agro-\u00e9cologiques (districts d\u2019Embu et de Taita) d\u00e9montrant des m\u00e9thodes alternatives de gestion des fermes.  La contamination par l&#39;aflatoxine est un probl\u00e8me fr\u00e9quent dans le monde. Mais puisque son accumulation d\u00e9pend fortement des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques actuelles, le poids en Afrique a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9 par les changements climatiques. La r\u00e9colte contamin\u00e9e par l&#39;aflatoxine de cette ann\u00e9e au Kenya a fait suite aux inondations de 2009\/2010 qui ont gravement touch\u00e9 la r\u00e9gion apr\u00e8s trois ans de s\u00e9cheresse.  &#8220;Nous ne pouvons pas nous permettre de fuir ces d\u00e9fis. Nous devons nous (attaquer) \u00e0 eux de front&#8221;, a dit Okoth.  Ensemble avec des experts sud-africains, Okoth est en train d&#39;identifier des champignons qui peuvent se nourrir des aflatoxines. Si cette exp\u00e9rience marche, elle sera utilis\u00e9e comme une m\u00e9thode de lutte biologique pour les champignons v\u00e9n\u00e9neux. &#8220;Nous faisons d\u2019importants progr\u00e8s. Et dans cinq semaines, nous esp\u00e9rons commencer des essais de la m\u00e9thode de lutte biologique&#8221;, a-t-elle affirm\u00e9.  Elle esp\u00e8re \u00e9galement trouver des techniques post-r\u00e9coltes id\u00e9ales pour les agriculteurs locaux. &#8220;La chose la plus importante \u00e0 faire est d&#39;identifier avec pr\u00e9cision les champignons, et les facteurs entra\u00eenant la domination de la souche toxig\u00e9nique. Apr\u00e8s cela, la prochaine \u00e9tape consiste \u00e0 \u00e9laborer des proc\u00e9dures de gestion&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Okoth.  Jusqu&#39;\u00e0 pr\u00e9sent, selon Dr Bandyopadhyay Ranajit, un chercheur \u00e0 l&#39;Institut international d&#39;agriculture tropicale, le Kenya est le seul pays en Afrique o\u00f9 les gens sont morts \u00e0 cause de l\u2019intoxication par l&#39;aflatoxine. Pendant que le ma\u00efs contamin\u00e9 est en train d\u2019\u00eatre d\u00e9truit par le gouvernement, personne ne veut voir ses grains d\u00e9truits.  Dans le village de Kwamonga \u00e0 Mwala, au Kenya, Eunice Mutinda manie maladroitement son produit agricole. Elle ne veut pas le vendre \u00e0 la &#39;Cereal and Produce Board&#39; (Commission des c\u00e9r\u00e9ales et produits agricoles) du gouvernement \u00e0 un prix consid\u00e9rablement r\u00e9duit.  Le gouvernement a voulu acheter tout le ma\u00efs r\u00e9colt\u00e9 contamin\u00e9 dans la r\u00e9gion \u00e0 au moins la moiti\u00e9 du prix fix\u00e9 sur le march\u00e9, afin de le d\u00e9truire. Mais c&#39;est quelque chose que Mutinda ne veut pas faire. Ainsi, elle a plut\u00f4t mobilis\u00e9 38 agricultrices afin qu\u2019elles stockent leurs produits dans un grenier \u00e0 c\u00e9r\u00e9ales commun.  &#8220;Nous avons entendu parler de contamination par l\u2019aflatoxine dans des c\u00e9r\u00e9ales rencontr\u00e9es dans notre province. Mais nous ne pouvons pas perdre notre produit avant qu&#39;il soit correctement analys\u00e9. Pas apr\u00e8s avoir endur\u00e9 une longue p\u00e9riode de famine&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Mutinda, se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la s\u00e9cheresse de trois ans qui a suivi les inondations de 2009\/2010.  (* La version de cet article diffus\u00e9e le 25 ao\u00fbt 2010 indiquait de fa\u00e7on erron\u00e9e que le Mali et le Kenya sont les plus touch\u00e9s par l&#39;intoxication par l\u2019aflatoxine et que Felicia Wu a dit qu\u2019on savait peu de choses sur la fa\u00e7on de r\u00e9duire le risque. L&#39;aflatoxine est un probl\u00e8me tr\u00e8s r\u00e9pandu dans le monde, en particulier dans le monde en d\u00e9veloppement. En outre, il existe de nombreuses technologies disponibles pour affronter le probl\u00e8me.  Wu a aussi \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e \u00e0 tort comme une chercheuse \u00e0 l\u2019IFPRI. Bien qu\u2019elle collabore avec l&#39;IFPRI, elle est en effet un professeur assistant \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 de Pittsburgh et a publi\u00e9 de nombreux ouvrages sur la r\u00e9duction du risque de l&#39;aflatoxine. IPS regrette ces erreurs).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 3 sep (IPS) &#8211; Malgr\u00e9 une r\u00e9colte record de ma\u00efs il y a juste quelques mois, plusieurs habitants dans la partie orientale du Kenya sont confront\u00e9s \u00e0 la faim et la famine. 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