{"id":4116,"date":"2008-10-18T13:40:01","date_gmt":"2008-10-18T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/10\/18\/afrique-de-louest-ameliorer-les-strategies-sous-regionales-contre-lexcision\/"},"modified":"2008-10-18T13:40:01","modified_gmt":"2008-10-18T13:40:01","slug":"afrique-de-louest-ameliorer-les-strategies-sous-regionales-contre-lexcision","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/10\/18\/afrique-de-louest-ameliorer-les-strategies-sous-regionales-contre-lexcision\/","title":{"rendered":"AFRIQUE DE L&#39;OUEST: Am\u00e9liorer les strat\u00e9gies sous-r\u00e9gionales contre l&#39;excision"},"content":{"rendered":"<p>DAKAR, 18 oct (IPS) &#8211; En Afrique subsaharienne, environ trois millions de femmes et de filles subissent annuellement l&#39;excision et les mutilations g\u00e9nitales, selon le bureau r\u00e9gional du Fonds des Nations Unies pour l&#39;enfance (UNICEF) \u00e0 Dakar, la capitale s\u00e9n\u00e9galaise.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Des organisations de d\u00e9fense des droits de la femme, qui s&#39;inqui\u00e8tent de la perp\u00e9tuation de cette pratique, reconnaissent n\u00e9anmoins que des efforts ont \u00e9t\u00e9 faits par des gouvernements africains, notamment avec l&#39;appui de l&#39;UNICEF. Mais elles estiment qu&#39;il faudrait diversifier les champs d&#39;intervention pour prendre v\u00e9ritablement \u00e0 bras le corps cette pratique qui viole les droits fondamentaux des filles et des femmes.  Les mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines (MGF), une pratique traditionnelle utilis\u00e9e dans plusieurs pays du monde et jug\u00e9e dangereuse pour la sant\u00e9 des femmes, ont enregistr\u00e9 un recul en Afrique. Au S\u00e9n\u00e9gal, par exemple, plus de 60 pour cent des villages, qui ont d\u00e9clar\u00e9 publiquement avoir abandonn\u00e9 les MGF, l&#39;ont fait effectivement, selon l&#39;UNICEF et Tostan, une organisation non gouvernementale (ONG) am\u00e9ricaine \u00e9tablie \u00e0 Dakar.  &#8220;De 1997 au 30 mars 2008, sur les 5.000 villages o\u00f9 se pratiquait l&#39;excision, 3.170 communaut\u00e9s ont d\u00e9clar\u00e9 publiquement l&#39;abandon de la pratique et des mariages pr\u00e9coces, soit pr\u00e8s de 63,4 pour cent&#8221;, selon le minist\u00e8re s\u00e9n\u00e9galais de la Famille.<\/p>\n<p> Toutefois, diff\u00e9rents acteurs de la lutte contre les MGF, venus de plusieurs pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest, ont fait un constat lors d&#39;une rencontre cette semaine \u00e0 Dakar : malgr\u00e9 les efforts accomplis dans la sous-r\u00e9gion, l&#39;excision se pratique encore. Il est donc important, selon les participants, de peaufiner des strat\u00e9gies d&#39;une lutte combin\u00e9e, concentr\u00e9e sur la conscientisation des masses. Mais ils reconnaissent que cette approche a suffisamment montr\u00e9 ses limites objectives. Les participants sont venus des pays suivants : Mauritanie, Guin\u00e9e, Guin\u00e9e-Bissau, Gambie, Mali, Niger et S\u00e9n\u00e9gal.  Les participants estiment qu&#39;il est donc n\u00e9cessaire d&#39;ouvrir plusieurs fronts afin de parvenir \u00e0 des r\u00e9sultats probants, puisque malgr\u00e9 les efforts, les statistiques de l&#39;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) deviennent de plus en plus surprenantes. Selon les enqu\u00eates de l&#39;OMS, publi\u00e9es en septembre dernier, pas moins de 140 millions de femmes et de filles, \u00e0 travers le monde, ont subi l&#39;excisi on et une mutilation g\u00e9nitale.  Selon l&#39;UNICEF, plus de 90 pour cent des femmes sont excis\u00e9es en Guin\u00e9e, au Niger et au Mali. La situation s&#39;am\u00e9liore en revanche dans certains pays comme le Burkina Faso, le S\u00e9n\u00e9gal et le B\u00e9nin o\u00f9 la proportion de femmes mutil\u00e9es est pass\u00e9e, en une dizaine d&#39;ann\u00e9es, de deux tiers \u00e0 un peu moins de la moiti\u00e9.  La repr\u00e9sentante de la Guin\u00e9e, Amis\u00e9tou Camara, a indiqu\u00e9 que malgr\u00e9 la sensibilisation et l&#39;appui des ONG, les populations n&#39;ont pas chang\u00e9 de comportement vis-\u00e0-vis des MGF. La pratique, dit-elle, continue de plus belle dans son pays. &#8220;Nous allons faire maintenant plus de suivi&#8221;.<\/p>\n<p> Selon les participants, il est plus que jamais imp\u00e9ratif de combattre la pauvret\u00e9 des familles africaines pour bien mener la lutte contre les MGF. La pauvret\u00e9 reste le point nodal du probl\u00e8me, car si on peut aider les exciseuses \u00e0 sortir de la pauvret\u00e9, elles seront r\u00e9solues \u00e0 ranger ciseaux, lames, et couteaux.  Tout en reconnaissant que c&#39;est bien de les sensibiliser sur les dangers que comporte cette pratique et de vouloir changer leur mentalit\u00e9 sur une croyance sociale qui se perp\u00e9tue de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, de famille en famille, ils estiment qu&#39;il est indispensable que ces femmes parviennent \u00e0 gagner leur vie autrement.  La repr\u00e9sentante de l&#39;UNICEF \u00e0 Dakar, Mariam Coulibaly, a affirm\u00e9 que les r\u00e9ponses politiques et sociales apport\u00e9es au S\u00e9n\u00e9gal ont favoris\u00e9 un d\u00e9veloppement rapide de l&#39;offensive contre le fl\u00e9au et justifient aujourd&#39;hui l&#39;espoir d&#39;un abandon total de cette pratique dans ce pays.<\/p>\n<p> Elle insiste sur &#8220;l&#39;urgence de promouvoir des actions transfrontali\u00e8res coordonn\u00e9es en vue de permettre une mutualisation des approches et des exp\u00e9riences par pays. Ce qui permettra une acc\u00e9l\u00e9ration du mouvement d&#39;abandon dans toute la sous-r\u00e9gion&#8221;, ajoute-t-elle \u00e0 IPS.  Selon Soukhaina Amidou, la repr\u00e9sentante du Niger, la souffrance silencieuse des femmes excis\u00e9es est \u00e0 la base de traumatismes \u00e0 vie, d&#39;h\u00e9morragies et d&#39;autres f\u00e2cheuses cons\u00e9quences qui ont conduit au fort taux de mortalit\u00e9 constat\u00e9e chez les femmes victimes du fl\u00e9au. Les gens continuent de pratiquer l&#39;excision dans son pays avec le soutien des chefs religieux et traditionnels qui perp\u00e9tuent la pratique, affirme-t-elle.  &#8220;Au B\u00e9nin, au Togo et au Burkina Faso, les autorit\u00e9s ont instaur\u00e9 des peines de prison allant jusqu&#39;\u00e0 15 ans contre les exciseuses, surtout lorsqu&#39;il y a un d\u00e9c\u00e8s, mais il faut aussi une action de suivi pour que les victimes ne souffrent pas int\u00e9rieurement&#8221;, explique Amidou \u00e0 IPS.  Aicha Ka, une \u00e9tudiante en sociologie \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop de Dakar, estime que l&#39;\u00e9radication de l&#39;excision doit commencer par un changement de mentalit\u00e9 et de comportement chez les exciseuses. Si certaines femmes dans les pays de la sous-r\u00e9gion ne veulent pas abandonner cette pratique, c&#39;est parce que c&#39;est quelque chose de culturel pour elles et qu&#39;il faut pr\u00e9server, souligne-t-elle.  &#8220;Les gens doivent aller dans les villages recul\u00e9s pour faire comprendre les cons\u00e9quences de la pratique et aider \u00e0 changer la mentalit\u00e9 et le comportement de nos populations, c&#39;est important&#8221;, ajoute Ka.  Boubacar Traor\u00e9, le repr\u00e9sentant du ministre de la Famille \u00e0 la rencontre, a d\u00e9clar\u00e9 que le S\u00e9n\u00e9gal s&#39;est engag\u00e9 r\u00e9solument pour l&#39;abandon de l&#39;excision \u00e0 travers diff\u00e9rents volets. Dans un premier temps, il y a eu le vote de la loi de janvier 1999 &#8220;interdisant la pratique et exprimant ainsi la volont\u00e9 de l&#39;Etat d&#39;am\u00e9liorer la sant\u00e9 et le statut des femmes et des enfants&#8221;.  Selon Traor\u00e9, Le gouvernement a \u00e9labor\u00e9 un plan d&#39;actions de lutte pour l&#39;abandon de l&#39;excision et des mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines. Ce plan, a-t-il dit \u00e0 IPS, a permis de d\u00e9velopper des activit\u00e9s d&#39;information, de sensibilisation, d&#39;\u00e9ducation et de plaidoyer en faveur de l&#39;abandon de ces pratiques.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAKAR, 18 oct (IPS) &#8211; En Afrique subsaharienne, environ trois millions de femmes et de filles subissent annuellement l&#39;excision et les mutilations g\u00e9nitales, selon le bureau r\u00e9gional du Fonds des Nations Unies pour l&#39;enfance (UNICEF) \u00e0 Dakar, la capitale s\u00e9n\u00e9galaise.<\/p>\n","protected":false},"author":576,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,13,11,10,1,4,30,29],"tags":[],"class_list":["post-4116","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4116","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/576"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4116"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4116\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4116"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4116"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4116"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}