{"id":3923,"date":"2008-05-27T13:40:01","date_gmt":"2008-05-27T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/05\/27\/commerce-afrique-creer-des-marches-regionaux-pour-empecher-la-faim\/"},"modified":"2008-05-27T13:40:01","modified_gmt":"2008-05-27T13:40:01","slug":"commerce-afrique-creer-des-marches-regionaux-pour-empecher-la-faim","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/05\/27\/commerce-afrique-creer-des-marches-regionaux-pour-empecher-la-faim\/","title":{"rendered":"COMMERCE-AFRIQUE: &#39;&#39;Cr\u00e9er des march\u00e9s r\u00e9gionaux pour emp\u00eacher la faim&#39;&#39;"},"content":{"rendered":"<p>LE CAP, 27 mai (IPS) &#8211; Des accords commerciaux r\u00e9gionaux pourraient non seulement servir \u00e0 prot\u00e9ger des agriculteurs dans des pays en d\u00e9veloppement, mais pourraient aussi \u00eatre utilis\u00e9s pour la distribution rapide de l&#39;aide alimentaire en provenance des pays voisins en temps de famine.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Luisa Bernal, coordinatrice du programme de d\u00e9veloppement commercial au &#39;South Centre&#39; \u00e0 Gen\u00e8ve, a fait ces remarques la semaine derni\u00e8re dans une interview avec IPS sur les relations entre la d\u00e9pendance des mati\u00e8res premi\u00e8res et le d\u00e9veloppement.  Le &#39;South Centre&#39;, ensemble avec &#39;ActionAid&#39;, a achev\u00e9 r\u00e9cemment un rapport r\u00e9v\u00e9lant comment quelques grands joueurs se sont procur\u00e9 la plus grande part du commerce de produits agricoles pour eux-m\u00eames. Le &#39;South Centre&#39; est une organisation intergouvernementale \u0153uvrant pour le renforcement de la coop\u00e9ration Sud-Sud tandis que &#39;ActionAid&#39;, une organisation non gouvernementale, est engag\u00e9e dans le plaidoyer et la recherche sur la pauvret\u00e9.  &quot;Il y a beaucoup de valeur dans le fait que des pays en d\u00e9veloppement se mettent ensemble dans leurs r\u00e9gions et pensent \u00e0 comment cr\u00e9er leurs march\u00e9s et quel type de biens ils produisent&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Bernal. &quot;Il y a cette vision d&#39;une Afrique unie, int\u00e9gr\u00e9e et des organes r\u00e9gionaux peuvent la rendre possible.  &quot;Par exemple, lorsque vous avez un d\u00e9ficit alimentaire dans une partie de l&#39;Afrique, des produits alimentaires affluent des Etats-Unis, alors qu&#39;un voisin pourrait \u00eatre en mesure de satisfaire \u00e0 ce besoin&quot;.<\/p>\n<p> L&#39;unit\u00e9 \u00e9conomique r\u00e9gionale peut aider \u00e0 prot\u00e9ger des producteurs dans des pays en d\u00e9veloppement, indique le rapport.  Des pays en d\u00e9veloppement devraient d\u00e9velopper des politiques de concurrence r\u00e9gionales pour prot\u00e9ger leurs propres march\u00e9s de la concentration du march\u00e9. La plupart des pays en d\u00e9veloppement n&#39;ont pas la capacit\u00e9 institutionnelle et humaine de mettre en \u0153uvre une politique de concurrence \u00e0 un niveau national.   Ils devraient \u00e9galement aller plus loin et se lancer dans la n\u00e9gociation des r\u00e8gles de concurrence mondiales, recommande le rapport.  Dede Amanor-Wilks, directrice de &#39;ActionAid&#39; pour l&#39;Afrique de l&#39;ouest et du centre, d\u00e9plore le fait que des producteurs en Afrique et dans d&#39;autres parties du monde en d\u00e9veloppement ne semblent pas profiter de la mont\u00e9e actuelle des prix des denr\u00e9es alimentaires.  &quot;Le Nord industrialis\u00e9 et riche a fix\u00e9 les r\u00e8gles du jeu mais, au lieu de tenir ses producteurs responsables de ces r\u00e8gles, il perturbe les march\u00e9s en leur faveur. Pendant ce temps, des producteurs africains, dont les gouvernements ont accept\u00e9 de jouer par ces r\u00e8gles, sont perdants&quot;, indique-t-elle dans une d\u00e9claration introduisant le rapport.  Des soci\u00e9t\u00e9s multinationales utilisent leur poids croissant pour d\u00e9former les termes de l&#39;\u00e9change au d\u00e9triment des pauvres, selon le rapport. Par exemple, en 1998, les six premi\u00e8res soci\u00e9t\u00e9s commerciales de caf\u00e9 d\u00e9tenaient la moiti\u00e9 du march\u00e9 mondial. En 2002, les trois premi\u00e8res d\u00e9tenaient 45 pour cent de ce march\u00e9. En 2002, seulement deux soci\u00e9t\u00e9s contr\u00f4laient 75 pour cent du commerce mondial de c\u00e9r\u00e9ales.  Ce type de concentration du march\u00e9, ensemble avec l&#39;inconstance des prix des produits de base et la baisse \u00e0 long terme de ces prix, constituent trois caract\u00e9ristiques du march\u00e9 des mati\u00e8res premi\u00e8res donn\u00e9 pour \u00eatre probl\u00e9matique.  La concentration du march\u00e9 donne aux soci\u00e9t\u00e9s multinationales le pouvoir de dicter les termes de l&#39;\u00e9change, rendant difficile aux pays en d\u00e9veloppement qui d\u00e9pendent des mati\u00e8res premi\u00e8res, de s&#39;en sortir. Ces pays sont d\u00e9j\u00e0 confront\u00e9s \u00e0 l&#39;impr\u00e9visibilit\u00e9 des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res, un dilemme qui entra\u00eene des fluctuations dans le produit int\u00e9rieur, les \u00e9pargnes et les recettes fiscales du gouvernement.   La planification \u00e0 long terme devient donc difficile et l&#39;investissement prend un coup, et le d\u00e9veloppement \u00e9conomique est ainsi entrav\u00e9. Ceci cr\u00e9e une situation inextricable dans laquelle ces pays ne peuvent pas quitter le stade de fournisseurs de produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 et de mati\u00e8res premi\u00e8res.<\/p>\n<p> Le Burundi, qui d\u00e9pend des exportations de caf\u00e9 et de th\u00e9 pour 87 pour cent de ses gains en devises, est un exemple d&#39;un pays en d\u00e9veloppement qui a connu ces probl\u00e8mes. De 1986-1987, les prix du caf\u00e9 et du th\u00e9 ont chut\u00e9 de 37 et de 20 pour cent respectivement. Par cons\u00e9quent, les exportations annuelles du Burundi ont d\u00e9gringol\u00e9 de 154 millions \u00e0 seulement 90 millions de dollars.  En 1988, les exportations sont remont\u00e9es \u00e0 132 millions de dollars du fait d&#39;une augmentation de sept pour cent dans les prix du caf\u00e9 et d&#39;un accroissement dans le volume des exportations, mais elles sont r\u00e9duites de nouveau l&#39;ann\u00e9e suivante \u00e0 78 millions de dollars apr\u00e8s une baisse de 20 pour cent dans les prix du caf\u00e9. En 2003, les exportations annuelles totales du Burundi s&#39;\u00e9levaient seulement \u00e0 37 millions de dollars.   Le commerce international de mati\u00e8res premi\u00e8res pourrait aider au d\u00e9veloppement \u00e9conomique et \u00e0 la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9, mais une politique doit \u00eatre mise en place pour aborder la concentration du march\u00e9.  Des accords internationaux sur les produits de base et les commissions de produits agricoles nationaux, qui garantissaient dans le pass\u00e9 un prix \u00e9quitable et r\u00e9duisaient la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des producteurs aux chocs du march\u00e9, devraient \u00eatre r\u00e9introduits, indique le rapport.  Bernal a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS que les offices de commercialisation de l&#39;Etat ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9s \u00e0 cause des politiques de lib\u00e9ralisation actuelles.  Ces politiques ont \u00e9galement conduit \u00e0 la d\u00e9gradation des infrastructures telles que les routes, parce que des pays ont \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9s \u00e0 se concentrer uniquement sur la production des produits pour les exportations plut\u00f4t que de cr\u00e9er leurs propres march\u00e9s int\u00e9rieurs et r\u00e9gionaux. Des agriculteurs ont besoin de routes pour se rendre aux march\u00e9s.   Selon Bernal, la crise alimentaire pourrait \u00eatre une opportunit\u00e9 pour donner la priorit\u00e9 au d\u00e9veloppement agricole dans des pays qui d\u00e9pendent des mati\u00e8res premi\u00e8res. Le financement du d\u00e9veloppement rural et des infrastructures \u00e0 travers l&#39;aide peut aider plusieurs personnes pauvres juste en dessous du seuil. &quot;L&#39;investissement dans l&#39;agriculture a un effet multiplicateur significatif&quot;, observe-t-elle.<\/p>\n<p> David Zounmenou, un chercheur principal \u00e0 l&#39;Institut des \u00e9tudes de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 Pretoria, en Afrique du Sud, affirme que le S\u00e9n\u00e9gal investit actuellement 500 millions de dollars pour importer du riz \u00e0 cause de sa raret\u00e9. &quot;Cet argent aurait pu \u00eatre utilis\u00e9 pour l&#39;irrigation et les infrastructures agricoles. Nous avons besoin d&#39;une approche \u00e0 long terme vers l&#39;agriculture&quot;, dit-il.  La gouvernance est \u00e9galement un facteur pour am\u00e9liorer les conditions aux producteurs. Zounmenou soutient qu&#39;elle n&#39;aide pas \u00e0 augmenter les taxes, mais l&#39;argent favorisait seulement un groupe particulier, tel que l&#39;\u00e9lite au pouvoir, au lieu des agriculteurs.  Le rapport note que les pays d\u00e9velopp\u00e9s n&#39;ont pas honor\u00e9 leurs engagements d&#39;aider les pays en d\u00e9veloppement pendant les temps difficiles.  Toutefois, Joachim von Braun de &#39;International Food Policy Research Institute&#39; \u00e0 Washington, aux Etats-Unis, estime que des pays industrialis\u00e9s ne fixent plus seuls les r\u00e8gles commerciales. &quot;Aujourd&#39;hui des pays en d\u00e9veloppement utilisent beaucoup les diverses d\u00e9cisions de l&#39;Organisation mondiale du commerce, et les interdictions d&#39;exportations r\u00e9centes avaient \u00e9t\u00e9 initi\u00e9es par des pays en d\u00e9veloppement&quot;.   Il souligne que les producteurs agricoles dans des pays d\u00e9velopp\u00e9s avec acc\u00e8s aux infrastructures et ceux qui se sont organis\u00e9s en groupes r\u00e9coltent r\u00e9ellement le b\u00e9n\u00e9fice de la mont\u00e9e des prix des denr\u00e9es alimentaires.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LE CAP, 27 mai (IPS) &#8211; Des accords commerciaux r\u00e9gionaux pourraient non seulement servir \u00e0 prot\u00e9ger des agriculteurs dans des pays en d\u00e9veloppement, mais pourraient aussi \u00eatre utilis\u00e9s pour la distribution rapide de l&#39;aide alimentaire en provenance des pays voisins&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/05\/27\/commerce-afrique-creer-des-marches-regionaux-pour-empecher-la-faim\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":583,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,9,1,7,32],"tags":[],"class_list":["post-3923","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-global-affairs","category-headlines","category-politique","category-wto-conference-hong-kong"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3923","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/583"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3923"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3923\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3923"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3923"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3923"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}