{"id":3937,"date":"2008-06-06T13:40:01","date_gmt":"2008-06-06T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/06\/06\/developpement-kenya-des-etudes-sur-leau-mais-ou-sont-les-fournitures-deau\/"},"modified":"2008-06-06T13:40:01","modified_gmt":"2008-06-06T13:40:01","slug":"developpement-kenya-des-etudes-sur-leau-mais-ou-sont-les-fournitures-deau","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/06\/06\/developpement-kenya-des-etudes-sur-leau-mais-ou-sont-les-fournitures-deau\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-KENYA: Des \u00e9tudes sur l&#39;eau &#8211; mais o\u00f9 sont les fournitures d&#39;eau?"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 6 juin (IPS) &#8211; La route menant \u00e0 l&#39;habitation informelle de Korogocho est \u00e9troite et tortueuse. Ici, dans le troisi\u00e8me quartier pauvre le plus grand de Nairobi, jusqu&#39;\u00e0 150.000 personnes sont entass\u00e9es dans une localit\u00e9 d&#39;un peu plus d&#39;un kilom\u00e8tre carr\u00e9, leurs cabanes faites de cartons, de bois ou de m\u00e9tal.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Toutefois, ce qui est sans doute d&#39;une pr\u00e9occupation plus grande est l&#39;approvisionnement insuffisant en eau dans la zone &#8212; et les co\u00fbts que cela fait subir aux personnes qui y vivent.   Une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e en 2006 par le Centre de recherches sur la sant\u00e9 et la population africaine (APHRC), bas\u00e9 dans la capitale k\u00e9nyane, a montr\u00e9 que l&#39;eau dans les habitations de Korogocho et de Viwandani peut \u00eatre de loin plus co\u00fbteuse que l&#39;eau ailleurs dans la ville.<\/p>\n<p> Selon le rapport, intitul\u00e9 &#39;&#8221;La place des eaux fra\u00eeches&#8221; : Les femmes et l&#39;eau dans les quartiers pauvres de Nairobi&#39;, des habitants des bidonvilles payent approximativement trois \u00e0 trente cents pour un jerrycan de 20 litres d&#39;eau, en fonction de la disponibilit\u00e9 de cette ressource. Les r\u00e9sidents des r\u00e9gions plus s\u00e9lectes payent un taux normal de 1,7 dollar pour 10.000 litres d&#39;eau &#8212; ou moins d&#39;un cent pour chaque 20 litres. &#39;WaterAid&#39;, une organisation \u00e0 but non lucratif bas\u00e9 \u00e0 Londres, estime que 20 litres d&#39;eau constituent la quantit\u00e9 minimum requise par jour pour les besoins fondamentaux d&#39;une personne.  Le document s&#39;est appuy\u00e9 sur les donn\u00e9es de l&#39;initiative de &#39;Information for Development&#39; de l&#39;APHRC, financ\u00e9e par la Fondation Rockefeller. Il indique en outre que l&#39;eau dans les habitations informelles est vendue par des cartels et des habitants des bidonvilles eux-m\u00eames, qui obtiennent leurs approvisionnements \u00e0 partir des branchements ill\u00e9gaux sur des tuyaux dans ces habitations.  Payer 30 cents pour l&#39;eau par jour lorsque les provisions sont rares n&#39;est pas faisable pour beaucoup de gens au Kenya. Les derniers chiffres du &#39;Rapport sur le d\u00e9veloppement humain&#39; de 2007\/2008, publi\u00e9s par les Nations Unies, ont mis la proportion des K\u00e9nyans vivant avec moins d&#39;un dollar par jour \u00e0 presque 23 pour cent, tandis qu&#39;un peu plus de 58 pour cent survivent avec moins de deux dollars par jour.  &quot;L&#39;eau est trop co\u00fbteuse ici&quot;, d\u00e9clare Jane Muthoni, une r\u00e9sidente de Korogocho.  &quot;Un jerrycan n&#39;est pas suffisant par jour; vous avez besoin d&#39;environ cinq. Cela fait 50 shillings (environ 82 cents). C&#39;est bien au-del\u00e0 de ma port\u00e9e&quot;, ajoute la m\u00e8re c\u00e9libataire de deux enfants, qui vend des l\u00e9gumes pour gagner sa vie.  &quot;Lorsque le robinet devient sec, je dois faire tout le chemin \u00e0 pied jusqu&#39;\u00e0 Kariobangi, \u00e0 six kilom\u00e8tres d&#39;ici. Je perds tellement en affaires de cette mani\u00e8re&quot;.  Une plainte similaire est venue de Jane Njeri alors qu&#39;elle essayait de laver des sachets en plastique qu&#39;elle vendrait plus tard, dans la Nairobi River pollu\u00e9e, qui coule \u00e0 c\u00f4t\u00e9.  &quot;L&#39;eau est trop ch\u00e8re ici. Pour laver cette grande quantit\u00e9 de mati\u00e8res plastiques, j&#39;aurais besoin de jusqu&#39;\u00e0 deux jerrycans. C&#39;est sans compter l&#39;eau \u00e0 utiliser \u00e0 la maison&#8230; C&#39;est trop cher pour moi&quot;, a-t-elle dit \u00e0 IPS.   Cette situation serait, h\u00e9las, bien connue d&#39;autres dans le monde en d\u00e9veloppement (voir &#39;Tanzanie : L&#39;eau courante demeure un r\u00eave chim\u00e9rique pour beaucoup&#39;).  Selon le Conseil de concertation pour l&#39;approvisionnement en eau et l&#39;assainissement (CCAEA) bas\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve, 1,2 milliard de personnes \u00e0 travers le monde n&#39;ont pas acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau potable, pour la plupart des citoyens des nations pauvres d&#39;Asie, d&#39;Afrique, des Cara\u00efbes et d&#39;Am\u00e9rique latine.  Le CCAEA, cr\u00e9\u00e9 par les Nations Unies, regroupe une grande vari\u00e9t\u00e9 d&#39;organisations et de gouvernements pour am\u00e9liorer la coop\u00e9ration entre eux, dans le but de fournir \u00e0 toutes les personnes pauvres des services d&#39;eau et d&#39;assainissement.  Le conseil estime par ailleurs qu&#39;\u00e0 peu pr\u00e8s 2,2 millions de personnes dans des pays en d\u00e9veloppement meurent chaque ann\u00e9e des maladies li\u00e9es au manque d&#39;acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau potable.   Une autre \u00e9tude de l&#39;APHRC &#8212; &#39;Les incidences sur la sant\u00e9 et sur le gagne-pain de la marginalisation des habitants des bidonvilles dans la fourniture d&#39;eau et des services d&#39;assainissement dans la ville de Nairobi&#39; (de 2007)) &#8212; sugg\u00e8re en partie, qu&#39;il y a un besoin urgent d&#39;avoir des m\u00e9canismes pour emp\u00eacher les r\u00e9sidents des bidonvilles d&#39;\u00eatre exploit\u00e9s lorsqu&#39;ils obtiennent de l&#39;eau.    Cependant, un autre document, qui met l&#39;accent sur la contamination de l&#39;eau dans le quartier pauvre de Langas, dans la ville d&#39;Eldoret, dans l&#39;ouest, recommande la promotion des traitements de base de l&#39;eau tels que la d\u00e9sinfection chimique \u00e0 base de chlore, l&#39;utilisation de simples filtres de m\u00e9nage, et l&#39;\u00e9bullition &#8212; ceci pendant que les autorit\u00e9s s&#39;occupent de la t\u00e2che plus complexe consistant \u00e0 apporter de l&#39;eau courante \u00e0 cette habitation.    L&#39;\u00e9tude de 2007, &#39;La qualit\u00e9 de l&#39;eau que les habitants des bidonvilles utilisent : Le cas d&#39;un bidonville du Kenya&#39;, a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9e par l&#39;APHRC, la &#39;African Medical and Research Foundation&#39; et l&#39;Universit\u00e9 Mo\u00ef, \u00e0 Eldoret.  Toutefois, m\u00eame face \u00e0 une telle recherche, le changement tarde \u00e0 venir dans les quartiers pauvres du Kenya concernant l&#39;approvisionnement en eau.  Bien que 83 pour cent de la population urbaine aient acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau potable, juste 52 pour cent de cette population ont des branchements de maison. Sur le plan national, les chiffres sont de 61 pour cent et de 28 pour cent respectivement, ceci, selon les statistiques de 2004 du Programme de suivi conjoint pour l&#39;approvisionnement en eau et l&#39;hygi\u00e8ne publique &#8212; une initiative de l&#39;Organisation mondiale de la sant\u00e9 et du Fonds des Nations Unies pour l&#39;enfance.   Le directeur ex\u00e9cutif de l&#39;APHRC, Alex Ezeh, croit que plusieurs facteurs sous-tendent la mauvaise mise en \u0153uvre des r\u00e9sultats des recherches.  &quot;Les gouvernements doivent voir leur r\u00f4le en tant qu&#39;utilisateurs de la recherche&quot;, a-t-il d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS.  Les chercheurs devaient \u00e9galement pr\u00e9senter leurs r\u00e9sultats de fa\u00e7on \u00e0 les rendre accessibles \u00e0 la communaut\u00e9 plus large, a expliqu\u00e9 Ezeh.   &quot;Plusieurs chercheurs font essentiellement un travail universitaire et ne font pas un effort consciencieux pour le simplifier (leur travail). A travers leur formation, on leur apprend \u00e0 faire leur recherche et \u00e0 la communiquer \u00e0 leurs pairs, qui sont \u00e9galement des chercheurs&quot;, a-t-il dit.  &quot;Vous pouvez proposer tous les alpha et les b\u00eatas, les coefficients et les facteurs significatifs, mais en fin de compte, qu&#39;est-ce que cela signifie? Si votre grand-m\u00e8re qui n&#39;est pas all\u00e9e \u00e0 l&#39;\u00e9cole ne peut pas comprendre ce dont parle votre recherche, alors probablement, son impact risque d&#39;\u00eatre minimal&quot;.<\/p>\n<p> Ezeh a par ailleurs soulign\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 de donner aux journalistes les comp\u00e9tences pour rendre compte fid\u00e8lement des recherches, indiquant que certains chercheurs \u00e9taient devenus m\u00e9fiants \u00e0 traiter avec les m\u00e9dias \u00e0 cause des mauvaises exp\u00e9riences avec des journalistes qui d\u00e9forment les faits et les chiffres.   Rose Oronje, charg\u00e9e des communications \u00e0 l&#39;APHRC, est de cet avis.  &quot;Plusieurs journalistes ne sont pas form\u00e9s dans l&#39;\u00e9criture scientifique, et avec la croyance que la politique se vend, beaucoup d&#39;articles scientifiques ne verront pas la lumi\u00e8re du jour. Certains journalistes ont par le pass\u00e9 d\u00e9form\u00e9 des informations scientifiques, les dramatisant au lieu de les faire vendre&quot;, a-t-elle confi\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 6 juin (IPS) &#8211; La route menant \u00e0 l&#39;habitation informelle de Korogocho est \u00e9troite et tortueuse. 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