{"id":5075,"date":"2010-08-16T13:40:01","date_gmt":"2010-08-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/08\/16\/congo-des-cultures-detruites-chaque-annee-par-les-feux-de-brousse\/"},"modified":"2010-08-16T13:40:01","modified_gmt":"2010-08-16T13:40:01","slug":"congo-des-cultures-detruites-chaque-annee-par-les-feux-de-brousse","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/08\/16\/congo-des-cultures-detruites-chaque-annee-par-les-feux-de-brousse\/","title":{"rendered":"CONGO: Des cultures d\u00e9truites chaque ann\u00e9e par les feux de brousse"},"content":{"rendered":"<p>YAMBA, Congo, 16 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Furieuse et d\u2019une allure titubante, la houe sur l\u2019\u00e9paule, Mouila Bouanga, une femme \u00e2g\u00e9e de plus de 60 ans, tente de rattraper des jeunes qui viennent de mettre le feu sur la brousse pr\u00e8s de son champ. &#8220;Ils ont d\u00e9truit tous mes \u00e9cobuages&#8221; fertilisants, s\u2019\u00e9crie-t-elle.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Comme tous les autres agriculteurs de Yamba, une localit\u00e9 situ\u00e9e au sud-ouest de Brazzaville, la capitale congolaise, Mouila Bouanga pratique en saison s\u00e8che des \u00e9cobuages (mottes de terre enrobant des herbes et des racines) pour fertiliser le sol et r\u00e9aliser de bonnes r\u00e9coltes de patate douce, de ma\u00efs, de petits pois et d\u2019igname. Mais leur grande crainte demeure les feux de brousse.<\/p>\n<p> &#8220;D\u00e8s que la savane br\u00fble, les agriculteurs ne peuvent plus travailler, car il n&#39;y a plus d&#39;herbe, et il faut attendre l\u2019ann\u00e9e prochaine&#8221;, explique Jean Claude Ngouari, agriculteur \u00e0 Yamba.<\/p>\n<p> &#8220;L\u00e0, j\u2019ai tout perdu&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Mouila Bouanga, toujours affol\u00e9e, toute l&#39;herbe fra\u00eeche autour de son champ ayant br\u00fbl\u00e9, avec les premiers \u00e9cobuages qu&#39;elle avait faits.<\/p>\n<p> A Nsongi, dans le bassin agricole de Bouansa, dans le sud-ouest de ce pays d\u2019Afrique centrale, le feu vient de d\u00e9truire sur son passage une dizaine de champs de manioc et de petits pois. &#8220;Ici, le feu m\u2019a d\u00e9truit un hectare de manioc et un demi-hectare de gombo&#8221;, se plaint Dominique Moukala, agriculteur.<\/p>\n<p> Les feux de brousse sont souvent allum\u00e9s par des chasseurs et autres pyromanes. La chasse est ouverte au Congo d\u00e8s le mois de mai. En juin, commencent les feux de brousse alors que l\u2019herbe est encore tr\u00e8s grasse. &#8220;Les chasseurs, pr\u00e9cipitant la capture des h\u00e9rissons et des rats, br\u00fblent les savanes sans tenir compte de saisons agricoles\u00bb, d\u00e9plore Hubert Kokolo, habitant \u00e0 Yamba.<\/p>\n<p> &#8220;Ce sont des paresseux qui mettent le feu \u00e0 la savane, emp\u00eachant les laborieux de travailler&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Gabriel Nsemi, le sous-pr\u00e9fet de Yamba, qui vient d\u2019entretenir les chefs des villages sur le ph\u00e9nom\u00e8ne des feux de brousse.<\/p>\n<p> &#8220;Depuis des ann\u00e9es \u00e0 Yamba, les populations ne br\u00fblent plus la brousse avant septembre. Mais, suite aux plaintes r\u00e9currentes des agriculteurs, j\u2019ai pris des mesures s\u00e9v\u00e8res pour faire subir la rigueur de la loi \u00e0 tout pyromane qui se fera prendre&#8221;, pr\u00e9vient Nsemi.<\/p>\n<p> Le sous-pr\u00e9fet a menac\u00e9 de faire arr\u00eater les pyromanes, mais cette mesure ne convainc pas les paysans, car depuis toujours, l&#39;Etat ne les a jamais aid\u00e9s dans ce sens. Et la loi ne pr\u00e9voit rien contre ceux qui br\u00fblent les champs d&#39;autrui.<\/p>\n<p> Dans le Pool, une r\u00e9gion voisine de Brazzaville, les paysans sont \u00e9galement d\u00e9sempar\u00e9s par les feux de brousse. &#8220;Nous pratiquons l\u2019agriculture sur br\u00fblis avec un peu d\u2019herbe enfouie sous la terre. Mais pour r\u00e9ussir cela, il faut une vraie course avec les feux de brousse, sinon, on perd la saison&#8221;, indique Bernadette Louvissa, une paysanne de Loulombo.<\/p>\n<p> &#8220;Avec ces feux pr\u00e9coces, il n\u2019y aura m\u00eame pas la possibilit\u00e9 de ramasser les champignons pendant les pluie&#8221;, selon Prosper Mayembo, directeur d\u00e9partemental de l\u2019environnement dans le Pool.<\/p>\n<p> Selon l\u2019Organisation des Nations Unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (FAO), les savanes repr\u00e9sentent 36 pour cent de la superficie du Congo. La plupart d\u2019entre elles volent en fum\u00e9e entre juin et septembre. &#8220;Il n\u2019y a pas de statistiques disponibles, mais toutes les savanes br\u00fblent au Congo en saison s\u00e8che&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Antoine Ngoma Bakana, directeur de la recherche, d\u00e9veloppement, encadrement et vulgarisation au minist\u00e8re de l\u2019Agriculture.<\/p>\n<p> Des paysans se plaignent aupr\u00e8s des agents agricoles. Mais, l\u2019action de l\u2019Etat n\u2019arr\u00eate pas le ph\u00e9nom\u00e8ne. &#8220;Il n\u2019y a aucune mesure pour pr\u00e9venir ou r\u00e9parer les d\u00e9g\u00e2ts. Notre action consiste \u00e0 sensibiliser les paysans \u00e0 cr\u00e9er des couloirs de deux m\u00e8tres pour s\u00e9parer leur champ de la grande savane&#8221;, avoue Ngoma Bakana.<\/p>\n<p> &#8220;L\u2019Etat n\u2019a rien pr\u00e9vu pour d\u00e9dommager ceux qui perdent des champs&#8221;, affirme Gaston Foutou, directeur de la Conversation et des \u00e9cosyst\u00e8mes naturels.<\/p>\n<p> &#8220;Les populations sont d\u00e9laiss\u00e9es \u00e0 elles-m\u00eames. En juillet dernier, une agricultrice a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e dans son champ \u00e0 Mangiri par les feux de brousse, et l\u2019Etat n\u2019a rien fait&#8221;, souligne \u00e0 IPS, Virgile Safoula, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019organisation non gouvernementale (ONG) Environnement, d\u00e9veloppement et initiatives communautaires (EDIC).<\/p>\n<p> Mais, les paysans s&#39;organisent eux-m\u00eames. &#8220;Il y a deux semaines (fin-juillet), les chefs terriens ont condamn\u00e9 une famille \u00e0 me refaire mes deux hectares de manioc br\u00fbl\u00e9s, et \u00e0 me verser environ 50 dollars d&#39;amende&#8221;, explique \u00e0 IPS, Madeleine Mpata, une agricultrice de Bouansa.<\/p>\n<p> &#8220;G\u00e9n\u00e9ralement, les r\u00e8glements se font \u00e0 l\u2019amiable dans les villages. C\u2019est une technique qui marche bien et qui dissuade plusieurs pyromanes&#8221;, reconna\u00eet Foutou.<\/p>\n<p> &#8220;Ils sont nombreux \u00e0 venir nous voir pour les feux de brousse. Quand c&#39;est un coupable docile, nous r\u00e9glons le cas, mais si c&#39;est un bandit, nous demandons au plaignant de saisir la police&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Joseph Loussoukou, chef de terre \u00e0 Bouansa.<\/p>\n<p> &#8220;M\u00eame la police ne retrouve pas le coupable, c\u2019est difficile de savoir d\u2019o\u00f9 part le feux&#8221;, indique Ngoma Bakana.<\/p>\n<p> Pour prot\u00e9ger leurs champs de feux, certaines coop\u00e9ratives ont cr\u00e9\u00e9 des brigades de surveillance. &#8220;Nous nous relayons chaque jour du matin au soir. Un champ de canne \u00e0 sucre a failli \u00eatre br\u00fbl\u00e9 ici, mais nous avons emp\u00each\u00e9 le feu de prendre de l&#39;ampleur&#8221;, t\u00e9moigne Jacob Massala, chef d\u2019un groupement de Bouansa.<\/p>\n<p> Des ONG aident \u00e9galement les agriculteurs. &#8220;Nous cr\u00e9ons des rideaux d\u2019arbres pour emp\u00eacher que le feu atteigne les champs. Dans nos p\u00e9pini\u00e8res, il y a des arbres pare-feu comme le flamboyant et le &#39;leucaena leucocephala&#39; pour faire face aux feux de brousse&#8221;, explique Safoula de EDIC, ajoutant: &#8220;Nous sommes limit\u00e9s par les moyens pour apporter l\u2019information et ces produits aux op\u00e9rateurs agricoles&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YAMBA, Congo, 16 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Furieuse et d\u2019une allure titubante, la houe sur l\u2019\u00e9paule, Mouila Bouanga, une femme \u00e2g\u00e9e de plus de 60 ans, tente de rattraper des jeunes qui viennent de mettre le feu sur la brousse pr\u00e8s&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/08\/16\/congo-des-cultures-detruites-chaque-annee-par-les-feux-de-brousse\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,34,11,12,1,3,29],"tags":[],"class_list":["post-5075","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-desert-rampant","category-developpement","category-environnement","category-headlines","category-population-refugies","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5075","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5075"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5075\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5075"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5075"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5075"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}