{"id":4461,"date":"2009-08-04T13:40:01","date_gmt":"2009-08-04T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/08\/04\/economie-angola-lesprit-dentreprise-ne-par-necessite\/"},"modified":"2009-08-04T13:40:01","modified_gmt":"2009-08-04T13:40:01","slug":"economie-angola-lesprit-dentreprise-ne-par-necessite","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/08\/04\/economie-angola-lesprit-dentreprise-ne-par-necessite\/","title":{"rendered":"ECONOMIE-ANGOLA: L\u2019esprit d\u2019entreprise n\u00e9 par n\u00e9cessit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>LUANDA, 3 ao\u00fbt (IPS) &#8211; &#8220;Amiga, amiga&#8221;, crient les femmes, &#8220;des pommes, des poires, des ananas&#8230;&#8221;, leurs cris se fondant dans les coups de klaxon et les grognements du bruit de la circulation.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Dans tout Luanda, la capitale angolaise, les vendeurs de rue colportent leurs produits, vendant tout, des pi\u00e8ces de st\u00e9r\u00e9o de voiture aux parfums contrefaits et des sandales chinoises, en passant par des poissons localement captur\u00e9s.    La plupart de ces produits sont import\u00e9s dans de g\u00e9ants sacs par des groupes de femmes qui voyagent par avion en Afrique du Sud, en Chine et au Br\u00e9sil achetant des denr\u00e9es bon march\u00e9 dont elles augmentent les prix pour couvrir les frais de douane \u00e0 l\u2019a\u00e9roport.  Les produits import\u00e9s sont ensuite amen\u00e9s dans les magasins ou &#8220;armazens&#8221; qui se trouvent \u00e0 environ six kilom\u00e8tres du centre-ville jusqu\u2019au march\u00e9 tentaculaire de Roque Santeiro.<\/p>\n<p> Ces armazens, aussi remplis de produits import\u00e9s par bateau comme des bo\u00eetes de conserve et produits \u00e9lectriques, approvisionnent les vendeurs ou vendeuses \u00e0 Roque mais aussi les petits vendeurs ou vendeuses qui transportent leurs denr\u00e9es en ville par des taxis de marque bleue et blanche de l\u2019Angola \u2013 connus sous le nom de &#8220;cadongueiros&#8221; transportant litt\u00e9ralement des vendeurs ou vendeuses.<\/p>\n<p> Dans le centre-ville, loin des boues et des bagarres de Roque, parmi les gratte-ciels vitr\u00e9s rutilants et les directeurs de p\u00e9trole dans des 4&#215;4, le prix est doubl\u00e9 et, selon la couleur de la peau de l\u2019acheteur, souvent doubl\u00e9 encore.<\/p>\n<p> Des d\u00e9cennies de conflit et de gouvernance \u00e9conomique de style marxiste ont tu\u00e9 le secteur priv\u00e9 de l\u2019Angola, le rempla\u00e7ant par des institutions d\u2019Etat pl\u00e9thoriques qui ont fait d\u00e9gringoler le commerce.<\/p>\n<p> Roque Santeiro, nomm\u00e9 ainsi apr\u00e8s un op\u00e9ra de savon br\u00e9silien avec le culte ayant suivi en Angola, s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es de guerre et \u00e9tait formellement transform\u00e9 en un march\u00e9 en 1986.  Mais sa formalit\u00e9 s\u2019arr\u00eate l\u00e0. Aujourd\u2019hui, s\u2019\u00e9tendant sur deux kilom\u00e8tres carr\u00e9s, Roque est la maison de dizaines de milliers de vendeurs ou vendeuses et leurs divers entrep\u00f4ts.  La fin de la guerre civile de 27 ans de l\u2019Angola en 2002 a lanc\u00e9 le pays dans un essor \u00e9conomique \u2013 produit int\u00e9rieur brut (PIB) \u00e0 deux chiffres chaque ann\u00e9e depuis 2004 \u2013 gr\u00e2ce \u00e0 de grandes r\u00e9serves de p\u00e9trole et de diamants.<\/p>\n<p> Toutefois, cet essor \u00e9conomique n\u2019a pas cr\u00e9\u00e9 d\u2019emplois pour la plupart des Angolais: deux-tiers vivent toujours avec moins de deux dollars par jour.  Cette croissance n\u2019a pas pu jusque-l\u00e0 mettre de l\u2019argent dans les poches de la plupart des Angolais; deux-tiers vivent encore avec moins de deux dollars par jour parce que l\u2019essor a cr\u00e9\u00e9 tr\u00e8s peu d\u2019emplois formels et l\u2019\u00e9conomie informelle \u2013 estim\u00e9e \u00e0 plus de 60 pour cent de l\u2019\u00e9conomie de l\u2019Angola \u2013 continue de prosp\u00e9rer.  Selon l\u2019\u00e9tude &#39;Global Entrepreneurship Monitor (Moniteur de l\u2019entreprenariat mondial &#8211; GEM)&#39; de 2009, men\u00e9e dans 43 pays \u00e0 travers le monde et publi\u00e9e le mois dernier, l\u2019Angola a l\u2019un des taux les plus \u00e9lev\u00e9s d\u2019entrepreneurs au stade pr\u00e9coce. Un Angolais sur quatre, a constat\u00e9 l\u2019\u00e9tude, \u00e9tait impliqu\u00e9 dans des entreprises d\u00e9butantes, sensiblement plus \u00e9lev\u00e9es que d\u2019autres \u00e9conomies que le GEM qualifie de motiv\u00e9es par la production comme l\u2019Inde et la Colombie.  &#8220;Etre vu comme un entrepreneur est une tr\u00e8s bonne chose en Angola et les gens respectent les hommes d\u2019affaires&#8221;, a expliqu\u00e9 le professeur Augusto Medina, de la SPI (Soci\u00e9t\u00e9 portugaise de l\u2019innovation), qui a men\u00e9 une \u00e9tude en Angola conjointement avec l\u2019Universit\u00e9 catholique d\u2019Angola (UCAN) et la plus grande banque priv\u00e9e du pays, la BFA (Banco Fomento Angola).  Mais, il ajout\u00e9 : &#8220;Cet esprit d\u2019entreprenariat est n\u00e9 par la force des choses&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Les gens ne peuvent pas trouver d\u2019emploi, alors, ils sont oblig\u00e9s de sortir et de cr\u00e9er leur propre travail en vendant dans les rues&#8221;.  Le commerce informel a ses avantages : l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus attirant est qu\u2019une personne dans la soci\u00e9t\u00e9 fractur\u00e9e de l\u2019Angola, qu\u2019elle soit d\u00e9plac\u00e9e par la guerre, un soldat d\u00e9mobilis\u00e9, ou une m\u00e8re analphab\u00e8te dirigeant un m\u00e9nage, peut tenter quelque chose. Il n\u2019existe ni d\u2019exigences d\u2019entr\u00e9e ni des tas de papiers.   Par contre, l\u2019achat en petites quantit\u00e9s peut faire monter les co\u00fbts, les vendeurs seuls n\u2019ont pas souvent de magasins s\u00e9curis\u00e9s, par exemple, et certains peuvent se sentir oblig\u00e9s d\u2019offrir des r\u00e9ductions familiales ou sociales qui baissent le profit \u00e0 long terme.<\/p>\n<p> Les entrepreneurs informels en Angola luttent \u00e9galement pour acc\u00e9der au cr\u00e9dit bancaire qui continue, malgr\u00e9 quelques am\u00e9liorations, d\u2019\u00eatre r\u00e9serv\u00e9 notamment pour l\u2019\u00e9lite riche avec les liens familiaux appropri\u00e9s.<\/p>\n<p> Dans un rapport sur le march\u00e9 informel de l\u2019Angola, l\u2019organisation non gouvernementale canadienne, &#39;Developement Workshop&#39; (Atelier de d\u00e9veloppement &#8211; DW), a indiqu\u00e9 : &#8220;Alors que l\u2019entr\u00e9e dans l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 informel est ouverte \u00e0 tout le monde, ind\u00e9pendamment de leur niveau d\u2019alphab\u00e9tisation ou de leurs exp\u00e9riences ant\u00e9rieures, ceux qui ont r\u00e9ussi ont besoin d\u2019acqu\u00e9rir les aptitudes en affaires et un capital suffisant pour construire des entreprises durables&#8221;.  Un point de friction important \u00e9tait, a observ\u00e9 le DW, un manque d\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit qui a amen\u00e9 les gens \u00e0 prendre des pr\u00eats priv\u00e9s avec des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9lev\u00e9s qui les ont laiss\u00e9s dans une dette chronique.   Le DW et les partenaires locaux ont jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9cisif dans l\u2019\u00e9tablissement de micro-cr\u00e9dits dans des parties de Luanda. Le Projet de moyens d\u2019existence durables (SLP) \u00e9tait bas\u00e9 sur un mod\u00e8le de micro-finance initialement d\u00e9velopp\u00e9 par la banque Grameen au Bangladesh.  Des groupes sont compos\u00e9s de 20 \u00e0 30 membres et ont d\u00e9mocratiquement \u00e9lu des pr\u00e9sidents, des tr\u00e9soriers&#8230;, approuv\u00e9 des statuts avec des r\u00e9unions r\u00e9guli\u00e8res programm\u00e9es.  Au d\u00e9but, chaque groupe suit un processus de formation de 10 semaines pour renforcer la confiance, la solidarit\u00e9 et le leadership qui doivent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s avant que les pr\u00eats ne soient effectu\u00e9s. Ensuite, les pr\u00eats sont accord\u00e9s aux individus, mais garantis par le groupe.<\/p>\n<p> En 2004, le SLP avait pr\u00e8s de 5.000 clients \u00e0 Luanda et \u00e0 Huambo, et a depuis \u00e9volu\u00e9 pour devenir &#39;KikiCredito&#39; qui a \u00e9t\u00e9 salu\u00e9 comme un premier exemple d\u2019une initiative de micro-finance r\u00e9ussie.   L\u2019acc\u00e8s \u00e0 un appui comme celui-ci est n\u00e9cessaire en Angola.  L\u2019enqu\u00eate du GEM a constat\u00e9 que pendant que l\u2019Angola a le taux d\u2019entreprises d\u00e9butantes tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, il avait \u00e9galement le taux d\u2019\u00e9chec le plus \u00e9lev\u00e9 avec un cinqui\u00e8me des nouvelles entreprises angolaises fermant dans les 12 mois. C\u2019\u00e9tait le taux d\u2019\u00e9chec le plus \u00e9lev\u00e9 dans les 43 pays \u00e9tudi\u00e9s.  Les auteurs du GEM ont formul\u00e9 un certain nombre de recommandations pour soutenir les petites entreprises \u00e0 travers l\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit, l\u2019\u00e9ducation et la formation, ainsi que rendre la technologie comme l\u2019Internet plus accessible.  Toutefois, de retour dans les rues de Luanda, sur le tr\u00e8s bas \u00e9chelon de l\u2019\u00e9chelle d\u2019entreprise, la vie est plus que jamais dure, \u00e0 cause de la nouvelle interdiction du gouvernement provincial pour les vendeurs ou vendeuses de rue.  Des \u00e9quipes de la police patrouillent les trottoirs qui se d\u00e9gradent, chassant les femmes de leurs placards, saisissant parfois leurs produits pr\u00e9cieux. La l\u00e9gislation \u00e9tait introduite pour &#8220;nettoyer&#8221; Luanda et concentrer les vendeurs ou vendeuses dans des domaines de march\u00e9 d\u00e9sign\u00e9s comme Roque Santeiro.   Mais malgr\u00e9 les risques \u00e9lev\u00e9s, des commer\u00e7ants ou commer\u00e7antes sont audacieux.  &#8220;Je continuerai par vendre ici&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Paulo Silva, 18 ans, tenant une feuille de carton couverte de lunettes de soleil. &#8220;Les gens ne vont plus autant \u00e0 Roque, nos clients sont ici et nous pouvons faire plus d\u2019argent ici&#8221;.   En Angola, o\u00f9 le d\u00e9goulinement des richesses p\u00e9troli\u00e8res n\u2019atteint pas vraiment le bas, ces vendeurs ou vendeuses vont probablement continuer par lutter pour un partage de l\u2019\u00e9conomie de leur pays au cours de nombreuses ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LUANDA, 3 ao\u00fbt (IPS) &#8211; &#8220;Amiga, amiga&#8221;, crient les femmes, &#8220;des pommes, des poires, des ananas&#8230;&#8221;, leurs cris se fondant dans les coups de klaxon et les grognements du bruit de la circulation.<\/p>\n","protected":false},"author":611,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1,28,30,20],"tags":[],"class_list":["post-4461","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-southern-africa","category-special-culture-religion-et-genre","category-travail"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4461","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/611"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4461"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4461\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4461"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4461"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4461"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}