{"id":4137,"date":"2008-11-08T13:40:01","date_gmt":"2008-11-08T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/11\/08\/politique-cameroun-le-defi-de-la-securisation-de-bakassi\/"},"modified":"2008-11-08T13:40:01","modified_gmt":"2008-11-08T13:40:01","slug":"politique-cameroun-le-defi-de-la-securisation-de-bakassi","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/11\/08\/politique-cameroun-le-defi-de-la-securisation-de-bakassi\/","title":{"rendered":"POLITIQUE-CAMEROUN: Le d\u00e9fi de la s\u00e9curisation de Bakassi"},"content":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 8 nov (IPS) &#8211; &#8220;Les concertations se poursuivent. L&#39;identit\u00e9 des ravisseurs est insaisissable, elle demande \u00e0 \u00eatre confirm\u00e9e pour que les n\u00e9gociations puissent atteindre l&#39;objectif premier, c&#39;est-\u00e0-dire sauver la vie des otages&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Henri Eyebe Ayissi, ministre camerounais des Relations ext\u00e9rieures.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Une semaine apr\u00e8s, le myst\u00e8re persiste sur la prise d&#39;otages op\u00e9r\u00e9e par un groupe arm\u00e9 dans la nuit du 30 au 31 octobre dans les eaux camerounaises \u00e0 Bakassi, et au cours de laquelle dix personnes &#8212; dont six Fran\u00e7ais, deux Camerounais, un S\u00e9n\u00e9galais et un Tunisien &#8212; ont \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9es \u00e0 bord d&#39;un navire de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise de services p\u00e9troliers Bourbon, affr\u00e9t\u00e9 par la compagnie Total.  Aucune indication n&#39;est fournie pour permettre d&#39;identifier clairement les ravisseurs, qui se pr\u00e9sentent sous le nom de &#39;Bakassi Freedom Fighters&#39;. D\u00e9clar\u00e9 tant\u00f4t camerounais, tant\u00f4t nig\u00e9rian, ce mouvement dit rebelle s&#39;est fait conna\u00eetre pour la premi\u00e8re fois en revendiquant la derni\u00e8re attaque d\u00e9jou\u00e9e, le 18 octobre \u00e0 Bakassi, par l&#39;arm\u00e9e camerounaise.  Dans un communiqu\u00e9, le gouvernement camerounais, qui a install\u00e9 une cellule de crise au minist\u00e8re de la D\u00e9fense, a ni\u00e9 &#8220;l&#39;existence, sur le territoire national, du mouvement de revendication d\u00e9nomm\u00e9 Bakassi Freedom Fighters dont les m\u00e9dias nationaux et internationaux relaient les d\u00e9clarations&#8221;.  Apr\u00e8s avoir annonc\u00e9 mercredi la mort de deux otages, \u00e0 la suite d&#39;une pr\u00e9tendue op\u00e9ration de lib\u00e9ration attribu\u00e9e dans un premier temps \u00e0 l&#39;arm\u00e9e camerounaise, puis aux forces nig\u00e9rianes, Ebi Dari, pr\u00e9sent\u00e9 comme le commandant de ce groupe arm\u00e9, est revenu sur ses d\u00e9clarations.  &#8220;Aucun otage n&#39;a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9. Il y en a un qui a d&#39;ailleurs pu causer avec sa famille au t\u00e9l\u00e9phone. Les d\u00e9clarations des ravisseurs visent \u00e0 monter les ench\u00e8res, pour la ran\u00e7on qu&#39;ils r\u00e9clament&#8221;, a affirm\u00e9 sous couvert d&#39;anonymat une source diplomatique proche du dossier \u00e0 Yaound\u00e9, la capitale camerounaise.  A Yaound\u00e9, des rencontres formelles et informelles se multiplient entre les autorit\u00e9s et des chefs de missions diplomatiques des pays \u00e9trangers concern\u00e9s par cette prise d&#39;otages. Ayissi a \u00e9galement fait \u00e9tat d&#39;&#8221;\u00e9changes permanents&#8221; avec ses homologues nig\u00e9rian et s\u00e9n\u00e9galais, ainsi qu&#39;avec la secr\u00e9taire d&#39;Etat fran\u00e7aise aux Droits de l&#39;Homme.  Selon Eyebe Ayissi, ces \u00e9changes sont inscrits dans le cadre de la &#8220;coordination des actions, avec un partage des r\u00f4les, sous la supervision du chef de l&#39;Etat&#8221;, Paul Biya; avec pour objectif d&#39;obtenir, &#8220;dans les meilleurs d\u00e9lais, la lib\u00e9ration des otages dans un \u00e9tat sain et sauf&#8221;. Mais officiellement, aucun contact n&#39;est annonc\u00e9 avec les ravisseurs.  C&#39;est la premi\u00e8re fois que le Cameroun fait face \u00e0 une telle situation, bien que la r\u00e9gion de Bakassi, th\u00e9\u00e2tre de la prise d&#39;otages, soit confront\u00e9e \u00e0 une ins\u00e9curit\u00e9 persistante, malgr\u00e9 la r\u00e9trocession de cette presqu&#39;\u00eele au Cameroun par le Nigeria le 14 ao\u00fbt dernier, au terme d&#39;un diff\u00e9rend frontalier de 15 ans port\u00e9 devant la justice internationale.  Tout comme leur identit\u00e9, les motivations des &#39;Bakassi Freedom Fighters&#39; restent floues. Ils se contentent de dire qu&#39;ils luttent pour l&#39;\u00e9mancipation de Bakassi et exigent des n\u00e9gociations avec le gouvernement camerounais.  Professeur de philosophe \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I, Hubert Mono Ndjana, a interrog\u00e9 par IPS, a pour cela qualifi\u00e9 de &#8220;juste&#8221; la position du gouvernement camerounais qui a annonc\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but son refus de n\u00e9gocier avec un &#8220;groupe non identifi\u00e9&#8221;. &#8220;On ne peut pas n\u00e9gocier avec quelqu&#39;un qui ne montre pas son visage&#8221;, a soulign\u00e9 Mono Ndjana.  &#8220;Pour qu&#39;un gouvernement n\u00e9gocie avec un groupe, il faut que ce groupe soit identifi\u00e9 et l\u00e9gitime, c&#39;est-\u00e0-dire qu&#39;il soit l\u00e9galement constitu\u00e9. Je ne crois que pas ceux qui sont d\u00e9sign\u00e9s sous le nom de Bakassi Freedom Fighters remplissent une seule de ces conditions&#8221;, a rench\u00e9ri Joseph Vincent Ntuda Ebod\u00e9, politologue, chef du Centre de recherche et d&#39;\u00e9tudes politiques et strat\u00e9giques de l&#39;Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 II.  Pour Ntuda Ebod\u00e9, il s&#39;agit d&#39;un groupe nig\u00e9rian qui, comme d&#39;autres, &#8220;vivait de trafics \u00e0 Bakassi et qui, ayant peur qu&#39;il y ait eu une entente entre le Cameroun et le Nigeria, commence \u00e0 vouloir mettre du d\u00e9sordre&#8221;.  Il rappelle que le 14 ao\u00fbt, alors que les gouvernements camerounais et nig\u00e9rian \u00e9taient en train de &#8220;signer les accords de comp\u00e9tence g\u00e9n\u00e9rale du Cameroun sur la presqu&#39;\u00eele de Bakassi, on a vu un certain groupe de m\u00eame connotation qui estimait d\u00e9j\u00e0 que le gouvernement camerounais devait aller n\u00e9gocier avec lui&#8221;.  Des sources diplomatiques camerounaises au Nigeria indiquent que ce sont des &#8220;groupes hyper-\u00e9quip\u00e9s, qui appartenaient \u00e0 certains leaders politiques de ce pays-l\u00e0 et dont ils ont fini par \u00e9chapper au contr\u00f4le&#8221;. Ces leaders \u00e9taient mont\u00e9s au cr\u00e9neau pour d\u00e9noncer la r\u00e9trocession de Bakassi au Cameroun, une p\u00e9ninsule r\u00e9put\u00e9e riche en hydrocarbures, en produits halieutiques et d&#39;autres ressources naturelles.  Dans un texte intitul\u00e9 &#8220;Bakassi is worth than we think&#8221; (en fran\u00e7ais, Bakassi est plus riche que nous ne pensons) et publi\u00e9 en ao\u00fbt dans &#39;The Sanitarian&#39;, un journal nig\u00e9rian, Amors Apkanika, un universitaire nig\u00e9rian, soutenait que cette r\u00e9gion poss\u00e8de \u00e9galement du mangan\u00e8se et de l&#39;uranium. En dehors des 10 pour cent des r\u00e9serves mondiales de p\u00e9trole et de gaz d\u00e9clar\u00e9es par la Banque mondiale.  Une revue fran\u00e7aise des affaires strat\u00e9giques et relations internationales, d\u00e9nomm\u00e9e &#39;Diplomatie&#39;, indique dans son \u00e9dition de novembre-d\u00e9cembre 2008 : &#8220;Selon les chiffres officiels, les r\u00e9serves de gaz naturel s&#39;\u00e9valuent \u00e0 156 milliards de m\u00e8tres cubes, ce qui repr\u00e9sente au moins 30 ann\u00e9es d&#39;exploitation. Selon les firmes sp\u00e9cialis\u00e9es, il faudrait ajouter \u00e0 cette estimation pr\u00e8s de 110 milliards de m\u00e8tres cubes suppl\u00e9mentaires&#8221;.  Selon Mono Ndjana, les forces gouvernementales camerounaises sont d\u00e9sormais confront\u00e9es au d\u00e9fi d&#39;assurer la s\u00e9curit\u00e9 non seulement \u00e0 Bakassi, mais \u00e9galement sur l&#39;ensemble du territoire national, &#8220;en mettant en place des strat\u00e9gies de d\u00e9fense qui imaginent toute forme d&#39;attaque et toute forme de riposte&#8221;.  &#8220;Depuis l&#39;occupation de Limbe pendant cinq heures, de l&#39;axe Douala-Yaound\u00e9 pendant deux heures d&#39;affil\u00e9e et l&#39;assassinat d&#39;un capitaine de gendarmerie, \u00e7a fait beaucoup trop de signes qui montrent que nous avons un challenge \u00e0 relever, en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9&#8221;, a-t-il dit \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Limbe, une ville du sud-ouest du Cameroun, a \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre d&#39;un braquage en s\u00e9rie de banques par un groupe d&#39;individus arm\u00e9s non identifi\u00e9s, dans la nuit du 27 au 28 septembre. De m\u00eame, une autre bande arm\u00e9e, d\u00e9sign\u00e9e sous le nom de coupeurs de route, a op\u00e9r\u00e9 dans la nuit du 30 au 31 octobre sur la route reliant Yaound\u00e9 \u00e0 Douala, la m\u00e9tropole \u00e9conomique camerounaise. Elle a d\u00e9pouill\u00e9, \u00e0 l&#39;entr\u00e9e de la capitale, des automobilistes et une station-service.<\/p>\n<p> Et une semaine auparavant, le commandant d&#39;une compagnie de gendarmerie de la province de l&#39;Extr\u00eame-Nord a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 dans une embuscade attribu\u00e9e \u00e0 un groupe de coupeurs de route. Quelques jours plus t\u00f4t, il avait men\u00e9, avec ses hommes, une op\u00e9ration ayant permis la d\u00e9couverte d&#39;une cache d&#39;armes comprenant, entre autres, des kalachnikov et des chargeurs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 8 nov (IPS) &#8211; &#8220;Les concertations se poursuivent. 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