{"id":5077,"date":"2010-08-16T13:40:01","date_gmt":"2010-08-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/08\/16\/niger-timide-mobilisation-pour-les-victimes-de-la-furie-du-fleuve\/"},"modified":"2010-08-16T13:40:01","modified_gmt":"2010-08-16T13:40:01","slug":"niger-timide-mobilisation-pour-les-victimes-de-la-furie-du-fleuve","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/08\/16\/niger-timide-mobilisation-pour-les-victimes-de-la-furie-du-fleuve\/","title":{"rendered":"NIGER: Timide mobilisation pour les victimes de la furie du fleuve"},"content":{"rendered":"<p>NIAMEY, 16 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Debout sur une rive de la vaste \u00e9tendue d\u2019eau avec trois autres paysans sinistr\u00e9s, Sadou Hama, 40 ans, tente de montrer au loin du doigt \u00e0 IPS l\u2019emplacement de ses cultures de riz et de l\u00e9gumes, qu\u2019il rep\u00e8re gr\u00e2ce aux cimes d\u2019arbres surplombant l\u00e9g\u00e8rement les eaux rouge\u00e2tres. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Je comptais sur la vente des l\u00e9gumes qui \u00e9taient arriv\u00e9s \u00e0 maturit\u00e9 pour faire face \u00e0 mes d\u00e9penses familiales au cours de ce mois de ramadan. H\u00e9las, les eaux ont tout saccag\u00e9, mes cultures, mon habitation&#8221;, se plaint Hama, un habitant de Lamord\u00e9, une zone du gros quartier de Harobanda, sur la rive droite du bras du fleuve qui traverse Niamey, la capitale nig\u00e9rienne.   Chef d\u2019une famille de huit personnes, Hama fait partie des victimes de la furie des eaux du fleuve Niger qui ont d\u00e9bord\u00e9 de leur lit, dans la nuit du 5 au 6 ao\u00fbt, pour inonder plusieurs quartiers riverains du cours d\u2019eau et occasionner d\u2019importants d\u00e9g\u00e2ts mat\u00e9riels, selon le bilan dress\u00e9 par les autorit\u00e9s de la communaut\u00e9 urbaine de Niamey.  Dr Daniel Sighomnou, expert hydrologue \u00e0 l\u2019Autorit\u00e9 du bassin du Niger (ABN), \u00e0 Niamey, explique que cette mont\u00e9e exceptionnelle du fleuve dans la capitale a \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9e par le d\u00e9versement des trop pleins de certains cours d\u2019eaux affluents du fleuve comme la Sirba, le Gorouel, le Dargol, la Tapoa&#8230;, qui prennent leurs sources au Burkina Faso et\/ou au Niger.  Selon Sighomnou, le d\u00e9bit du fleuve relev\u00e9 \u00e0 Niamey le 5 ao\u00fbt est le plus fort jamais enregistr\u00e9 \u00e0 cette station au mois d\u2019ao\u00fbt depuis le d\u00e9but des observations en 1929.<\/p>\n<p>   &#8220;Entre le 20 et le 31 juillet 2010, il y a eu de fortes pr\u00e9cipitations sur ces bassins. R\u00e9sultat : certains barrages de ces bassins ont d\u00e9vers\u00e9 leurs trop-pleins. Donc, en plus de la quantit\u00e9 des pluies, il y a le d\u00e9versement des barrages&#8221;, souligne Sighomnou \u00e0 IPS.  Pour Maurice Ascani, un photographe fran\u00e7ais bas\u00e9 \u00e0 Niamey depuis 1968, le fleuve n\u2019est pas venu envahir Harobanda d\u2019un seul coup. Il a mis plus d\u2019une dizaine de jours \u00e0 monter. &#8220;Les bords du fleuve sont \u00e9quip\u00e9s de r\u00e8gles sp\u00e9cifiques qui sont contr\u00f4l\u00e9es tous les matins par des agents de l\u2019ABN. Ces relev\u00e9s doivent servir d\u2019indicateur pour donner l\u2019alerte s\u2019il le faut&#8221;, dit-il \u00e0 IPS.  Jusqu\u2019au 14 ao\u00fbt, les statistiques officielles mentionnaient 2.124 m\u00e9nages sinistr\u00e9s totalisant 14.908 personnes qui ont abandonn\u00e9 leurs maisons effondr\u00e9es ou menac\u00e9es par les eaux. Ces familles sont principalement recens\u00e9es \u00e0 Lamord\u00e9, Karadj\u00e9, Zarmagandez, Kossey et Kombo, les quartiers les plus affect\u00e9s par les inondations, selon le gouverneur de la r\u00e9gion de Niamey, le Colonel Soumana Djibo.  Les d\u00e9g\u00e2ts mat\u00e9riels s\u2019\u00e9tablissent \u00e0 839 maisons effondr\u00e9es, une soixantaine menac\u00e9es d\u2019\u00e9croulement, 1.351 parcelles de champs endommag\u00e9es, plus de 220 hectares de cultures mara\u00eech\u00e8res et pr\u00e8s de 230 hectares de cultures de riz engloutis par les eaux ainsi que la d\u00e9t\u00e9rioration des infrastructures hydro-agricoles et du r\u00e9seau routier dans un pays d\u00e9j\u00e0 frapp\u00e9 par une grave crise alimentaire.  Face \u00e0 cette catastrophe dont l\u2019aggravation est redout\u00e9e par les sp\u00e9cialistes avec les fortes pr\u00e9cipitations annonc\u00e9es ce mois d\u2019ao\u00fbt, les autorit\u00e9s communales ont cr\u00e9\u00e9 un Comit\u00e9 ad hoc de gestion des inondations, qui s\u2019at\u00e8le \u00e0 reloger les sinistr\u00e9es et \u00e0 leur apporter une assistance alimentaire et m\u00e9dicale ainsi que des appuis en semences pour les paysans qui ont perdu leurs cultures.  &#8220;L\u2019urgence, c\u2019est d\u2019abord de reloger les familles sinistr\u00e9es dans des \u00e9coles et leur fournir de l\u2019eau potable, des vivres, des m\u00e9dicaments, des nattes, des couvertures, des kits sanitaires et des ustensiles&#8221;, indique \u00e0 IPS, Boubacar Adamou, un membre du comit\u00e9.  Les sites de relogement des victimes se chiffrent \u00e0 13 et abritent 509 m\u00e9nages, soit 3.369 personnes; 1.237 autres sont attente devant les sites. Les trois quarts des sinistr\u00e9s sont log\u00e9s dans des familles d\u2019accueil ou refusent de quitter les zones inond\u00e9es, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) \u00e0 Niamey, qui travaille conjointement avec le comit\u00e9 ad hoc.  &#8220;Les victimes des inondations ont construit leurs maisons dans le lit du fleuve qui s\u2019est progressivement retir\u00e9 au fil des d\u00e9cennies du fait des s\u00e9cheresses et de l\u2019ensablement. In\u00e9vitablement, quand l\u2019eau revient en quantit\u00e9 et avec force, c\u2019est la catastrophe&#8221;, explique \u00e0 IPS, Garba Ousmane, agent de l\u2019environnement \u00e0 Niamey. Pour lui, il aurait fallu tout simplement emp\u00eacher les gens de construire anarchiquement dans le lit du fleuve et on n\u2019en serait pas l\u00e0.       Mariama Yay\u00e9, une femme de 39 ans, est relog\u00e9e dans une classe de l\u2019\u00e9cole de Nogar\u00e9 avec son \u00e9poux et leurs cinq enfants. &#8220;Nous avons perdu nos vivres, nos meubles, nos habits dans l\u2019effondrement de notre maison. Dieu merci, gr\u00e2ce \u00e0 la solidarit\u00e9, nous avons o\u00f9 dormir, un peu de nourriture et une assistance m\u00e9dicale&#8221;, affirme-t-elle.  Comme assistance aux sinistr\u00e9s, &#8220;la Croix-Rouge nig\u00e9rienne a fourni une trentaine de tentes familiales et d\u00e9ploy\u00e9 des \u00e9quipes pour l\u2019assainissement et l\u2019entretien de tous les sites; le Fonds des Nations Unies pour l\u2019enfance (UNICEF) a octroy\u00e9 1.163 nattes, 1.546 couvertures et 1.546 moustiquaires&#8221;, selon OCHA.  La m\u00eame source mentionne la mise \u00e0 la disposition du comit\u00e9 de 327 tonnes de vivres sur un besoin de 895 tonnes ainsi que des seaux en plastique et des lampes temp\u00eates.  &#8220;Le comit\u00e9 a \u00e9valu\u00e9 les besoins \u00e0 50.000 comprim\u00e9s anti-diarrh\u00e9iques, des flacons solut\u00e9s, des s\u00e9rums sal\u00e9s pour faire face aux maladies diarrh\u00e9iques. Seulement, les premiers dons de m\u00e9dicaments mobilis\u00e9s par le comit\u00e9 sont constitu\u00e9s d\u2019antipalud\u00e9ens et d\u2019anti-infections&#8221;, indique Adamou, qui signale la r\u00e9ception des premiers lots d\u2019anti-diarrh\u00e9iques le week-end des 14-15 ao\u00fbt seulement.   &#8220;Ici A Banga-Bana, nous avons les m\u00e9dicaments n\u00e9cessaires pour soigner les diff\u00e9rents types de pathologies qui peuvent surgir. Le seul gros probl\u00e8me auquel nous sommes confront\u00e9s, c\u2019est la gestion des non-sinistr\u00e9s qui tentent de se faire passer comme tels pour b\u00e9n\u00e9ficier de soins gratuits&#8221;, souligne \u00e0 IPS, Fatouma Ciss\u00e9, une agent de sant\u00e9 communautaire sur ce site.           Seybou Zakou, membre de la Plateforme paysanne \u00e0 Niamey, d\u00e9clare \u00e0 IPS : &#8220;Les efforts d\u2019assistance doivent se concentrer sur les agriculteurs pour leur \u00e9viter la perte de la campagne. Les riziculteurs et les mara\u00eechers qui ont besoin d\u2019une assistance d\u2019urgence sont estim\u00e9s \u00e0 plus de 1.200 personnes. Jusqu\u2019ici, ils attendent&#8221;.   &#8220;Le comit\u00e9 a chiffr\u00e9 les besoins en semences \u00e0 8.775 tonnes pour le riz pluvial et 329 kilogrammes pour les cultures mara\u00eech\u00e8res, qui attendent encore d\u2019\u00eatre mobilis\u00e9s&#8221;, souligne Adamou du comit\u00e9.  Selon Adamou, une fois les urgences \u00e9vacu\u00e9es, le comit\u00e9 pr\u00e9voit de trouver de nouveaux sites pour d\u00e9placer tous les quartiers susceptibles d\u2019\u00eatre menac\u00e9s par le d\u00e9bordement des eaux du fleuve, mais aussi de construire une digue de protection des berges du cours d\u2019eau.  Le travail consistera \u00e0 identifier ces nouveaux sites d\u2019accueil et leurs propri\u00e9taires, \u00e0 les viabiliser, \u00e0 faire une lev\u00e9e topographique et un lotissement avant de les attribuer aux sinistr\u00e9s recas\u00e9s, explique-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NIAMEY, 16 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Debout sur une rive de la vaste \u00e9tendue d\u2019eau avec trois autres paysans sinistr\u00e9s, Sadou Hama, 40 ans, tente de montrer au loin du doigt \u00e0 IPS l\u2019emplacement de ses cultures de riz et de&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/08\/16\/niger-timide-mobilisation-pour-les-victimes-de-la-furie-du-fleuve\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":299,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,12,1,3,4,29],"tags":[],"class_list":["post-5077","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-environnement","category-headlines","category-population-refugies","category-sante","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5077","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/299"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5077"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5077\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5077"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5077"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5077"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}