{"id":4730,"date":"2010-02-16T13:40:01","date_gmt":"2010-02-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/02\/16\/burkina-faso-mettre-fin-aux-discriminations-pour-arreter-la-mortalite-maternelle\/"},"modified":"2010-02-16T13:40:01","modified_gmt":"2010-02-16T13:40:01","slug":"burkina-faso-mettre-fin-aux-discriminations-pour-arreter-la-mortalite-maternelle","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/02\/16\/burkina-faso-mettre-fin-aux-discriminations-pour-arreter-la-mortalite-maternelle\/","title":{"rendered":"BURKINA FASO: Mettre fin aux discriminations pour arr\u00eater la mortalit\u00e9 maternelle"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 16 f\u00e9v (IPS) &#8211; Elizabeth Kabor\u00e9, une habitante d\u2019un quartier de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, d\u00e9clare qu\u2019elle a toujours pay\u00e9 pour les consultations pr\u00e9natales, malgr\u00e9 la gratuit\u00e9 que le gouvernement leur promet dans des centres de sant\u00e9 en vue de r\u00e9duire la mortalit\u00e9 maternelle dans le pays. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00abAu lieu de la gratuit\u00e9, \u00e0 chaque consultation, il faut d\u00e9bourser 600 francs CFA (environ 1,2 dollar US) pour voir les sages-femmes\u00bb, affirme Kabor\u00e9, enceinte de plusieurs mois. \u00abPour les injections, je paye 100 FCFA (deux cents) et la sage-femme m\u2019explique que c\u2019est pour celles qui sont de garde\u00bb, ajoute-t-elle \u00e0 IPS.  De son c\u00f4t\u00e9, Korotoumou Sawadogo affirme qu\u2019au cours des derniers mois de sa grossesse, elle avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 contact\u00e9e par des individus lui promettant de lui faciliter l\u2019accouchement au cas o\u00f9 elle conna\u00eetrait des ennuis de sant\u00e9 dans la p\u00e9riode pr\u00e9natale. \u00abOn vous met en contact avec une sage-femme d\u2019un h\u00f4pital \u00e0 qui vous versez 25.000 FCFA (environ 54 dollars) et quand le travail commence, elle est \u00e0 votre disposition\u00bb, explique-t-elle \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> L\u2019organisation de d\u00e9fense des droits de l\u2019Homme, Amnesty International, appelle \u00e0 l\u2019\u00e9limination des obstacles financiers qui figurent parmi les principaux goulots d\u2019\u00e9tranglement emp\u00eachant l\u2019\u00e9radication de la mortalit\u00e9 maternelle encore \u00e9lev\u00e9e au Burkina Faso.  Amnesty International a donc lanc\u00e9, dans ce pays sah\u00e9lien d\u2019Afrique de l\u2019ouest, une campagne contre la mortalit\u00e9 maternelle, qui s\u2019est mat\u00e9rialis\u00e9e par une caravane de sensibilisation \u00e0 travers une dizaine de villes du Burkina pendant la premi\u00e8re quinzaine de f\u00e9vrier.<\/p>\n<p> \u00abCette caravane veut contribuer \u00e0 r\u00e9duire le taux de mortalit\u00e9 maternelle au Burkina Faso parce que c\u2019est une violation des droits de la femme car on peut raisonnablement accoucher sans courir le risque de mourir\u00bb, d\u00e9clare Ga\u00e9tan Moutou, chercheur \u00e0 Amnesty International (AI).<\/p>\n<p> \u00abDans nos soci\u00e9t\u00e9s, c\u2019est l\u2019homme qui d\u00e9cide, la femme n\u2019a pas beaucoup de pouvoir; la femme est priv\u00e9e d\u2019un certain nombre de droits, et ce sont ces droits que nous demandons d\u2019accorder aux femmes\u00bb, explique Moutou \u00e0 IPS. \u00abEt en mettant fin \u00e0 ces discriminations, on peut contribuer \u00e0 ce que les femmes accouchent de fa\u00e7on d\u00e9cente et r\u00e9viser \u00e0 la baisse\u00bb le taux de mortalit\u00e9 dans le pays.<\/p>\n<p> Selon les chiffres du minist\u00e8re de la Sant\u00e9 du Burkina Faso, 307 femmes d\u00e9c\u00e8dent pour 100.000 naissances vivantes, soit environ 2.000 par an.<\/p>\n<p> La campagne contre la mortalit\u00e9 maternelle au Burkina Faso s\u2019inscrit dans une campagne mondiale intitul\u00e9e \u00abExigeons la dignit\u00e9\u00bb lanc\u00e9e par AI depuis l\u2019an dernier. Une campagne similaire a d\u00e9j\u00e0 eu lieu en Sierra L\u00e9one \u00e0 cette p\u00e9riode.  Au cours de la campagne au Burkina, les membres de la caravane ont visit\u00e9 des centres de sant\u00e9, rencontr\u00e9 les populations, et les autorit\u00e9s des localit\u00e9s choisies en raison de leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 en sollicitant leur engagement en faveur de la sant\u00e9 maternelle.  Selon Moutou, les obstacles financiers sont le principal frein \u00e0 l\u2019acc\u00e8s de la femme aux soins comme il a pu l\u2019observer lui-m\u00eame dans deux r\u00e9gions o\u00f9 la subvention aux soins de sant\u00e9 maternelle de 100 pour cent fait augmenter la fr\u00e9quentation des centres de trois \u00e0 quatre fois par rapport au chiffre ant\u00e9rieur.<\/p>\n<p> Pour sa part, le minist\u00e8re burkinab\u00e9 de la Sant\u00e9 reconna\u00eet que la capacit\u00e9 des acteurs (sages-femmes) \u00e0 d\u00e9tecter les grossesses \u00e0 risque est faible. Ainsi, dans de nombreux districts du pays, la proportion de grossesses \u00e0 risque d\u00e9pist\u00e9es est de deux \u00e0 trois pour cent pour une norme estim\u00e9e \u00e0 cinq pour cent.<\/p>\n<p> En 2006, le gouvernement avait adopt\u00e9 une politique de subvention pr\u00e9voyant la prise en charge de 80 pour cent des frais d\u2019accouchement et la gratuit\u00e9 totale pour les femmes les plus pauvres, affirme le minist\u00e8re.  Le gouvernement \u00abfait ce qu\u2019il peut avec ses moyens\u00bb, estime Dr Souleymane Sanou, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la sant\u00e9 au Burkina. \u00abSi des partenaires veulent nous aider, ils sont les bienvenus\u00bb, dit-il, reconnaissant par ailleurs que la caravane est une bonne id\u00e9e si elle peut amener les femmes \u00e0 fr\u00e9quenter les centres de sant\u00e9 pour les consultations pr\u00e9natales et les accouchements.<\/p>\n<p> Selon Sanou, une mutuelle dans un district de l\u2019est du Burkina et une ONG du Sahel permettent aux femmes enceintes de ces deux r\u00e9gions de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une prise en charge de 100 pour cent des soins dans les centres de sant\u00e9.<\/p>\n<p> Mais selon AI, cette politique est mal connue des populations qui se laissent souvent exploiter par des personnes sans scrupule. Amnesty International estime \u00e9galement que le manque de crit\u00e8re pour d\u00e9terminer les b\u00e9n\u00e9ficiaires de la mesure et le co\u00fbt (les 20 pour cent restants pay\u00e9s par les femmes) restent un obstacle important dans l\u2019acc\u00e8s aux soins.<\/p>\n<p> Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), qui finance la plupart des activit\u00e9s relatives \u00e0 la sant\u00e9 de la reproduction, reconna\u00eet l\u2019existence du probl\u00e8me, mais admet que des solutions sont envisageables.<\/p>\n<p> \u00abC\u2019est vrai que les obstacles financiers existent, l\u2019application des mesures est difficile\u00bb, admet Olga Sankara, charg\u00e9e de programmes au bureau de l\u2019UNFPA \u00e0 Ouagadougou.<\/p>\n<p> L\u2019UNFPA a soutenu le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 pour faire une campagne de communication car il y a des populations qui ne sont pas inform\u00e9es et se font abuser par des agents de sant\u00e9, d\u00e9clare Sankara \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> \u00abL\u2019argent qu\u2019on donne dans le cadre de la subvention est presque sans contr\u00f4le, et il faudra trouver un moyen afin que ce ne soit pas le prestataire (de service) qui g\u00e8re les moyens; la r\u00e9flexion est ouverte\u00bb, affirme Sankara.  Selon l\u2019Enqu\u00eate d\u00e9mographique de sant\u00e9 de 1998-1999, les principales causes des d\u00e9c\u00e8s maternels dans les formations sanitaires sont les h\u00e9morragies (30 pour cent), et les infections (23 pour cent). Les autres causes sont la r\u00e9tention placentaire, les ruptures ut\u00e9rines, les complications des avortements, les \u00e9clampsies, et les an\u00e9mies.  Amnesty International a par ailleurs appel\u00e9 le gouvernement burkinab\u00e9 \u00e0 \u00e9tendre et \u00e0 am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s des femmes aux services de planification familiale.<\/p>\n<p> Le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 affirme que le taux de pr\u00e9valence contraceptive est en croissance, mais il reste encore bas, ne touchant que 14,48 pour cent des femmes dans le pays.<\/p>\n<p> Selon le Programme national de d\u00e9veloppement sanitaire, l&#39;objectif pour la planification familiale est d&#39;augmenter le taux de pr\u00e9valence contraceptive &#8211; pour des m\u00e9thodes modernes &#8211; de six pour cent en 1998 \u00e0 19 pour cent en 2015. Cette ann\u00e9e est pr\u00e9vue par l\u2019ONU pour voir r\u00e9duit de trois quarts le taux de mortalit\u00e9 maternelle comme un des Objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 16 f\u00e9v (IPS) &#8211; Elizabeth Kabor\u00e9, une habitante d\u2019un quartier de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, d\u00e9clare qu\u2019elle a toujours pay\u00e9 pour les consultations pr\u00e9natales, malgr\u00e9 la gratuit\u00e9 que le gouvernement leur promet dans des centres de sant\u00e9&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/02\/16\/burkina-faso-mettre-fin-aux-discriminations-pour-arreter-la-mortalite-maternelle\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,25,11,10,1,4,30,29],"tags":[],"class_list":["post-4730","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-columnas","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4730","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4730"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4730\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4730"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4730"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4730"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}