{"id":4415,"date":"2009-07-02T13:40:01","date_gmt":"2009-07-02T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/07\/02\/kenya-denoncer-les-cas-de-massacre-torture-et-de-viol-par-des-forces-de-securite\/"},"modified":"2009-07-02T13:40:01","modified_gmt":"2009-07-02T13:40:01","slug":"kenya-denoncer-les-cas-de-massacre-torture-et-de-viol-par-des-forces-de-securite","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/07\/02\/kenya-denoncer-les-cas-de-massacre-torture-et-de-viol-par-des-forces-de-securite\/","title":{"rendered":"KENYA: D\u00e9noncer les cas de massacre, torture et de viol par des forces de s\u00e9curit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>WASHINGTON, 2 juil (IPS) &#8211; &#39;Human Rights Watch&#39; (HRW) appelle pour une enqu\u00eate imm\u00e9diate sur des agents des services de s\u00e9curit\u00e9 du Kenya qui, selon l\u2019ONG, \u00e9taient envoy\u00e9s pour prot\u00e9ger des civils dans le district de Mandera, dans le nord-est du pays, au cours de l\u2019op\u00e9ration pour d\u00e9sarmer cette r\u00e9gion lourdement militaris\u00e9e en octobre 2008, mais qui ont plut\u00f4t battu et tortur\u00e9 ces civils, affirme le rapport publi\u00e9 lundi.  <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le rapport &#8220;Amenez le fusil ou vous mourez&#39;: Torture, viol, et autres violations graves des droits humains par les forces de s\u00e9curit\u00e9 du Kenya dans le Triangle de Mandera&#8221;, fait suite aux abus de la part de ces officiers pendant et depuis cette op\u00e9ration dans quatre des 10 r\u00e9gions cibl\u00e9es.  Ce rapport est le dernier signe que les tensions au Kenya demeurent \u00e9lev\u00e9es malgr\u00e9 un accord, l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, qui a mis fin \u00e0 des mois de violences post\u00e9lectorales. Les violences ethniques et les souffrances \u00e9conomiques ont contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019instabilit\u00e9 au Kenya, qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 r\u00e9cemment encore comme un mod\u00e8le stable pour l\u2019Afrique.   Le rapport de HRW relate l&#39;enqu\u00eate sur des abus contre les hommes, les femmes et les enfants, qui ont fait au moins 1.200 bless\u00e9es et un d\u00e9c\u00e9d\u00e9 de ses blessures. Presque tous ceux qui ont \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9s \u00e9taient des civils que les forces de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9taient suppos\u00e9es \u00eatre en train de prot\u00e9ger contre des milices locales. On signale \u00e9galement que plus d\u2019une douzaine de femmes ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es au cours de l\u2019op\u00e9ration de trois jours.  HRW a indiqu\u00e9 que ceci &#8220;fait partie d\u2019un type plus large d\u2019abus similaires de la part des farces de s\u00e9curit\u00e9&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Au lieu de prot\u00e9ger les habitants de Mandera, l\u2019arm\u00e9e et la police les ont syst\u00e9matiquement battus et tortur\u00e9s&#8221;, a affirm\u00e9 Kenneth Roth, directeur ex\u00e9cutif de HRW, dans le communiqu\u00e9 de presse sur le rapport. &#8220;Tant que le comportement des forces de s\u00e9curit\u00e9 ne change pas, et que les auteurs et notamment les commandants ne sont pas tenus de rendre des comptes, la r\u00e9forme de la police dont parle tout le gouvernement n\u2019a pas de sens&#8221;.  L\u2019op\u00e9ration, qui a commenc\u00e9 le 25 octobre 2008, \u00e9tait compos\u00e9e des militaires et agents de police, et \u00e9tait destin\u00e9e \u00e0 d\u00e9sarmer les milices locales soup\u00e7onn\u00e9es de faire entrer des armes venues d\u2019Ethiopie et de Somalie. Elle a dur\u00e9 trois jours et a eu lieu dans des villages \u00e0 travers l\u2019est et le centre de Mandera, et a suivi les affrontements entre les clans locaux, Garre et Murulle.   Vingt-et-une personnes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es dans ces violences qui ont dur\u00e9 de juillet \u00e0 ao\u00fbt entre les deux groupes.  Des chercheurs de HRW ont visit\u00e9 la r\u00e9gion en f\u00e9vrier 2009 et ont r\u00e9uni les d\u00e9clarations de 90 t\u00e9moins des violences qui se sont produites dans cinq villes diff\u00e9rentes. Selon HRW, les t\u00e9moins ont d\u00e9clar\u00e9 que les agents de s\u00e9curit\u00e9 sont venus et ont r\u00e9uni tous les hommes dans leurs villes t\u00f4t le matin puis ils les ont frapp\u00e9s et tortur\u00e9s pour des informations sur les caches d\u2019armes et les positions des milices.   &#8220;Imm\u00e9diatement, quand ils nous ont amen\u00e9s l\u00e0 bas [un point central du village], ils ont commenc\u00e9 par nous battre&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 un homme cit\u00e9 dans le rapport. &#8220;Lorsqu\u2019ils ont fini, ils ont dit: &#39;O\u00f9 sont vos armes?&#39;. Et si vous continuez par dire que vous n\u2019en avez pas, ils vous frappent encore. Quelques-uns du personnel qui \u00e9taient l\u00e0 et qui parlaient notre langue nous disaient: &#39;Au lieu de mourir ici, montrez-nous simplement vos armes&#39;&#8221;.  Le rapport indique que ces responsables de la s\u00e9curit\u00e9 ont \u00e9galement fouill\u00e9 les domiciles des gens pour des signes d\u2019armes \u00e0 feu, ce qui a conduit au pillage des maisons et des entreprises locales.  &#8220;Dans plusieurs communaut\u00e9s, ces fouilles se sont transform\u00e9es en un pillage tr\u00e8s r\u00e9pandu, et des femmes dans deux localit\u00e9s ont dit \u00e0 Human Rights Watch que des membres des agents de s\u00e9curit\u00e9 les ont viol\u00e9es apr\u00e8s les avoir trouv\u00e9es \u00e0 la maison pendant qu\u2019ils frappaient leurs maris&#8221;, a indiqu\u00e9 le communiqu\u00e9 de presse de HRW.  &#8220;Dans beaucoup de cas, les s\u00e9vices \u00e9taient si s\u00e9v\u00e8res et prolong\u00e9s qu\u2019ils ont atteint le niveau de torture. Des centaines d\u2019hommes ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s de se coucher sur le sol pendant des heures et ils ont \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9s avec des crosses de fusils, des b\u00e2tons, des cannes, et des barres de fer. Des membres des forces de s\u00e9curit\u00e9 ont tortur\u00e9 certains hommes en tordant, en pressant, ou en fendant leurs testicules, causant dans plusieurs cas des dommages durables&#8221;.   Dans la plupart des communaut\u00e9s, les violences ont pris fin lorsque les anciens ont suppli\u00e9 ces agents de cesser et ont promis qu\u2019ils rechercheraient et remettraient toutes les armes dans le village. Alors que certaines armes ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9es \u00e0 des villageois et aux milices locales, d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 achet\u00e9es chez des marchants d\u2019armes somaliens avec l\u2019argent de la communaut\u00e9, affirme le rapport.  Des centaines d\u2019hommes ont \u00e9t\u00e9 soign\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00f4pital \u00e0 El Wak, une ville pr\u00e8s de la fronti\u00e8re avec la Somalie, et d\u2019autres centres de sant\u00e9 locaux ont trait\u00e9 des blessures similaires de membres cass\u00e9s, d\u2019organes g\u00e9nitaux mutil\u00e9s et de difficult\u00e9 \u00e0 respirer et \u00e0 uriner.<\/p>\n<p> &#8220;Il n\u2019y avait aucun avertissement de la part du gouvernement que ce [type de violence] se produirait&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 dans le rapport un responsable de la Croix-Rouge du Kenya. &#8220;Nous n\u2019\u00e9tions pas en bons termes avec l\u2019arm\u00e9e pendant ce temps. Le pr\u00e9sident de notre branche \u00e0 El Wak a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 avec tout le monde, quand bien m\u00eame il portait une chemise de la Croix-Rouge&#8221;.  Des t\u00e9moins ont d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 HRW qu\u2019il y avait certains commandants de la police et de l\u2019arm\u00e9e qui supervisaient les \u00e9v\u00e8nements et donnaient parfois des ordres.  &#8220;Ce n\u2019est pas une question de quelques brebis galeuses d\u00e9sob\u00e9issant aux ordres&#8221;, a expliqu\u00e9 Roth. &#8220;Cette op\u00e9ration \u00e9tait le r\u00e9sultat d\u2019une strat\u00e9gie con\u00e7ue par des agents de grade sup\u00e9rieur pour utiliser la force brutale contre des citoyens k\u00e9nyans&#8221;.  Les \u00e9v\u00e8nements \u00e0 Mandera pendant le mois d\u2019octobre 2008 ont suivi une op\u00e9ration de contre-insurrection \u00e0 Mount Elgon, un district dans l\u2019ouest, qui visait \u00e9galement des civils. Selon HRW, plus de 4.000 personnes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenues et des centaines ont \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9es, avec plus de 100 hommes toujours disparus.<\/p>\n<p> Des \u00e9v\u00e8nements similaires se sont produits en f\u00e9vrier 2009 avec des \u00e9leveurs de b\u00e9tail \u00e0 Kuria, un district dans l\u2019angle du sud-ouest, et dans la r\u00e9gion de Samburu, dans le sud-est, en mars 2009, sur lesquels HRW demande au gouvernement d\u2019enqu\u00eater dans son rapport.   Philip Alston, un rapporteur sp\u00e9cial des Nations Unies sur les ex\u00e9cutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, a appel\u00e9 &#8220;pour le limogeage du commissaire de police et du procureur g\u00e9n\u00e9ral au motif que les deux responsables sont directement coupables du climat de l\u2019impunit\u00e9 qui entoure ces graves abus&#8221;.   Le pr\u00e9sident k\u00e9nyan, Mwai Kibaki, a annonc\u00e9 la formation d\u2019un groupe de travail pour acc\u00e9l\u00e9rer les r\u00e9formes de la police en mai et \u00e9tait d\u2019accord avec le Conseil des droits de l\u2019Homme de l\u2019ONU que ces r\u00e9formes \u00e9taient n\u00e9cessaires pour le pays.  La police au Kenya a fait l\u2019objet d\u2019une suspicion de torture et de massacre de civils suite aux violences post\u00e9lectorales en d\u00e9cembre 2007 dans le pays lorsque 405 personnes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es. La Commission Waki a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e pour enqu\u00eater sur l\u2019implication de la police en f\u00e9vrier 2008.  Les violences se sont produites apr\u00e8s que Kibaki a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu pour un second mandat dans une \u00e9lection fortement disput\u00e9e. Kibaki \u00e9tait accus\u00e9 de manipulations et de fraudes \u00e9lectorales par les militants de son opposant, Raila Odinga. D\u2019autres violences ont \u00e9clat\u00e9 apr\u00e8s que la police a \u00e9t\u00e9 film\u00e9e en train de tirer sur des manifestants, ce qui a provoqu\u00e9 des attaques contre la police.  Des violences ethniques ont \u00e9clat\u00e9 \u00e9galement contre la population kikuyu, le groupe ethnique de Kibaki.  Kibaki et Odinga ont mis fin aux violences lorsqu\u2019ils ont sign\u00e9 un accord de partage du pouvoir qui a install\u00e9 Odinga comme Premier ministre le 17 avril 2008.<\/p>\n<p> &#8220;Human Rights Watch a demand\u00e9 \u00e0 Kibaki d\u2019en faire une priorit\u00e9 urgente pour ex\u00e9cuter les recommandations de la Commission Waki et du rapporteur sp\u00e9cial de l\u2019ONU, et de poursuivre les commandants de la police et de l\u2019arm\u00e9e responsables des graves crimes \u00e0 Mandera, \u00e0 Mount Elgon, et ailleurs&#8221;, a \u00e9crit HRW dans son communiqu\u00e9 de presse.<\/p>\n<p> &#8220;Le Kenya a absolument besoin de dire clairement aux forces de s\u00e9curit\u00e9 qu\u2019elles seront tenues responsables des graves abus&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Roth dans le communiqu\u00e9. &#8220;La voie appropri\u00e9e pour commencer est de mener des enqu\u00eates ind\u00e9pendantes sur ces op\u00e9rations brutales \u00e0 Mandera et ailleurs, et de limoger le commissaire de police et le procureur g\u00e9n\u00e9ral&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>WASHINGTON, 2 juil (IPS) &#8211; &#39;Human Rights Watch&#39; (HRW) appelle pour une enqu\u00eate imm\u00e9diate sur des agents des services de s\u00e9curit\u00e9 du Kenya qui, selon l\u2019ONG, \u00e9taient envoy\u00e9s pour prot\u00e9ger des civils dans le district de Mandera, dans le nord-est&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/07\/02\/kenya-denoncer-les-cas-de-massacre-torture-et-de-viol-par-des-forces-de-securite\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":671,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,14,10,27,1,7,3],"tags":[],"class_list":["post-4415","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-amerique-du-nord","category-droits-humains","category-east-africa","category-headlines","category-politique","category-population-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4415","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/671"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4415"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4415\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4415"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4415"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4415"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}