{"id":4584,"date":"2009-10-27T13:40:01","date_gmt":"2009-10-27T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/10\/27\/agriculture-cote-divoire-les-petits-fermiers-manquent-de-moyens-de-conservation\/"},"modified":"2009-10-27T13:40:01","modified_gmt":"2009-10-27T13:40:01","slug":"agriculture-cote-divoire-les-petits-fermiers-manquent-de-moyens-de-conservation","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/10\/27\/agriculture-cote-divoire-les-petits-fermiers-manquent-de-moyens-de-conservation\/","title":{"rendered":"AGRICULTURE\u2013COTE D\u2019IVOIRE: Les petits fermiers manquent de moyens de conservation"},"content":{"rendered":"<p>BONDOUKOU, C\u00f4te d\u2019Ivoire, 27 oct (IPS) &#8211; Chaque ann\u00e9e, Robert Assal\u00e9, 55 ans, cultivateur \u00e0 Tangamourou, dans la r\u00e9gion de Bondoukou (centre-est de la C\u00f4te d\u2019Ivoire), r\u00e9alise de bonnes productions d\u2019ignames. De 30 tonnes en 2007, il est pass\u00e9 \u00e0 42 tonnes en 2008 et a presque franchi la barre des 50 tonnes cette ann\u00e9e.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Cependant, s\u2019il est parvenu \u00e0 \u00e9couler la moiti\u00e9 de sa r\u00e9colte de 2009 sur le march\u00e9, le reste commence \u00e0 \u00eatre attaqu\u00e9 par des parasites. Quelques tubercules sont m\u00eames en train de pourrir d\u00e9j\u00e0. &#8220;C\u2019est toujours cette situation qui demeure mon inqui\u00e9tude. Lorsque la production tarde \u00e0 sortir des champs, il y a de fortes chances que j\u2019en perde une bonne partie&#8221;, explique Assal\u00e9 \u00e0 IPS.   Sur un espace de 150 m\u00e8tres carr\u00e9s, Assal\u00e9 a fait construire, aux abords de son champ, une cabane \u00e0 l\u2019aide de tronc d\u2019arbres, le tout couvert de pailles. Apr\u00e8s chaque r\u00e9colte, sa production est ainsi stock\u00e9e \u00e0 cet endroit, attendant d\u2019\u00eatre \u00e9coul\u00e9e sur le march\u00e9 gr\u00e2ce aux v\u00e9hicules des transporteurs priv\u00e9s. Le voyage d\u2019un camion de 20 tonnes co\u00fbte entre 100.000 et 120.000 francs CFA (environ 225 \u00e0 270 dollars).<\/p>\n<p>  &#8220;Notre fa\u00e7on de conserver est vraiment archa\u00efque, mais nous n\u2019avons pas le choix. Les choses sont ainsi depuis des ann\u00e9es et j\u2019avoue que je suis beaucoup handicap\u00e9&#8221;, avoue-t-il, l\u2019air d\u00e9sempar\u00e9 devant la d\u00e9couverte de bact\u00e9ries, de champignons et des anomalies (d\u00e9formations et galle) sur ses ignames.   En effet, sur une somme de 3,5 millions FCFA (environ 7.865 dollars) pour la vente de ses ignames &#8211; attendue cette ann\u00e9e -, Assal\u00e9 affirme qu\u2019il ne pense pas gagner plus de deux millions FCFA (environ 4.494 dollars), soit un manque \u00e0 gagner de 43 pour cent. &#8220;Les ann\u00e9es se suivent et les pertes s\u2019encha\u00eenent. En fin de compte, je perds plus que je ne gagne&#8221;, d\u00e9plore-t-il. Les pertes sont dues notamment \u00e0 la mauvaise qualit\u00e9 des ignames mal conserv\u00e9es avant la vente.   Au sein de la petite coop\u00e9rative agricole de Tangamourou, la situation d\u2019Assal\u00e9 est quasi-identique \u00e0 celle des autres membres. &#8220;Nous produisons beaucoup, mais nous tirons peu de profit de nos r\u00e9coltes d\u2019ignames. Les moyens de conservation n\u2019existent v\u00e9ritablement pas. Et puis, ne nous parlez surtout pas de transformation&#8221;, indique \u00e0 IPS, Florent Kouadio, 50 ans, un autre planteur.  Les conditions et les moyens de conservation n\u2019existant pas, comment peut-on parler de la transformation locale des ignames? demande-t-il. Il esp\u00e8re n\u00e9anmoins qu\u2019un jour son pays atteindra ce stade. En effet, \u00e0 part les mets traditionnels, comme le foutou ou l\u2019igname bouillie ou frite consomm\u00e9s localement, plus rien ne se fait sur place avec ce produit, affirme-t-il.   Dans certains champs, IPS a constat\u00e9 des productions mises en sac, entass\u00e9es \u00e0 m\u00eame le sol, mais pas \u00e0 l\u2019abri des rayons du soleil. Ces tubercules laissaient d\u00e9j\u00e0 appara\u00eetre de nouveaux bourgeons. &#8220;La chaleur est le premier ennemi de l\u2019igname. Si elle longtemps expos\u00e9e, c\u2019est normal qu\u2019il y ait du g\u00e2chis&#8221;, souligne Kouadio.   Avec 35 tonnes d\u2019ignames produites pour la saison en cours, Kouadio n\u2019a pu vendre que 20 tonnes. &#8220;C\u2019est pratiquement \u00e0 bas prix que j\u2019ai c\u00e9d\u00e9 ma r\u00e9colte. L\u2019acheteur m\u2019a propos\u00e9 le kilogramme \u00e0 150 FCFA (environ 0,33 dollar) et je n\u2019ai pas h\u00e9sit\u00e9 parce que j\u2019avais la pression&#8221;, affirme-t-il. Pourtant, le kilo d\u2019igname \u00e9tait vendu entre 200 et 250 FCFA (entre 0,44 et 0,56 dollar).  Pour le reste de sa production, il garde encore un petit espoir de vendre une partie et de conserver une autre partie pour la consommation familiale. &#8220;Nous avons souvent des d\u00e9bouch\u00e9es sur les localit\u00e9s frontali\u00e8res du Burkina Faso en passant par la ville de Bouna (nord-est de la C\u00f4te d\u2019Ivoire). Les prix y sont tr\u00e8s bas, mais il faudra y aller pour \u00e9viter trop de pertes sous la main&#8221;, indique Kouadio.   Ferdinand Mahan, un technicien agricole \u00e0 Bondoukou, explique \u00e0 IPS qu&#39;&#8221;il n\u2019existe encore aucune chambre froide pour la r\u00e9frig\u00e9ration de l\u2019igname dans la r\u00e9gion, comme dans de nombreuses autres r\u00e9gions du pays. Les cabanes traditionnelles sans traitement sont leur seul mode de conservation. Ce qui n\u2019est pas fait pour assurer un bon avenir \u00e0 ce f\u00e9culent&#8221;.   &#8220;Pour l\u2019instant, les pratiques que nous enseignons \u00e0 ces planteurs, c\u2019est qu\u2019\u00e0 la r\u00e9colte, ils fassent un traitement au fongicide pendant la conservation ou encore qu\u2019ils d\u00e9placent r\u00e9guli\u00e8rement les ignames. Toutefois, cela \u00e0 un co\u00fbt et peu d\u2019entre eux en ont les moyens&#8221;, explique Mahan \u00e0 IPS.   Principale zone productrice d\u2019ignames, la r\u00e9gion de Bondoukou produit 700.000 tonnes de ce f\u00e9culent chaque ann\u00e9e pour la C\u00f4te d\u2019Ivoire, selon l\u2019Agence nationale de d\u00e9veloppement rural. Ce qui fait de ce pays de l\u2019Afrique de l\u2019ouest, le troisi\u00e8me producteur d\u2019igname en Afrique, apr\u00e8s le Nigeria et le Ghana.   Mais, malgr\u00e9 un tel acquis qui soutient une autosuffisance relative de l\u2019igname dans l\u2019alimentation ivoirienne, on constate un r\u00e9el probl\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire du fait de l\u2019indisponibilit\u00e9 de cette tubercule sur les march\u00e9s \u00e0 une certaine p\u00e9riode de l\u2019ann\u00e9e, souligne le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA).   &#8220;Cette indisponibilit\u00e9 est li\u00e9e aux nombreuses pertes post-r\u00e9colte qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 environ 30 \u00e0 40 pour cent de la production, \u00e0 l\u2019acc\u00e8s difficile aux grands centres de production, au mauvais conditionnement, aux difficult\u00e9s de conservation de ces produits&#8221;, r\u00e9v\u00e9lait en ao\u00fbt dernier Pierre Ackah, directeur ex\u00e9cutif du FIRCA. C\u2019\u00e9tait lors de la restitution d\u2019une \u00e9tude sur l\u2019\u00e9tat des lieux et de diffusion des techniques de transformation et de conservation post-r\u00e9colte de l\u2019igname et de la banane plantain en C\u00f4te d\u2019Ivoire.   &#8220;Il faut trouver des moyens urgents et efficaces pour parer \u00e0 cette difficult\u00e9 de conservation des produits agricoles&#8221;, souligne Lucien Tap\u00e9, un analyste bas\u00e9 \u00e0 Abidjan, la capitale \u00e9conomique ivoirienne. &#8220;Les pertes des producteurs sont \u00e9normes, alors de nouvelles techniques doivent \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9es pour leur venir en aide&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BONDOUKOU, C\u00f4te d\u2019Ivoire, 27 oct (IPS) &#8211; Chaque ann\u00e9e, Robert Assal\u00e9, 55 ans, cultivateur \u00e0 Tangamourou, dans la r\u00e9gion de Bondoukou (centre-est de la C\u00f4te d\u2019Ivoire), r\u00e9alise de bonnes productions d\u2019ignames. 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