{"id":3914,"date":"2008-05-20T13:40:01","date_gmt":"2008-05-20T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/05\/20\/environnement-seule-la-couverture-est-verte\/"},"modified":"2008-05-20T13:40:01","modified_gmt":"2008-05-20T13:40:01","slug":"environnement-seule-la-couverture-est-verte","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/05\/20\/environnement-seule-la-couverture-est-verte\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT: Seule la couverture est verte"},"content":{"rendered":"<p>BONN, 20 mai (IPS) &#8211; Observez comment les campagnes de relations publiques des soci\u00e9t\u00e9s commerciales multinationales sont devenues vertes.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>D&#39;importantes soci\u00e9t\u00e9s, des producteurs de bi\u00e8re aux compagnies a\u00e9riennes et fabricants d&#39;automobiles, veulent vous dire qu&#39;ils sont en train de fournir leur part d&#39;effort pour sauver l&#39;environnement du r\u00e9chauffement mondial et de la perte de la biodiversit\u00e9. Ce que font en r\u00e9alit\u00e9 ces entreprises est une autre affaire.   Cela est devenu \u00e9vident \u00e0 la quatri\u00e8me r\u00e9union des parties au Protocole de Carthag\u00e8ne sur la biodiversit\u00e9, qui a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e \u00e0 Bonn du 12 au 16 mai.  De grandes soci\u00e9t\u00e9s biochimiques essaient, soit de boycotter les prescriptions internationales plus s\u00e9v\u00e8res contre les organismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s, soit elles ignorent les r\u00e8gles sur les droits de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle dans le but de profiter du savoir traditionnel dans des pays en d\u00e9veloppement.   Prenez la plante Umckaloabo (P\u00e9largonium sidoides, ou le G\u00e9ranium sud-africain). Le gouvernement sud-africain, le Centre africain pour la biodiversit\u00e9 (ACB) et la D\u00e9claration de Berne, une organisation non gouvernementale suisse, affirment tous que cette plante est utilis\u00e9e dans la m\u00e9decine traditionnelle pendant des si\u00e8cles pour traiter des maladies respiratoires.   Mais depuis des ann\u00e9es maintenant, un extrait de la plante est commercialis\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 pharmaceutique allemande, Spitzner, soutenant que l&#39;application m\u00e9dicale de l&#39;Umckaloabo est connue en Europe au moins depuis 1935. Spitzner vend \u00e9galement des d\u00e9riv\u00e9s de l&#39;Umckaloabo comme m\u00e9dicaments contre le SIDA.<\/p>\n<p> Les Africains disent que les brevets d&#39;invention allemands sont ill\u00e9gitimes parce qu&#39;ils sont bas\u00e9s sur une ressource g\u00e9n\u00e9tique et un savoir traditionnel provenant de l&#39;Afrique australe.  Les &quot;m\u00e9thodes d&#39;extraction allemandes (de l&#39;Umckaloabo) ne sont ni nouvelles, ni novatrices&quot;, lorsqu&#39;elles sont compar\u00e9es aux techniques traditionnelles utilis\u00e9es par des gu\u00e9risseurs sud-africains, d\u00e9clare Fritz Doeldner, conseiller juridique pour l&#39;affaire sud-africaine.   Le gouvernement sud-africain et les deux autres organisations ont d\u00e9pos\u00e9 une requ\u00eate aupr\u00e8s de l&#39;Office europ\u00e9en de brevets pour contester les droits de Spitzner sur les utilisations m\u00e9dicales de l&#39;Umckaloabo.<\/p>\n<p> Selon le point de vue sud-africain, Spitzner viole \u00e9galement la convention de l&#39;ONU sur la biodiversit\u00e9 (article 15, paragraphe 5) en vertu de laquelle le gouvernement sud-africain et les gu\u00e9risseurs sud-africains, qui utilisent l&#39;Umckaloabo depuis des g\u00e9n\u00e9rations, doivent donner &quot;un consentement pr\u00e9alable en connaissance de cause&quot; avant l&#39;utilisation commerciale internationale de leurs ressources g\u00e9n\u00e9tiques.  Spitzner nie qu&#39;un tel consentement soit n\u00e9cessaire pour la commercialisation europ\u00e9enne de l&#39;Umckaloabo et de ses d\u00e9riv\u00e9s.  Etant donn\u00e9 la commercialisation intense de l&#39;Umckaloabo, le royaume sud-africain du Lesotho a inscrit la plante en 2004 comme &quot;menac\u00e9e de disparition&quot;.  Pendant ce temps, six g\u00e9ants biochimiques s&#39;opposent aux r\u00e8gles internationales obligatoires sur la responsabilit\u00e9 des dommages caus\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9 et \u00e0 l&#39;environnement par les organismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s qu&#39;ils ont d\u00e9velopp\u00e9s.  Ces six soci\u00e9t\u00e9s (BASF, Bayer CropScience, Dow AgroSciences, DuPont\/Pioneer, Monsanto et Syngenta) veulent au contraire une proposition &quot;compacte&quot; pour r\u00e9gler les dommages \u00e0 travers des accords de compensation avec des pays individuels, plut\u00f4t qu&#39;\u00e0 travers des r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales obligatoires.<\/p>\n<p> Plusieurs groupes de d\u00e9fense de l&#39;environnement, y compris les Amis de la terre (FoE), ont condamn\u00e9 cette position. &quot;Une telle proposition est per\u00e7ue comme totalement inad\u00e9quate par plusieurs parties prenantes, puisqu&#39;il n&#39;y aurait aucune responsabilit\u00e9 dans la plupart des sc\u00e9narios de contamination d&#39;OGM&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Juan Lopez, coordinateur international de la campagne de FoE contre les organismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s.  &quot;La majorit\u00e9 des pays en d\u00e9veloppement participant aux discussions demandent des r\u00e8gles internationales fermes pour les prot\u00e9ger contre des dommages \u00e9ventuels venant des cultures g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es&quot;, a ajout\u00e9 Lopez. &quot;Le pollueur doit payer, et ne devrait pas \u00eatre autoris\u00e9 \u00e0 dicter les termes de la compensation&quot;.   Christine von Weizsaecker, pr\u00e9sidente de l&#39;institut environnemental Ecoropa, a affirm\u00e9 que les entreprises veulent r\u00e9ellement &quot;privatiser la l\u00e9gislation environnementale internationale&quot;.<\/p>\n<p> Plus de 3.000 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s en provenance de 147 pays, tous parties au Protocole de Carthag\u00e8ne sur la biodiversit\u00e9, ont pris part \u00e0 la conf\u00e9rence de l&#39;ONU \u00e0 Bonn qui cherche \u00e0 assurer une saine utilisation de la biotechnologie moderne, notamment un accord sur les r\u00e8gles internationales sur la responsabilit\u00e9.  Le Protocole de Carthag\u00e8ne, adopt\u00e9 en janvier 2000, est un accord suppl\u00e9mentaire \u00e0 la Convention sur la biodiversit\u00e9 biologique, et cherche \u00e0 prot\u00e9ger la biodiversit\u00e9 des risques potentiels caus\u00e9s par des organismes modifi\u00e9s.<\/p>\n<p> Entre autre proc\u00e9dures, l&#39;accord envisage une proc\u00e9dure standard pour des \u00e9changes d&#39;informations internationaux afin d&#39;assurer que des pays soient dot\u00e9s des donn\u00e9es n\u00e9cessaires pour prendre des d\u00e9cisions en connaissance de cause avant d&#39;accepter d&#39;importer des organismes modifi\u00e9s sur leur territoire.  La conf\u00e9rence de Bonn sur le Protocole de Carthag\u00e8ne pr\u00e9c\u00e8de une r\u00e9union de l&#39;organe qui met en \u0153uvre la Convention de l&#39;ONU sur la diversit\u00e9 biologique (CBD). Cette r\u00e9union a d\u00e9marr\u00e9 \u00e0 Bonn le 19 mai.  Quelque 5.000 repr\u00e9sentants de 190 pays prendront part \u00e0 cette conf\u00e9rence. Le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&#39;ONU Ban Ki-moon, la chanceli\u00e8re allemande Angela Merkel et le pr\u00e9sident br\u00e9silien Luiz Inacio Lula da Silva seront parmi les dirigeants qui se r\u00e9uniront pour discuter des questions relatives \u00e0 la destruction des for\u00eats indig\u00e8nes et au pillage de la mer, et pour \u00e9viter la perte de la biodiversit\u00e9 qui en r\u00e9sulte.  La conf\u00e9rence du CBD se tient deux ans avant la date limite pour r\u00e9aliser l&#39;objectif de la biodiversit\u00e9 de 2010, adopt\u00e9 en 2002 par 110 chefs d&#39;Etat et de gouvernement. Cet accord cherchait \u00e0 r\u00e9duire consid\u00e9rablement le taux de perte de la biodiversit\u00e9 d&#39;ici \u00e0 2010.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BONN, 20 mai (IPS) &#8211; Observez comment les campagnes de relations publiques des soci\u00e9t\u00e9s commerciales multinationales sont devenues vertes.<\/p>\n","protected":false},"author":302,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,12,8,9,1,4,21],"tags":[],"class_list":["post-3914","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-environnement","category-europe","category-global-affairs","category-headlines","category-sante","category-science-technologie"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3914","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/302"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3914"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3914\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3914"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3914"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3914"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}