{"id":3789,"date":"2008-01-28T13:40:01","date_gmt":"2008-01-28T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/01\/28\/sante-benin-les-autorites-dedramatisent-linfection-a-vih\/"},"modified":"2008-01-28T13:40:01","modified_gmt":"2008-01-28T13:40:01","slug":"sante-benin-les-autorites-dedramatisent-linfection-a-vih","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/01\/28\/sante-benin-les-autorites-dedramatisent-linfection-a-vih\/","title":{"rendered":"SANTE-BENIN: Les autorit\u00e9s d\u00e9dramatisent l&#39;infection \u00e0 VIH"},"content":{"rendered":"<p>COTONOU, 28 jan (IPS) &#8211; L&#39;infection \u00e0 VIH serait moins dramatique qu&#39;on le pensait au B\u00e9nin, selon les statistiques r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par la derni\u00e8re Enqu\u00eate d\u00e9mographique et de sant\u00e9 dont les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 rendus publics par le gouvernement le 22 janvier \u00e0 Cotonou, la capitale \u00e9conomique b\u00e9ninoise.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Cette \u00e9tude fait appara\u00eetre une pr\u00e9valence \u00e0 VIH de 1,2 pour cent au sein de la population b\u00e9ninoise, un taux d\u00e9j\u00e0 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le mois dernier par le chef de l&#39;Etat b\u00e9ninois, Boni Yayi, dans une d\u00e9claration \u00e0 l&#39;Assembl\u00e9e nationale, \u00e0 Porto Novo, la capitale b\u00e9ninoise.<\/p>\n<p> &quot;La pr\u00e9valence du VIH\/SIDA au B\u00e9nin a \u00e9volu\u00e9 de fa\u00e7on rapide passant de 0,3 pour cent en 1992 \u00e0 4,1 pour cent en 2001. La pr\u00e9valence s&#39;est stabilis\u00e9e autour de 2 pour cent jusqu&#39;en 2005, puis \u00e0 1,2 pour cent dans la population g\u00e9n\u00e9rale selon la derni\u00e8re Enqu\u00eate d\u00e9mographique et de sant\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en 2006&quot;, disait-il.  Cette &quot;baisse apparente&quot; s&#39;explique par le fait que les premi\u00e8res enqu\u00eates sur la pr\u00e9valence du VIH\/SIDA au B\u00e9nin ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es sur un \u00e9chantillonnage faible, souligne Dr Cl\u00e9ment Ahoussinou, coordonnateur adjoint du Programme national de lutte contre le SIDA (PNLS), une structure officielle bas\u00e9e \u00e0 Cotonou.  &quot;La limite des chiffres de 1992 (0,3 pour cent) et 2001 (4,1 pour cent), c&#39;est qu&#39;ils provenaient uniquement de sept &#39;sites sentinelles&#39; qui \u00e9taient essentiellement en milieu urbain. Les milieux ruraux n&#39;\u00e9taient pas pris en compte. Les chiffres qui en \u00e9taient issus ne traduisaient donc pas la r\u00e9alit\u00e9 de l&#39;infection dans tout le pays&quot;, explique Ahoussinou.  Le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 a alors proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une \u00e9valuation du syst\u00e8me d&#39;enqu\u00eate. En 2002, une enqu\u00eate men\u00e9e sur 235 sites sentinelles, et portant essentiellement sur les femmes enceintes, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une pr\u00e9valence de 1,9 pour cent. En 2003, la surveillance s\u00e9rologique a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un taux de 2,1 pour cent, puis de 2 pour cent successivement en 2004, 2005 et 2006. Les chiffres de 2007 ne sont pas encore disponibles, selon le PNLS.  Ces \u00e9tudes montrent donc une stabilisation de la pr\u00e9valence au B\u00e9nin \u00e0 2 pour cent.  Toutefois, souligne Dr Ahoussinou, cette \u00e9tude qui se fait chaque ann\u00e9e, et qui porte exclusivement sur les femmes enceintes, comporte un biais : elle ne prend pas en compte les femmes non-enceintes, les hommes et les enfants. Et c&#39;est ce biais que vient corriger l&#39;Enqu\u00eate d\u00e9mographique et de sant\u00e9 (EDS) de 2006, et dont les r\u00e9sultats (1,2 pour cent) ont \u00e9t\u00e9 partiellement divulgu\u00e9s le 22 janvier.  Si l&#39;EDS a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une pr\u00e9valence \u00e0 VIH de 1,2 pour cent au sein de la population b\u00e9ninoise, cela ne veut pas dire que l&#39;autre chiffre (2 pour cent) \u00e9tait faux, observe Dr Ahoussinou. L&#39;EDS prend tout simplement en compte les exclus de la s\u00e9ro-surveillance que sont les femmes non-enceintes, les hommes et les enfants, en plus des femmes enceintes.  &quot;Dans tous les pays, la pr\u00e9valence r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par l&#39;EDS est toujours inf\u00e9rieure \u00e0 celle r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par la s\u00e9ro-surveillance, et c&#39;est le cas chez nous aussi&quot;, explique Ahoussinou qui a pilot\u00e9 cette \u00e9tude.  N\u00e9anmoins, une pr\u00e9valence faible ne signifie nullement que les hommes et les femmes ont des pratiques sociales responsables dans ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest, avertit Simon Johnson*, une personne vivant avec le VIH et conseiller au Service d&#39;information et de d\u00e9pistage anonyme et gratuit, un service du PNLS.  &quot;Il y a encore des zones septentrionales du B\u00e9nin o\u00f9 la circoncision se fait \u00e0 la cha\u00eene aux personnes adultes, qui sont mari\u00e9es et qui ont des enfants. Dans certains couvents vodoun, dans le centre, les scarifications se font encore \u00e0 la cha\u00eene, avec le m\u00eame couteau qu&#39;on dit &#39;blind\u00e9&#39;, et qui doit donc servir pour tous les adeptes. Nous sommes all\u00e9s voir cela&#8230;&quot;, rapporte Johnson \u00e0 IPS.  Il estime donc que ce n&#39;est pas dans les grandes villes que le taux de pr\u00e9valence est le plus \u00e9lev\u00e9 au B\u00e9nin. &quot;Il y a des villages du B\u00e9nin o\u00f9 le taux de pr\u00e9valence atteint 8 pour cent de la population tout simplement \u00e0 cause de la persistance de nos us et coutumes&quot;, affirme-t-il.  Selon Dr Judith S\u00e8gnon, un m\u00e9decin \u00e9pid\u00e9miologiste bas\u00e9 \u00e0 Cotonou, le B\u00e9nin a une &quot;population t\u00eatue&quot; qui ne met pas toujours en pratique les conseils re\u00e7us au sujet du VIH\/SIDA.  &quot;On parle tout le temps des risques de transmission par les instruments, mais les gens n&#39;ont jamais cess\u00e9 de faire des scarifications. Le premier itin\u00e9raire th\u00e9rapeutique pour toute maladie dans notre soci\u00e9t\u00e9, c&#39;est d&#39;abord le gu\u00e9risseur chez qui on charcute le malade de partout, avant d&#39;aller dans un centre de sant\u00e9&#8230;&quot;, d\u00e9plore-t-elle.  Dr Segnon sugg\u00e8re alors aux autorit\u00e9s charg\u00e9es de la lutte contre la pand\u00e9mie de poursuivre et d&#39;intensifier la sensibilisation, notamment dans les zones rurales o\u00f9 il faudra multiplier les points de vente des pr\u00e9servatifs et augmenter aussi le nombre d&#39;\u00e9missions \u00e9ducatives sur les radios rurales ou communautaires.  Pour le pr\u00e9sident du R\u00e9seau des associations des personnes vivant avec le VIH (REBAP+), Comlan Houessou, interrog\u00e9 par IPS, le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 et toutes les autorit\u00e9s doivent plut\u00f4t renforcer la prise en charge des s\u00e9ropositifs, qui n&#39;est que m\u00e9dicale pour l&#39;instant.  Selon lui, une prise en charge effective et efficace des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) doit comporter \u00e9galement un volet social et un autre volet psychologique. Le REBAP+ est cr\u00e9\u00e9 en 2005 et compte aujourd&#39;hui 46 associations de PVVIH r\u00e9parties dans tout le pays.  Selon des statistiques communiqu\u00e9es par le PNLS, le B\u00e9nin a totalis\u00e9 65.432 personnes infect\u00e9es par le VIH en 2006, dont 9.106 malades sont r\u00e9guli\u00e8rement sous traitement anti-r\u00e9troviral qui permet de prolonger la vie des malades du SIDA. Et ils b\u00e9n\u00e9ficient d&#39;une prise en charge enti\u00e8re et gratuite pour laquelle le Fonds mondial contre le SIDA apporte une contribution financi\u00e8re \u00e0 travers diff\u00e9rents projets.  Le B\u00e9nin a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 l&#39;ex\u00e9cution du cinqui\u00e8me round du Fonds mondial dont le montant est de 16.363.245 euros pour la p\u00e9riode 2007-2008, selon Bertin Affognon, coordonnateur de l&#39;unit\u00e9 de gestion du fonds au minist\u00e8re de la Sant\u00e9.<\/p>\n<p> Les cas cumul\u00e9s de malades du SIDA sont estim\u00e9s \u00e0 9.886 personnes depuis 1985 o\u00f9 le premier cas a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert.  Mais le pays n&#39;a pas encore les moyens d&#39;assurer une prise en charge totale et gratuite de tous les volets du VIH, reconna\u00eet Ahoussinou. &quot;Par exemple, c&#39;est dans seulement environ 200 maternit\u00e9s que nous faisons la pr\u00e9vention de la transmission m\u00e8re-enfant. Or, nous avons plus de 600 maternit\u00e9s dans tout le pays. Que deviennent les enfants qui naissent dans les autres maternit\u00e9s?&quot;, demande-t-il.  (* Certains noms dans cet article ont \u00e9t\u00e9 chang\u00e9s pour prot\u00e9ger l&#39;identit\u00e9 des personnes concern\u00e9es).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COTONOU, 28 jan (IPS) &#8211; L&#39;infection \u00e0 VIH serait moins dramatique qu&#39;on le pensait au B\u00e9nin, selon les statistiques r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par la derni\u00e8re Enqu\u00eate d\u00e9mographique et de sant\u00e9 dont les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 rendus publics par le gouvernement le 22&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/01\/28\/sante-benin-les-autorites-dedramatisent-linfection-a-vih\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":122,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,1,3,4,29],"tags":[],"class_list":["post-3789","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-headlines","category-population-refugies","category-sante","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3789","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/122"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3789"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3789\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3789"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3789"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3789"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}