{"id":5064,"date":"2010-08-09T13:40:01","date_gmt":"2010-08-09T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/08\/09\/afrique-former-davantage-de-meilleures-chercheuses\/"},"modified":"2010-08-09T13:40:01","modified_gmt":"2010-08-09T13:40:01","slug":"afrique-former-davantage-de-meilleures-chercheuses","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/08\/09\/afrique-former-davantage-de-meilleures-chercheuses\/","title":{"rendered":"AFRIQUE: Former davantage de meilleures chercheuses"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 9 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Dans un petit village pr\u00e8s de la ville de Kisumu au Kenya, la chercheuse Mary Anyango Oyunga passe la plupart de son temps \u00e0 \u00e9duquer les femmes sur quelque chose qu&#39;elles ont toujours fait: la culture de patates douces.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mais le message d\u2019Oyunga aux agricultrices dans le village de Kisian est nouveau, m\u00eame s\u2019il est fond\u00e9 sur les r\u00e9sultats de sa recherche scientifique publi\u00e9s en 2009 dans le Journal d&#39;Afrique sur l&#39;alimentation, l&#39;agriculture, la nutrition et le d\u00e9veloppement. Cette recherche, qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les Patates douces de couleur orange (OFSP) \u00e9taient tr\u00e8s riches en vitamine A, a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 connue dans le domaine scientifique pendant un moment, mais jusqu&#39;\u00e0 un pass\u00e9 r\u00e9cent, les femmes \u00e0 Kisian n&#39;en savaient rien.<\/p>\n<p> Pour Oyunga, cette mise en \u0153uvre des r\u00e9sultats de sa recherche est tout aussi importante que la conduite de la recherche: &#8220;La r\u00e9alisation d&#39;une \u00e9tude est une \u00e9tape importante. Mais la rendre r\u00e9elle en utilisant les r\u00e9sultats comme un outil pour am\u00e9liorer les moyens d\u2019existence des gens sur le terrain est ce qui la rend compl\u00e8te&#8221;.<\/p>\n<p> Et comment s&#39;y prendre est l&#39;une des comp\u00e9tences qu&#39;elle a acquises apr\u00e8s avoir obtenu une bourse aupr\u00e8s du programme &#39;African Women in Agriculture Research and Development&#39; (Les Femmes africaines dans la recherche agricole et le d\u00e9veloppement &#8211; AWARD). Ce programme rassemble des chercheuses africaines en agriculture sur la base du m\u00e9rite intellectuel \u00e0 partir de 20 diff\u00e9rentes disciplines des sciences agricoles.<\/p>\n<p> &#8220;Les scientifiques sont \u00e0 l\u2019avant-garde de la r\u00e9solution de la crise alimentaire en Afrique. Mais nous devons d\u2019urgence combler l&#39;\u00e9cart entre les sexes dans notre communaut\u00e9 scientifique. Nous avons besoin de plus de femmes qui poursuivent des carri\u00e8res en science de l\u2019agriculture car les femmes constituent la face de l&#39;agriculture africaine&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Dr Akinwumi Adesina, la vice-pr\u00e9sidente de l&#39;Alliance pour la r\u00e9volution verte en Afrique.<\/p>\n<p> Oyunga, qui n&#39;est que l&#39;une des 180 meilleures chercheuses agronomes ayant re\u00e7u des bourses dans le cadre du programme AWARD, met d\u00e9j\u00e0 en pratique ce qu&#39;elle a appris.<\/p>\n<p> A Kisian, c\u2019est une honte si une femme n&#39;a pas quelques plantes de patates douces poussant sur sa ferme. Les pommes de terre sont tr\u00e8s pr\u00e9cieuses dans cette partie du monde. Elles sont cultiv\u00e9es sur toute l&#39;ann\u00e9e et compl\u00e8tent parfois les maigres r\u00e9gimes alimentaires.<\/p>\n<p> Oyunga, qui travaille \u00e0 l&#39;Institut de recherche agricole du Kenya (KARI), est occup\u00e9e \u00e0 communiquer les r\u00e9sultats de ses recherches aux petites agricultrices ici. Certains types de patates douces ont une valeur nutritionnelle importante qui est cruciale surtout pour les jeunes enfants, leur dit-elle.<\/p>\n<p> Ces r\u00e9sultats pourraient sauver une partie des 43 millions d&#39;enfants de moins de cinq ans en Afrique sub-saharienne qui risquent la Carence en vitamine A (CVA). Selon l&#39;Organisation mondiale de la sant\u00e9, la CVA est responsable de la plupart des cas de c\u00e9cit\u00e9 chez les enfants et augmente consid\u00e9rablement le risque de maladies graves, et m\u00eame de la mort, \u00e0 cause des infections infantiles courantes comme les maladies diarrh\u00e9iques et la rougeole. Chez les femmes enceintes la CVA cause l\u2019h\u00e9m\u00e9ralopie et peut augmenter le risque de mortalit\u00e9 maternelle.<\/p>\n<p> Gr\u00e2ce au programme Action pour les patates douces pour la s\u00e9curit\u00e9 et la sant\u00e9 en Afrique, Oyunga a re\u00e7u des fonds pour aider \u00e0 vulgariser les vari\u00e9t\u00e9s d\u2019OFSP dans la r\u00e9gion. Dans un projet-pilote dans l&#39;ouest du Kenya, toutes les femmes enceintes fr\u00e9quentant les centres de sant\u00e9 publique b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un bon qui leur permet d&#39;aller vers des producteurs de semences de pomme de terre d\u00e9sign\u00e9s dans la r\u00e9gion et re\u00e7oivent 120 plantes d&#39;OFSP.<\/p>\n<p> &#8220;Si la m\u00e9thode s&#39;av\u00e8re efficace, nous la reproduirons ensuite dans toute la r\u00e9gion d\u2019Afrique sub-saharienne&#8221;, a indiqu\u00e9 Oyunga.<\/p>\n<p> &#8220;Lorsque votre \u00e9tude est mise en \u0153uvre surtout pour servir les pauvres des zones rurales, vous avez le sentiment que vous avez cr\u00e9\u00e9 un pont que les gens utilisent pour passer du monde de la pauvret\u00e9 au d\u00e9veloppement \u00e9conomique. C\u2019est tr\u00e8s satisfaisant&#8221;, ajoute Oyunga.<\/p>\n<p> Un rapport publi\u00e9 en juin 2010 par ActionAid International montre que les petits fermiers, dont la plupart sont des femmes, sont responsables de 90 pour cent des aliments produits en Afrique et fournissent environ la moiti\u00e9 des vivres du monde entier. Pourtant les femmes scientifiques sont rarement impliqu\u00e9es dans la recherche scientifique agricole ou dans les postes de direction dans ce domaine.<\/p>\n<p> Vickie Wilde, la directrice du programme Genre et diversit\u00e9 au sein du Groupe consultatif sur la recherche agricole internationale et fondatrice de AWARD, convient qu&#39;il est temps de changer. &#8220;Investir dans les femmes de l&#39;Afrique est un investissement intelligent&#8230; Mais investir dans les chercheuses de l&#39;Afrique constitue le meilleur pari&#8221;, a dit Wilde.<\/p>\n<p> AWARD a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 2008 pour renforcer les aptitudes de recherche et de leadership des femmes africaines dans les sciences agricoles. Il offre aux chercheuses pour la plupart d&#39;Afrique sub-saharienne, y compris celles d&#39;Afrique occidentale, des bourses de deux ans focalis\u00e9es sur les partenariats en mati\u00e8re d\u2019orientation.<\/p>\n<p> En collaborant avec des mentors exp\u00e9riment\u00e9s, les stagiaires acqui\u00e8rent diverses comp\u00e9tences comme la mani\u00e8re d\u2019\u00e9crire de fa\u00e7on comp\u00e9titive dans les revues scientifiques, la fa\u00e7on d\u2019\u00e9laborer des propositions comp\u00e9titives pour financer la mise en \u0153uvre des r\u00e9sultats de leurs recherches, et la fa\u00e7on de travailler avec les communaut\u00e9s pauvres pendant la mise en \u0153uvre.<\/p>\n<p> &#8220;La feuille de route pour mettre fin \u00e0 la pauvret\u00e9 en Afrique repose sur l&#39;autonomisation des femmes, qui jouent un r\u00f4le important dans la production alimentaire&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Dr Ephraim Mukisira, directeur du KARI.<\/p>\n<p> Aishatu Bashir Ardo, une peule musulmane originaire du nord du Nigeria est une autre stagiaire qui a bris\u00e9 les barri\u00e8res traditionnelles en se joignant aux hommes pour administrer l&#39;ins\u00e9mination artificielle au b\u00e9tail. Elle est la seule femme dans sa r\u00e9gion \u00e0 faire ce qui a \u00e9t\u00e9 traditionnellement per\u00e7u comme un devoir pour les hommes.<\/p>\n<p> Et il semble que la situation des femmes \u00e0 travers le continent \u00e9volue lentement. Selon une enqu\u00eate de 2008 men\u00e9e sur huit ans \u00e0 travers l\u2019Afrique subsaharienne par AWARD en partenariat avec les Indicateurs des sciences et technologies agronomiques, le nombre de femmes africaines professionnelles employ\u00e9es dans les sciences agronomiques a augment\u00e9 de huit pour cent au cours de la p\u00e9riode de l&#39;\u00e9tude, tandis que le nombre d&#39;hommes africains est mont\u00e9 de deux pour cent par an.<\/p>\n<p> Bien que l&#39;\u00e9cart se r\u00e9tr\u00e9cisse, l\u2019enqu\u00eate a constat\u00e9 que les femmes repr\u00e9sentent toujours moins du quart des chercheurs de l&#39;Afrique qui occupent des postes dans la recherche agricole, et que moins de 14 pour cent des postes de direction sont occup\u00e9s par la femme.<\/p>\n<p> &#8220;Les femmes ont toujours jou\u00e9 un r\u00f4le central non seulement dans la production alimentaire, mais aussi dans le fait d\u2019assurer que cette production soit sur la table \u00e0 manger. Elles savent par cons\u00e9quent ce qui est bon pour la soci\u00e9t\u00e9&#8221;, a dit Mukisira expliquant pourquoi le nombre de femmes dans la recherche agricole doit augmenter.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 9 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Dans un petit village pr\u00e8s de la ville de Kisumu au Kenya, la chercheuse Mary Anyango Oyunga passe la plupart de son temps \u00e0 \u00e9duquer les femmes sur quelque chose qu&#39;elles ont toujours fait: la&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/08\/09\/afrique-former-davantage-de-meilleures-chercheuses\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":741,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,13,11,27,2,12,1,21,28,30,29],"tags":[],"class_list":["post-5064","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-developpement","category-east-africa","category-education","category-environnement","category-headlines","category-science-technologie","category-southern-africa","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5064","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/741"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5064"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5064\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5064"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5064"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5064"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}