{"id":5018,"date":"2010-07-20T13:40:01","date_gmt":"2010-07-20T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/07\/20\/droits-congo-le-travail-des-enfants-une-plaie-oubliee\/"},"modified":"2010-07-20T13:40:01","modified_gmt":"2010-07-20T13:40:01","slug":"droits-congo-le-travail-des-enfants-une-plaie-oubliee","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/07\/20\/droits-congo-le-travail-des-enfants-une-plaie-oubliee\/","title":{"rendered":"DROITS-CONGO: Le travail des enfants, une plaie oubli\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 20 juil (IPS) &#8211; Transpirant \u00e0 grosses gouttes, Igor, 13 ans, transporte des platines de farine entre le four et les \u00e9talages de la boulangerie de Lout\u00e9t\u00e9, dans le sud ouest du Congo-Brazzaville. \u00abTous les jours, je travaille comme \u00e7a de 22 heures \u00e0 6 heures du matin\u00bb, d\u00e9clare-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Son gain journalier est d\u2019environ 2,5 dollars. \u00abIl y a des jours o\u00f9 je termine \u00e0 11 heures\u00bb, ajoute-t-il. Ces enfants qui travaillent dans la boulangerie sont surnomm\u00e9s &#8220;taxi&#8221; en raison de leur mobilit\u00e9 entre les \u00e9tag\u00e8res et le four.  A Bouansa, une autre ville du sud-ouest, Loubondo, une fille de 14 ans, est membre d\u2019une coop\u00e9rative agricole. \u00abNotre travail consiste \u00e0 d\u00e9broussailler les champs des tiers pour trouver de quoi manger et s\u2019habiller\u00bb, affirme-t-elle.<\/p>\n<p> Cette coop\u00e9rative appel\u00e9e &#8220;Zola&#8221; (amour dans une langue locale) est constitu\u00e9e d\u2019une dizaine d\u2019enfants, et les paysans louent leurs services. Un champ d\u00e9broussaill\u00e9 revient \u00e0 environ 15 dollars que les membres de la coop\u00e9rative se partagent, et un enfant effectue une t\u00e2che sur une superficie de 15 m\u00e8tres sur 1,5 m\u00e8tre. \u00abLes enfants fuient les cours pour aller travailler. Ils sont plus motiv\u00e9s par le go\u00fbt de gagner l\u2019argent\u00bb, d\u00e9plore Pamela Ngoma, directeur d\u2019une \u00e9cole primaire de Bouansa.<\/p>\n<p> A Brazzaville et \u00e0 Pointe-Noire, les deux principales villes du pays, le travail des enfants a d\u00e9j\u00e0 atteint une certaine ampleur. L\u2019un des cas les plus patents \u00e0 Brazzaville reste les enfants casseurs de pierres dans les carri\u00e8res de Djou\u00e9, une rivi\u00e8re qui traverse la capitale congolaise. \u00abIci, on trouve des enfants qui viennent seuls ou accompagn\u00e9s de leurs parents\u00bb, indique \u00e0 IPS, Bernab\u00e9 Ntsiomo, un chef de carri\u00e8re o\u00f9 viennent travailler m\u00eame des enfants de huit ans.  En p\u00e9riode scolaire, ces enfants \u00abtravaillent\u00bb en tenue, apr\u00e8s avoir d\u00e9sert\u00e9 les cours. \u00abA l\u2019\u00e9cole, nous restons affam\u00e9s, faute d\u2019argent. Or ici, d\u00e8s que le travail commence, le chef vous donne d\u00e9j\u00e0 du pain\u00bb, t\u00e9moigne \u00e0 IPS, Mesmin, 13 ans, \u00e9l\u00e8ve au cours moyen.<\/p>\n<p> Certains enfants ont le soutien de leurs parents. \u00abJ\u2019ai fait ma vie dans cette carri\u00e8re, et mon enfant doit savoir lutter comme un homme dans un pays o\u00f9 l\u2019avenir est incertain. Chaque jour, apr\u00e8s les cours, il me rejoint ici, et bosse comme un vrai homme\u00bb, se f\u00e9licite Emmanuel Moukossi, un parent, montrant son enfant d\u2019environ 14 ans, tr\u00e8s affair\u00e9 dans la carri\u00e8re.<\/p>\n<p> D\u2019apr\u00e8s Ntsiomo, un sac de graviers (environ 100 kilogrammes) co\u00fbte 40 dollars, et l\u2019enfant qui le remplit re\u00e7oit quatre dollars. Les enfants mettent beaucoup de jours pour remplir un sac. Mais d\u00e8s qu\u2019ils le font et qu\u2019ils ont leur argent, ils oublient les peines endur\u00e9es, dit-il.<\/p>\n<p> Selon le bureau local du Fonds des Nations Unies pour l\u2019enfance (UNICEF), quelque 1.900 enfants travaillaient en 2005 \u00e0 Pointe-Noire et \u00e0 Brazzaville. \u00abMais aujourd\u2019hui, ce nombre a quasiment doubl\u00e9\u00bb, estime Marius Biyekele, administrateur de programme pour la protection \u00e0 l\u2019UNICEF.<\/p>\n<p> Interrog\u00e9e par IPS, la juriste et chercheuse Nina Alida Kiyindou, r\u00e9v\u00e8le que plusieurs enfants travaillent \u00e0 Pointe-Noire comme &#8220;pay\u00e9-pay\u00e9&#8221; (employ\u00e9s pour solder des marchandises diverse). \u00abCe ph\u00e9nom\u00e8ne est tr\u00e8s vivace dans les grands march\u00e9s de Pointe-Noire. Les enfants sont pay\u00e9s \u00e0 hauteur de 10 pour cent de leur recette journali\u00e8re\u00bb, souligne-t-elle \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> D\u2019autres enfants sont employ\u00e9s comme vendeurs \u00e0 la cri\u00e9e, proposant de l\u2019eau et des boissons glac\u00e9es. Leur &#8220;salaire&#8221; mensuel varie entre 30 et 40 dollars seulement.<\/p>\n<p> \u00abA Pointe-Noire, nous avons recens\u00e9 en 2008 pr\u00e8s de 400 enfants b\u00e9ninois travaillant sur la base de la compagnie p\u00e9troli\u00e8re AGIP comme p\u00eacheurs, ramasseurs et fumeurs de poissons. Ils ne communiquent pas sur leur situation, de peur que leurs ma\u00eetres ne les maltraitent s\u00e9v\u00e8rement\u00bb, affirme Kiyindou.<\/p>\n<p> Le gouvernement peine \u00e0 mettre fin au travail des enfants. \u00abL\u2019Etat sait que ce ph\u00e9nom\u00e8ne existe, mais c\u2019est difficile de l\u2019\u00e9radiquer, vu le niveau de pauvret\u00e9 dans les familles\u00bb, d\u00e9clare Honorine Massamba, directrice de la famille au minist\u00e8re des Affaires sociales.<\/p>\n<p> Selon le gouvernement, 52,1 pour cent des Congolais vivent avec moins d\u2019un dollar par jour, un taux que la Banque mondiale estime \u00e0 70 pour cent.<\/p>\n<p> \u00abNous avons fait des descentes dans ces familles pour expliquer qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas bon de faire travailler des enfants, mais d\u00e8s qu\u2019on tourne le dos, la pratique reprend\u00bb, d\u00e9plore Massamba.<\/p>\n<p> Toutefois, le gouvernement a publi\u00e9, en juin 2010, un Code de protection de l\u2019enfant. \u00abTout y est pr\u00e9vu, et c\u2019est pour nous un outil important pour s\u00e9vir contre tous ceux qui exploitent l\u2019enfance\u00bb, pr\u00e9vient Jean Clotaire Tombet, directeur g\u00e9n\u00e9ral des affaires sociales.<\/p>\n<p> \u00abC\u2019est un pas tr\u00e8s important, mais le code seul ne suffit pas, il faut des textes d\u2019application. Si l\u2019Etat n\u2019arrive pas \u00e0 \u00e9radiquer ce ph\u00e9nom\u00e8ne, c\u2019est parce qu\u2019il ne ma\u00eetrise pas le secteur informel o\u00f9 \u00e9voluent ces enfants. M\u00eame le BIT (Bureau international du travail) n\u2019a aucune information\u00bb, affirme Kiyindou.<\/p>\n<p> Mais, d\u2019autres enfants travaillent dans des structures bien connues de l\u2019Etat. \u00abNous y envoyons des inspecteurs pour d\u00e9busquer ces mauvais employeurs, nous les verbalisons. Mais, ce sont des rebelles, ils s\u2019ent\u00eatent\u00bb, d\u00e9clare Andr\u00e9 Nyanga Elenga, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Office national de l\u2019emploi et de la main d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p> \u00abAu tribunal o\u00f9 je travaille depuis des ann\u00e9es, des affaires similaires sont rares. Le procureur ne s\u2019en autosaisit pas, et les parents trouvent apparemment leur compte dans ce que rapportent les enfants\u00bb, indique Guy Roger Kinga, avocat \u00e0 Brazzaville.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 20 juil (IPS) &#8211; Transpirant \u00e0 grosses gouttes, Igor, 13 ans, transporte des platines de farine entre le four et les \u00e9talages de la boulangerie de Lout\u00e9t\u00e9, dans le sud ouest du Congo-Brazzaville. \u00abTous les jours, je travaille comme&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/07\/20\/droits-congo-le-travail-des-enfants-une-plaie-oubliee\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,11,10,2,1,20],"tags":[],"class_list":["post-5018","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-education","category-headlines","category-travail"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5018","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5018"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5018\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5018"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5018"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5018"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}