{"id":3843,"date":"2008-03-14T13:40:01","date_gmt":"2008-03-14T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/03\/14\/developpement-afrique-de-lest-esperance-et-peril-en-partant-ou-en-restant\/"},"modified":"2008-03-14T13:40:01","modified_gmt":"2008-03-14T13:40:01","slug":"developpement-afrique-de-lest-esperance-et-peril-en-partant-ou-en-restant","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/03\/14\/developpement-afrique-de-lest-esperance-et-peril-en-partant-ou-en-restant\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-AFRIQUE DE L&#39;EST: Esp\u00e9rance et p\u00e9ril en partant &#8211; ou en restant"},"content":{"rendered":"<p>DAR ES SALAAM, 14 mars (IPS) &#8211; Justina Bkole (38 ans) \u00e9tait encore toute petite  quand ses parents ont fui vers l&#39;ouest de la Tanzanie en 1972, pour \u00e9chapper aux clivages ethniques dans le Burundi voisin. A l&#39;instar de milliers d&#39;autres r\u00e9fugi\u00e9s qui ont fait le m\u00eame voyage, elle est rest\u00e9e dans ce pays d&#39;Afrique orientale : un endroit avec lequel elle a actuellement des liens forts, m\u00eame si ses racines sont au Burundi.    <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&quot;Ici, mes enfants sont dans une \u00e9cole et j&#39;ai de la nourriture \u00e0 manger&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Bkole, une m\u00e8re de cinq enfants qui g\u00e8re un lopin de terre plein de tabac et de plantes de ma\u00efs. &quot;Mais je suis toujours une r\u00e9fugi\u00e9e parce que ma maison est au Burundi et j&#39;ai \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de quitter&quot;.<\/p>\n<p> Actuellement, le Burundi abritera de nouveau plusieurs r\u00e9fugi\u00e9s, sans compter Bkole.<\/p>\n<p> Le pr\u00e9sident tanzanien Jakaya Kikwete a dit que le temps est venu pour \u00e9crire le dernier chapitre de l&#39;une des situations de r\u00e9fugi\u00e9s les plus prolong\u00e9es du monde : toutes les trois habitations install\u00e9es dans l&#39;ouest de la Tanzanie pour les exil\u00e9s burundais &#8212; Ulyankulu, Katumba et Mishamo &#8212; fermeront leurs portes d&#39;ici \u00e0 2010. Les camps sont dirig\u00e9s par le Haut commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (HCR) et le gouvernement de la Tanzanie.<\/p>\n<p> En cons\u00e9quence, les 218.000 exil\u00e9s, g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9sign\u00e9s comme les &quot;r\u00e9fugi\u00e9s du Burundi de 1972&quot;, et leurs descendants sont confront\u00e9s au choix de retourner dans leur patrie ou de demander la citoyennet\u00e9 tanzanienne.<\/p>\n<p> Environ 80 pour cent ont indiqu\u00e9 leur bonne volont\u00e9 de devenir des citoyens de Tanzanie, selon une enqu\u00eate de l&#39;ONU, tandis que 45.000 autres ont dit qu&#39;ils souhaitaient retourner au Burundi (certains sont d\u00e9j\u00e0 sur leur chemin du retour). Un petit nombre pourrait demander la re-localisation dans des pays tiers.  Bkole, pour sa part, pense qu&#39;elle demandera la naturalisation : &quot;Je suis heureuse ici&quot;, a-t-elle r\u00e9pondu, quand on lui a demand\u00e9 les raisons pour lesquelles elle veut rester.  Ceci, malgr\u00e9 le fait que des r\u00e9fugi\u00e9s soient enferm\u00e9s dans des camps et doivent demander une permission sp\u00e9ciale pour sortir &#8212; ce qui veut dire qu&#39;ils restent isol\u00e9s des autochtones et que plusieurs ont peu de bonnes raisons de faire partie de la Tanzanie.  Des souffrances quotidiennes La vie pour la majorit\u00e9 des gens en Tanzanie est modeste, et il en est de m\u00eame pour les habitations. Des emplois sont difficiles \u00e0 trouver, le taux de ch\u00f4mage tourne autour de 30 pour cent et seulement un quart de la population est inscrit \u00e0 l&#39;\u00e9cole.<\/p>\n<p> Des r\u00e9fugi\u00e9s vivotent en faisant de petits travaux comme la taillerie, l&#39;apiculture ou la vente des denr\u00e9es de base quotidiennes dans des boutiques d\u00e9labr\u00e9es ou sur des tables au bord de la rue.  Pr\u00e8s de la moiti\u00e9 sont de petits agriculteurs qui cultivent une vari\u00e9t\u00e9 de plantes &#8212; le tabac, le ma\u00efs, le manioc, les arachides, le riz, les pommes et autres cultures de ce genre &#8212; qui sont ensuite commercialis\u00e9s.<\/p>\n<p> Toutefois, ceux qui sont dans des installations jouissent de certains avantages, notamment un meilleur traitement m\u00e9dical que des Tanzaniens voisins.  &quot;Le HCR est comme nos parents. Ils nous procurent de l&#39;amour, mais il y a \u00e9galement des lois sp\u00e9ciales que nous devons respecter&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Thomas Mabruck (44 ans), un enseignant volontaire \u00e0 Ulyankulu et le p\u00e8re de cinq enfants \u00e2g\u00e9s de un \u00e0 19 ans.<\/p>\n<p> &quot;Un r\u00e9fugi\u00e9 est quelqu&#39;un qui a quitt\u00e9 pour des raisons de guerre, mais maintenant, je veux dire &#39;je suis r\u00e9sident de quelque part&#39;.&quot;  L&#39;id\u00e9e de retourner au Burundi d\u00e9courage certains, notamment parce qu&#39;un filet de s\u00e9curit\u00e9 sera retir\u00e9 de leur pied.   &quot;Ici la vie est tr\u00e8s belle&quot;, a affirm\u00e9 un vieil agriculteur qui a donn\u00e9 seulement le nom de Ananais. &quot;S&#39;ils ne me donnent pas la citoyennet\u00e9 (en Tanzanie), o\u00f9 irai-je? Je mourrai. Je n&#39;ai pas de choix&quot;.  Toutefois, des efforts ont \u00e9t\u00e9 consentis pour offrir au moins certaines options : ceux qui veulent retourner au Burundi auront une allocation unique d&#39;environ 42 dollars et une ration alimentaire de six mois &#8212; m\u00eame si c&#39;est sans aucune garantie de terre.  Un autre probl\u00e8me peut venir dans la forme de la langue. La plupart des r\u00e9fugi\u00e9s parlent couramment la langue nationale de la Tanzanie, le Kiswahili; mais tr\u00e8s peu comprennent la langue nationale du Burundi : le fran\u00e7ais.<\/p>\n<p> Des fonds n\u00e9cessaires Le Haut commissaire des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s, Antonio Guterres, lors d&#39;une visite de quatre jours en Tanzanie cette semaine, a lanc\u00e9 un appel pour 34 millions de dollars en vue de re-localiser cette population de r\u00e9fugi\u00e9s &#8212; un groupe qui a \u00e9chapp\u00e9 au radar international dans une certaine mesure. Davantage de fonds seront cependant n\u00e9cessaires, dit-il, dans le but de r\u00e9installer des gens et d&#39;offrir des services sociaux de base.<\/p>\n<p> Dimanche dernier, Guterres a raccompagn\u00e9 le premier groupe de 252 r\u00e9fugi\u00e9s des installations de Katumba, dont certains sont des enfants de ceux qui ont fui le Burundi il y a plus de 35 ans.  &quot;Il n&#39;y a aucun endroit comme chez soi&quot;, a-t-il dit, applaudi par des artistes et hommes de bonne volont\u00e9 qui se sont regroup\u00e9s pour leur dire un adieu tumultueux \u00e0 la gare d&#39;o\u00f9 les exil\u00e9s partaient. &quot;Ce n&#39;est pas bon pour quelqu&#39;un de demeurer r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 jamais&quot;.<\/p>\n<p> Cassian Benedict, un p\u00e8re de deux enfants \u00e2g\u00e9 de 26 ans, a d\u00e9clar\u00e9 qu&#39;il envisageait de partir au Burundi, la patrie de ses parents, en octobre.  Quand on lui a montr\u00e9 une carte de cette nation d\u2019Afrique centrale, il ne pouvait pas montrer du doigt exactement l\u00e0 o\u00f9 il partirait, mais semblait ne pas \u00eatre intimid\u00e9 par cela.  &quot;Je suis n\u00e9 r\u00e9fugi\u00e9 de m\u00eame que mes enfants, mais ce n&#39;est pas trop tard pour nous&quot;, a affirm\u00e9 Benedict, debout dans une \u00e9glise \u00e0 Katumba. &quot;Nous aurons une vie meilleure l\u00e0-bas. Je ne suis pas inquiet, m\u00eame pas un peu&quot;.<\/p>\n<p> La Tanzanie abrite d&#39;autres 206.500 r\u00e9fugi\u00e9s qui ont fui des conflits plus r\u00e9cents au Burundi et en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo. Kikwete a demand\u00e9 \u00e0 ceux h\u00e9berg\u00e9s dans des camps dans le nord-ouest de la Tanzanie de quitter volontairement d&#39;ici \u00e0 la fin de l&#39;ann\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAR ES SALAAM, 14 mars (IPS) &#8211; Justina Bkole (38 ans) \u00e9tait encore toute petite quand ses parents ont fui vers l&#39;ouest de la Tanzanie en 1972, pour \u00e9chapper aux clivages ethniques dans le Burundi voisin. 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